C . 1 . V . Proue de vaisseau
Les médailles de ce genre se trouvent rarement complètes. Le dessin qui la représente ici , à côté de la mosaïque de rOcéan, a été fait d'après celle du Musée et d'après celle que nous possédons.
La face offre les têtes adossées de Jules César à gauche , et celle d'Auguste à droite.
Les mots et sigles qui composent la légende n'y sont point disposés dans Tordre continu et successif que l'on remarque ordinairement sur les médailles*, mais on lit, au-dessus des deux têtes : IMP, et au-dessous : C>«:SAR ; à droite : DIVI . F . et à gauche : DIVI . IVLI .
Nous expliquons ainsi qu'il suit cette légende :
honori IMPeratoris C^SARis DIVI Fi7« et DlVl . IVLI .
ce A l'honneur de l'empereur César , fils du Dieu , et à (c celui du Dieu Jules. »
Au revers est représenté l'avant d'un navire surmonté d'un mât et d'une espèce de château ou d'échafiaudage. La grande élévation de ce dernier au-dessus du navire rend peu vraisemblable l'opinion de ceux qui le considèrent comme figurant des bancs de rameurs. Au-dessus on lit : C . I . Y . 9 mis pour Colonia Julia Yiennensis , « la Colonie Julienne ce de Vienne. »
Le sigle V . pouvait s'appliquer à toute autre ville dont le nom avait cette lettre pour initiale. Aussi Hardoin et Le Vaillant ont-ils attribué notre médaille à la ville de Valence en Espagne. Mais Panel, et ensuite Pellerin dans ses Mélanges , le catalogue de Dennery et Mionnet l'ont rendue à Vienne.
Plusieurs raisons appuient leur opinion.
1® Cette médaille a le plus grand rapport avec une autre qui appartient incontestablement à la colonie romaine de Lyon. Toutes deux montrent à la face les têtes adossées de César et d'Auguste ^ on y lit la même légende , avec quelque différence seulement dans la disposition des mots. Au revers on y voit également l'avant d'un navire , sans autre différence que celle de quelques accessoires , du nom de la colonie , et de la place qu'occupe ce dernier. L'art y porte les mêmes caractères , et , ainsi que la légende , témoigne que l'une et l'autre sont un ouvrage du même temps et de la même contrée.
2° La particularité de deux têtes adossées sur la face paraît être propre aux médailles de la Gaule romaine ^ car on la remarque sur les médailles de Nîmes et de Lyon , et sur celle de Vienne.
3° La même médaille n'a encore été découverte que dans
l'ancienne Gaule , à Vienne principalement , et dans les lieu
environnants.
4<> Le titre de Colonie Jalienne, que Ton lit dans les sigles G . I . y . du revers de la même médaille, concourt aussi à la faire attribuer à Vienne ; car il parait incontestable que Jules César a fondé la colonie romaine de cette ville. Le fait est attesté par un historien du IX^ siècle , qui a écrit à Vienne , et qui a été ainsi à portée de recueillir les traditions alors existantes dans le pays , et qui a connu des ouvrages aujourd'hui perdus. Nous voulons parler de Farchevêque Adon , auteur d'une chronique en réputation.
La ressemblance des médailles de Lyon et de Vienne ne saurait être sans importance. Elle nous semble confirmer ce que raconte l'histoire sur la rivalité qui a existé autrefois entre ces deux anciennes et célèbres colonies romaines ^ et cette rivalité , qui a pu produire la ressemblance dont il s'agit, fournît un nouvel argument en faveur de l'opinion que notre médaille a été frappée à Vienne. — - A l'égard de cette opinion , nous regrettons que le savant Eckehl ait cru devoir rester dans le doute parce qu'il ne voyait pas dans les raisons précédentes une certitude mathématique. (Voyçz Doctrina numor, veter, , t. I, p. 71 ).
Nous ajouterons que Henri Florez , auteur espagnol d'un ouvrage sur les médailles des colonies et des mnnicipes an^ tiques de la Péninsule , doute lui-même beaucoup que la nôtre appartienne à la ville de Valence , attendu qu'elle ne se trouve point en Espagne.
Quant à l'époque à laquelle la médaille de Vienne fut frappée, on doit la placer entre le temps où Octave fit consacrer Jules César par l'autorité du Sénat, et celui oh il reçut lui-même de la flatterie de ce dernier le titre d'Auguste. C'est ce qu'indiquent , dans la légende , le nom de DIVVS , donné à Jules César, et l'absence de celui d'AV- GVSTVS pour désigner Octave. ( Voyez ce que nous avons dit précédemment, pages 43 et 44).
320* Médaille gauloise en ai*geut.
£n 1840 il existait dans la commune de Semons, dépendant de l'arrondissement de Vienne , et sur la lisière de la forêt de Bonneyanx , un amas de pierres roulées , d'environ trente mètres cubes. A cette époque , ces pierres ayant été employées à l'entretien de la route départementale qui passe à deux cents mètres au levant , des enfants , en s'amusant à gratter la terre sur la place qu'elles occupaient, découvrirent un petit trésor composé d'environ huit cents pièces de monnaie gauloise en argent. Un grand nombre de celles- . ci a été fondu ou dispersé. Sur cent cinquante qui ont été recueillies par M. Girard , libraire à Vienne , nous avons distingué huit types différents. Nous allons donner la description de l'un d'eux d'après les quatre pièces que nous avons choisies pour le Musée.
Tête laurée, tournée à gauche. R . Cheval courant à gauche. Au-dessous, une roue formée de quatre rayons entourés de points disposés circulairement. Au-dessus, une légende composée des cinq lettres suivantes : lËNAL , en caractères mal formés.
Cette médaille serait d'un grand intérêt pour Vienne s'il fallait vohr dans la légende précédente , comme le pensent quelques antiquaires, le nom de cette cité. Dans ce cas on devrait partager la légende en deux parUes , ainsi qu'il suit: I£N . AL . et alors on aurait les sigles de deux mots gaulois , correspondant aux deux mots latins: VIENNA ALLOBKO- 6VM , par lesquels ^les Romains désignèrent la même ville. Ce point de numismatique gauloise nous parait avoir besoin encore du secours de quelques nouvelles découvertes pour asseoir une opinion.
321 • Partie supérieure d'un cippe tumulaire, avec Finscription suivante^ incomplète.
EVTYCHETIS