‹ Description des œuvres d'art qui décorent les édifices publics de la ville de BordeauxChapitre 65 sur 77 · DE CIMETIÈRES OU DE CARREFOURS · texte numérisé non relu

DE CIMETIÈRES OU DE CARREFOURS

Les croix de cimetières et de carrefoups, dont l'origine est indéterminée (*), étaient au Moyen Age de véritables conceptions artistiques traitées avec d'heureuses variantes par les imagiers du xui* au xvi* siècle.

Ces croix isolées, soit qu'elles s'élevassent dans l'humble cimetière paroissial ou à l'entrecroisement de plusieurs chemins, étaient toujours d'une silhouette originale, et s'agençaient parfois harmonieusement avec les profils de l'église voisine, l'encadrement pittoresque de quelques bois ombreux ou d'un site mélancolique et sauvage.

Notre collègue M. Drouyn a bien compris toute la poésie et l'intérêt qu'offrent aux artistes et aux archéologues

(*) < A quelle époque commença-l-on à élever des croix dans les carrefours > et à rentrée des villes, des villages et dans les cimetières ?

» Je ne saurais le dire. » (Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné, t. IV, p. 433 )

Quelques auteurs prétendent que les premières croix des carrefours remplacèrent les dieux Termes que les Romains élevaient souvent à la jonction des routes. M. Mary-Lafon {Histoire du midi de la France, UI* partie, p. 418), s'exprime ainsi :

« Afin que nul refuge ne fût laissé au polythéisme partout où il se manifestait extérieurement, les chrétiens le poursuivaient et le transformaient. Aussi, les édicules, les cancels grillés, les autels des dieux, s'étaient changés en chapelles dédiées aux saints qui avaient lutté avec le plus d'ardeur contre l'idolâtrie. Au chêne druidique môme, on avait ravi sa mystérieuse et vieille sainteté; et pour que le peuple, en venant s'agenouiller sous des branches frémissantes, ne songeât plus à la belle Néhalénia aux souliers d'or, et ne crût plus voir la lune descendre du ciel en voile blanc, une statuette de la

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