TROISIÈME LOSANGE
Dans ce losange, où va nous apparaître l'efficacité de la loi de grâce apportée par Jésus-Christ, le voyageur est maintenant monté sur un cheval blanc et un homme donne de l'argent à un hôtelier qui se montre sur la porte de sa maison : cet hôtelier c'est le chef spirituel de l'Église , et en sa personne tous les ministres qui l'aident. Cette maison c'est l'Église, qui n'est qu'un vaste hôpital rempli de malades spi-
rituels. Le bon Samaritain c'est Jésus-Christ qui a recueilli, qui recommande l'humanité brisée dans sa chute. Il donne une première récompense, celle de la conscience et du cœur, sur la terre, et en promet une bien plus grande pour le ciel à tous ceux qui auront eu soin du pauvre malade. Mais comment et à quel prix doit s'opérer cette guérison, puis, quel en est le résultat? C'est ce que démontrent les dernières scènes de cette verrière.
Dans le premier médaillon , on voit Pilate condamner à mort l'homme-Dieu qui doit guérir l'humanité, en versant sur ses plaies son propre sang. Le démon lui souffle à l'oreille la sentence de mort, concourant ainsi par sa malice, et bien malgré lui, au salut de ceux qu'il a perdus.
Bans le second, c'est le supplice de la flagellation. La victime divine est attachée à la colonne et des bourreaux déchargent, avec fureur, des milliers de coups sur sa chair innocente, qui vole en lambeaux, pour expier la sensualité des hommes.
Dans le troisième, Jésus-Christ est crucifié , le soleil et la lune assistent à ce spectacle grandiose ; d'un côté de la croix, est la religion catholique une couronne sur la tête, elle recueille dans un calice le sang divin qui sort de la blessure, faite au cœur du rédempteur, par la lance du soldat. De l'autre côté, l'ange de la justice divine pour témoigner que le ciel est reconcilié avec la terre, remet son épée dans le fourreau.
Enfin dans le quatrième, les saintes femmes arrivent au tombeau du Christ Sauveur , un ange leur dit : « Vous cherchez Jésus de Nazareth qui a été crucifié, il est ressuscité et il n'est plus ici, » c'est-à-dire que le rédempteur n'a pas seulement obtenu, par son sang, la rémission des péchés, mais encore la gloire après la résurrection pour tous les hommes de bonne volonté.
Cette verrière, qui est fort endommagée et qui le sera
bien plus encore dans peu de temps, si l'on n'y porte promptement remède, est sans contredit, la plus admirable de toutes, sous le rapport de la composition théologique. Elle nous offre , un magnifique tableau de l'histoire du monde tout entier. C'est la loi naturelle, la loi écrite et la loi de grâce qui se succèdent avec leurs traits les plus saillants, c'est la chute de l'homme avec ses terribles conséquences, la promesse et la figure de la réparation, puis l'accomplissement de toutes ces prophéties. C'est enfin un drame sublime qui commence dans le paradis terrestre, se déroule dans la suite des âges, et s'achève dans le royaume des cieux !