VALER . CA
NA . MATER . . , PIENTIS ....
« Aux dieux Mânes de Publius Julius Carananus , mort à c( l'âge de.... ans. Valeria Carana , sa mère , a élevé ce tora- « beau à un fds très-respectueux. >3
La figure de l'ascia est taillée sur la face latérale , à gauche. Ainsi ce cippe avait éié consacré avec la cérémonie sous Tascia, quoiqu'il n'en soit pas fait mention dans Tépitaplie.
Ce cippe mutilé a éîé trouvé dans la vigne de la veuve Serpollier , au levant du cours Romestang. L'inscription a déjà été publiée dans les Additions à C/wrier.
230« Mosaïque de rOcéaii.
On ne saurait la coiîipîer parmi les plus ])elles que Von a découvertes à Vienne , quoiqu'elle isoïi cepcodaiif foii reinar-
quable. Elle est entièrement formée de petites pierres de
diverses couleurs , sans ëmaux , ou pâtes vitrifiées. Ses compartiments , d'un effet très-harmonieus , se composent d'un médaillon circulaire qui occupe le milieu , de demicercles places sur les côlës , et de quarts de cercle qui embrassent les angles. Dans le me'daillon du milieu la tête de rOce'an est représentée avec un caractère noble et ëleve' , tel qu'il convient à un dieu dont l'empire est si étendu , et offre un aspect si imposant. Des poissons se jouent dans sa barbe touffue. Deux nageoires tiennent la place des oreilles , et deux pinces de homard s'e'lèvent comme deux cornes fourchues au-dessus du front, que couronnent de belles boucles de cheveux. Les quatre compartiments demi-circulaires sont ornes chacun d'un dauphin , et les quatre quarts de cercle des angles , chacun d'un canthare , ou vase à deux anses. Quatre rosaces remplissent les espaces que laissent entre eux ces divers compartiments.
Cette mosaïque, d'environ cinq mètres de côte , a ëtë découverte en 1827, dans le quartier St-Martin , rue des Colonnes , à trois mètres au-dessous du sol. Elle avait été établie au-dessus d'un pavé en marbre qui paraissait usé. On en doit principalement la conservation à M. de Miremont , alors maire de Vienne. Il serait bien à désirer que des fonds fussent accordés pour restaurer cette mosaïque , et la faire paraître dans toute sa beauté.
231 • Groupe des deux enfants, en marbre.
Ce joli groupe, de 56 centimètres de hauteur, est l'objet le mieux conservé du musée. 11 a fixé depuis long-temps l'attention , non seulement par son exécution qui est fort belle , quoique non exempte de quelques reproches , mais encore par le sujet représenté.
Sculptes dans le même bloc , deux enfants du premier âge se disputent une innocente colombe devenue leur captive. Celui qui est a droite tient l'oiseau de la main gauche , et veut par la fuile dérober sa conquête à la poursuile du second. Mais celui-ci lui a saisi (ies deux mains le bras droit , et le lui mord avec force. Arrête' par la douleur , le premier tourne la tête vers son camarade, et le regarde avec une expression de souffrance mêle'e de douceur, et sans trivialité. Telle est l'action qu'offre cette gracieuse composition , rendue avec une êiêgance naïve et beaucoup d'habileté'.
Mais faut-il y voir seulement la repre'sentation d'une scène naturelle? Y cherchera-t-on celle d'un fait mythologique ou historique , ou bien une alle'gorie ? Ni l'histoire ni la mythologie ne fournissent, que l'on sache, de trait semblable. Le sculpteur , témoin peut-être d'une querelle de ce genre entre deux bambins, y aura vu le sujet d'une agre'able composition , et l'aura exécutée sans prétendre y mettre un sens caché. Cependant quelques accessoires peuvent paraître symboliques ou emblématiques. A gauche , un lézard saisit un papillon sur le genou de l'enfant placé de ce côté. A droite, un serpent, fuyant le théâtre du déhat, dangereux pour lui, se glisse à travers l'ouverture d'un arbre décrépit, tandis que sa queue, encore engagée entre les pieds des enfants 5 est foulée par eux; il s'élève avec effort contre le vieux tronc , et semble vouloir atteindre lui-même l'oiseau , sujet de discorde. L'on a peine à croire, à la vue de ces objets, qu'ils aient été placés là sans intention.
C'est pourquoi, selon M. Gibelin, notre groupe oîîre l'emblème du bien et du mal , le bon et le mauvais génie. M. Vielty, qui a si habilement et si savamment expliqué nos monuments dans le bel ouvrage de M. Rey , intitulé : Monuments i^omams et gothiques de f'ieniie en France , partage la même opinion. « Le bon génie, dit-il , noble et doux, « ne cherche point à se défendre contre les attaques de son
« ennemi ; tous ses soins sont pour sa colombe , symbole ï< de son innocence , et seul bien qu'il cherche à conserver. « Le mauvais esprit, furieux de ne pouvoir lui ravir son « tre'sor , mord son bras , et emploie toute sa force à lui « nuire. Le triomphe passager du méchant est certain. Le « lézard qui saisit le papillon sur son genou annonce la mort M de sa victime mais l'enfant pervers veut encore de son fc pied écraser le serpent, compagnon et défenseur de son « rival : il esl à l'abri de ses coups , il s'échappe , et semble, « en s'eievaiit , conduire la verUi à i'ëiernilë. »
Si l'on doit voir dans ce groupe une allégorie , et s'il nous est permis d'exprimer aussi notre conjeclure , selon nous le sculpteur, en ajoulont les accessoires dont il a e'ie' queslion, a cherché à gëoe'raliser sa pense'e. îl ne s'est plus proposé de repre'seoter seulement un Irait parliculier , c'est-à-dire le dëpit et la colère d'un enfant h qui Ton enlève ou refuse ce qui lui plaîl; mais il a essaye de rendre sensible un fait ge'nëral qui dérive d'une loi de la nature , savoir la guerre perpékielle que se foîit tous les êires vivants , depuis le reptile jusqu'à l'homme, depuis l'animal qui se traîne péniblement sur la terre jusqu'à celui qui s'élève avec légèreîë dans les airs, il a vouhi exprimer par la scïilplure im phénomène constant qui prend sa source dans l'amour de soi , sentiment aveugle chez les animaux, et auquel, chez l'homme, on peut jusîement reprocher de n'être pas toujours réglé par les lumières de ia raison et par les prhicipes éternels de îa jusfice.
En préférant une scène d'enfant pour rendre cette idée, l'arliste a eu l'intenlion de montrer que le penchant à la guerre, dont nous venons de parler, esl né avec l'homme , et fait pariie de sa constitulion naturelle , comme de celle de tous les autres animaux. Mais peut-êlre approcherait-on davantage de la vérité si l'on supposait que le sujet lui avait d'abord plu par lui-même , et qu'à son charme naturel il a
voulu ensuite , par le moyen de quelques accessoires , ajouter l'intérêt d'une pense'e philosophique.
Notre explication ne diffère peut-être pas beaucoup , au fond , de celle de M, Gibelin ; mais nous la croyons plus naturelle, quoique moins savante.
Quant h l'opinion selon laquelle l'enfant place à gauche, au lieu de mordre son camarade, serait occupe à sucer la blessure que lui aurait faite au bras le serpent que l'on voit fuir à droite , nous avouons qu'elle nous parait peu vraisemblable. Nous la rappelons néanmoins afin que l'on connaisse les diverses hypothèses auxquelles le de'sir d'expliquer notre groupe a donné le jour.
Nous devons indiquer ici quelques différences entre les deux enfants. Celui qui tient l'oiseau a évidemment plus de noblesse dans les formes et dans l'expression. Son corps est plus développé , et tel que le comporte un âge un peu plus avancé. Il en est de même de ses cheveux , plus longs et plus touffus. Une petite partie de ceux du front sont relevés, et réunis par un lien en une petite touffe dont la pointe retombait prîmiîivement en boucle sur la tête. Cette dernière circonstance peut facilement se reconnaître aux cassures que l'on observe soit sur la tête , soit au sommet de la petite touffe. Telle était la disposition que l'on donnait aux cheveux des génies. — Chaque enfant a pour appui un tronc d'arbre. Le lézard et le serpent pourraient bien n'avoir été ajoutés par le sculpteur que comme de simples ornements de ces soutiens obligés de toutes statues -, et , dans ce cas , M. Millin aurait eu raison de ne voir dans noire groupe qu'une dispute d'enfants.
Quoi qu'il en soit , à défaut d'objets de comparaison fournis par les monuments de Fantiquilé païenne ou chrétienne , il nous paraît prudent de suspendre notre jugement. Quant à l'époque de l'exéculion de ce groupe , et à l'opinion religieuse qui a présidé à sa composition , M. Vietty a rais
en doute si ce ne serait point l*ouvrage d*un sculpteur chre'~ i tien du temps deVe'uére' des Gordiens , ou bien une production du bon temps. Le genre de la sculpture le fait pencher vers la première opinion ; l'ensemble et la pose des figures , qui n'ont rien de barbare, l'enlraînent vers la seconde. Il n'ose de'cider. 11 nous convient, à nous, d'imiter la sage réserve de l'artiste que nous venons de nommer , en avouant cependant que, d'après le style du même groupe, il nous paraît ditlicile de placer son exe'culion au-dessous du temps de Seplime Se'vère , c'est-à-dire de la lin du 11*^ siècle, e'poque où se perdirent l'èle'valion et la purelë du slyle.
Ce précieux morceau de sculpture a ëte' trouve' en mars 1798 , près du cours Romeslaiig , dans la vigne de la veuve Serpoliier, aujourd'hui couverte en partie de maisons. Le point où il gisait dans la terre est à environ sept mètres de la rue de l'Abattoir , dans la nouvelle rue ouverte par M. Ithier . en face de l'entrée méridionale de la Halle-Neuve. 11 a ëtë recueilli en 1809 par les soins de M. Guillermin , alors maire de Vienne.
232. Partie inférieure du fût d'une colonne cannelée posée sur une base attique ^ Fune et l'autre en marbre blanc. ^
La base est trop petite pour avoir appartenu à la même colonne que ce fragment de fût. Celui-ci a les côtes des cannelures ornëes de baguettes ; le congé est lui-même orne.