Partie d'une grande corniche en marbre bîanc
222, Table de pierre de clioin^ avec l'inscription incomplète qui suit :
TPJB . MIL . LEG . Il
ADIVTRiCîS . CENSORi CiViTAïlS . KEMOR . FOEDER PROG . IMP . NERV.'î: . TRAlAN C.^S . AYG . GERM . DAGIGl OPTIMl . PROVING . AST\1\
ET GALLAEG CONVENTVS . ASTVRVM
. . . Trihuno militiim îegïojiîs seciindœ adjutricis ^ censori civitatis Remonim fœderatœ 5 procuratori imperatoris Nervœ Trajani , Cœsaris , Augustin Germanici^ dacici ^
optimï ^provincîœ Asturiœ et Callœciœ^ conventus Asttirum. Locus daiiis decreto decurionimi,
(f A tribun des soldats de la légion deuxième ,
« surnomme'e adjutrice , censeur de la cite fe'dëre'e des « Re'mois , procurateur de l'empereur Nerva Trajan , Cësar, « Auguste 5 Germanique, dacique et très-bon , dans la pro- (t vince d'Asturie et de Callœcie. Le district des Astures a (( érige' ce monument. L'emplacement a e'të donne' par de'cret « des de'curions. »
Le personnage dont le nom a disparu avec la partie supérieure de cette pierre était vraisemblablement Viennois , puisqu'un pays éloigné avait choisi cette ville pour lui élever un monument honorifique. Il avait obtenu , aussi par honneur, dans la cité fédérée des Rémois , la fonction municipale de censeur.
On sait que la politique des Romains , dans les innombrables guerres qu'ils soutinrent contre tous les peuples de la terre , fut de récompenser par ic vain tilre de fédérés ceux qui, séparant leurs intérêts de ceux de leurs alliés, ou de la nation à laquelle ils appartenaient, donnaient l'exemple de la soumission. L'avantage qu'il leur offrait après la conquête, celui de s'administrer eux-mêmes par leurs propres lois, couvrait mal im véritable asservissement.
Les Rémois en furent redevables à Jules César , et le méritèrent dans les guerres de îa conquête des Gaules. Tant qu'elles durèrent les Romains n'eurent point d'amis si lidèles. Quand tous les peuples de ce pays se soulevèrent , mettant Vercingintorix à leur tête, les Éduens même , les plus anciens alliés de Rome en-deçà des Alpes, désertèrent sa cause , et se réunirent à îa généreuse nation Gauloise qui, pour reconquérir son indépendance, lit alors les plus énergiques efforts et les plus douloureux sacrifices. Les
Këmois restèrent seuls, entre tous, fidèles à l'ennemi commun.
Après la soumission de la plus grande partie de l'Espagne f les Romains y formèrent d'abord deux provinces qu'ils nommèrent, l'une, Ulte'rieure , et l'autre, Citèrieure ou Tarraconnaise. Auguste , ayant achevé de pacifier ce pays par la soumission des Cantabres et des Astures , divisa la première en deux provinces nommc'cs Lusitanie et Be'iique, en sorte que dès-lors on en compta trois (1). Eiles comprenaient chacune un certain nomi)re de dish'iets ou juridictions que Ton nommait conventiis. Les noms de ces conventus, que nous fait connaître Pline le naturaliste (2) , sont : Gaditaniis , Corclubensis , Asiigitamis et Hïspolensls dans la Be'tique; Emeritensis ^ Pacensis ^ Scalahitamts dans la Lusitanie-, enfin, CartJiarjinensîs ^ Tarraconensls ^ Cœsar Aucjiistamis ^ Cluniensîs ^ Âstiiriim ^ Liiccnsis Bracarimi dans la Tarracoiinaise. Dans cette liste on remarque le nom du conventus Âsturum qui est écrit dans notre inscription. Mais Pline ne fait aucune mention de la province de Callœcie , Callœcla , qui y est aussi nomme'e , parce qu'elle n'avait point encore e'te établie de son temps. 11 nomme seulement les Caîlœques , Callœcî , parmi les peuples dépendant du conventus des Bracares, Bracariim.
Plus tard l'Espagne fut divisée en six provinces , ou plutôt en cinq , car la sixième , nomme'e Tingitania , e'tait en Afrique , et ne se trouvait jointe l\ celles-ci que parce qu'elle dépendait du déparlement du Vicaire d'Espagne. Ces cinq provinces se nommaient Tarracoïiensis , Carthaglnensis , Liisitania , Galllcia , Belica , comme nous l'apprend Sextus Kufus (3). On retrouve la même division et les mêmes noms
(1) Strab. , Geiigr. , lib. I!!. Pomp. , Hela de siiù oii> , 1. îî , c. 6'
(2) Pliii. hist., Ilî, 3; ÎY, 21,
(3) Saxti Riiii liist. roui, epitoma.
dans la Notice de Vempire cVoccident , avec cette seule différence que Gallicîa , d'où vient le nom de la Gallice actuelle 5 y est e'crit Gallecia ^ et que la province de ce nom est rangée parmi les consulaires , tandis que P\ufus la compte au nombre des présidiales.
11 n'est sans doute pas nécessaire de de'montrer que Galle ci a eX Gallicia de'rivent de Callœtia^ qu'on lit dans notre inscription et dans plusieurs autres -, ces deux noms désignent évidemment la même province. IMais l'inscription du musée de Vienne peut servir à fixer l'époque de la formation de cette province; elle démontre que celle-ci existait déjà du temps de Trajan. Elle porte à croire que Onuphre Panvinion ne s'est pas trompé de beaucoup en allribuant à l'empereur Hadrien la division de l'Espagne en cinq provinces 5 rapportée par Sextus Rufus et par la Notice de Vempire d'* occident (1).
Il paraît en résulter aussi que , dans la formation de la province de Callœfie , le conventus des Astures fut réuni à celui dont les Callœques faisaient partie 5 et peut-être à d'autres 5 compris sous ce nom de Callœcie. C'est ce qui résulte également d'une inscription de Pxome, où on lit: PROG HïSPANÏiŒ: CITERIORIS PER ASTVRICAM ET CALL.4E- GïAM(2)5 et d'une autre citée par Paul Merula (3), qui offre les mots suivants : IVRIDICO ASTYRL'^ ET CALi^ECIiE. Dans la suite , le nom de Callœtia ou Gallicia , qui avait déjà effacé le nom du conventus auquel les Callœques appartenaient , fit disparaître aussi le nom des Astures dans l'appellation de la province.
Quoi qu'il en soit , le personnage dont il est question dans la dernière inscription présidait au recouvrement des impôts
(1) Onuphr. Panv. , Imper. Rom. , pp. 233 et suiv.
(2) Gruter, CCCCXXVl, 3,
(3) P. MeruL; cosmograph, , part. lî, îib. II, de Hispan. , cap, 17.
d'une province de l'Espagne , nomme'e des Astiires et de Callœcie. îl e'tait un de ces fonctionnaires de qui Vespasien disait qu'il s'en servait comme d'ëponges , et qu'Alexandre Sévère appelait un mal nécessaire. Leur adminisîration , naturellement peu susceptible de concilier l'amour des peuples 5 avait besoin d'être exercée avec une exacte justice et un grand désintéressement pour ne point soulever la haine des provinces. Le conventus des Astures , habité par une population qui, avec les Gantabres, leurs voisins , avait été la dernière de l'Espagne à se soumettre aux Romains , eut sans doute à se louer de l'administration du Viennois dont il s'agit ici, et voulut lui donner un témoignage éclatant de sa satisfaction. Il fit les frais d'un monument qui fut élevé à Vienne en son honneur. C'était une statue placée sur un piédestal, dans un lieu apparent , probablement un coin du forum» L'autorisation nécessaire fut donnée par un décret du corps municipal des décurions. — Cette inscription a déjà été publiée dans les Additions à Chorier,
223. loscription fruste relative à une donation d'eaux nouvelles à la colonie de Vienne.
Voyez le n° 149 , où cette inscription est expliquée.
Buste de Jupiter , en bas-relief^ et en marbre.
Le nez est mutilé. Le bas-^relief offrait sans doute Jupiter
assis 5 avec ses attributs ordinaires. Le travail n'en est pa-s du meilleur temps. Ce marbre provient de la démolition du palais archiépiscopal , et a ëtë donne par M. Balteau.
225. Fragment d'une frise en marbre blanc , qui était ornée d'animaux marins.
On y observe un bœuf marin. Ce morceau a ëtë donne par M. Bonnevay, architecte.
226. Deux fragments du chambranle d'vme grande porte ^ en marbre blanc.
227. Plinthe d'une belle statue en marbre» dont elle offre les deux pieds mutilés.
228. Fragment de bas-relief d'un tombeau chrétien du Bas-Empire.
Deux figiH'es , vêtues de longues tuniques, se voient sur le premier plan. L'une est assise , l'autre parait marcher. Derrière elles , sous des arcades formées par des colonnes composites , que surmontent des arceaux avec des archivoltes richement ornées , l'on remarque deux autres personnages. A gauche est uu piiastre composite camiclë , pjus
grand et place plus bas que les arcades, et qui paraît avoir fait partie de l'encadrement de ce bas-relief. Nous l'avons recueiSli près de la rue Paradis,
229, Cippe funéraire en pierre de clioin. D .
P . ÎYLI . CARA . .
A.NI . DEFV ....
ANNOK