ÉGL1SR
liae-cùté Rci)tentrional.
Première fenêtre : Ce vitrail a pour sujet raccomplissement d'un vœu à Notre-Dame de Lorette. La procession se rend à la chapelle, portant une lampe d'ai^ent, objet du vœu. Le cardinal de Sourdis et le maréchal d'Ornano sont les principaux personnages du cortège.
A rétage inférieur, série de petites flgures à genoux récitant les Litanies de la Vierge, pour consacrer une dévotion encore en vigueur à Saint-Seurin. Au sommet de Togive, la Vierge, assise et couronnée, tient TEnfant-Jésus.
Ce vitrail et les suivants ont été exécutés aux frais de la fabrique par M. J. Villiet, de 1861 à 1862.
Deuocième fenêtre : Ce vitrail a pour objet de rappeler le pèlerinage des rois et des princes au tombeau de saint Seurin.
Dans les quatre travées sont représentés, à genoux, Eudes, comte de Bordeaux; Louis VHI, roi de France; Henri, duc de Lancastre, et Henri II, roi de France.
A rétage supérieur, le prince de Galles, suivi de ses fficiers, reçoit ses armes de Farchevéque Amanieu de La Motte.
Dans les trèfles de Togive apparaissent les armes de Bordeaux, d'Angleterre, de Castille et de France.
Quatrième fenêtre : La légende de saint Fort est le motif de la composition de ce vitrail.
Dans le médaillon inférieur se voient des souffreteux et des infirmes qui obtiennent une guérison miraculeuse au contact de la châsse du saint. Au centre du panneau, Tirnage en pied du saint évéque; dans la bordure, des malades viennent en pèlerinage au tombeau, et dans le médaillon supérieur, des diacres font toucher à des aveugles les linges qui recouvrent la châsse.
SAi»T-SEvniif. 467
Das-côtô méridional.
Première fenêtre : Prestation du- serment des archevêques à Saint-Seurin , le jour de leur entrée solennelle dans leur ville épiscopale. Un prélat, à genoux, jure sur FÉvangile de maintenir les privilèges de la collégiale. Des dignitaires laïques et les membres du chapitre de Saint^urin, leur doyen en tête, entourent le nouvel archevêque.
Dans Togive, Prestation du serment des jurats sur le bras de saint Fort.
Verrière de la Hose. au dessus de la porte méridionale.
Cette verrière, composée de huit petits sujets qui entourent le panneau central, représente les saints et saintes honorés d*un culte particulier dans Téglise Saint -Seurin : saint Amand, saint Seurin, saint Fort, saint Martial, saint Etienne, sainte Véronique, sainte Bénédicte et sainte Rose de Lima; au centre, Notre-Dame de la Rose.
Deuxième fenêtre : Ce vitrail est composé de sujets historiques ou légendaires se rapportant à Tancien cimetière Saint-Seurin, Tuh des plus célèbres de la chrétienté.
1» Bénédiction du cimetière par Jésus-Christ, en présence de sept évèques; â"" funérailles à Saint-Seurin des barons tués à Roncevaux; 3" sonneurs d'oliphants jouant des fanfares funèbres; 4'' distributions d'aumônes et de vêtements par ordre de Charlemagne; 5** Charlemagne pleurant sur les tombeaux de ses guerriers.
TABLEAUX
Réception de saint Seurin par «aint Aznanri.
Saint Amand s'avance sur le seuil de sa maison pour se jeter dans les bras de saint Seurin. Plusieurs personnages sont les témoins attendris de cette scène, et sur le premier plan du tableau un jeune clerc tient la mitre et la crosse épiscopale de saint Amand. (H' 3", L' 1"60.)
Ce tableau porte la signature : Drolling, 1827.
a Drolling (Michel-Martin), né à Paris en 1786, reçut de son père Martin Drolling, habile peintre de genre, les principes de Fart. Admis à TÉcole des Beaux-Arts en 1804, il ne tarda pas à s'y distinguer en remportant diverses récompenses. Son père, voyant alors toutes les idées de son fils se tourner vers la peinture historique, le plaça dans Fatelier de David .
> Après deux tentatives vaines, Drolling obtint le premier grand-prix de Rome en 1810, et son dernier envoi comme pensionnaire fut un de ses meilleurs ouvrages sous le rapport de la noblesse et de la vérité. II avait choisi pour sujet : La Mort d'Ahel. Nommé membre de Tlnstitut en 1833, où il remplaça Guérin, il devint peu de temps après professeur à rÉcole des Beaux -Arts, en remplacement de Gérard, et chevalier de la Légion-d'Honneur en 1837. > Les principaux ouvrages de Drolling sont : (hyhée et Euridice (salon de 1 8 1 7); le Bon Samaritain, tableau très remarqué au salon de 1822, et qui se trouve au Musée de Lyon ; le Christ au milieu des docteurs, peinture murale de Notre-Dame des Lorettes à Paris, et dans la môme ville, la décoration de la chapelle SaintrPaul à Saint-Sulpice. Il existe également au Louvre un plafond représentant les États-Généraux sous Louis XII,
sàint-sbdrin. 469
peint par Drolling, reproduction de son tableau, qui fait partie du Musée de Versailles.
DroUing mourut à Paris, le 8 janvier 1851 (^).
Le Christ mort au pied de sa croix.
Copie d'après Fra Bartholomeo délia Porta, né à Florence en 1469, mort en 1517 (*).
Le tableau original, de même grandeur, est à Florence dans la galerie du palais Pitti. Cette composition du célèbre peintre dominicain a été gravée par Maurizio Steinla, Florentin, et par H. Nuffer, de Dusseldorff.
La copie que nous signalons ici ne donne qu'une fausse idée de Tœuvre originale; elle est lourde de ton, sèche de travail, et le bras droit du Christ est surtout d'un dessin bien médiocre.
L'église Sain^Seurin possède encore les tableaux suivants : Portrait de Côme de MeUoraii, prévôt de Téglise, élu pape en 1404 sous le nom d'Innocent VIL Le souvenir de ce pontife est plus exactement conservé par Tinscription tracée sur la toile que par la fidélité de cette image au dessous du médiocre.
Tobie rendant la vue à son père, petite copie du tableau de Léon Pallière, qui fait partie du Musée de la ville.
Saint Bruno , d'après la belle toile de l'ancienne chapelle des Chartreux, décrite page 162.
La VisUalion, copie, par M"* Gadou-Boyer, du charmant petit tableau de l'église Notre-Dame (voyez page 361).
(^) Institut national de France. — Académie des Beaux-Arts. — Fttfiéfat7/ef de M. Drolling (il janvier 1851), in-4^ Paris, Didot.
(*) Voir, pour la vie de ce peintre : Memorie dei ptu insigni pitlori domenécani; par le P. Marchèse. Firenze, Félice Le Monnier, 1854. in-lS, vol. II, capilolo primo.
La Viet^ge dotmant le rosaire à saint Dominique, ancien tableau provenant de la chapelle des Gatherinettes.
La Descente du Saint-Esprit, seul souvenir d'une chapelle dédiée au Saint-Esprit , qui existait encore au xvii" siècle au milieu du cimetière.
Le Christ portant sa croix.
Un tableau de la Vierge.
Deux grandes figures de saint Âmand et de saint Seurin, peintes en 1839 par M. Raymond Bonheur (^).
OBJETS MOBILIERS
Chaire épiscopale.
Ce genre de meuble fixe est aujourd'hui très rare» et celui que possède Téglise Saint-Seurin, d'un mérite artistique réel, est pour nous du plus grand intérêt.
M. VioUet-le^Duc , dans son Dictionnaire raisojiné de l'Architecture française, t. Il, p. 4-14 et 417, décrit ainsi cette chaire, après avoir exposé les observations suivantes :
€ Dans les églises antérieures aux xi"" et xii* siècles, le siège de révèque, comme celui de Tabbé, était placé au fond de Tabside, derrière Tautel. Ces sièges étaient généralement fixes, en marbre, en métal, en pierre ou en bois; ils se reliaient à des bancs ou stalles disposés de chaque cdté le long des murs de Fabside...
:» Au xu"* siècle, on suspendait au dessus du si^ épiscopal un dais en étoffe ; mais plus tard, pendant les xiv* et XV* siècles, ces dais entrèrent dans la composition même
(*) Biographie de Raymond Bonheur , par H. J. Delpit. {Archives hisiorùiues de la Gironde, III« vol., p. 267.)
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du monument, et furent faits, comme eux, en pierre ou en bois. Il existe encore dans Téglise Saint-Seurin de Bordeaux une chaire épiscopale en pierre de la fin du xiv* siècle, ainsi complétée d'une façon magnifique : au centre du dais, sur le devant, entre les deux gables, est sculptée une mitre d'évéque soutenue par deux anges. Le siège et les accoudoirs sont délicatement ajourés. Les quatre pieds-droits qui sup** portent le dais étaient autrefois décorés de statuettes, aujourd'hui détruites (ces dégradations ont été restaurées). Deux autres figures devaient être placées également sur deux consoles inscrustées dans la muraille, sous le dais, au dessus du dossier. >
Antérieurement au dessin de M. VioUelrle-Duc, cette chaire avait été gravée par M. Léo Drouyn dans le Choix des Types, et lithographiée par M. L. Salomon, dans la Gironde, 2^ vol., p. 893.
Stalles et bulTet d'orgue.
Dans le chœur se trouvent trente-deux stalles qui datent des dernières années du xv* siècle; elles sont disposées sur deux rangs et se relient à de hauts dossiers modernes, exécutés en 1852 dans Tatelier de MM. Kiéser, et sous la direction de M. Duphot, architecte.
M. Tabbé Cirot de La Ville et M. de Lamothe ont déjà décrit minutieusement tous les sujets sculptés sur les Miséricordes (^), et nous dispensent de rééditer cette monotone nomenclature ; nous ferons observer seulement que sur trente sujets (deux consoles n'ont pas de sculpture), quatorze
{}) On appelle Miséricorde la console placée au-dessous de la tablette de la stalle.
représentent des luttes d'hommes ou d'animaux, douze des scènes de la vie domestique, trois sont irrévérencieuses, une enfin reproduit un groupe de sirènes.
Gomme dans la cathédrale de Rouen, les accoudoirs, ainsi que les entrées des stalles, offrent des figurines sculptées, représentant des moines en lecture, ou d'autres personnages qui nous retracent, par leur costume et les objets qu'ils tiennent dans leurs mains, les vêtements, les outils, les instruments d'il y a trois siècles.
A l'égard des sujets reproduits sur les stalles de Saint- Seurin, comme sui^ celles d'Amiens, d'Auch, de Notre-Dame de Brou et de Genève , plusieurs écrivains mettent sur le compte de l'imagination vertigineuse des huchiers ces représentations si osées et si libres. Gela peut être vrai à titre d'exception , mais dans l'ensemble il doit y avoir une critique cachée sous une forme grotesque.
Pour l'appréciation artistique de ces sculptures, nous ne saurions mieux dire que l'auteur de la description des stalles de Rouen :
«L'esprit avec lequel ces nombreux sujets sont croqués pour ainsi dire au bout du ciseau, la nature et la singularité de leur motif, les rendent assez piquants pour stimuler vivement la curiosité (^). »
Derrière les boiseries du chœur, au dessous de la fenêtre septentrionale du chevet, se trouve une armoire de la fin du XV" siècle, clôturée d'un épais volet bardé de fer et pourvu d'un guichet. G'est là qu'était suspendu, à deux anneadix qui se voient encore, le reliquaire contenant le bras de saint Fort.
Nous devons aussi rappeler que sur les murs du chevet.
(*) E.-H.-L. Langlois, Stalles de la caihédrale de Rouen. Rouen, Periaux, in-S», 1838.