Imposte en pierre calcaire tendre
Semblable à celles qui sont placées sous les n"'^ 2 et 248 , elle présente aussi deux bas-reliefs. Dans le premier Ton voit un ours qui s'est introduit dans un jardin , et y commence ses ravages. Il est sous un cep de vigne charge de raisins , et s'apprête à dévorer une pomme encore attachée à la branche qu'il a abattue. Dans le lointain on aperçoit un paysan. Celui-ci , monté sur un rocher , jette des pierres à cet hôte dangereux afin de le chasser. L'autre tableau offre un lion se jettant sur un cheval lance' au galop. A droite , dans la partie inférieure , est un animal très-mutilë, qui paraît être un lièvre.
Cette pierre, et celles qui portent les n^^ 2 et 248, sont du même genre. Nous ne croyons pas nous tromper en les considérant comme ayant servi de couronnement à des piliers rectangulaires. La forme êvase'e qu'elles affectent , les deux feuilles d'acanthe qui décorent les deux petits côtes, et se recourbent par le haut , indiquent qu'elles remplissaient sur ces piliers le même office que les chapiteaux sur les colonnes. A en juger par la grande quantité de fragments du même genre , que nous avons observe's lors de leur découverte , les piliers qu'elles ornaient étaient nombreux. Ils formaient sans doute un péristyle dans Tintérieur d'un édifice, où ils étaient isolés , et pouvaient être vus des quatre côtés.
Les trois pierres placées , Tune sous ce n^ , et les deux autres sous les n^^ 2 et 248 , proviennent de la démolition du palais archiépiscopal , ainsi que les fragments rangés
sous les n^^ 7 , 11 , 179, 219. Cette circonstance , jointe au travail de la sculpture et à la nature de la pierre 5 qui sont les mêmes , nous porte à croire que les unes et les autres ont appartenu au même e'dilice.
Une pense'e paraît dominer dans les ornements dont ils sont couverts , c'est celle de lutte , soit du corps 5 soit de l'esprit. Un aigle y saisit un serpent dans ses serres, un lion se jette sur un cheval , un coq dispute un raisin à un chien , un paysan chasse un ours de son jardin , l'aigle de Jupiter enlève Ganimède, le Sphinx attaque OEdipe en lui proposant son c'nigme , le héros re'pond 5 et se prépare à lui donner la mort. Deux Sphinx , placés vis-à-vis l'un de l'autre ^ semblent vouloir s'embarrasser réciproquement par leurs subtilités. D'un autre côté , un personnage est représenté dans l'attitude d'un homme qui va prononcer un jugement -, deux fragments nous offrent des parties d'une figure de la Victoire, qui ornait un des deux côtés d'une porte triomphale. Ces ornements nous paraissent convenir à un gymnase ^ et , si nous nous rappelons que M. Schncyder pensait que le gymnase de Vienne était situé au couchant de l'hospice actuel de cette ville , c'est-à-dire sur le même emplacement 011 ont été trouvées toutes les pierres dont il s'agit ici, on sera fort porté à croire qu'elles appartenaient à cet édifice. M. Schneyder ne nous a pas appris , il est vrai , sur quelles indications il fondait son opinion -, mais on ne saurait mépriser celles d'un observateur aussi exact et aussi consciencieux.