ÉGLISE SAINTE-EULALIE
La réédification du clocher de Téglise Sdinte-Eulalie mérite d*unanimes félicitations. Cette nouvelle flèche, reproduction scrupuleuse de Tancienne, s'harmonie parfaitement avec sa vieille base; et lorsque la blancheur des assises supérieures aura reçu le sombre glacis que prennent si promptcment nos constructions modernes, la vieille tour et la nouvelle flèche nous sembleront être d'un seul jet.
Voici, sous forme de chronique, les éphémérides du clocher :
• 1^ 5 thermidor an XI (24 juillet 1803), qui était un dimanche, l'orage tomba, vers les sept heures et demie du matin, sur le clocher de Sainte-Eulalie.
H Le 13, un jury, nommé par le commissaire général de police, s'assembla, afin d'examiner les projets présentés pour la démolition de la flèche du clocher de Sainte^Eulalie, frappé par la foudre le 5 (le ce mois. On adopta un de ces projets présentés par un charpentier de cette ville. Le jury s'assembla pour la deuxième fois, le 17 do ce mois, pour réviser ce projet où l'auteur avait fait des changements qui en rendait l'exécution plus économique. Il fut présenté un second projet, le 23 de ce mois, par un architecte de celte ville, qui fut préféré à celui précédemment adopté, et dont Texéculion est définitivement arrêtée.
K Le 9 fructidor an XI (jeudi 27 août 1803), on commença la déçfiolitioii de la flèche du clocher de Sainte-Eulalie. Ce travail fut ache\é le 23 (lu môme mois (*}. »
(*) Bulletin polymathtque, 1 vol., p. 213, 216 et 363.
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Eq 1845, un projet de recoDStruction du clocher de Sainte-Eulalie fut présenté à la Commission des Monuments historiques, et obtint l'assentiment unanime de cette Commission. (Rapport au Préfet, 1845. p. 29.)
Le 24 juin 1863 eut lieu l'adoption, par M. le sénateur Pietri, administrateur du département de la Gironde, d'un second projet de restauration du clocher de l'église Sainte-Eulalie, présenté par M. Gustave Alaux, architecte.
Le 14 juillet 1863, installation de l'échafaudage, construit par M. Bignon, charpentier, et le 29 août, achèvement de cet appareil.
Le 31 août, démolition de ce qui restait de l'ancienne flèche.
Le 24 septembre, commencement des travaux de la nouvelle flèche, par MM. Mathieu Périllon et Laurent Déjean. M. Joseph Bouey fit les sculptures.
Le 15 février 1864, pose de la croix en fer, ouvrage de M. Lagarce, serrurier.
La démolition de l'échafaudage eut lieu du !«' au 20 mars.
Et l'achèvement complet des travaux le samedi 14 mai 1864.
La hauteur totale du clocher est de 51 mètres.
La réédification du phœur de l'église Saint- Michel a clé faite sous la direction de M. G. Burguet, architecte de la ville (c'est une heureuse revanche des sacristies souterraines). Le 20 mai 1863 a eu lieu solennellement la nouvelle consécration de ce sanctuaire, par S. Ém. M'' le Cardinal Donnet.
Depuis la reconstruction du chœur et d'une partie du transsept, de nouveaux vitraux et d'anciennes verrières, restaurées et complétées, décorent cette partie de fédilice. Ces travaux sont dus au pinceau de M. Maréchal, de Metz; puis à la munificence de la ville de Bordeaux, de la fabrique Saint-Michel, et à faide d'une souscription recueillie par les soins de M. Henri Vaille, habitant de la paroisse (^).
L'ensemble de cette décoration se développe du nord au sud, de la chvte de V homme à sa rédemption. Ainsi, à la première fenêtre orientale du transsept nord, est représentée la désobéissance d'Adam et d'Eve et l'ange les chassant du Paradis terrestre. A la suite, dans le sanctuaire, viennent les patriarches : Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse, les prophètes et la Vierge Marie. Et dans les fenestrelles du triforium sont représentés les rois de Juda et les femmes de la Bible : Jephté, Sara et Rebecca.
Dans la grande fenêtre absidale apparaît le Christ servi
(*) Les vitraux du chri;ur ont été posés au mois de mai 18G3, et ceux du transsept vers la fin d'octobre de la nu me année.
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par des anges; au-dessous, dans les fenestrelles primitivement occupées par les sybilles et les prophètes (voyez p. 311), six anges adorateurs déploient une banderolle.
Les petites figures placées dans les meneaux de Togive proviennent de l'ancienne verrière.
Côté du midi : Les évangélistes, les pères de TÉglise : saint Jérôme, saint Augustin, saint Âmbroise et saint Grégoire; à la suite viennent les docteurs : saint Léon ill, saint Grégoire YII, saint Pie V et saint Bonaventure; puis, en retour, dans le transsept méridional, Pie IX proclamant le dogme de Tlmmaculée-Conception. Cette verrière occupe la fenêtre où se voyait primitivement le vitrail d'Anne de Bretagne. Ce dernier vitrail, mais nouvellement restauré (*), se trouve maintenant vis-à-vis. Au nord du transsept est l'ancienne verrière de TAdoration des Mages.
L'autel de la Vierge, en marbre blanc, style du xv* siècle, provient de l'ancien atelier de M. l'abbé Choyer, d'Angers, actuellement sous la direction de M. Moisseron. Sur le devant de l'autel, des colombes jouent au milieu des roses et des lis. Les bas-reliefs qui décorent cet autel, à l'exception de celui de la porte du tabernacle, qui représente la Communion de la Sainte-Vierge à Éphèse, ont été modelés par M. L. de CoëfTiard. Bien que l'érection de cet autel date de 1864, ces bas-reliefs furent exécutés en 1856, comme nous l'avons dit page 292.
L'autel en bois de la chapelle du Saint-Esprit, style du Moyen Age, est l'ouvrage de M. Ramade, menuisier. Les sculptures sont de M. Duburch, et le tout d'après les plans et dessins de M. Lafargue fils, architecte.
(*) Par suite de cette restiuration , une Vierçe tenant TEnfant- Jésus, composition toute moderne, occupe le quatrième compartiment; mais les deux écussons, qui donnaient un intérêt historique à ce vitrail, ont disparu.
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