‹ Description des œuvres d'art qui décorent les édifices publics de la ville de BordeauxChapitre 52 sur 77 · KG LIS F · texte numérisé non relu

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de saint Martial, envoyé par saint Pierre pour évangéliser rAquitaine; d'autres sujets ont trait à la légende de saint Amand et de saint Seurin; enfin, au centre du châssis, est TAnnoncialion ; puis, au dessus, le Christ en croix (^).

Ces petites figurines, de 25 à 30 centimètres de hauteur, sont pour ainsi dire de la sculpture ronde-bosse. I^ finesse des indications, la justesse des mouvements et le sentiment des figures, rendent ces ouvrages très précieux. Parmi les nombreux bas-reliefs en albâtre conservés au Musée de Cluny, nous ne connaissons rien de supérieur aux basreliefs de Tancien maitre-autel de Téglise Saint-Seurin de Bordeaux.

Bas-relief dit : Messe du pape Clément.

Dans le bas-côté méridional, à la quatrième travée, est une petite porte du xviii^ siècle, aujourd'hui murée, au dessus de laquelle est encastré un bas-relief de forme ogivale et qui parait avoir été détourné de sa place primitive.

La composition de ce bas-relief se divise en deux parties : au bas de Togive, un pape, agenouillé devant un autel, tient élevée Thostie sainte. Le pontife est assisté d'un diacre et d'un sous-diacre, tous les deux sont à genoux , le dernier soulève la chape du Saint Père. Du côté de Fépitre, trois autres personnes assistent à la cérémonie : un chanoine tenant un cierge; un dignitaire de l'église, la barbe et les cheveux longs, porte le bâton pastoral, et à ses côtés s'agenouille un jeune acolyte. Du côté de l'Évangile est un autre chanoine, également agenouillé, et au second plan, debout, un cardinal qui

(1) Voir, pour la description raisonnée de ces bas-reliefs, la Notice sur l'église Saint-Seurin j p. 44.

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tient dans ses mains la tiare du pontife. Dans le liant de Togive, au dessus de Tautel, le Christ sort de son tombeau, et sur les côtés apparaissent deux anges à genoux, portant les instruments de la Passion .

Cette composition a été décrite pour la première fois par M. Jouannet (Musée d'Aquitaine), qui n'hésite pas à y reconnaître un témoignage de gratitude du Chapitre, afin de perpétuer le souvenir de la célébration de la Messe dans leur église par le pape Clément Y.

Il y a lieu d'être surpris que les abbés Nau-Dumontet, Sylvestre Barbe et Baurein, n'aient pas mentionné la cérémonie du pape Clément dans les notes historiques que ces chroniqueurs ont publiées sur l'ancienne collégiale Saint-Seurin; car, à défaut de titres écrits, le souvenir d'un tel événement

aurait dû se conserver par tradition. A vrai dire, quelques observateurs du bas-relief de l'église Saint-Seurin n'acceptent pas l'interprétation de M. Jouannet, et pensent que la scène figurée sur ce tympan se rapporte au miracle de Bolsena, qui a fourni à Raphaël l'un des sujets des stanze du Vatican.

Le maître-autel.

Le maîlre-aulel, en marbre blanc des Pyrénées, sort des ateliers de M. Tabbé Choyer, à Angers (Maine-et-Loire).

La face du tombeau est décorée de pampres enlacés, dont les liges présenlent au centre la figure de Jésus-Christ, et sur les côtés celles des apôtres; cest Tinterprétation du texte de TËvangile de saint Jean, chap.\Y, verset 5 : Ego sum vilis vos palmites (Je suis la vigne et vous êtes les rameaux). Sur les côtés du tombeau ont été sculptées les statues de saint Pierre, saint Paul, saint Seurin et la Magdeleine. Les

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disciples d'Emaiis sont figurés sur la porte du tabernacle, el quatre anges, placés sous des arcades trilobées, décorent les gradins de Tautel.

L'ancien autel majeur était placé plus vers le fond du sanctuaire; il était adossé à la Confession de saint Seurin, précieux et rare monument qui n'a pas été préservé d'une démolition officielle.

VITRAUX

L'église Saint-Seurin possédait, il y a quelques années, d'anciens et curieux vitraux; ils décoraient les fenêtres de la chapelle de Notre-Dame de la Rose, et représentaient des scènes de la vie de la sainte Vierge ; au bas de ces vitraux se trouvaient des écussons aux armes d'Angleterre et de France. M. l'abbé Cirot de La Ville donne quelques détails sur ces vieux vitraux, ainsi que sur ceux du chœur et de l'ancienne chapelle de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle (*).

Dans la troisième fenêtre du collatéral nord se voyait encore, ces derniers temps, un petit panneau représentant un évêque mitre, tenant sa crosse, et placé sous un portique. Au dessus de la tête de l'évêque, deux anges relevaient un rideau .

Cette peinture, à vrai dire moins intéressante que les précédentes, datait du xvi' siècle.

Si nous applaudissons de grand cœur au placement de nouvelles verrières dans les églises du Moyen Age, nous déplorerons toujours le, peu de respect qu'on a pour les anciennes; car, nous le redirons encore, leur disparition est une page déchirée de nos annales.

(*) Notice sur V église Saint-Seuiin de Bordeaux, p. 31, 38 et 42.

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Vitraux du chcrvel

Dans les trois grandes Tenètres du chevet se détachent, sur un fond vigoureux, trois figures de grandeur héroïque; au centre, le Christ bénissant, la tète nimbée du nimbe crucifère; aux côtés du Christ, saint Âmand et saint Seurin. Ces vitraux, peints par M. /. Villiel en 1853^ ont été donnés par la fabrique.

Orande fenêtre du transeept méridional.

Ce vitrail, composé de quatre travées, reproduit les faits historiques ou légendaires de la vie de saint Seurin.

Médaillons (en commençant au bas du vitrail, à gauche du spectateur) :

1"" Saint Seurin élu archevêque ;

2** Relation d'amitié entre saint Seurin et saint Martin de Tours;

S"" Songes de saint Seurin et de saint Amand ;

i"" Prière de saint Seurin avant son départ de Cologne ;

5"" Saint Seurin quitte Cologne pour venir à Bordeaux ;

6* Arrivée de saint Seurin à Bordeaux ; il est reçu par saint Amand ;

7° Entrée solennelle de saint Seurin et de saint Amand ;\ Bordeaux ;

S*" Intronisation de saint Seurin ;

9^ L'âme de saint Martin enlevée au ciel ;

10"" Un concert céleste avertit saint Seurin de la mort de saint Martial ;

TtoiilèiiM travée.

1 1"* Saint Seurin ressuscite un mort;

IS"" Saint Seurin averti par un ange de sa mort prochaine;

13° Mort (le saint Seurin;

W Convoi funéraire de saint Seurin;

Quatrième travéa.

15"* Partage des reliques de saint Seurin ; lô"" Miracle de Hnondation;

17"* Translation des reliques de saint Seurin à Cologne; 48° Les clercs et les fidèles en prières au passage des reliques ;

Dans Toghra.

19^ Bordeaux assiégé par les barbares;

20"* Les habitants prient saint Seurin de les délivrer des barbares ;

21'' Les assiégeants miraculeusement mis en fuite;

22*» Action de grâce ;

23'' Apothéose de saint Seurin et de saint Amand.

Ce vitrail a été peint par H. /. Villiei en i858, aux frais de la fabrique.

Vitrail delà chapelle Saint-Jean^Daptislc.

Ce vitrail, don de M. de Soissons, ancien curé de Saint- Seurin, représente le patron de celte chapelle, debout et tenant sur le bras gauche un agneau, et de la main droite, un cartel déroulé, sur lequel on lit celte légende : Ecce aguus Dei,

Ce vitrail est signé des initiales : /. F. (Joseph Yilliet), i854.

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Verrières de la chapelle de Notre-Dame de la Rose.

Ces verrières occupent lés cinq fenêtres de cette chapelle ; elles ont été exécutées par M. J. Yilliet, et datent de 1857. En voici les sujets, en commençant par la première fenêtre, à rentrée de la chapelle :

1"* V Arbre de Jessé. Le vieillard, étendu sur son lit, est plongé dans un profond sommeil. Du sein de Jessé s'élance une tige vigoureuse, dont les rameaux se terminent par les ligures des ancêtres de Jésus-Christ.

Au nombre des personnages qui entourent le patriarche se trouvent, mêlés aux prophètes, des poètes et des philosophes du paganisme.

2"^ V Annonciation (Fartiste parait s'être inspiré du tableau de réglise saint Michel que nous avons décrit page 319), et au dessous, dans des proportions plus réduites, la VisilcUion.

3* V Adoration des bergers et V Adoration des Mages*

Ces trois verrières ont été données par la fabrique.

A** La Présentation au temple, le Songe de saint Joseph et la Fuite en Egypte. (Don de M*^ de Garayon-Latour, née de Pérignon.)

5^ Le Couronnement de la Vierge, et au dessous, chœur d'anges.

Ce vitrail porte les armes de son donateur. M"' le cardinal Donnet.

Dans les ogives des fenêtres se trouvent représentés les symboles mystiques des Litanies de la Vierge . Stelia matutina, Janua cœli, Turris eburnea, Fœderis arca...

La composition des verrières de Notre-Dame de la Rose, dont nous ne donnons ici qu'une simple nomenclature, a été l'objet d'une notice très détaillée par M. l'abbé Nolibois. (Voir à la Bibliographie.)

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