ÉGLISE SAINT-BRUNO
Après la restauration de la façade (1861), Fadminislration paroissiale fit compléter Tameublement et la décoration de réglise. Ces améliorations ont été exécutées avec intelligence, et si quelques critiques de détails peuvent être motivées, bâtoosrnous de louer hautement les fabriciens de Saint-Bruno d'avoir eu la sagesse de se souvenir que le style de leur église était supérieur aux pastiches contemporains en faux moyen âge, et que, dès lors, il fallait impitoyablement repousser tout ce qui, de près ou de loin, appartenait à la monomanie de Fart gothique.
Animé de ces bons principes, des peintures décoratives ont été faites dans la chapelle des Fonts, par M. Faure, en 1863. Une nouvelle chaire, sortie des ateliers de M. Larroque, s'agence convenablement avec Tensemble des belles boiseries de la nef (^), et, par une transaction amicale, les tableaux de Téglise Saint-Louis (voyez p. 236) faisant anciennement partie du mobilier du monastère Saint Bruno, sont revenus dans cette dernière église (*).
Aux copies d'après Le Sueur nouvellement placées, nous
(*) Dans VEncyclopédie à^ Architecture, par M. Victor Caîlliat et A. Lance, il* année, n<» 39, 40 et 70, se trouvent les dessins des portes et des boiseries de l'église Saint-Bruno, par M. Auguste Labbé, architecte à Bordeaux.
(') Par suite et à propos de cet échange, l'administration de l'église Saint- Louis a fait placer dans la sacristie de cette église, en remplacement d'une des copies d'après Le Sueur, un tableau de M. Gibert aîné, représentant Pic IX proclamant le dogme de Tlmmaculée-Conception, et M. Ch. Lagnier a publié, à ce sujet, quelques réflexions dans le Courrier de la Gironde du € novembre 1862.
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ajouterons uixe Mater dolorosa, signée : Landucci, iS6S, Roma. Mentionnons encore une amélioration à laquelle on ne saurait trop applaudir : La magnifique toile de saint Bruno en extase (^) a été Tobjet d'un rentoilage soigneusement fait, et le tableau a été replacé sur Fautel, dégagé des souches blanches et des objets mobiliers qui nuisaient si fâcheusement à Teffet de cette belle peinture. Aussi retirons-nous avec bonheur nos paroles de critique adressées à radminislration paroissiale en 1861 (*).
(0 Après un nouvel examen de ce tableau, nous ajouterons, pour modifier l'opinion que nous avons exprimée page 164 : Cette belle toile porte les caractères des grands artistes espagnols qui résidèrent longtemps en Italie.
(-) Pour compléter la bibliographie de Téglise Saint-Bruno, nous citerons : Notice historique sur le quartier de la riVe de Bardeaux, appelé les Chartronf; Bulletin polymathiqu^, 1 vol., p. 175; la Dominicale bordelaise, par Tabbé Sabatier, p. 57 et 291; les Chnrtreux à BordeatAX, par L. Lamothe; Bordeaux. Lafargue, 1853, in-8o; lettre de M. l'abbé Lavielle dans le journal la Guienne du 23 septembre 1863; et, dans le même journal, à la date du 6 juin 1864 et jours suivants, divers articles sur les fouilles de Saint-Bruno, nouvellement reprises sur des données auttientiques et sérieuses (historique).
La façade de Téglisc Sainte-Croix, comme celle de Téglise Saint-Bruno, a été, ces dernières années, Fobjet d'importantes restaurations, mais ici plus complètes et plus indépendantes. Sous la direction de M. Abadie, artiste d'un talent incontestable et incontesté, la façade de l'ancienne église abbatiale a pris un développement et surtout un caractère qui, sous le prétexte de rendre à cet édifice son unité première, étonnerait assurément le vieux maître de Tœuvre.
Attendons, pour nous prononcer franchement sur la nouvelle façade de Féglise Sainte-Croix, que le dernier mot de ces remaniements ait été dit. Mais, dès à présent, n*hésilons pas à constater qu'au point de vue de Tétude de Fart au moyen âge et des événements historiques dont la vieille façade de réglise abbatiale portait l'empreinte, nous n'avons plus sous les yeux qu'un texte falsifié (^).
Une plus heureuse pensée semble présider aux travaux de l'abside de cette même église. Ces travaux ont pour but de rouvrir les fenêtres du chœur, de rétablir les arcatures décoratives, les colonnetles et l'arc doubleau à la naissance de la voûte du cul-de-four, afin de rendre le chevet à son
(*) Pour écrire ultérieurement Thistoire de la reconstruction de la façade Sainte-Croix» nous citerons : Les archives de la Commission des Monuments historiques, dans lesquelles se trouve un Rapport très spirituel de M. Drouyn et la photographie de l'ancien état de la façade; l'analyse du Rapport de M. Guibert« journal la Gironde du 29 décembre 1862; et, dans le même journal, le Bulletin scientifique du 25 avril 1863, par M. J. Duboul.