‹ Description du Musée des Antiques de ToulouseChapitre 30 sur 102 · BRONZES · texte numérisé non relu

BRONZES

286. (( Il n’y a pas de monumens plus rares que les roues des chars des anciens , si ce n’est les chars mêmes, disait }V1. Magi '. On n’en connaissait qu’une au Vatican et une autre à Berlin , dans le cabinet du Roi de Prusse. Le cabi-

liberet in Mustum meum defferrem. Sic ae res hahuit, quam, ut inauditam fuvat narrare*

w jégricola quidam in pago Faxensi, dum agrum purgat, et apinas radicitùs evellit , teataceum dolium in terra sepultum ictu ligonia rumpit, et inde innumeros argenteoa nummoa acaturiase miratur} quoa ad unum collectos domum Irrtus defert. •

» Tanti gaudii impatiens agricoîa fortunam suam jactanter, aed aub jide silentii , quibusdam amicia et vicinia révélât, Inde rumor Tolosæ percrebuit, in pago Fuxensi thesaurum inventum fuisse ; nec mora, prafectua et judicea monetœ hanc pecuniam rati gallicano , veterem , lege abroga^ tam, et ideo moneux , ut moa est, udjudicandam , aatagunt de ea è manibua ruatici extrahendd » et Toloaam deprehenda : cujua pretium posteà inventori bond fide soluium est »

I Ifistoire et Mémoires de V Académie des Sciences^ Inscriptions et Belleslettres de Toulouse, i.f série, IX, 179.

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net de l’Académie de Toulouse est peut-être le seul qui err réunisse deux.

» Un Paysan du village de Fa , diocèse d’Alet , près des bains de Rennes , en labourant un champ de M. de Cayrol , membre de l’Académie , sentit sa charrue arrêtée par uii corps qui opposait une forte résistance. Après avoir un peu creusé, il trouva deux roues de bronze, l’une entière et l’autre un peu altérée ; ce laboureur les porta chez un marchand de bois d’Espéraza , village voisin de Fa , et les lui vendit pour un ccu.

» Ces roues, portées successivement à Lilnoirc et à Carcassonne , furent présentées à divers fondeurs qui refusèrent de les acheter.

» Le propriétaire de ces roues , fatigué de les offrir inutilement , les relégua dans un magasin mi elles restèrent pendant cinq ou six ans. M. l’Abbé Bertrand , connu par son goût pour les lettres , conduit par hasard à Espéraza , entendit parler de ces roues : il demanda à les voir ; il en connut le prix , et de retour à Toulouse , il en parla à M. de Saint-Amand qui fit proposer au marchand de bois de les lui vendre. Celui-ci se crut trop heureux de s’en défaire pour la somme à laquelle il les avait offertes aux fondeurs. Ainsi , moyennant vingt écus , M. de Saint-Amand obtint ces monumens, dont la valeur intrinsèque était même supérieure à cette somme. Chacun se félicita Je son marché.

» M. de Saint-Amand fit placer ces roues dans son cabinet et les fit graver ; les planches furent répandues dans l’Europe. Une de ces gravures parvint à Benoit XIV. Sa Sainteté voulut faire l’acquisition des roues pour le Musée Pontifical. On fit des propositions à M. de Saint-Amand , qui répondit <jue dans le dessein où il était de laisser à sa mort son cabinet à l’Académie , il ne se regardait que comme dépositaire des monumens qu’il renfermait. » Ce savant mourut quelques années après. Les revers que sa fortune avait essuyés n’ayant pu permettre que ses intentions fussent remplies relativement au don du cabinet , l’Académie l’acheta , et les roues en bronze demeurèrent dans la bibliothèque de cette Société jusqu’à l’époque où la Convention ordonna la spoliation des propriétés des corps littéraires. Alors les roues , que l’on voulait briser et jeter dans le creuset , furent sauvées par un homme courageux , et placées dans le Musée. Elles ont

«'ûviron 54 ' de diamètre et cinq rais chacune , comme celtes du irige de la famille Manlia. Ces rayons naissent du milieu de l'essieu et sortent chacun d'un ove entouré de plusieurs filets très-bien exécutes. Le moyeu , qui dépasse autant d’un côté que de l'autre , a un peu plus de 38 '’ dans toute sa lon^ieur, et est orné d’autres filets. L’ouverture par ou passait l’essieu a 7” 1/2 à chaque bout. Cette cavité, renflée dans le milieu , sous les rais , laisse un vide dans cette partie, entre le moyeu et l’essieu. Ce vide , communiquant avec celui des rayons , qui sont creux , servait à rafraîchir l’air pendant le rotation. Les jantes de bronze ont 8 ' de hauteur et 3 d'épaisseur ; dans celles-ci est une rainure évasée dans toute sa circonférence , qui devait recevoir les jantes de bois. Cette rainure a un peu plus de 2' d’ouverture et ti'’ de profondeur; elle se termine en angle aigu, émoussé par un pan arrondi. Les trous des boulons rivés , qui assujettissaient les jantes de bois , sont placés à 1' 1/2 du bord; il y en a un correspondant à chaque rais et un autre au milieu.

287 . Quarante ans après la découverte de ces beaux monumens, on trouva dans le même champ , à Fa , le bronze qui porte ce numéro. 11 représente une lionne attaquant un homme à cheval. Une ouverture profonde de y centimètres y existe , et devait recevoir un edrps ayant ce diamètre. I.a forme de l’objet, le lieu où il gisait ignoré, tout SC réunit pour faire jirésumer qu’il décorait la partie postérieure du char auquel appartenaient les deux roues, et qu’un bronze pareil existait autrefois et formait l’ornement de l’autre côté d»i char. Ce beau morceau, dont la conservation est parfaite, à 4o c. de longueur.

288 . Un de ces marchands de curio.sités qui apportent souvent dans nos villes ces bronzes contrefaits ou surmoulés qui remplissent les cabinets des amateurs, ayant acheté, •’i Limoux, il y a 3 i ans, le timon antique en bronze, placé sous ce numéro , l’éch.angca contre des figures en cuivre doré, qui lui furent offertes par M. J. P. Lucas , conservateur du Musée. Des renseignemens j>ris sur les lieux * , ont appris

I \oycz Notice des Monumens antiques, etc., du Musée de Toulouse, în-8.®, 1828, pag. 78. On m’avait trampe en m’aniiuiiçaiit que le marchand itulicn nomme FcUciani avait oÜ'cit en ]>ur don ce monument au Musce*

qu'un paysan des environ^ de Rennes, avait apporté ce timon à Limonx , et qu'il le vendit au marchand italien , en présence de M. Béchis et de quelques autres personnes recommandables. Peut-être a-t-il lait partie du char dont nous possédons les deux roues. Il a 44 centimètres de longueur ; la partie creuse en a 38. La conservation de ce morceau est parfaite.

289. J'ai déjà dit que l'Académie de Toulouse avait acquis le cabinet de M. de Saint-Âmand. Parmi les objets qui y étaient conservés , on distinguait cette lampe en bronze , sous la forme d'un danseur. Je ne saurais affirmer que cet objet est antique. On sait combien en Italie les faussaires ont réussi à imiter les monumens de ce genre. Il s'est établi aussi , depuis plus de ao années , dans le Midi de la France , des fabriques de statuettes moulées sur l'antique , ou qui sont des copies, en petit', de monumens plus ou moins célèbres. Mais la grossièreté de l'imitation décèle l'imposture. Ici , pour cette lampe , on peut former des doutes, et j'ai cru devoir consigner les miens dans cette Notice.

290. Cette antre lampe en bronze est, selon moi , la copie d'une autre de même grandeur, conservée autrefois , selon Montfaucon, dans le cabinet du duc de Médina-Cœli , et qui a été publiée par ce savant Archéologue *.

291 . L'antiquité des deux lampes placées sous ce numéro , n'est

point suspecte. Elles proviennent des environs de Naples, ou M. Bibent les avait recueillies. *

292. Manche d'un couteau de sacrifice trouve à Martres, en 1829. Il est d'un excellent travail, et de la plus belle conservation. La tête de cbeval qui le forme est couronnée de lierre ; sur le cou est représenté en bas-relief le fourreau qui renfermait les couteaux de sacrifices. On les voit sur plusieurs monumens dans xm fourreau pareil à celui-ci. C'était , comme on sait, la Secespîta, le Cutter cxcoriatorius et le Dolabrum. La lame de ce couteau a disparu , il n'en reste que la fusée qui est en fer.

- 1 .intiquitè expliquée.

293. Ceii (leux vases, qui pourraient prendre les noms de préféricule et de patère, sont extrêmement oxides; mais les formes sont encore conservées et très-belles. L'anse du préféricule est sur-tout très-remarquable. A l’endroit où elle se rattache à la panse du vase , elle est ornée par un buste de Mercure. La poitrine du Dieu est couverte d’une draperie ; deux petites ailes couronnent sa tète; au-dessus est un caducée; plus haut, une sphère ; plus haut encore , une bourse. L’anse est terminée, au col du vase, par la partie antérieure d’un taureau. Hauteur du préféricule, 0 , 20 '; diamètre de la patère, 0 , 22 '

294; Anse de vase, d’une très-belle conservation ; on voit à sa partie supérieure une tète de lion ; une patte du même animal termine l’anse à l’endroit où elle se rattachait à la panse ou partie renflée du vase. Hauteur , o, 1 2 *^

295. Autre anse. Elle a un masque de théâtre à sa partie inférieure, et elle se termine par des feuilles d’acanthe. Hauteur, 0 , 14 '

296. Buste de Bacchante; ce morceau parait avoir fait partie d’un vase. Hauteur, 0 , 02 “

297. Main qui tient un livre. L’antiquité de ce petit bronze est suspecte.

298. Taureau en bronze. Un anneau existant sur le dos de l’animal , indique que cette petite figure était suspendue ; il est à croire epi’elle a servi de poids à ime romaine. On trouve quelquefois de petites statues de divinités ayant une bélière comme ce taureau. Ces statuettes avaient aussi servi de poids.

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