‹ Description des œuvres d'art qui décorent les édifices publics de la ville de BordeauxChapitre 48 sur 77 · M - DEO - HONOR - ET - QLORU · texte numérisé non relu

M - DEO - HONOR - ET - QLORU

Cette cloche a été fondue en février 1847, par les soins de MM. J.-fi. Petiteau, chanoine honoraire, curé de Saint-Paul, et Maisonneùve, potier d*étain.

Le parrain a été M. Paye, président de notre Conférence de aain Vincent de Paul; la marraine, Mo>« V« Sudreau, première dame de charité de la paroisse.

Salas in/innorufn, ora pro nobii.

Les fondeurs sont MM. Fontayreau et Deyre fils.

Cette cloclie concorde en seconde majeure avec la précédente; elle remplace une autre ancienne clocbe fondue en 1768.

Nous terminerons cette notice descriptive de Féglise Saint- Paul en rappelant quelques principes trop souvent négligés dans l'exécution des travaux complémentaires ou d'entretien que réclament ce monument.

Si Téglise Saint-Paul n'est pas un type du grand art, elle n*en doit pas moins être maintenue dans sa véritable expression , et sa donnée primitive doit servir de point' de départ à tous les projets ayant pour but d'enrichir ou de compléter l'édifice, c II ne s'agit pas de juger. Les choses sont ce qu'elles sont; on n'a qu'un parti à prendre : c'est celui de s'y conformer (*). »

Donc, si de nos jours disparaissent les autels greco-romains des églises gothiques pour y substituer de nouveaux autels en style ogival, bien que ces actes ne soient pas toujours excusables, ils ont un semblant de logique; mais les excès de la gothiquomanie ne doivent pas autoriser l'introduction dans une église contemporaine de Louis XV, d'œuvres d'art inspirées des écoles du moyen âge. Ainsi, l'église Saint-Paul devra bien se garder d'imiter ces innovations malheureuses réalisées de nos jours dans plusieurs églises du xviii* siècle ; elle conservera ses vitraux à résilles en losanges, ou bien

<*) Schmit, L'architecte des monuments religieux, p. 216.

KOLISE

Cloches.

Le S6 octobre 1846, M'' Donoet, ai^ fit la béûédictioa d'une nouvelle clof et porte cette inscription :

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Cette cloche a été fondue, en r de messieurs les fabriciens et sous le pontificat de Ms^ Fer vêque de Bordeaux ; par lef raire, curé de Saint-Pau^-

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Parrain : M. Ravez ancien Pair de Frar . ■ Bordeaux, Présidr • >

Marraine : M Lapène, tréso-

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Revenons donc aux principes élémentaires, les seuls vrais, les seuls grands : soumission des détails à l'ensemble, de la partie au tout.

SAINT-PAVL. 409

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N'oublions jamais qu'on ne décore pas une église comme la

chapelle d'un pensionnat de jeunes filles : mieux vaudrait la

simplicité jusqu'au dénûment, que la profusion et le fatras

d'une ornementation puérile.

Nous soumettons à qui de droit ces courtes et sincères réflexions, espérant qu'elles seront approuvées par tous ceux qui s'intéressent, comme nous, au monument populaire par excellence, et qui veulent sa bonne tenue, son embellissement et sa splendeur I

agencés plus gracieusement, mais toujours en verre blanc dépoli. Les vitraux fortement colorés, les vUraux-tableaux, n'entraient pas au siècle dernier dans la décoration des églises; en apposer dans Féglise Saint-Paul serait commettre une anomalie, un non sens, condamnés par Texamen de tous les édifices religieux élevés en France ou en Italie dans le cours des siècles derniers.

Lors de Tachèvement des chapelles monastiques des Dominicains et des Jésuites de Bordeaux, Fart de la peinture sur verre était si négligé, que le chapitre de la cathédrale de Paris, loin de placer des vitraux historiés dans les églises, fit subir aux anciennes verrières de Notre-Dame d'incalculables mutilations.

Puis, il ne faut pas Toublier, ce n'est pas la peinture sur verre qui réalisera dans féglise Saint-Paul la splendeur rêvée par le maître de f œuvre. L'architecte n'a jamais compris de vitraux peints dans le projet primitif; mais plutôt des peintures murales à fimitation de celles du père Pozzi, exécutées à Rome, dans féglise de Jésus, modèle des chapelles jésuitiques.

Depuis longues années, les tombeaux d'autels, les tabernacles des rétables du transsept et des chapelles secondaires de Saint-Paul, ne reproduisent plus cette richesse d'invention , cette exécution brillante qui se retrouvent dans les ouvrages de menuiserie monumentale exécutés sous l'administration des Jésuites. Et si quelques travaux modernes ne sont pas dépourvus de mérite et d'habileté, ne doit-on pas regretter leur manque d'harmonie avec f édifice pour lequel ils ont été faits?

Revenons donc aux principes élémentaires, les seuls vrais, les seuls grands : soumission des détails à l'ensemble, de la partie au tout.

Les observations précédentes pourraient également s'adresser à bon nombre d'objets meublants, qui, quoique peu importants, ne concourent pas moins à Teffet général de rédifice. Bornons-nous à citer encore deux exemples :

Lors de rétablissement de Téclairage au gaz (1845), de lourdes colonnes en fonte, reproduction servile des bases 4fi3/ candélabres de nos promenades publiques, ont été placées dans la nef, et ces colonnes paraissent d'autant plus lourdes, qu'elles supportent un modeste tube qui simule assez exactement un bout de chandelle. Au lieu et place de ce modèle vulgaire, n'eût-il pas été plus heureux de s'inspirer de ces belles torchères dorées du xviii' siècle qui décoraient alors les autels, et dont M. Raymond Bordeaux nous donne un spécimen dans son excellent ouvrage sur l'entretien, la décoration et l'ameublement artistique des églises? Enfin, faut 'il accepter comme une décoration sérieuse ces images en plâtre peint, du Christ et de la Vierge, posées sur des consoles? Elles n'ont aucune valeur artistique ou vénale. N'oublions jamais qu'on ne décore pas une église comme la chapelle d'un pensionnat de jeunes filles : mieux vaudrait la simplicité jusqu'au dénûment, que la profusion et le fatras d'une ornementation puérile.

Nous soumettons à qui de droit ces courtes et sincères réflexions, espérant qu'elles seront approuvées par tous ceux qui s'intéressent, comme nous, au monument populaire par excellence, et qui veulent sa bonne tenue, son embellissement et sa splendeur I

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Bordeaux, I^fargue, in-18. 1857, 116 pages.

ICONOGRAPHIE

Plan de V ancienne Maison-professe des Jésuites à Bordeaux.

Plan et façade de Véglise Saint -Paul, aruiienne église de la Maison-

professe.

Coupe en long de Véglise Saint-PauL

Ces trois dessins, par M. Ernest Minvielle, ont été publiés dans

le Compte^endu des travaux de la Commission des monuments et

documents historiques du département de la Gironde. Paris, V. Didron,

1854, p. 45 et suivantes.

Retable de Véglise Saint-Paul, dessiné par M. Philippe. (Compte-Rendu

de la Commission des Monuments historiques, 1854, p. 45.) Portail de Véglise de la Maison-professe des Jésuites, bâtie en 467A (sic),

encadrement du plan de Bordeaux, par Lattre, en 1755. En 1774, Turrier, peintre d^architecture, membre deTÂcadémie

de Bordeaux, exposa un tableau représentant la Perspective de Vin-

térieur de la chapelle du Collège royal de Guyenne, ci-devant Véglise

de la Maison-professe, prise sous le jubé du côté gauche : haut. 4 pieds,

larg. 5 pieds; figures peintes par M. Lacour. Ce tableau était Tœuvre présentée par Turrier pour sa réception

à l'Académie de peinture, sculpture et architecture civile et navale

de Bordeaux.

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