Scène du martyre
A gauche, saint Thomas tombé sur les genoux et la tête penchée près d'une colonne ; à ses côtés , deux moines, dont l'an, qui est Edouard Grim lui-même, avance les bras audessus de la tête du saint pour parer le coup. Il est blessé sans avoir pu protéger le saint martyr. A droite, trois des conjurés dans l'attitude la plus menaçante; Tun d'eux décharge un coup d'épée sur la tête de la sainte victime.
42e. La sépulture du saint Pontife.
Au milieu, un tombeau disposé de manière que Ton aperçoit le saint martyr étendu et revêtu de ses habits pontificaux. Au centre, un moine, une main élevée sur le corps et l'autre posée sur un livre qu'un clerc tient ouvert ; il récite les prières des Morts, et un clerc tient un cierge de l'autre côté.
13e. Jésus Christ accepte le sacrifice du généreux martyr.
Ce médaillon est placé au sommet de la verrière, et renferme comme le dénouement de toutes les scènes qui viennent d'être décrites. On y voit en effet N. S. J.-C. assis sur son trône, la tête environnée du nimbe. Il semble contempler, du haut du ciel, tout ce qui vient de se passer. Deux anges respectueusement agenouillés, les mains tournées vers son trône, paraissent lui offrir les mérites du saint martyr dont il va couronner la vicloire.
VERRIÈRE DE SAINT El STACUE
Au-dessus de la porte du Chapitre.
(XIIIe siècle).
Cette fenêtre, plein cintre, est distribuée en 13 médaillons de formes diverses.
1er. Placide, commandant des gardes de l'empereur Tra.j an, apparaît dans l'attitude de l'admiration en présence d un cerf, élevé sur un rociier et portant une croix lumineuse entre ses cornes. Sur le côté, on voit paître tranquillement, le cheval d'où il a été renversé, en entendant les paroles qui lui sont adressées et qui déterminent sa conversion.
2e. Placide reçoit le baptême des mains de l'évêque de Rome, au milieu de la nuit. A droite du baptistère, son épouse et ses fils qui attendent le moment de participer à la même grâce : chacun des membres de la famille reçoit un nom nouveau, désormais, Placide s'appellera Eustache.
3e. Trois personnes sont couchées sur des lits séparés, dans une même chambre. Eustache, le visage amaigri par la maladie, se soulève sur sa couche de douleur, pour recevoir une potion qui lui est présentée par un saint personnage qui lui apparaît pendant la nuit Sa femme est au chevet et se voile à moitié le visage avec sa main, en signe de profond chagrin.
Ici commencent à s'accomplir les paroles qui avaient été dites à saint Eustache dans une vision : « Tu es bien heureux « puisque tu as été purifié par ma grâce.... Mais le démon « que tu as quitté s'arme et se prépare à t'attaquer vive- « ment. Il faut que tu souffres beaucoup, pour recevoir la
« couronne de la victoire ; il faut que, perdant les vains hon- « neurs du siècle, tu sois humilié ici-bas ; il faut enfin, que « supportant toutes sortes de tentations, tu sois comme un « autre Job. »
4e Eustache, ayant éprouvé toutes sortes de malheurs et perdu tousses biens, s'enfuit pendant la nuit. Il porte un de ses enfants sur ses bras, sa femme le suit, conduisant l'autre par la main : on voit qu'ils craignent d'être découverts.
5e. Un vaisseau, qu'ils avaient trouvé prêt à partir, transporte les pauvres pèlerins en Egypte ; d'un côté sont les matelots et de l'autre Eustache, sa femme et ses enfants.
6e Ici on voit Eustache, quittant le navire et emportant ses deux enfants ; les matelots sur l'ordre du chef de l'équipage, retiennent sa femme à bord.
7e Eustache ayant rencontré une rivière sur son chemin et n'osant transporter ses deux enfants à la fois à travers les flots, en déposa un sur le rivage et passa l'autre. Mais pendant qu'il était au milieu de la rivière, retournant prendre celui qu'il avait laissé sur la rive, un loup s'en saisit, et un lion emporte l'autre. Ce malheureux père semble désespéré, à la vue de ce double malheur. Tel est le sujet de ce septième médaillon.
8e Eustache, dépouillé de tous ses biens et privé de sa famille, s'est mis au service de quelque habitant d'un village : on le voit conduire une charrue attelée de bœufs.
9e Par une suite de circonstances trop longues à redire, Eustache avait été reconnu par l'empereur romain et remis à la tête d'une armée. Peu de temps après, il retrouvait sa
femme intacte et ses deux fils pleins de vie ; la Providence avait veillé sur eux. Celte scène de reconnaissance est ainsi représentée : Eustache est assis, sa femme est à ses genoux et ses deux fils apparaissent debout et dans l'attitude de la stupéfaction.
10p. Eustache, placé de nouveau à la tête d'une armée, remporte une victoire signalée sur les barbares.
1K Au retour de l'expédition, l'empereur Adrien voulut rendre des actions de grâces aux dieux pour la victoire qui avait été remportée. On le voit donc, avec une suite nombreuse, prosterné devant une idole. Eustache est derrière, mais debout et ne prenant aucune part à cet acte d'idolâtrie.
12e. Plusieurs personnes semblent engager fortement Eustache à offrir un sacrifice à l'idole ; l'empereur surtout veut l'entraîner vers l'autel; il le tient au collet, le tire par les mains et lui fait les plus vives instances. Eustache demeure inébranlable et semble prononcer les paroles qu'il disait alors : Je n'adore que Jésus-Chrtst.
13e Ce dernier médaillon est au sommet de la fenêtre et renferme le martyre d'Euslache et de sa famille. L'empereur irrité de leur fermeté chrétienne les avait condamnés à mort. On voit donc Eustache, sa femme et ses enfants, renfermés jusqu'à la tete dans un taureau d'airain, rougi par les flammes ardentes qui l'enveloppent.
Tout le bas de cette verrière a été réparé dernièrement par les MM. Vessière, de Seignelay (Yonne). On aurait peine à distinguer les nouveaux médaillons des anciens, tant le travail de restauration a été heureusement exécuté.