‹ Description des verrieres de la cathedrale de SensChapitre 4 sur 32 · VERRIÈRE DE SA1M THOMAS DE CANTORRÉRY · texte numérisé non relu

VERRIÈRE DE SA1M THOMAS DE CANTORRÉRY

Parmi les verrières du xme siècle qui ornent le bas-côté nord de la cathédrale, la première qui se présente au visiteur est celle de saint Thomas de Cantorbéry. Elle est partagée, par une belle armature, en treize médaillons, qui retracent les scènes de la vie, toute dramatique, de cet illustre champion des libertés de l'Église, à partir de sa réconciliation avec Henri II, jusqu'à sa sépulture.

Comment se fait il, quenous n'ayonspas le commencement de cette intéressante légende? Serait-il possible que l'on eut négligé précisément la partie qui intéressait le plus nos contrées, l'entrevue de ce grand Pontife avec le pape Alexandre III, à Sens ; sa retraite à Pontigny, et ses quatre ans de séjour à Sainte-Colombe ; je serais plutôt porté à croire, que la verrière qui racontait les commencements de celte vie si agitée, aura disparu quand on a percé la chapelle dédiée à saint Tnomas de Cantorbéry lui-même.

Quoi qu'il en soit , voici les scènes représentées dans cette fenêtre, dont la forme est le plein-cintre, autant que m'ont permis d'en juger, et les pièces qui manquent et les injures du temps, qui a effacé les légendes de la plupart des médaillons.

Je prendrai pour guide le récit que nous ont laissé les historiens du temps et en particulier Edouard Grim, le mieux informé de tous, surtout en ce qui touche la catastrophe finale. Ce moine fut témoin oculaire des scènes sanglantes du martyre. Il est même probable que les verriers du xnie siècle avaient ces mômes récits sous les yeux, tant il y a de rapports entre les scènes de la peinture et les descriptions des chroniqueurs.

Le spectateur s'étant donc placé devant la fenêtre, lit de gauche à droite, en commençant par le bas.

1er Médaillon. Réconciliation de Thomas Becket et de Henri JI, en présence de Louis VIL

Le roi de France, est au milieu du tableau, avec une prestance pleine de dignité, mais la tête manque. A droite, l'Archevêque et sa suite ; à gauche, le roi d'Angleterre et ses barons.

Les deux antagonistes ont l'air de s'expliquer devant leur arbitre ; les gens du Roi paraissent peu satisfaits.

2e. Arrivée du Prélat en Angleterre.

Un navire voguant sur les flots ; au milieu saint Thomas, et derrière, les clercs qui forment sa suite. Vers la proue, un moine montre avec beaucoup d'empressement la côte d'Angleterre à l'Archevêque, qui ne paraît nullement partager son enthousiasme. Sur le rivage se trouvent deux seigneurs suivis de leurs gens. Les figures ne sont pas rassurantes et parmi ces hommes plusieurs paraissent armés; l'un d'eux surtout, qui laisse voir sa hache derrière lui.

3e. Saint Thomas se rend à Cantorbéry.

Le Prélat est à cheval ainsi que les clercs qui l'accompagnent, on le reconnaît à son costume au milieu de la cara-

vane qui paraît s'avancer avec vitesse ; elle est dominée par la croix de l'archevêque.

4e. L'Archevêque de Canlorbêry est reçu par les moines.

A gauche, le clergé sort de l'église, précédé par le doyen qui présente à saint Thomas, soit le crucifix, soit l'encens. Il tient aussi le bénitier, et un clerc balance l'encensoir.

A droite, le Prélat, suivi de son cortège, semble parler; d'une main il montre le ciel, il avance l'autre comme pour prendre l'objet qu'on lui présente.

5e. Saint Thomas prêche le peuple.

Une vaste chaire, au milieu de laquelle saint Thomas est assis dans un costume magnifique ; de chaque côté de lui les membres du clergé, et au bas de la chaire, des auditeurs assis par terre, dans l'attitude de personnes qui écoutent avec la plus respectueuse attention.

6e. Saint -Thomas se prépare à célébrer le saint Sacrifice.

L'Archevêque, assis sur un siège, semble bénir ou recevoir un vase que lui présente un serviteur laïque que l'on voit devant lui, un genou en terre. Il est probable que c'est l'eau avec laquelle il doit laver ses mains avant la sainte Messe, qui lui est ainsi présentée ; à droite, deux clercs considèrent ce qui se passe.

7e. Saint Thomas célèbre les saints Mystères.

A gauche, le siège du Célébrant recouvert d'un tapis ; à peu près au milieu, l'Archevêque tourné vers le peuple, les bras étendus, sans doute pour prononcer ces paroles : Dominus vobiscum. A droite, on voit s'avancer le diacre et le sous-diacre apportant respectueusement le pain et le vin qui

doivent être la matière du sacrifice. La mitre et la chasuble de l'Archevêque paraissent avoir été copiées sur celles que l'on conserve au trésor de la cathédrale, et qui ont appartenu à saint Thomas lui-même, pendant son séjour dans nos contrées.

8e. Première entrevue des meurtriers avec le prélat.

Saint Thomas est assis, et Ton voit derrière lui ses serviteurs qui paraissent fort inquiets de ce qui se passe. En effet, à droite et devant le prélat sont deux chevaliers, dont un surtout parait fort animé, et l'on devine à ses gestes qu'il s'explique avec une grande vivacité. L'Archevêque leur répond avec beaucoup de dignité ; d'une main il fait un geste, de l'autre il s'appuie sur un livre qui semble ouvert sur ses genoux.

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