‹ Description du musée de Vienne (1sère): précédée de recherches historiquesChapitre 59 sur 102 · C . SEAPOLI · texte numérisé non relu

C . SEAPOLI

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Q . CATRIG

Ces deux amphores ont été découvertes près du même en^ droit que celles du n<» 1 93. Il y en avait un grand nombre j et en magasin. Nous eussions pensé qu'elles se trouvaient dans un cellier , car l'on sait que ces sortes de vases étaient destinés à recevoir du vin , si beaucoup d'autres découvertes du même genre , jointes à celle-ci, n'indiquaient pas qu'il a existé dans le quartier de Komestang des poteries et des fj^ briques de tuiles et de briques.

196. Tête d'une statue colossale en marbre , avec une barbe touffue.

Il y manque tout lé front , ainsi que le nez , et une granck portion de la partie occipitale. La hauteur du fragment , à partir du bas de la barbe , est de 70 centimètres. On mesure 35 centimètres entre les deux angles extérieurs des yeux , et , de la bouche à la hauteur des yeux , 30 centimètres.

Selon la remarque àe M. Vietty , c*est un ouvrage qui n'a jamais ëtë bien fini. Le cou n'est qu'épannelé ^ les cheveux et la barbe , oii Ton voit encore les points , ne sont pas fouillés. Depuis la découverte de ce fragment un ciseau barbare les a maladroitement ciselés ^ à Texception d'une petite partie de la chevelure , sur le côté droit.

Est-ce la tête d'un Jupiter, selon l'opinion depuis longtemps admise , ou bien celle d'un Hercule , comme quelques personnes l'ont pensé ? L'état de mutilation de ce morceau nous prive en grande partie des moyens de reconnaître le caractère qui lui avait été ^onné , et de juger s'il prései^tait l'idéal ordinaire de l'un ou de l'autre des deux personnages mythologiques que nous venons de nommer. Cependant il en reste peut-être assez pour asseoir une opinion avec quelque solidité. Si l'on considère la chevelure , l'on voit facilement qu'elle ne ressemble point à celle qu'offrent les têtes de Jupiter. Celle de ce dieu , plus touffue devant que derrière, descend de chaque côté de la face en grandes bou« des ondoyantes jusque sur le cou , tandis que celle d'Hercule est à-peu-près également courte tout autour de la tête , et comme crépue , ainsi que la barbe. On reconnaîtrait plus facilement ces dermers caractères dans la chevelure de notre tête colossale que les premiers.

Mais , au lieu de représenter un Jupiter ou un Hercule , ou tout autre dieu de l'antiquité , la statue à laquelle appar-t

an

tenait celte tète n'oSrait-eUe point l'image d^an empereur? Plosiears de ces princes ont porte la barbe de cette manière.

Quoi qu'il en soit , cette statue devait être d'un aspect fort imposant. Le fragment qui nous en reste , ainsi que beau* coup d'autres , également de proportion colossale , épars dans le musée , ne laissent point douter que Vienne, i l'exemple des plus puissantes cités , ne se soit empressée d'orner ses murs de tout ce que les arts peuvent produire de grand et de noble pour embellir une ville, et donner une haute idée du goût) de la richesse et des sentiments de ses habitants.

Cette tête mutilée est restée long-temps placée au-dessus d'une porte des cloîtres du chapitre métropolitain de St- Maurice , s'ouvrant dans la rue des Serruriers. Elle y avait reçu du peuple le nom de Bobe^ parce qu'elle lui paraissait faire la moue , grimace qui , dans le patois du pays, se nomme bol>e« Et , par suite , on nommait porte de la Bobe celle audessus de laquelle se voyait ce fragment. Les historiens de nos antiquités , qui parlent de la même tête , tie désignent pas le lieu oi\ elle a été découverte. Cependant l'on pourrait penser, par induction, que Cbarvet, l'auteur de V Histoire de Véglise de Fienne , croyait qu'on l'avait trouvée non loin du lieu ob. elle était placée ; car dans ses Fastes de la ville de Fienne ^1^^. 57 et 58 , il annonce que le temple de Jupiter était situé entre le palais des Canaux et la cathédrale , et que l'on en avait trouvé des débris dans la rue neuve de l'Hôpital.

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