‹ Description des vases peints et des bronzes antiques qui composent la collection de M. de M***Chapitre 12 sur 29 · MYTHES DIVERS · texte numérisé non relu

MYTHES DIVERS

5o — F. 3o. Style tjrrrkeno-phénicien (t). Peiut. noires, violettes et blanches. Grande -Grèce. — ADRESTOS (sic ) , Adraste est couché sur une cliné près de laquelle sont une table et un hypo~ podium. I,e roi d’Argos est revêtu d’une tunique blanche et d’un manteau noir et pourpre ; sa barbe est colorée en pourpre. En arrière A' Adraste à droite est une chouette; aux pieds de la cliné sont cinq personnages tous imberbes et envelop- 'pés dans leurs manteaux. Trois sout debout, et les deux autres' assis à terre ; l’un de ceux-ci semble être une femme. C’est sans doute Ériphjrle. A l’extrémité de la composition est une colonne dorique. On lit le nom de TVD . VS, Tydée , près de l’éphèbe qui est debout à côté de la colonne ; le nom dOMAYOS , Ornachus, est tracé derrière la colonne, sous l’anse.

R. Une femme à quatre ailes recoquillées , semblable aux figures ordinaires des Gorgones , placée entre deux sphinx qui détournent la tête. M. Panofka appliquait à cette Gorgone le nom d 'Adrastée à cause de la présence du roi Adraste peint sur le côté principal de ce vase (a). La têt».

est de face, les cheveux hérissés, la langue hors de la bouche , comme dans les représentations hideuses des Gorgones qui nous sont connues par plusieurs vases; ses bras sont cachés sous son vêtement. Sa course rapide et ses jambes ployées la font ressembler absolument aux figures d’Eris qui se remarquent quelquefois dans l’intérieur des coupes (3).

Les chairs de toutes les figures sont colorées en blanc ( 4 )-

Haut. , 8 pouces 6 lignes.

fi) M. Gerhard [Archœnlogisches Intelligenzblatl der allgemeinen Literatur-Zeitung. , Halle, Julius, i836, S. 307) n’admet pas celle dénomination de style phénicien, qu’il regarde comme erronée, et préfère voir dans ces sortes de vases des imitations de l’art égyptien. M. Welcker (Rhcinisches Muséum , V, S. i34, und i35^ semble adopter cependant notre opinion. Cf. Lenorraant, Cours d' Histoire ancienne, p. 278.

(a) C’est par une erreur typographique que ce vase a été cité dans mon Cat. étrusque t n° 6, dans la note, comme portant le nom d ' Adrastêe tracé à côté de cette Gorgone. On doit lire dans cet endroit : Nous connaissons un vase qui représente la déesse Adrastêe y au revers d'Adraste, avec sort nom écrit à côté de lui

AARErrOS (sic).

(3) Une coupe surtout de M. le professeur Gerhard qui sera publiée dans V Élite des mon. céra mograph iques . Cf. Panofka, Mus. Blacasy pi. xix.

(4) Ce vase offre des traces de restaurations antiques; comme il a beaucoup souffert par des retouches modernes, on ne peut rien affirmer sur le colorage en blanc pour les chairs des personnages mâles, quoique dans certaines parties, il soit évidemment antique. Il est vrai aussi que la fabrique du vase, qui appartient à la manière phénicienne, admet un système de colorage différent de celui des autres vases à figures noires dont on possède un plus grand nomhre.

5i — F. 17 . {Ampli, bachique). Peint, n. Vulci. — Deux cavaliers, peut-être des chasseurs, partant pour Calydon. Tous deux ont des casques, des tuniques courtes et des chlamydes. Ils portent chacun deux javelots. Le premier à droite a de

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plus un bouclier. Deux chiens accompagnent ces cavaliers.

R. Un hoplite accompagné d’un archer. Sur le bouclier argien qu’il porte est tracée la partie postérieure d’un cheval peinte en blapc. A droite un vieillard drapé, à cheveux blancs; il tient un bâton. A gauche une femme qui a les mains couvertes de son pépins.

On pourrait voir ici Méléagre, A ta tante t t OEnée, si on adoptait l’explication que nous avons proposée pour la première peinture de ce vase (i).

Sous le pied trois marques.

Haut. , 1 5 pouces 6 lignes.

(i) Cf. une peinture analogue dans mon Cal.- étrusque , n° ia3. Voyez aussi Passeri , P ici. in vase tab. clxix.

5a — F. a ÿ.{Cylix). Peint.r. Vulci. — Int. EASON (sic) , Jason ( 1 ) essaye la force de sa lance de frêne. Le héros est légèrement barbu , armé d’une cuirasse écaillée , recouverte d’une chlainyde ; son épée est suspendue à son côté; des cnéinides garantissent ses jambes. Près de sa lance sont à terre un casque à géniastères et un grand bouclier argien; l'emblème de ce bouclier est un cheval en course, peint en noir sur fond rouge. En arrière de Jason est un petit éphèbe , dans lequel nous reconnaissons le jeune Absyrte , frère deMédée(a). Il est entièrement nu et détourne la tète à gauche.

Ext. Deux jeunes pugiles nus , les mains garnies de lanières de cuir, combattent en présence d’un pédotribe. Le sang coule de leurs uariues. Le pédotribe est barbu et couronné de laurier; il tient un bâton noueux et une baguette flexible. Le tribon couvre ses épaules. A gauche , en arrière de ce pédotribe, sont deux autres personnages, savoir : un jeune discobole et un athlète barbu qui

tient un strigile ; tous deux ont des couronnes de laurier. L’éphèbe, la main droite levée, semble s'étonner de voir son camarade couvert de ' sueur. Dans le champ est suspendu un lécythus; une espèce de pioche (3) est à terre, entre les deux athlètes. PAOEI.

R. Deux jeunes pugiles; l’un est déjà renversé à terre, et s’efforce de se défendre. Le combat a lieu en présence de deux pédotribes barbus et d’un athlète drapé dans son tribon. Les mains des deux lutteurs sont garnies de lanières de cuir. I.e pédotribe frappe avec une baguette flexible sur la tête du vainqueur , pour, faire cesser le combat. Le visage des deux lutteurs est ensanglanté. Les deux pédotribes ont pour costume le tribon; leurs tètes sont ornées de couronnes de laurier; des bâtons noueux sont dans leurs mains. Le second de ces pédotribes paraît faire un geste de surprise ,00 plutôt de satisfaction, aussi bien que l’éphèbc placé à gauche des lutteurs. Ce dernier s’appuie sur un bâton noueux; une couronne de laurier entoure son front. EO OIP EIAIEI (4).

Diain., 12 pouces 3 lignes.

(») Easun en caractères étrusques se lit sur un scarabée de la collection de M. Fr. Carclli à Naples. Ou y voit /tison placé près du navire Argo; il tient un marteau. Micali, Storia degli ont. pop. italiani, tav. cxvi , 2.

(2) Schol. ad. Apoll. Rhod. Argon. III, 24a.

( 3 ) Voyez ce que nous avons dît de cet instrument dans le Cat. étrusque y n° 38 , note 2, où nous avons rapporté l’opinion de M Brôndsted et celle de M. Gerhard sur cet objet.

( 4 ) Décrit dans mon Cat. Durand , n° 267.

53 — F. 19 . ( Peliké ). Peint, n. Vulci. — Une femme, assise sur un siège, caresse un bouc placé devant elle, et qui détourne la tête à droite. La

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jeune femme est vêtue d’une tunique talaire , et d’un pépins sous lequel est cachée sa main gauche. Le dossier du siège se termine par une tète de cygne, tandis que les pieds reposent sur des griffes de lion. Près du bouc est un arbre dont les rameaux ombragent la composition.

R. Ici on voit le même sujet. La femme est exactement dans la même pose, mais elle présente au bouc une fleur, peut-être le Pæderos. Le siège, sur lequel elle est assise, est un ocladias. Nous croyons reconnaître ici Hermès changé en bouc et Pénélope (i).

Haut., 12 pouces.

(i) Schol. ad Theocrit. Idyll. VII, 109; Serv. ad Virg. Æn. Il, 44. Ce ne peut être Egine; car, dans ce cas, ce serait la jeune fille qui devrait être figurée sous la forme d’une chèvre. Voy. Panofka, Zeus und Ægina , S. 7, u. 2.

54 — F. 19 . ( Peliké ). Peiut. r. Nola. — OESVS (sic ) , Thésée va immoler le Minotaure. Celui-ci a déjà reçu une large blessure dans la poitrine. Le héros athénien est vêtu d’une tunique courte ; il est imberbe; de la main droite il tient l’épée , et de la gauche il saisit une des cornes du Minotaure. Le pétase est suspendu sur ses épaules.

R. Un éphèbe drapé, tenant un bâton en forme de béquille.

Sous le pied O et deux autres marques.

55 — F. 19 .(Peliké). Peint, jaunes. Nola. — Thésée imberbe, vêtu d’une tunique courte et d'une chlamyde , saisit le Minotaure par les cornes. la; héros athénien est armé d’une épée. Son

adversaire se défend au moyen «l’une pierre qu’il tient dans la main gauche.

R. Iris ou plutôt Éris ailée, vêtue d’une tuni-

3 ne talaire et la tète couverte d’une coiffe, tient e la main droite une fleur ( Pothos ) et de la gauche le caducée (i).

Haut. , 7 pouces 7 lignes.

(i) Décrit dans le Cat. Durand , n° 337- L’intervention d ’Éris dans les combats et les contestations, se remarque quelquefois sur les monuments. Voyez ma Lettre à M, Gerhard sur quelques miroirs étrusques dans les Nouvelles Ann. I ? p. 5 1 6.

5G — F. 29. (Crlix). Peint, n. Vulci. — Ext.

Thésée combat l’Amazone Hippoljte. Le héros athénien est à pied ; il est couvert d’une armure complète; son bouclier est béotien. L’ Amazone est à cheval. Elle est armée d’un casque, d’une cuirasse , d’une épée à la ceinture , et d’un javelot dans chaque main. Un javelot va tomber à côté du cheval. On doit remarquer l’attache ou courroie (àyxôV>i ) qui sert à lancer le javelot (i). De chaque côté un grand œil et sous Les anses des ceps de vigne entortillés.

R. Combat de deux compagnons de Thésée contre une Amazone. Cette, dernière est armée d’un casque , d’un bouclier argien, d’une cuirasse, d’une épée h la ceinture et de cnémides; elle tient dans, sa main gauche un javelot. Une guirlande de lierre orne son bouclier. Amazone est renversée aux pieds de l’hoplite qui va la percer de son javelot. A gauche de ce groupe est un second hoplite qui tourne le dos à la scène et semble diriger son javelot du côté de l’Amazone Hippoljte. Un serpent

C eint en blanc est l’emblème qui décore son grand ouelier argien. De chaque côté un grand œil et des ceps de vigne.

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Int. Le Gorgoriiu/n vu de face.

Diani. , 12 pouces 9 lignes.

(i) Voyez Lenormnnt, Ann.de V Inst. areh. IV, p. .77. Visconti avail déjà remarqué cette courroie à un javelot porté par un Niobidc sur un sarcophage du Vatican (Mus. Pio Clem . IV, lav. xvn). Cf. mou Cat. Durand , n° 708, note. (

57 — F. 16. {Amphore tyrrh.). Peint, n. Vulci. — Un homme et une femme sur un quadrige à droite. L’homme est barbu et revêtu d’un manteau ; il tient les rênes et le fouet. La femme est voilée et vêtue d’une tunique talaire. A côté «les chevaux marchent , l’un près de l’autre , Ariadne et Bacchus. Le dieu est barbu, couronné de lierre et vêtu d’un manteau. 11 porte le céras et une branche de lierre. Ariadne a la tête voilée. En avant des chevaux est Mercure qui détourne la tète à droite en dehors de la scène. Le dieu est barbu, vêtu d’une tunique courte et d’une chlamyde et chaussé de bottines; sa tète est nue (i).

R. Bacchus précédé et suivi d’un satyre, Cornus et Œnus. Le dieu est barbu , revêtu d’une longue tunique blanche et d’un manteau noir et couronné de lierre. Cornus joue de la double flûte. OEnus porte une outre sur ses épaules et tient l’œnochoé (a).

Haut., 13 pouces 6 lignes.

(i) Dans mon Cat. étrusque , n® ia6, j’ai tâché de fournir quelques éclaircissements sur ces sujets qui restent toutefois d’une interprétation fort douteuse. Aussi longtemps que des inscriptions ne viennent fixer le sens de ces peintures, on sera toujours emharrassé de donner des noms positifs aux deux personnages placés sur le quadrige.

(a) Décrit dans mon Cat. Durand, n° 6/46. Ce vase a été indiqué par erreur comme de fabrique sicilienne.

4 fi

58 — F. ! 9, (Peliké). Peint, r. Vulci. - — L'enlèvement de Thétis. Pétée tient la déesse embrassée. Le héros est imberbe et nu à l’exception d’une chlnmyde, qui (lotte sur ses épaules. Une épée est suspendue à son côté. Une couronne de myrte ceint sa tête. Thétis est revêtue d’une tunique talaire et d’un pépins. Elle lève les deux bras en signe de surprise et d’eflroi, et se retourne vers une de ses compagnes. Le cécryphale entoure sa tète. Aux pieds de la déesse est un dragon barbu , dont les replis se développent sur la tunique de Thétis. Une panthère a sauté sur l’épaule de Pétée et veut le mordre au cou. De chaque côté de ce groupe est une Néréide ; toutes deux sont vêtues de tuniques talaires et de péplus. Une coiffe enveloppe leurs cheveux. Celle à gauche lève les deux mains en signe de surprise, ft se retourne vers le groupe central. La seconde Néréide s’enfuit et se retourne encore vers le lieu de la scène. Dans sa main droite est un dauphin. Près de cette Néréide on voit un second dragon dont les énormes replis sont en partie cachés dans une grotte f près de cette grotte est un tronc d’arbre dépouillé de scs feuilles.

La composition fait tout le tour du vase et se continue même à la place des anses. A la suite donc de la Néréide placée à gauche , et en arrière du groupe principal, se présente le Centaure Chiron. La tête et le buste de ce personnage sont peints sur l’anse du vase. Chitvn est barbu et couronné de myrte. Un manteau couvre son épaule gauche et descend par devant jusqu’à ses pieds. Unç branche d’arbre est dans sa main gauche. Les

pieds antérieurs du Centaure sont de forme humaine ; à ce personnage drapé, semblable en tout aux pédotribes qu’on rencontre si souvent sur les vases peints , se rattache le train de derrière d’un cheval. A côté du Centaure, mais lui tournant le dos, est Nérée, ou plutôt Position (r). Le dieu marin est de forme purement humaine ( 2 ). Il est barbu, couronné de myrte et enveloppé dans un ample manteau. Dans sa main gauche est un sceptre; il lève la droite en signe de surprise. Position fait partie d’un groupe de quatre figures. La première qui vient à sa suite est une femme vue de face, placée derrière un autel élevé sur deux degrés (3). Cette femme est Amphitrite (4) ou Doris , épouse de Nérée (5). Un diadème entoure sa tête. Son costume consiste en une longue tunique plissée et un péplus. Elle lève la main droite et semble de la gauche toucher l’épaule de Position ; ses regards sont abaissés vers l’autel. A côté à’ Amphitrite, à gauche , sont deux Néréides vêtues de longues tuniques; l’une accourt vers sa mère, en relevant un bout de son vêtement; la seconde se dirige vers le groupe de l’enlèvement , et se retourne vers Amphitrite ou Doris. Une partie du corps de cette seconde Néréide est cachée par l’anse du vase.

Haut, 14 pouces 9 lignes.

(1) Selon la tradition la plus connue , Thélis est fille de Ncrée. Mais Catulle ( LXIV, 28 ) nomme à la place de Nérée, Neptune. Nous pouvons donc sans inconvénient reconnaître ici ce dieu. Cette remarque a déjà été faite dans ma Monographie sur l’enlèvement de Thélis. Ann. de TJnst. arch., IV, p. 127; cf. p. 92.

(2) Il n’est pas très-rare de voir Nérée sous une forme purement humaine. Dans mon Cat. Durand , n° ^78 j’ai décrit une coupe sur laquelle Nérée est figuré sous la forme d’un personnage mâle enveloppé dans un manteau; son nom (Nsptuç) se lit près de lui.

( 3 ) Cet autel pourrait faire allusion au Thèiidion ( Kurip. , Androniach. 20). Voy. Raoul Rochelle, Mon. inéd ., p. 16. Il peut aussi se rapporter à la métamorphose de Thétis en feu. (Apollod. III,

i3, 5; Sophocl. ap. Schol. ad Pindar. Ne/n. III, 6 i>/. On retrouve <lans cette réunion de symboles marins et ignés, le dauphin et l’autel allumé, la même idée que représente l'arc-en-ciel sur un vase montrant l’enlèvement de Thétis (Passeri, Pict. in vase ., tal». ix ; Millingen, Ancient uned. monum. t pl. x). C’est un symbole qui indique l’union des deux éléments, le feu et l’eau. Cf. Lenormant, Nouvelles Ann. I, p. a63, et V Élite des mon. céramogra/di., p. 34. Quelques autres vases peints offrent aussi l’autel dans la scène de l’enlèvement de Thétis. Voyez, le Cat. Durarul y n° 379 , et le Cat. étrusque , n° i35.

(4) Le nom d 'Amphitrite convient mieux à cette déesse que celui de Doris r à cause de l’autel près duquel elle est placée ; cet autel rappelle Destin ou Geea ; Amphitrite est la déesse de l’élément humide qui environne la terre. D’ailleurs Amphitrite a la mçrne généalogie que Doris ; c’est une Océanide ou bien une Néréide.

(5) Voyez ma Monographie sur l’enlèvement de Thétis dans les Ann. de l’Inst. arch ., IV, p. 9 a. Ce pourrailètre aussi Thalassa. Cf. la même Monographie, p. 11 a.

69 — F. 17. (y 4mph. bachique). Peint, n. Vulci. — Le combat A' Achille et <le Mernrton, en présence de leurs mères. Les combattants sont armés de toutes pièces. AXIAEVS, ( rétrograde ) , Achille. a un bouclier béotien sansembléme; le bouclier de >■ MEMNHN, Memnon, est argien. Des flots de sang jaillissent de la cuisse gauche du Bis de l'Aurore qu ’ Achille vient de percer de sa lance. Aux pieds des combattants gît ANTIA0X02, Antiloque ; sa tête est tout ensanglantée. Le héros est couvert de son armure et tient encore son épée; près de lui est sa lance. Les deux déesses 0ETI2, (rétrograde'), Thétis, et AH 2 (1), Y Aurore, se tiennent chacune près des combattants. Leur costume est absolument identique : une étroite tunique talaire, et un péplus brodé sous lequel sont cachées leurs mains.

R. Un jeune hoplite, monté sur un cheval blanc, mène en laisse un cheval noir. Sur son bouclier argien est peinte la partie antérieure d’un sanglier.

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Devant les chevaux est une grande fleur de l’espèce des liliacées (xpivov). Un éphèbe debout et nu se tient devant le cavalier, et lève la main gauche. En arrière des chevaux vole un oiseau de proie qui porte dans son bec un serpent. Dans le champ deux fleurs de l’espèce de l’aster.

Ici on doit voir peut-être l’écuyer d’Achille , commedans les représentations d’ Achilleet AHémithra(i), ou A Achille poursuivant Télèphe. (3). L’aigle qui porte un serpent dans son bec ferait allusion à la victoire d’Achille sur le fils de l’Aurore(4).

Haut. , 1 2 pouces 4 lignes.

(1) Il est très-rare de trouver sur les vases à peiot. noires des noms écrits avec l’U et sans l’aspiration H; preuve que ce vase appartient à une epoque comparativement récente.

(a) Cat. Durand , n°* 65, 38a; Cat. étrusque, n° 75, 12a, et plusieurs dessins inédits qae j’ai vus dans le portefeuille de M. Gerhard, pendant mon séjour à Berlin.

(3) Cal. Durand, n° 385; cf. Panofka, Arm. de V Inst. arch. VII. p. 119.

(4) Cf. X Elite des mon. céram ograp hiqu es, pl. vu. p. i3.

tio — F. 16 . ( Amph. tyrrh. ). Peint 'il. Vulci. — Combat A Achille et de Memnon , en présence de Thétis et de l’ Aurore. I,es deux guerriers sont armés de toutes pièces. Sur le graud bouclier argien A Achille est un trépied peint en blanc. Memnon est tombé à genoux et se iléfend encore avec sa lance. Le bouclier qu’il porte est béotien. Entre les jambes d’Achille on voit un oiseau de proie. C’est probablement laine de Memnon, symbolisée sous cette forme (i). Ovide (a) dit que du bûcher de Memnon s’envola un oiseau. Les deux déesses encouragent par leurs gestes les combattants. Elles sont toutes deux vêtues de tuniques richement brodées, recouvertes de péplus.

R. Un hoplite barbu prend congé d’un vieillard

et d’un enfant. La cuirasse «le l'hoplite est blanche. Dans sa main droite il tient une phiale , et dans sa gauche une lance et un graml bouclier argien. Le petit éphèbe est vêtu d’une chlamyile; il semble faire ses adieux au guerrier, en tendant les deux mains vers lui. Le vieillard est vêtu d’une tunique de pourpre et d’un manteau brodé; ses cheveux et sa barbe sont blancs. Il lève la main droite et semble adresser un discours au 'guerrier qui va s’éloigner. Derrière le vieillard sont placés deux hoplites; leurs grands boucliers argiens n’ont aucun emblème. On pourrait voir ici Hector qui prend congé de Priant; dans ce cas le petit éphèbe serait Astyimax.

Un second groupe à gauche de celui que nous venons de décrire, montre un guerrier qui s’arme en présence d’une femme et d’un vieillard. Nous sommes portés à considérer ce groupe comme entièrement indépendant et séparé de celui «pie nous venons de décrire. En effet, la femme debout tourne le dos à l’hoplite , dans lequel nous croyons reconnaître Hector, et celui-ci à son tour est adossé à cette femme. Si on admettait l’explication que nous avons proposée pour le premier groupe, on pourrait voir ici l’armement A' Achille (3). I.a femme serait Thé.tis. Une épée est dans la main droite de la déesse , qui est revêtue d’une tunique richement brodée et ornée de bandes de pourpre. Achille, est nu et barbu. Une cnémide couvre déjà sa jambe gauche. Il s’apprête à attacher la seconde, tandis qu’entre ses jambes on voit un casque posé sur un large bouclier argien. Dans le vieillard placé en arrière A' Achille, nous reconnaîtrons sans peine Phoenix. Celui-ci est revêtu d’une tunique de pourpre et d’un manteau ; les cheveux et la barbe du vieillard sont blancs. Dans sa main gauche est une lance. Plusieurs inscriptions illisibles.

33 igiEZSCÜJE^pOgle

SUJETS ILIAQUES. 5i

Sous le pied un monogramme formé d’une M et d’un E entrelacés, à coté un A.

Main. , 14 pouces 4 lignes.

(i ) Cf. mon Cal. ètrusfjue y n° 1*59, noie 1.

(a) Metnmorph. XIII, 604 sqq. Selon d’au 1 res, les Meinnonides étaient des oiseaux qui tous les ans venaient visiter le tombeau de Memnon(Serv. ûrf Virg. /En. I, 75 t). Dans la Lesché de Delphes, Mernnon était représenté vêtu d’une chlnmvde sur laquelle étaient tracés des oiseaux Memnonides. Paus. X, 3 i, a.

( 3 ) J’avais un instant cru pouvoir rattacher à un seul événement les peintures qui décorent les deux faces de cette amphore. Dans celte hypothèse, les deux groupes peints au revers du combat d Aehitle contre Mernnon auraient eu Irait à la scène qui précède ce combat. Dans le premier groupej’étais porté à voir Mernnon prenant congé de Pnom, et dans le second, Achille s’armant en présence de Thctis. Si cette dernière partie de mon explication peut être acceptée , l'autre n’offre en sa faveur aucune probabilité. En effet le petit éplièbe , qui, suivant un passage de Pausanias ( X, 3 i , 7 . ), devrait être un jeune Ethiopien, ne présente aucun trait propre à la race noire. On connaît des représentations d’Elhiopiens sur les vases; voyee celui publié par V Inst, /irrh. Mon. inèd. I, pl. xxxv, où un Éthiopien est peint sur le bouclier d’Ajax. Cf. un autre vase avec deux Ethiopien*. Bull, de l'inst. arch. i 835 , p. 166. Du reste ces sortes de scènes de congé sont toujours sujettes à une explication arbitraire, quand elles ne sont pas accompagnées d'inscriptions, aussi bien que les représentations de combats entre deux guerriers. Cf. le vase publié par M. Millingen {Ane. uned. mon ., pl. iv), sur lequel on lit les noms d’A/iXeoç, Msuvov et lls/.TOp près des combattants, et celui que j’ai décrit dans mon Cat. Durand , n° 387, où Diomède combat Hector ; ce vase appartient aujourd’hui à M. Raoul Rochette. Ou voit par ces variantes que des peintures parfaitement identiques pour la forme extérieure cl la disposition des combattants peuvent se rapporter à plusieurs héros des poèmes d’Homère. Toutefois la première face de ce vase, où les combattants sont accompagnés de deux déesses , nous semble devoir être interprétée pnr le combat d'Achille contre Mernnon.

61 — F. 8. ( Œnockoé). Point, n. Vulci. — I)e chaque côté de Minerve , placée (levant une base sur laquelle sont posés les dés, sont accroupis les deux joueurs Thersite et Palamède , ou

Achille et Ajiuc h); ils sont armés de toutes pièces. L’un porte un oouclier béotien, l’autre est armé d’un bouclier argien ayant pour emblème la partie antérieure d’un lion. Minerve est vêtue d’une double tunique et d’un pépins parsemé d’étoiles; elle est armée d’un casque et d’une lance. La déesse lève la main gauche , et se retourne vers le guerrier placé à gauche. NEOTAKVO, KALE, AENOIEK, OSNIAS ( 2 ).

Haut., 10 pouces 6 ligues.

( 1 ) M. Gerhard ( Archàologisches lntelligenzblatt der a lige meinen Lileratur Zeitung, Julius i836, S. 33 1 ) préfère les noms A' Achille et d’ Ajax à cause du vase du Vatican sur lequel on voit les deux guerriers jouant aux des, désignés par ces inscriptions. Mon. inèd. de l'Inst. arch. II, pl. xxn.

(a) Décrit dans mon Cat. Durand, n® 4oo.

62 — F. 24. [Cratère). Peint, r. Vulci — AE- 0RA {sic) , Êthra, ramenée de sa captivité à Troiejpar ses deux petits-fils. AK AMAS , A camus et AEMOOON , Démophon (O. La mère. de Thésée est représentée comme une femme âgée, avec une figure ridée et avec des cheveux à moitié blanchis ; elle s’appuie sur un bâton ; sa longue tunique parsemée de pois noirs est recouverte «l’un péplus; une bandelette entoure sa tête. Démophon tient Êthra par la main gauche et retourne la tète vers elle. Le héros est barbu et armé de toutes pièces ; les géniastères de son casque (xpavoç) sont relevées. Un Centaure, armé d’une branche d’arbre et peint en noir sur fond rouge, décore son grand bouclier .argien. Une chlamyde recouvre sa cuirasse à écailles. En arrière A' Êthra marche Aeamas qui détourne la tète à gauche en dehors de la composition, comme pour s’assurer que les- ennemis ne viennent pas inquiéter sa retraite. Son armure est

■semblable h celle de son frère , si ce n’est que son casque est Vaulopis ; un pégase peint en rouge sur fond noir est l’emblème de son grand bouclier argien.

R. La dispute du trépied. Hercule barbu et entièrement nu a saisi le trépied sacré, et menace Apollon de sa massue , en levant le bras droit. Le dieu de Delphes a des formes juvéniles ; il est entièrement nu et couronné de laurier. Une biche l'accompagne; de la main droite il saisit la massue <l 'Hercule, et de la gauche il s’efforce de retenir le trépied. Vers la partie supérieure, le trépied est enrichi de divers ornements; aux extrémités inférieures sont des griffes de lion (a).

Ce magnifique vase , le plus remarquable de cette collection , est du même style que le célèbre vase du Crésus (3), aujourd’hui au Musée du Louvre. Le tableau du retour A'Kthra a une grande analogie avec celui de l’enlèvement d’Antiope, peint au revers du Crésus.

Sous le pied un E.

Haut., 1â pouces.

(i) Paus. X, a 5 , 3 .

(a) Décrit dans mon Cat. Durand, n° 411. Publié Mon. inea de ilnst. arch II, pl. xxv et xxvi ; cf. Panofka, Ann. VII, p. ‘â^i.

( 3 ) Cat. Durand , n° 4*1 •

63 — F. r 8 , à anses cordées. ( Amph . de Nota). Peint, r. Nola. — Télémaque prend congé de Nestor. Le fils d’Ulysse est armé d’un casque ( aulopis ), d’une lance, de cnémides, d’un bouclier argien et d’une cuirasse décorée d’une palmette ; sa figure est juvénile. Nestor s’appuie sur un bâton en forme de béquille; la figure du vieillard est vénérable; ses cheveux et sa barbe sont blancs; l’ample manteau qui couvre son bras gauche et ses jambes

laisse la partie supérieure «le son corps nue ; ses pieds sont chaussés. Il étend la main droite vers Télémaque, et semble l’exhorter à continuer son voyage, et à se rendre auprès de Ménélas. De chaque côté de ce groupe est une fille de Nestor, Pisitlice et Pot rcaste ( i ). Celle à droite est vêtue d’une tunique et d'un umpechonium ; elle porte la main «Iroite vers son menton. Un riche diadème orne son front. Lt i seconde fille de Nestor, placée «lerrière son père, est vêtue d’une tunique talaire (a) et d’un péplus; elle tient l'oenochoé de la main «Iroite , et une grande phiale de la gauche. Sa tête qst enveloppée d’une espèce «le coiffe. Devant elle est suspendue une draperie.

R. Télémaque et Pisistratc , fils de Nestor, sont reçus par Hélène. La fille de Tyndare est placée au centre ; elle est vêtue d’une tunique talaire recouverte d’un péplus; sa tète est ceinte d’une large bandelette; dans sa main droite’ est l’oenochoé , et dans sa gauche la phiale. Devant elle, à gauche, est Télémaque en costume «le voyageur, vêtu d’une chlamyde, les pieds chaussés de bottines , le pétase rejeté s'ur le dos , et tenant dans la main gauche deux javelots. Pisistratc, placé en arrière «1 Hélène, a à peu près le même costume que le fils d’Ulysse, si ce n’«?st «pie sa tête est couverte du pétase et «jue ses pieds sont nus. Il tient également deux javelots (3).

Haut., 20 pouces.

fi) Apollod. I, g, 9 .

Il serait possible que cette seconde femme fût Eurydice [ Homer. Odyss, 1’, 4 5a) ou Anaxibie (Apollod. /. rit.), épouse de Yestor. Polycaste, fille du roi de Pylos , devint dans la suite la femme de Télémaque. Hesiod. <r/t. F.ustath. ad Odyss. fl, p. 179 $.

(3) Publié. Millingen, Vases grecs, pl. lv et lvi. Décrit dans mon Cal. Durand, n w 4*°- L’explication que nous avons proposée déjà, dans Poutrage que nous venons de citer, n’est donnée que comme une conjecture. Il est très-difficile d’assigner des noms po-

*ilils à ces sortes de scènes d'hospitalité, quand on est privé du secours des inscriptions. Un vase du même genre que celui que nous décrivons a été publié par M. lnghirami , dans sa Gullcriu O/nerica f Uitul. tav. lviii. ün y voit Priant (ITptauoç) , Hector et Hécube. Cf. un vase à peint, r. décrit dans le Bu U. f/e C Inst . arch. t834> p. bo, sur lequel on voit Ilpiapo;, Exrwp xaXoç et Exocet) et un autre à peint, r. sur lequel sont représentés npiotjxo; , HexTop et ÜExaCe. Musée étrusque du prince de Canino , n° i386.

64 — F- S- ( OEnochoe ). Peint, r. Vulci. — Saphu tient la lyre de la main gauche , et le plectrum de la droite. La poétesse est vue de face; elle est vêtue d’une longue tunique parsemée d’étoiles, et d’un péplus. Sa tète est entourée d’une large bandelette ( 1 ).

Haut. , 7 pouces 10 lignas.]

( 1 ) Décrit dans le Cat. Durand , n* 4*7-

65 — F. i5. ( Amphore panathénaïque). Peint, r. Vulci. — Le rhéteur Gorgias arrivant à Athènes. Le vieillard à cheveux blancs est enveloppé dans un ample tribon qui recouvre une tunique talaire; il s’appuie sur un bâton en forme de béquille. A sa suite marche un petit esclave punique; il est nu; sur son épaule gauche est une chlamyde et un paquet.

R. Un jeune Athénien, peut-être Cri lias , vêtu du tribon, tient une bourse pour payer les leçons du rhéteur, et s’appuie sur un bâton en forme «le béquille. Il regarde une amphore panathénaïque placée à terre. Ce vase désigne la localité (i).

Haut., 17 pouces 7 ligne?.

(i) C’csl ainsi que le sujet de ce va^c a été expliqué par M. Ch.

Lrnormanl dans mon Cat. étrusque, n° >55. Jamais aucune cxpli-. cation n'a soulevé plus de critique. M. Raoul Rochette [Journal des Savants, sept. 18 ^ 7 , p. 5a4, note 3.) n'y voit qu'une pure illusion (C antiquaire. M. Gerhard ( Archatologisches Intedigenzbatt der al/gemeinen Literatur Zeitung, Halle, Januar 1 838, S. 36), eu égard au petit nombre de vases historiques connus jusqu'à ce jour, conteste vivement celte explication. Toutefois, quand les inscriptions ne viennent pas éclairer l'interprète, il ne reste que la voie des conjectures. Et pourquoi en effet, le rhéteur Gorgias ne pour* rait-il pas paraître sur un vase, aussi bien que les poètes Anacréon , Alcée , Sa p ho , ou les rois Crésus et Arcèsilas? Certes si des inscriptions n’accompagnaient pas ces figures, on*n’aurait jamais osé leur donner les noms qu’on est bien obligé d'admettre d’après les inscriptions antiques. Qui sait si un jour on ne trouvera pas un vase avec le nom de Gorgias ? Jusque-là l’explication proposée par M. Lenorroant restera dans le domaine des conjectures, comme il en est du reste d’une foule de sujets mythologiques, sur la signification desquels les interprètes n’ont pu s’accorder encore. Au reste, les peintures qui décorent cette amphore ne sont pas une de ces compositions banales, comme on en trouve un si grand nombre sur les vases; il est évident que Tar liste a voulu exprimer dans la tête du vieillard un type individuel.

c. VIE CIVILE.

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