‹ Description du Musʹee de Vienne (Isère) prʹecʹedʹee de recherches historiques sur le Temple dÁuguste et de LivieChapitre 5 sur 128 · DESCRIPTION DU MONUMENT · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DU MONUMENT

Le temple d'Auguste et de Livie est, après la Maison- Carrée de Nîmes , le monument de ce genre le mieux conservé que possède la France. Il se trouvait anciennement situé sur le côté occidental d'un forum , ou grande place , orné de majestueux portiques dont on voit encore une arcade en partie enterrée , près de l'Hospice , à l'entrée de la cour du théâtre actuel.

Sa forme est celle d'un parallélogramme. Seize colonnes corinthiennes cannelées , isolées , et posées sur un stylobate portant tout l'édifice , décoraient Irois de ses faces seulement, savoir : les ailes et le frontispice , et faisaient régner sur les côtés correspondants de la cella un riche péristyle. Au frontispice, tourné vers le soleil levant , six colonnes couronnées d'un entablement et d'un fronton s'élevaient noblement au- <3essus d'une rampe de douze marches , qui occupait toute la largeur de cette face principale entre deux acrotères ou prolongements du stylobate. Un simple mur avec refend et sans ouvertures , deux pilastres, savoir : un à chaque angle.

un entabiemeiit et un fronton , formaient la face postérieure ou occidentale. Ce mur faisait retour à angle droit sur les ailes ou faces latérales. Il y remplissait l'espace de deux colonnes et de leur intervalle, et, à la place de ces supports , pre'sentait deux pilastres. Ainsi les allés se composaient chacune de six colonnes et de deux pilastres à la file de cellesci, espaces comme elles sur le mur en retour dont nous venons de parler. Quant à la cella , ou enceinte sacrée , elle joignait, par ses murs late'raux , le mur du fond de l'edi/ice, et s'avançait jusque vis-à-vis la quatrième colonne des ailes. Une grande porte s'ouvrait dans le mur de devant ; et le pronaos , ou porche ante'rieur , compris entre celui-ci , les quatre premières colonnes d'^s ailes, et celles du frontispice, offrait une aire plus vaste que Tinlèrieur de la cella.

Voici les principales dimensions de cet e'difice. Sa longueur, prise à la plinthe ûp. la base du stylobate , était de 27 mètres, sa largeur, de 15 mètres.

Hauteur du stylobate 2 mètres 707 millim,.

Jd. des colonnes 9 870

Id. de l'entablement. ..... 2 036

ïd, du fronton. 2 747

Total. ..... 17 360

Ainsi la hauteur fotale , à partir du pavé antique du forum usqu'au sommet du fronton , était de 1 7 mètres et 360 millimètres.

Le diamètre inférieur des colonnes est de 1 mètre 30 millimètres. ...

Les entre-coîonnements varient entre 2 modules 27 parties 1/2 et 3 modules 12 parties-, le terme moyen est, à peu de chose près , d'un diamètre et demi.

La largeur du péristyle, entre les colonnes des faces latérales et les murs de la cella , était de 2 mètres 45 centimètres^

La pierre avec laquelle a e'té construit cet e'difice est un calcaire d'un blanc jaunâtre, prenant avec le temps une teinte l)rune. A cassure grenue, non susceptible de recevoir le poli, elle est, par sa ténacité, très-propre à la sculpture. Elle ressemble beaucoup à la pierre de taille que l'on exploite dans le département de Vaucluse , et nous la croyons apportée de cette localité'. La corniche et la base du stylobale, ainsi que les plinthes des colonnes qui ont des bases , sont en choin de Fay, pierre dure, et susceptible de prendre le poli du marbre, souvent employée par les Romains dans notre ville.

Ce monument porte aujourd'hui les tristes marques de la barbarie des siècles qu'il a traverses. De nombreuses mutilations et dégradations le défigurent dans toutes ses parties.

On ne voit plus les colonnes se dessiner avec grâce dans le vide, ni l'air et la lumière se jouer entre elles. Plus de péristyle , plus de pronaos, qui invitent à se promener sous leur abri. Ces supports si riches , si sveltes, sont aujourd'hui noyés dans une grossière maçonnerie qui s'étend de l'un à l'autre. La cella a entièrement disparu ^ les murs en ont clé démolis pour agrandir l'enceinle consacrée , dès le moyenâge, au culte chrétien. T3es fenélres et des portes , les unes à plein cintre, les aulres à ogives, ont élé pratiquées dans les murs nouveaux, non sans endommager considérablement les colonnes, dont un marteau vandale a, en outre, abattu les cannelures pour dresser les parements. Un chélif et riJicule perron a remplacé la large rampe qui s'élenrlait devant le frontispice. La porte carrée moderne qui s'élève au-dessus était, avant 1793, surmontée d'une niche renfermant une madone. De plus , la partie posiérieure de l'édifice, celle qui est la plus intéressanle , se (rouve engagée de quelques pieds dans des conslruclions modernes, et le sol, exhaussé par les ruines et les cendres d'auîres édifices antiques,

cacBe enlièrement le stylobate d*iin côlë , et , à moitié ^ Je- Taulre.

Tel est l'e'lat actuel de ce monument. Ce changement, ces de'gradalions pre'sentent un aspect affligeant. On s'indigne contre l'ignorance et la barbarie; mais on est frappé du caraclère de dignilé et de grandeur qui s'est conserve' dans cet édifice, en dépit des oui rages successifs du temps et des hommes. Tel est !e privile'ge de tous les ouvrages romains et le résultat d'une ordonnance simple , de l'emploi des gran-~ des lignes architecturales sagement combinées,

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