Deux pierres superposées^ en calcaire
tendre^ ayant fait partie du même édifice.
Elles offrent , sculpte's en bas-relief , l'une les têtes , et l'autre les corps de deux guerriers , séparés par la partie supérieure d'un pilastre corinthien cannelé. Ces guerriers 5 dont les jambes se voyaient sur une troisième pierre appartenant à une autre assise du même édifice , peuvent , selon nous 5 représenter des soldats troyens. îls sont vêtus de M tunique à longues manches , et de la chlamide , et coiffés du bonnet phrygien. Ils portent chacun, d'une main, une haste , et de l'autre , un bouclier. Ceux-ci sont triangulaires , à bord convexe sur les côtés , et concave vers le haut. Celui dont on voit 5 à droite , la face extérieure , est orné d'un dauphin dans le milieu.
Ces pierres ont été retirées des fondations du palais archiépiscopal 5 démoli en 1 823 et 24 , avec beaucoup d'autres portant les mêmes ornements , ou des ornements différents. Quelques-unes , entre autres , offraient en bas-relief des dieux marins , de proportions colossales. On peut voir quelques-unes de ces pierres dans la cour de la maison de feu M. Ciemaron , bâtie sur l'emplacement qu'occupait l'aile occidentale du palais arcMépiscopaL On y remarquera, entre
autres, des jambes de guerriers tels que ceux dont nous venons de parler. Les boucliers de quelques-uns de ces soldats repre'sentcs sur d'autres pierres , qui ont e'të de'truites après leur découverte , avaient pour ornement un soleil offrant une face ronde entourée de rayons.
Il est fort à regretter que , dans la grande quantité de matériaux qui furent extraits du même endroit, on n*ait pas recueilli tous les morceaux remarquables, ou que, du moins, on ne les ait pas dessinés -, nous croyons que , dans l'un ou l'autre cas , l'on eût pu se faire une idée exacte de l'édifice romain auquel ils appartenaient presque tous.
Les deux pierres placées sous ce n^, ainsi que le n** 266, ont été données par M. B. Clemaron.
269. Deux fragments de cornicîies^ de grande proportion^ en calcaire tendre.
Dans l'un de ces fragments l'inclinaison des ornements indique qu'il a appartenu à une rampe de fronton. Tous deux ont été découverts , avec beaucoup d'autres , en 1 840 5 dans la tranchée du nouveau quai du Rhône, au-dessous de i'étiage , et^vis-à-vis la maison de M. Rouvière. — Ces divers fragments faisaient partie d'un monument d'une riche architecture, dont ils nous ont seuls révélé l'existence jusqu'alors ignorée. C'est sous ces pierres qu'ont été trouvés les dauphins en bronze placés sous le n° 170. Nous renvoyons à ce dernier article. L'on doit la conservation de ces deux fragments aux soins et au zèle de M. Berthier , ingénieur des ponts et chaussées.
270 « Deux fragments de chambranles d'une grande porte ^ en calcaire tendre.
Trouves au même endroit et en même temps que les tleux pierres placées sous le pre'ce'dent , l'un était place' à la partie supérieure, Tautre sur le côté, et se trouve accompagné d'une portion de pilastre cannelé. Tous deux appartenaient sans doute au même monument que les pierres du n« précédent.
271. Fragments de pilastres cannelés^ de chapiteaux de pilastres et autres ^ en marbre.
Ils ont tous été découverts au même endroit et en même temps que les deux n^^ précédents. Ils paraissent avoir appartenu à la décoration du même monument.
272, Chapiteau corinthien en marbre blanc.
Hauteur : 38 centimètres. C'est une modification, ou plutôt une altération du chapiteau corinthien. On n'y trouve point de caulicoles ni d'héiices. C'est une grande feuille d'acanthe 5 à chaque angle , qui , par son enroulement , forme la volute. Sur chaque face on remarque une feuille d'eau au milieu des feuilles d'acanthe.
11 a été trouvé , en août 18^0 , dans une fouille dont la Commission des beaux-arts nous avait confié la direction , et qui a été exécutée sur le cours de Romestang, près de la rue de la Juiverie.
272 bis. Pierre tumulaire en choin., avec l'inscription suivante :
VETIAE MODESTIN DIVICIVS LASCIVVS CONIVGI PIENTIS .
« Aux dieux Mânes de Vetia Modestina.
« Divilius Lascivus a e'ievé ce tombeau à son e'pouse î( irès-respectueuse. »
Celle pierre a e'té trouvée, en 1838, sur la rive droite du Hhôiie 5 près du bord, à environ cinquante pas au nord dïi ruisseau de Yczerance. Elle ëlait adosse'e à un mur, et abiîlail une urne cinéraire en terre cuite, à col e'troit, et de 48 cenlimèlres de hauteur , sur 21 centimètres dans son plus grand diamètre. Cette urne renfermait des cendres et des ossements à-demi brûles.
Les lettres mal forme'es et mal grave'es de cette inscription pourraient faire rapporter le monument au IV^ siècle.
Nous l'avons déjà publiée dans la Revue de Fienne^ t. I^V p. 154.