‹ Description du musée de Vienne (1sère): précédée de recherches historiquesChapitre 4 sur 102 · VILLE DE VIENNE · texte numérisé non relu

VILLE DE VIENNE

T lENNE, sec(mde ville du dqMtrtement de l'Isère , selon l^ordre administratif , mais la première par. son industrie^ par ses monuments, par son antiquité , et par ta place qu'elle occupe dans l'histoire, est pn^re à satisfaire ime louable «uri<»ité , soit, que l'on étudie ses édifices , soit que l'on fouille dans ses aiinales , soit enfin que l'on se livre à la recherche des faits qui composent sa statistique spéciale. Qu'on lui attribue une origine grecque , africaine ou gauloise, selon les diverses opinions , scm commencement se perd tour jours dan» le passé le plus reculé. Métropole aiitrefois des II i

^//o&ro^e?) doniieilUâter priildpales étaient le RhAne^ risère et les Alpe^y.elle partage la célébrité de ce peuple 4>elliqueiix qui , '^las particulièrement entre tous ceux de la Gauie , inspira , pendant plusieurs siècles , tant de craintes à Borne y et devint inême une fois , avec les Senons d'Italie , inalire des destins de cette orgueilleuse cité. Les Allobroges furent enfin vaincus et soumis parce qu'ils avaient trop compté sur le courage qui les fit vaincre si souvent , et qu'ils avaient , comme toutes les nations d'en-deçà des Alpes, méprisé l'art d'où dépend le gain des batailles , et celui qui réunit les peuples contre leurs oppresseurs. Mais leur âme élevée sut conserver sous le^)img une attiti^e fière , et cet amour 'de la patrie et de la liberté, encore aujourd'tiui le plus noble héritage de leurs^descendants. Us ire crurent toujours autant que taBmaains , leurs vainqueurs , et ils prouvèrent qu'ils les valaient en les égalant dans la culture de toutes les sciences et de tous] les arts. Agriculteurs , commerçants , poètes, orateurs, sculpteurs, peintres, architectes, hommes d'état , guerriers , ils élevèrent leur ville au plus haut degré de richesse , de civilisation et de magnificence. Ils la décorèrent des plus beaux monuments , ia rendirent célèbre par leur goftt pour les lettres , et lui assurèrent , sous les premiers empereurs romains , la plus puissante influence dans les Gaules.

Malgré les révolutions qui, souvent , firent changer de xôle -amx cités , et déplacèrent le siège du pouvoir , Vienne conserva sa place dans les premiers rangs *, elle fut plusieurs fois le séjour des eoipereurs , et Jiesîiâ 'la më^opole d'une des dix^rsept provinces des Gaules , qpii pc^ta son nom. Lors^ <iue les Barbares, après avoir franchi ki^unémeiiila barrièfe du Bhin, et inondé toutes, les c<mtrées situées entre œ fleuve, les Alpes , l'Océan et les Pyrénées,. se furent fixes sur le sol des Gaules, on les vit respecter la dignité de cette lÉile^tdont-les remparts les protégèrent quelquefois*

Vienne fut soutint la résidence el Tane des pTindj[>alet Villes des rois Burgondesj et saivit , vers Tan 532 9 le sort de tan^de cités enlevées à la domination de ces derniers pour passer sous celle des Francs. Elle entrai sous les deux premières races de leurs rois , dans les divers partages si funestes aux peuples de leur dépendance. Le souvenir des BurgOndes ne s'était point efface ^ trois siècles et demi après leur soumission , Vienne vit , non loin de ses murs , relever, «n faveur.de Boson , leur royaume et leur trdne qui, bient6t après , comme tant d'autres , s'écroulèrent sous l'anarchie féodale. Cet état , par la disposition du dernier prince titulaire, Rodolphe III, passa, au commencement du 11« siècle , sous la puissance suzeraine des empereurs d'Allemagne.

Vienne avait été pendant quelque temps le séjour des rois de Bourgogne. Par égard pour la volonté du dernier de ces princes , et par respect pour l'antique grandeur de cette cité y les empereurs en transmirent la garde à ses archevêques. Ceux-ci , comme seigneurs temporels et spiritœU , la gou- Temèrent pendant environ trois siècles avec le titre de comtes de Vienne , qu'ils furent néanmoins obligés de partager Avee les dauphins , ainsi que la juridiction sur une petite partie de la ville et de son territoire. Leur autorité , souvent attaquée par ces princes , leurs vassaux ^ à raison du comté de Vienne et autres possessions , tomba enfin devant la volonté des rois de France après la réunion du Dauphiné , et se rédjuisit à un partage de la juridiction y qui se conserva jusqu'à la: révolution de 1789.

On peut juger , par ce rapide aperçu , de l'intérêt qu'offire le brillant passé de Vienne. Cette ville , tour-à4our chef-lieu d'une colonie romaine , capitale du royaume de Bourgogne, métropole d'une province ecclésiastique , a conservé , comme marques glorieuses du rang qu'elle a occupé , plusieurs mo^ Buments antiques et du moyen-âge , qui jettent un puissant intérêt sur son histoire. Les uns et les autres méritent de

^er FatlNiiioii^ Bon-seuleiBeat sous le rapport de Tart , mais^ .encore par la lumière qu'ils peuvent répandre sur plusieurs joints obscurs ou ignores de nos annales. Cest pourquoi nous ayons jugé que nous ferions une chose utile , et dont 4)n nous saurait gré^ si nous réunissions les obserrations et les recherches dont ces monuments ont été l'objet, et si nous y ajoutions le petit nombre de celles que nous avons faites nous-meme. Nous commenç(ms par le temple d'Auguste et deXivie, l'un des plus anciens et des plus importants.

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