‹ Description du Musée des Antiques de ToulouseChapitre 56 sur 102 · Ces deux bustes proviennent du même monument · texte numérisé non relu

Ces deux bustes proviennent du même monument

473. On voit quelquefois saint Jean tenant un calice d’où sort un dragon. C’est une pieuse allégorie. Quelquefois aussi il porto un vase pleir\, de parfums destinés à être jetés aur le corps du Sauveur. C’est, je crois, ce que l’on a représenté ici. Cette figure est trè.s-remarquable comme imitation de la nature.

474. Cette statue de la Madelaine, qui sert de pendant à celle du n." 473 , est bien digne d’arrêter tous les regards. La douceur des traits , la naïveté de la pose , le contour pur et gracieux de l’ensemble, tout se réunit pour lui donner ime grande importance. C’est une figure qui rappelle les tableaux du Pérugiu. Elle a été , ainsi que celle de saint Jean , copiée ou imitée pour la décoration du chœur de l’église de Sainte-Cécile d’Albi au temps où Jofl’redi , cardinal d’Arras et ministre de Louis XI , y fit exécuter de grands travaux.

475 . Autre statue de saint Jean ; elle est placée sur une colonne, et tient aussi un calice.

476. Ces cinq statues en bois représentent des Apôtres. Elles paraissent dater de la fin du i4-‘“'’ ou du commencement du i5."’' siècle; leurs vêtemens sont peints, chamarrés de fleurs et d’ornemens, ce qui ajoute beaucoup à l’intérêt qu’inspirent «les monumens de ce genre, formés d’une matière qui résiste si peu à l’eflort du temps, et qui sont par cela même devenus très-rares. Sept statues semblables décoraient, avec cclles-ci, l'une des chapelles de la basilique de Saint-Saturnin.

477. Raphaël a représenté plusieurs fois l’archange Michel terrassant le démon. Ce sujet était alors tres-repété, et nous le retrouvons prê.s de cent années auparavant , peint sur bois et sur verre , ou représenté en relief. On donnait t'aujours à

l'archanire vainqueur un costume guerrier, et l’autcnr «Ju groupe placé ici, n’a pas niauqué fie se conformer à celte liabilufle. L’armure du chef de la milice céleste est celle d'un chevalier du iS.""' siècle j il perce le démon qui ventru vain lui résister, et une ànie, (jiie l’être infernal t(maitdéj?i en son pouvoir, s’échappe, et se place sous la protection du saint libérateur.

478. Jean de la Teyssandiére , d'abord Cordelier du couvent de Toulouse, puis évêque de Rieiix, avait b.ili près de l'abside de la grande église de ce monastère, une délicieuse cliapclle, totalement séparée des autres édiiiees, et ayant son clocher particulier. 11 lit peindre les voûtes et les fniirs par les plus habiles artistes de son épofjuc. Vingt statues de saints ou d’apôtres décoraient les piliers de l’édilice. Les petites chapelles placées des deux cotés étaient revêtues de bas-reliefs. Des vitraux éclatans garnissaient les fenêtres, et dans le chœur, à gauche, on voyait Jean de la Teyssandiére, à genoux et la mitre en tête, offrant à Dieu le plan, en relief, du temple qu’il avait b.fti 5 du même côté, Jésus-Christ tenant d'une main le globe, élevait la main droite pour bénir l’évcipie de Rieux. A droite et en face existait un mausolée en marbre ; il remplissait une chapelle que décorait, dans sa partie la plus élevée, une ogive élégante et découpée en légers festons. 1.^, sur une dalle de marbre, paraissait couchée la statue sépidcrale de Jean de la Teyssandiére. On n’a pu rassembler dans le Musée qu’une partie des sculptures qui décoraient cette magnifique chapelle, et ici sont placées, et la statue de Jésus-Christ et celle de l’évêque à genoux , tenant le plan en relief de l’église qu’il avait fait bâtir et qu’on nommait Y Eglise de Rieux.

479 . Statue de saint Pierre et de Saint Paul. Il y a flans les draperies, dans les ajustemens, des détails heureux et qui indiquent même l’étude de la nature. Maïs presfpic toutes les têtes sont contournées, parce que l’auteur fpii les avait rangées sur la droite et sur la gauche de l’église dans des attitudes à peu prés {)areillcs,avait voulu leur imprimer en quelque sorte une même pensée exprimée par un geste identique.

480. Cette statue de saint Jacques , qui provient aussi de l'église de Rieux, parait avoir été façonnée d’après un système différent

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tle crlui cjiii avait été adopté pour les autres ligures qui décoraient cette église.

481 . On a cru reconnaitre dans ces trois ligures, sons le même numéro, saint Jean , saint Jude, cl saint Bartliélemi.

482 . L’artiste a voulu représenter ici, ou saint François d’Assise, ou l’un des Saints de l’ordre célèbre qu’il avait fondé.

48 .’!. Statue de saint Louis, évé(pic de Toulouse. Ce prélat était entré dans l’ordre de saint François, et il en porte le costume.

Louis naquit en layS. Il était fils de Charles II, roi de Naples et de Sicile. J1 fut donné, en 1288 , en otage, avec ses frères, ptmr son père, successivement prisonnier de Pierre, d’Alphonse III , et enfin de Jacques II, rois d’Aragon. Louis resta captif jusqu’en 1 ag4 : libre alors, au lieu de rechercher les plaisirs et de jouir des droits de sa naissance , il prit l’hahit de saint François et reçut les ordres sacrés', c’était en 1296. Bonifacc VIII le nomma à l’évèché de Toulouse, quoiqu’il n’eût point l’àgc requis par les lois de l’église. Ses vertus lui attirèrent l’amour des peuples. Cependant, fatigué des devoirs de l’épiscopat, il voulut rentrer dans son cloître et ne s’adon- , ner qu’à la contemplation et à la prière. Ayant, en conséquence résolu de se démettre entre les mains du Pape , il

f )artit, mais il mourut à Brignoles le 12 août 1298, âgé seuement de vingt-trois ans et demi. Le Pape Jean XXII le canonisa le avril i 3 iy.

Toutes CCS statues sont en pierre et coloriées ; elles ont , 1 , 84 ' de hauteur. Celle de saint Louis , de Toulouse, a été publiée par M. le Marquis de Castellane ’.

484 . Le monogramme de Christ, formé d’un X cht et d’un P rho, cantonné des lettres A alpha et ü oméga et placé dans une couronne, comme sur les tombeaux des premiers chrétiens, est sculpté sur ce bas-relief, où deux anges supportent ce symbole. Le style indique assez que ce monument date du moyen âge , il est très-ancien et en marbre ; il provient de l’ancienne église de Mancioux , village situé sur la voie romaine de Lugdunum Convenarumk Tolosa; ce lieu remplace une ancienne Mansio, et en tire sa dénomination. Les

I ilémoim.i de la Socié:è Archioh^gique du SU di delà France. I . i f I seqq •

lartres cannelures qui existent sur l'un des petits côtés *le ce marbre indiquent qu’avant d'étre cliargé du bas-relief qu'on y voit aujourd'hui , il faisait partie d’un édifice romain.

485. Ce bas-relief, placé dans le jardin, en face de la Galerie, du Moyen âge, a beaucoup souffert. Il représente Raymond de Faln-ar,évéquc de Toulouse, offrant fi la sainte Vierge, le plan en relief de l’église des Dominicains ou Frères Prêcheurs de Toulouse.

486. Un gentilhomme à cheval et tenant peut-être un oiseau de proie sur le poing, est représenté par ce fragment de basrelief en marbre qui a été acheté à INarhonne. L’écu sculpté dans la partie inférieure pourrait peut-être faire rcconnailre ce seigneur.

487. Nos pères aimaient à déposer leurs peines aux pieds de Vhomme de douleur.^ , de Jésus-Christ environné des symboles de sa passion. Dans les grandes joies , on venait lui pré- .senter l’hommage du bonheur que l’on ressentait; dans l’affliction, on se prosternait devant lui pour implorer sa bonté. C’est à ce sentiment religieux que Ton attribue le grand nombre de monumens où le Sauveur, les mains liées, entouré des insf rumens d’un horrible supplice, est invoqué quelquefois par des populations entières, d’autres par un seul particulier, sotivcnt par une femme et par son mari. Le bas-relief placé sous ce numéro e.st du nombre de ces derniers monumens; il date de la fin du 14 ."'' ou du commencement du I 5.““ siècle, et a conservé la couleur qu'il reçut lors de sa confection. Un éeu blasonné est devant chaque personnage; celui du mari est de gueules.\ l’enclume de sable, ou noir. Je n’oserais affirmer que ce symbole n’est pas une indication parlante, une marque de la profession de ce personnage; nous vcrron.s, parmi les pierres sépulcrales du moyen âge , un serrurier ayant un éeu .sur lequel parait une enclume , un marteau et des tenailles. D’autres particuliers , qui , par leur profession , paraissaient appartenir à la classe du peuple , prennent néanmoins sur leurs monumens les insignes delà noblesse. Seraitil donc vrai qu’aitx temps de la féodalité, il y aurait eu plus de liberté qu’on ne l’a cru généralement, et moins de division entre les castes qui formaient la société?

Le monument placé sous ce numéro provient de Saint-Saturnin.

488. (Jol autre monument votif, composé dans le système c précédent , a été donné au Musée par M. Michaudel. On v( dans le bas la sainte Vierije , puis un saint évêque soutena un bomiuc à genoux. Sous la ligure du Christ est un ci charge d'une main qui tient une clef J de l’autre côté est uj femme à genoux soutenue par sainte Catherine.

489. Bas-relief qui représente la sainte Vierge portant le Chr mort sur ses genoux. On voit d’un côté sainte Catheri; tenant une roue et une palme , et saint Jean tenant un liv sur lequel est couché un agneau ; de l’autre paraît saint Mich portant un bouclier orné d’une croix, et sous lequel est i enfant dont on n’r.perçoit que la tète et les pieds. Un peu pl loin est sainte Barbe , tenant une tour dans sa main gauche ayant la droite placée derrière la tète d’une femme agenou lée, tandis qu’en regard, sainte Catherine })arait soutenir i même la tète d’un homme à genoux. On voit, dans le fon la croix et tous les instruniens de la passion.

490. Sept chrétiens furent mis à mort à Ephèse pour la foi i Jésus-Christ ; c’était durant le règne de l’Empereur Traji Dèce. On les nommait : Maximilien , Malchus , Martinianu Dionysius, Jean , Serapion et Constantinus. Les légendes, i parlant de leur mort glorieuse, avaient annoncé qu’ils s’étaie endormis dans le Seigneur. Comme on retrouva leurs corps i 479, plus de aoo ans après, on dit encore, en style mystiqu qu’ils n'étaient pas morts,qu’ils s’étaient réveilles après ce loi sommeil. De là vint l’habitude de les nommer /w Sept Dorman et les sectaires de l’Islam, ainsi que les chrétiens, honorent e core leur mémoire. On trouvait à la gauche de la grande entr de l’église de Saint-Saturnin à Toulouse , une chape’ dont je donnerai ailleurs la description : c’est là qu’exist avant la révolution un grand has-relicfplacé sur unetanle pla et qui représentait les Sept Dormons , armés de toutes piéc et couchés. On n’a pu retirer du milieu des ruines que

■ fragment, où l’on voit deux de ces martyrs. On ignore si chien Kitmir , qui, selon les traditions orientales, les aurait Suivis dans leur caverne, était aussi représenté par ce b; relief.

491. Ecusson deM. de Hosergio , ou du Rosie, archevêque l’oulouse.

492. Bas-relief en albâtre représentant J. C. arrêté dans le jardin des oliviers. Le costume des soldats rappelle en entier celui des chevaliers du 1 5.' siècle.

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