‹ Description des œuvres d'art qui décorent les édifices publics de la ville de BordeauxChapitre 7 sur 77 · GARY · texte numérisé non relu

GARY

ARCBEvftcBI DE BORDEADX.

Bordeaux, le 2 juin 1812.

MoRSiEUB LE Préfet,

Je vous remercie sincèrement de l'attention et de la suite que vous donnez à ma demande concernant les bas-reliefs placés ci-devant au jubé de notre église cathédrale, et à présent sous la tribune de l'orgue. Dans cette demande, j'exprimais avec mon propre vœu celui de bien d'autres personnes zélées pour la décence, tant ecclésiastiques que séculiers, et même d'entre les artistes, l'un de ceux-ci a cru devoir m'en écrire exprès. L'ingénieur des bâtiments civils qui préside à ces travaux de restauration et décoration parait craindre, s'il fait draper les figures trop découvertes, de donner lieu aux reproches qu'on lui fît autrefois, mal à propos, de ne pas respecter les plus précieux monuments d'arts fsicj. Ces reproches seraient encore moins fondés dans la circonstance actuelle; d'abord, et il le sait mieux que moi, tout n'est point admirable dans ces bas-reliefs; s'il offrent du très-bon , il y a des parties médiocres pour le mérite du travail, d'autres au-dessous du médiocre. Mais une sorte de tradition garantit que ce sont des chefs-d'œuvre, et chefs-d'œuvre de la façon de Michel- Ange, comme dit le bon chanoine théologal Lopès. Ce Lopès, en réfatant l'explication hétérodoxe et ridicule de ceux qui prétendaient que la figure du Sauveur, l'aigle au-dessous de lui, était un Ganymède, se met en frais pour montrer que l'aigle n'est là qu'un symbole de la résurrection, rCTiovaôiïtir, vt aquilœ,juv€nttir tua; ce qu'on a répété après lui, et c'est depuis peu, que, sans égard pour cette tradition, nous avons reconnu tout simplement dans ce bel aigle réuni avec un jeune homme ailé, une tête de lion et celle d'un bœuf, les symboles ordinaires des quatre évangélistcs, qui rendent témoignage à la résurrection glorieuse de notre Seigneur.

Mais dit M. Combes, ces bas-reliefs sont restés peadant trois siècles à Tentrée du sanctuaire, et je les fixe à l'autre extrémité de réglise. J'approuve fort sa délicatesse, et je Teugage seulement à y ajouter tant soit peu, sans quoi elle devient inutile, car tous les jours nous voyons des gens de différentes classes s'écarter de l'autel pour se rassembler devant cette sculpture.

M. Combes ajoute que « pour satisfaire mon désir, il faudrait faire des draperies en plâtre an-devant de quelques figures; mais que ce travail n'aura aucune solidité si l'on ne taille les parties où il devra être appliqué pour le faire prendre , et ce sera, dit-il, une véritable mutilation. >

En vérité, Monsieur le Préfet, j'en porterais volontiers le reproche. Je répondrai, néanmoins, que les sculpteurs qui sont employés depuis fort longtemps dans notre église, s'y prendraient assez bien pour que la mutilation ne s'aperçût même pas; et quand je leur en ai parlé, ils ne m'ont point témoigné cett« craint«. Je m'avoue fort ignorant dans les procédés de leur art, mais j'en ai connu des résultats heureux : par exemple, je me souviens d'uue statue dont la nudité avait choqué la reine, femme de Louis XV : c'était, je crois, une Atalante dans les jardins de Marli; on sot lui donner une chemise de marbre qui fît honneur à l'artiste. M. Combes a vu, ainsi que moi, dans la basilique du Vatican, an mausolée de Paul 111, cette célèbre figure d'une vertu cardinale^ drapée également après coup, et sans nuire à son effet, mais en métal.

Je vous supplie donc. Monsieur le Préfet, de prendre aa mot riugénieur des bâtiments civils de votre département, et laissant à son libre choLx, métal, ou marbre, ou plâtre, veuillez lui enjoindre de nous donner enfin cette satisfaction aussi légitime que peu coûteuse; en sorte que, selon la promesse consignée en sa lettre, il fasse exécuter soudain.

Agréei, etc.

Si§né, Cm, Fk., »ekeTéqwe 4e Bordemuj, Pour copie conforme :

Le secréiaire^énéral de la préfecture,

PELAUQCE.

Pour donner suite aux réclamations de M»' d'Aviau, M . Lacour père fut chargé de draper ces statues avec de la

toile enduite d'un lait de chaux; mais depuis longtem[is ces draperies ont complètement disparu.

Lorsque s'effectuera le projet de la grande façade occidentale, il est présumable que de nouveaux remaniements auront lieu vers la tribune de Torgue, et les bas-reliefs seront encore déplacés ainsi que d'autres fragments de l'ancien jubé. Ne serait-il pas alors plus heureux, pour satisfaire à la fois et les amis des arts et le clergé, d'exposer ces basr-reliefs au futur Musée d'antiques de la ville, ou sous les cloîtres si l'on ne veut les distraire de la cathédrale pour laquelle ils ont été faits?

Tribune de l'orgue.

La tribune de l'orgue, dans le style de la renaissance, placée à l'entrée de la nef, fut élevée en 1531, sous Charles de Grammont. Ce prélat, qui avait fait édifier le contre-fort extérieur dont il a été déjà parlé, est un des archevêques de Bordeaux qui ont laissé des preuves nombreuses de son zèle pour l'embellissement de la cathédrale.

Antérieurement aux travaux dirigés par M. Combes, en iSlO, voici, d'après un rapport manuscrit de cet architecte, la disposition de la tribune de l'orgue : c Elle était composée )de quatre arcades; une des piles se trouvait placée dans » le milieu. Cette tribune n'avait que 3 mètres de largeur, » plafonnée en grandes pierres plates ornées de losanges en

> dessous.

^ Ces dispositions, dit M. Combes, empêchaient l'ouverture » de la porte principale projetée de la place Rohan; la tribune, jqui avait été démolie, fut reconstruite avec les mêmes

> matériaux, mais sur un nouveau plan, seulement avec trois » arcades. La suppression d'une des anciennes arcades permit

> de placer une niche de chaque côté, décorées d'enfants et

iU) ÉGLISE

» d'arabesques avec des couronnes de lauriers où Ton a placé ]> la lettre initiale du nom de Sa Majesté TEmpereur et Roi.» (Ces initiales ont disparu.)

«Le sol de la place du côté du palais impérial étant plus ]» élevé que celui de la nef d'environ i°>60, il a fallu établir »la tribune à cette hauteur au moyen d'un très -grand 9 perron.

]» La tribune fut élargie de 2 mètres environ et voûtée en 3» arc de cloître, formant trois carrés égaux, au milieu des- ^ quels il y a un caisson avec des losanges ornés de belles » rosaces antiques.

]» Les bas-reliefs du jubé qui a été démoli, que quelques » artistes et amateurs regrettaient, ont été placés en incrus- ]» tation contre le mur du fond de la tribune, et sur Tun des ]» côtés (à droite en entrant) fut également placée la porte » d'entrée du môme jubé, avec les grands pilastres ornés » d'arabesques; il en a été figuré un semblable, avec des > arabesques, pour offrir la môme symétrie, du côté opi> posé (*). >

Ces dispositions générales de la tribune étant indiquées, voici les détails d'ornementation : Au centre, sous la place de l'organiste, l'apôtre saint André, patron principal de Toglise; à sa gauche, sous une arcade de petite dimension, saint Paul tenant une épée; à l'opposé, saint Pierre. Ce basrelief est renfermé dans un cadre qui se termine à sa partie supérieive par deux ttMes d oiseaux. Le bas-relief, au nord de

^*^ Le* pUasIivs de rancitMuie porte »l»i jul»ê ï^mjI richonienl ('êt'orês : tics l^uiie», iles jrèuie*, 5i>utien lient alternativeinoiit îles cartouches sur lesquels Muil des nusiaillons repr^^k'ntaul de» sct'iies de raiicien testament, Adam et Kve dan* ïe paradis terrestre, la mort d'Ab«*l, etc., le tout entremêlé d'oiseaux, d« branches de laurier* et de ^riiToas. Sur la partie opposée se Irourenl U p^^rte et les pila«tr\^s nuxlenies, imitant dans leur ensemble la même décoration t^ue le* pi'xvtslents; seulement, i'ewution en est beaucoup pins sèche. le pivinier pilaMre en entrant e>l M^ne B4.>M>o; le second, non siçnê, est le tiaxail du sculptonr Q\iexa

celui qui vient d'être décrit, représente un sujet entièrement mythologique emprunté à la vie d'Hercule, et à Fopposé un médaillon tenu par deux petits génies, sur lequel est le buste d'une jeune femme, et sur la saillie de ce médaillon, au-dessus d'un autel, des cœurs enflammés. M. de Lamothe explique ainsi ces compositions : e: Ces divers sujets nous paraissent se rapporter au second mariage de Henri IV; la tête de femme du médaillon serait celle de Marie de Médicis, et le combat d'Hercule rappellerait la devise du roi : Hercule domptant un monstre; invia virtuti ntdla est via (*). »

Le sujet de ces bas-reliefs et le caractère de leur exécution, d'un goût renaissance moins pur que les pilastres des arcades, autorisent à considérer Tomementation des parties hautes de la tribune comme travail de l'année 1603, époque où, d'après M. Combes, furent bâties les tribunes du parlement et des jurais, qui s'élevaient à 3 mètres le long des arcades, au midi, et où se voyaient dans les caissons de la voûte de ces tribunes les chiffires enlacés de Henri IV et de Marie de Médicis.

Les trois arcades de la tribune de l'orgue reposent sur des piliers octogones en plan, ornés de pilastres recouverts de gracieuses arabesques, composées de jeunes enfants, de cigognes, de vases de fleurs, le tout entremêlé de guirlandes et d'élégants rinceaux. Les volutes des chapiteaux sont formées par de petites cariatides supportant les angles du tailloir ; et dans les écoinçons des arcades, divers médaillons avec flgures coiffées de casques ou couronnées de lauriers. Les arceaux sont également décorés de médaillons, de caissons, de rosaces, et dans la frise, des enroulements s'épanouissent en torses de sirènes. L'ensemble de cette tribune rappelle les portiques des châteaux de Blois, d'Ânet et de Gaillon.

(*) Commissicn des monuments historiques, 1850, p. 17.

i'd KCLÏSE

Modillons Ilifltoriôs, clefs de voûtes, chaiiiteaux. ôooinçon».

Dans la nef^ à côté de la chaire, au rang des fortes con* soles supportant la galerie, apparaissent trois bustes : un év(>que, un duc ou roi, une reine ou duchesse. € Je regarde » tellement, dit M*' Donnet, ces trois bustes comme histo- » riques, que les autres modillons n'ont pas de sculpture, et » que tous supportent une galerie où la tradition raconte que » se trouvait TefTigie d'Eléonore(*). »

Précédemment, dans la revue extérieure, nous avons signalé Timage présumée de cette princesse et celle d'un do ses époux au-dessus de la porte Royale; la place alors était digne, convenable. Mais ici peut-on reconnaître des bienfaiteurs de races royales sous la forme des modillons historiés ou de corbeaux recevant une tablette de cornirho? Si les autres modillons nont pas de sculptures , ne rolrouvo-t-on pi>s c^ lacunes dans la décoration du moyen Ap\ où st^ rencontrent fréquemment des parties lisses en op|Hvsition «viv di^ parties ornées; des chapiteaux d'une grande simplicité en regard d'autres chapiteaux richement siMilptés'f Aprt^s tout« iH^ bustes couronnés ne sont pas les sinils qui sk^ di^HHUTent dans la nef : vis-à-vis la porte de la s.hTi^tii\ au nùdi, a la quatrième et cinquième travée, au- (I0S8US du nunuvui divisiint les arcatures géminées des deux oi>Ms*^\H, ap)Kirai$s^MU doux figura portant également des ooimnuu^. Kaudra-l-il K^ rogi^nier aussi comme des images plchHN^s on .s»>uvonir do quolq\u>s hauts personnages?

l,V\phoaliou dv> Ums K« dotails d*omemonl;ition d^me oalh^nlralo twi uno làoho d'vuH^ grande diillouUé. Car ne voil-

^ ^ M.v "MMjiiyou» A,\ ,' •«.* >^o^ K*v;,^ ^^s-»—^ -v«j.-^^x îji;! ; f.lts^nori* ilo

SAIKT-AKPRÉ. 63

t-on pas tous les jours, en étudiant les édifices des siècles passés, des bas-reliefs, des statues qui déjouent Térudition des plus célèbres archéologues, sans compter toutes les sculptures qui ont donné lieu à des définitions très-ingénieuses sans doute, certainement plus remarquables que les sujets qui les avaient suscitées , mais aussi très -hypothétiques?

La bizarrerie ou Tignorance a parfois guidé le ciseau de quelques imagiers, et vouloir trouver un sens élevé, même raisonnable, à tout ce que le moyen âge nous a légué, n'est-ce pas s'exposer à de graves erreurs?

Une pareille opinion sera peut-être traitée d'hérésie archéologique par les maîtres de cette science; cependant, artistiquement pensant, pourquoi ne pas admettre que, même à la plus belle époque de Fart hiératique, de sceptiques statuaires aient donné libre cours, dans Texécution de détails secondaires, à leurs caprices ou à leurs fantaisies?

La vaste nef de la cathédrale, <i la plus large que des nervures ogivales aient recouvertes de leurs gracieux réseaux, » office dans la construction de ses voûtes deux époques bien distinctes : la fin du xiv^ siècle vers le transsept , et le commencement du xvi* vers la tribune de Torgue; toutes les sections de ces nervures sont ornées de clefs de voûtes avec motifs d'ornementation : sur la première, en venant du chœur, les armes de France; le martyre de saint André sur la seconde, et enfin sur la troisième le Christ en croix.

A la suite, dans le goût de la renaissance, viennent des couronnes de feuillages et des rosaces aussi gracieuses d'arrangement que délicatement exécutées. Ces rosaces, d'une grande finesse de ciselure, indiquent un travail d'atelier; elles sont fixées aux voûtes par des tiges de métal. En outre de ces clefs, ornées de couronnes et de festons, se

Gi Ér.LiSE

voient aussi les écussons armoriés des archevêques bienfaiteurs de réglise, notamment les armes de Jean de Foix, archevêque de Bordeaux, qui fit reconstruire la partie des voûtes renversées par le tremblement de terre du 2 mai 4427. Dans le pourtour du chœur se trouvent aussi des écussons qui, bien certainement, étaient peints aux armes des archevêques et des seigneurs de la cité (*).

Après ces quelques remarques sur Fornementation des voûtes, examinons les chapiteaux des colonnes monocylindriques ou engagées, et ceux des colonnettes divisant les croisées.

Au moyen âge, c le cliapiteau n'était plus un simple ornement^ il entrait dans la construction comme une des parties les plus importantes, puisqu'il devenait Vassieltty le point de départ des voûtes, -ù Ce principe est remarquablement traité par M. Viollet-le-Duc dans son Dictionnaire; mais il ne s'agit ici que d'appeler l'attention sur la forme des objets de décoration plutôt que sur leur raison d'être.

La cathédrale Saint-André, malgré sa sobriété de sculptures, comparativement à la richesse décorative des grandes cathédrales du Nord, possède une suite fort intéressante de chapiteaux ornementés, depuis le xi* siècle jusqu'à la renaissance. Cette étude est d'autant plus intéressante, que de toutes les parties qui caractérisent le style architectural d'une époque, le chapiteau est certainement un des signes les plus distinctifs.

Les chapiteaux supportant les archivoltes des murs latéraux de la nef appartiennent à l'époque romane, fin du xi* siècle; ils ne sont pas riches de sculptures, mais bien franchement

(*) Jusqu'au ivi* siècle, l'usage s'est perpétué de peindre les clefs de voûte, et de les peindre aux armes des souverains, évéques, abbés, seigneurs, villes, etc. Voir les registres des comptes de l'œuvre de l'église de Troyes ; Dictionnaire de Varchit., Viollet-le-Duc, t. lU, p. 271.

SilNT-iNDRÉ. G5

caractérisés (*). D'autres chapiteaux de même style, d'une composition plus riche et d'un plus fort volume, apparaissent dans les parties élevées de la nef, vers l'orgue, et dans les embrasures des fenêtres; quelques-uns noyés dans l'épaisseur des murs. Ces chapiteaux, suivant l'opinion de plusieurs archéologues, indiqueraient la disposition primitive de la voûte de l'ancienne basilique, une coupole sur pendentifs.

Un observateur attentif reconnaîtra les murs en placages élevés à diverses époques pour renforcer les murailles de la nef, et n'hésitera pas à distinguer les faisceaux de colonnes à chapiteaux imités du style roman, mais fortement empreints du style de l'empire, dont M. Combes, en 1808, ne pouvait évidemment pas s'affranchir.

Le xin® siècle est aussi représenté par quelques chapiteaux à crochets dans les angles des hautes fenêtres de la nef. Ceux des faisceaux des colonnes supportant les voûtes ont un double rang de crochets épanouis et sont du xiv siècle. Dans le transsept et le pourtour du chœur, toute deècription devient fastidieuse en raison de la multiplicité des ornements employés, qu'un simple croquis caractériserait beauboup mieux qu'une sèche et monotone analyse; disons seulement que tous ces chapiteaux empruntent leur décoration aiix plantes indigènes : le chêncj le platane, la vigne et le lierre. Terminons cette revue des chapiteaux de l'intérieur de la cathédrale en signa < tant les anneaux ou cordons; aujourd'hui brisés, entourant les grosses colonnes de la nef, vers l'orgue, à la naissance des arcs-ogives, où se remarquent de légers feuillages, des oiseaux et de petites figurines entièrement détachés de la masse, travail de la renaissance.

Les basses-œuvres de tontes les chapelles du chœur sont

(*) On voit encore Sûr léf nfnr, ad midi, les tra'èès des anciennes nrchivoHcs romanes qui se reliaient ù ceHes (juc nfèus voyons anjoiird*hui.

C)(j ÉGLISE

dteorécs d'arcatures trilobées, et dans les écoinçons s'entrelacent des branches d'arbres de diverses essences : platane, laurier, lierre, chêne et figuier. Dans Tancienne chapelle Notre-Dame, aujourd'hui chapelle du Sacré-Cœur (depuis 1817. Voir la Dominicale bordelaise, 1836, p. 24), Tornenientation des écoinçons est, en grande partie, une suite de charmants petits bas-reliefs reproduisant des scènes de Fenfanco do Jésus-Christ.

Le premier bas-relief, suivant Tordre chronologique, est placé sur la gauche en entrant; il représente l'Annonciation, puis viennent les sujets suivants; la Visitation, la Nativité, les Anges apparaissant aux bergers, la Circoncision, le Massiîore des Innocents et la Fuite en Egypte.

D'autres sujets de l'enfance de Jésus ou relatifs à sa naissance se retrouvent dans les chapelles voisines : ainsi, au midi, réixHition de la Fuite en Egypte et de la Visitation, et dans la chapelle, au nord, des Idoles renversées.

Ct>s |vlits bas-reliefs sont bien composés, quelques-uns pleins de stnitimenl, surtout celui de la Visitation; les indio;Uion$, d'une grande finesse et les draperies élégantes. I.'ablv SidvUier repnvhe au bas-relief de la Nativité le lit tle la Vieiy\\ quelle ne dut i»iis trouver dans Tétable de IV^lbKvuK Kl dans la SiU^ne de rAnnoneiation, la Viei^^e o.^f doKnil, A Stolon la fradiliim suivie [wr les plus anciens

> arlJîilt^, et s^Umï le fexle êvan^rlique lui-nh*me, qui nous » n^pn^Mile Mario ln>uMiV el pri-î^iue di>jH.Wv à prendre la

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Au n^unH\ tons o«^ K^s-rt^Lefs, M-uviut <K-s>ini''S et es-

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SAINT-A^DKÉ. C7

tampés, sont d'intéressantes sculptures du commencement du XV* siècle (*).

Tombeaux et statues.

Vers Tannée 1804, lors des réparations de la cathédrale, un grand nombre d'anciens tombeaux d'archevêques, de chanoines et de hauts dignitaires de la province, rangés autour du chœur et dans les chapelles, furent malheureusement détruits. Cependant, rien ne motivait impérieusement la destruction de ces monuments funéraires; le respect qu'ils devaient naturellement inspirer, le haut intérêt de ces sépultures avec des inscriptions précieuses pour l'histoire locale, la valeur artistique qu'offraient ces ouvrages d'art des siècles passés, étaient des titres puissants pour arrêter le bras des démolisseurs. Et, fait inexplicable, ces mutilations eurent pour promoteur un homme qui a laissé des témoignages irrécusables de sa science et de son goût éclairé.

Lopès, dans son Histoire de Saint-André, décfit quelques-uns de ces monuments, en désignant la partie de l'église où ils étaient placés. Cette description, malheureusement trop succincte, est néanmoins pour nous d'un bien grand intérêt. En. réédifiant fictivement bes tombeaux, les allées du chœur et les chapelles prennent un aspect profondément empreint de cette poétique et pieuse tristesse qui caractérisait si puissiammènt les montimënts i*ellgieux du moyen âge.

A Saint-André, comme dans toutes les anciennes cathédrales, l'ensevelisj^emënt, dans l'intérieur de l'église, des évê<iues et des prêtres se pratiquait antérieurement à Char-

(*) Voir le Bapport de la Commission des monuments hisl., .18i9, p. 26, dessin et description de ces écoinvuiis.

lemagne. Ce prince, dans ses Capitulaires, mentionne Tusage de ces inhumations.

La plus ancienne sépulture d'un personnage laïque qui ait eu lieu à Saint-André, est du xi* siècle, sous l'archevêque Goscelin : « Le chapitre de Saint-Seurin, dit Lopès, p. 47, :» se plaignit de ce que le chapitre de Saint-André avait fait i> ensevelir en son église un gentilhomme de Gascogne ]> nommé Othon de Montai. ]> Le même historien cite trois archevêques de Bordeaux : Godefroy 111 (1158), Pierre I (1269) et Simon de Rochechouart, ensevelis à Saint André €dans la chapelle Notre-Dame, qui est aux allées du chœur, n Cette désignation peut-elle s'appliquer à la chapelle actuelle, ou ces faits n'indiqueraient-ils pas pour les basses-œuvres de l'abside une date de construction antérieure à celle admise par la plus grande partie des archéologues?

Autour du chœur s'élevaient, avec d'autres images en pierre, les mausolées du xiv* siècle, d'Arnaud de Canteloup, d'Hélies de Brémont, archevêques; du chanoine Vital Carie, fondateur de Thôpital Saint-André (*), et celui de l'archevêque Antoine de Sansac, de la fm du xvi^ siècle.

Le sanctuaire renfermait les tombeaux de Raymond de Roqueis et d'Amanieu de Lamothe, archevêques ; de Gaston

(1) Nous Tavons vu jusqu'en 1806, dit M. Bernadau, adossé contre l'ancien mur de clôture du chœur, vis-à-vis la chapelle du Mont-Carmel. Il s'élevait de 1 métré au-dessus du sol et était construit en pierre, sans autre sculpture que la représentation du défunt, étendue sur le sarcophage. A côté et contre la muraille était placée une petite statue, sous laquelle on lisait :

ISTA SEPULTURA-EST-DNI-VITALIS CAROU, CANTORIS ^ECCLfSlE BURDIGALENSIS, IPSIUSQ. ET STl SEVERINl FCCLESIARUM CANONICI, FUNDATORIS HOSPITALIS STI ANDREE BURDI- GALENSIS . ET IN PEDE EJUSDEM SEPULTURE FUIT SEPULTUS DNUS CALLARDUS CAROII EJUS NEPOS, DICTE ECCLESIE THESAURARIUS, EJUSDEM BURDIGALENSIS ET STI SEVERINl ECCLESIARUM CANONJCUS, DIE STI LAZARl ANN . MCCCLXXXV . ET DICTUS DNUS |

VITAUS FUIT SEPULTUS DIE XV MENSIS MARTIJ ANN . DNI . MCCCXCVIII . QUORl M

ANIME REQuiESCANT IN PAGE. (Viographe Bofdelais, 1844, p. S27.) M. Bernadau avait déjà publié en 1797, dans ses Antiquités Bordelaises, l'épitaphe de ce tombeau, mais cette épitaphe n'est point semblable à celle que nous venons de citer. Ces variantes sont choses fort communes dans les écrits de M. Bernadau.

SAINT-ANDEÉ. 69

de Fois y blessé mortellement à Libourne dans un carrotisely en 1470 ; de Tristan de Moneins, lieutenant du roi» et qui périt à Bordeaux victime de la fameuse émeute populaire de 1548; de M. de Burie> gouverneur de la province de Guienne de 1559 à 1565; et dans le transsept, au nord, à main droite, proche du pilier où commence la nef, était la sépulture de Raymond de LandiraSy chanoine et archidiacre du Médôc, démolie vers 1840 pour y placer les fonts-baptismaux. Sur le sol du déambulatoire, au milieu du dallage de la nef, w voyaient de larges pierres tumulaires, sur lesquelles étaient gravées au trait ou figurées par des lamelles de cuivre les effigies de plusieurs archevêques et chanoines. Les dalles de la nef étaient recouvertes en grande partie d'inscriptions funéraires (^). be toutes ces anciennes tombes, il ne reste plus que la statuette dite de Pey-Berland et le tombeau d'un chanoine, placé à Feutrée de la chapelle Sainte-Anne, anciennement chapelle de Saint-Jacques. (Sur ce tombeau, orné de quatre-feuilles, élevé de 80 centimètres et de 1"'85 de longueur, est une statue couchée, les mains jointes, ayant à ses pieds une levrette, le tout en pierre.) Enfin se retrouvent encore des pierres tombales dans les allées du chœur, sur lesquelles apparaissent en creux les masses de plusieurs figures occupées primitivement par des images en cuivre doré. Mais de tous ces monuments funéraires aujourd'hui détruits, il en est un qui est bien digne d'une citation spéciale; il était placé au fond du sanctuaire, et son anéantissement remonte au xvii* siècle : c'était le tombeau du duc Charles de Guienne, frère de Louis XI, mort à Bordeaux le 12 mai 1472,.au château du Hâ. <c Charles, duc de Guienne, fUs de France, était représenté nud-chef à Saint- André de

(*) Voir les Antiquités de Vinet et Lopès, L'Église méiropolitaine de Saint- André, p. 60.

Bordeaux; mais ses armes ôtées, puis naguières étaient timbrées de couronnes à haut fleurons (^). i

Était-ce pour effacer dans l'esprit populaire les soupçons qui se perpétuaient par la tradition sur Fauteur présumé de la mort tragique de Charles de Guienne, que fut détruit le tombeau de ce prince infortuné?

Ce n'est pas dans une sorte de catalogue d'objets d'art qu'un fait de cette importance peut être discuté (*), mais cet ouvrage étant également un recueil de souvenirs historiques, il est utile d'y rappeler que dans ce sanctuaire reposent les cendres du dernier duc de la province de Guienne.

Statuette décorant le tombeau dit de Pierre Derland.

Vis-à-vis la chapelle de Sainte-Marguerite, attenant à un pignon décoré de meneaux flamboyants, sur une console, est adossée au mur de clôture du sanctuaire une statuette en albâtre, de 1"10 de hauteur, représentant, non pas l'archevêque Pierre Berland, comme on le croit généralement, mais plutôt un abbé, seigneur justicier.

Cette figure est vêtue pontiiicalement, la mitre sur la tète; elle tient un bréviaire de la main gauche, et de la droite un bâton pastoral surmonté d'une main de justice.

Au-dessus d'une inscription moderne, et autour d'un médaillon circulaire ayant au centre le monogramme du Christ, se lit cette deuxième inscription doublement mensongère :

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