‹ Description du Musée des Antiques de ToulouseChapitre 55 sur 102 · L’Annonciation. Ces deux statues en marbre blanc pro · texte numérisé non relu

L’Annonciation. Ces deux statues en marbre blanc pro

viennent de l’une des chapelles de l’église des Cordeliers , vaste et somptueux édiGec , transformé aujourd'hui en magasin , et où des moniimens nombreux , des chefs-d’œuvre de sculpture de la main de Bachelier , formaient un imposant Musée ’. Ces figures sont du siècle, et cependant on

pourrait croire , si l’on ignorait leur origjne , qn’clles sont antérieures à cette époque. Hauteur de l’ange, hauteur

de la statue de la Yiertre , i,65<^

463. Notre-Dame des Grâces , charmante Madone en pierre. Elle est assise et tient l'Enfant divin sur ses genoux. Ce groupe a conservé les peintures qu’il reçut sans doute vers la un du 1 4.““’ siècle , ou au commencement du siècle suivant.

464. La Sainte "Vierge, portant l’Enfant Jésus. Ce monument, qui provient de Saint-Saturnin , est gracieux dans ses formes.

1 On comptait à Toulouse 8 paroisses, y compris la cathédrale et l’abbaye de Saint-Saturnin;

16 couvens de religieux ;

Il couvens de femmes;

10 séminaires ou collèges de boursiers ;

4 chapelles de pénitem ;

la églises ou chapelles où le culte était exercé.

a Voyez Nolirr sur U courent des Cordeliers , par M. L. de Lav.'r^ne. Mémoires de la Société Archéologique , I. l.Sn et srijq.

Comme sur d'autres luonumeos, J. Cj tient un oiseau. La robe de la Vierge était peinte avec goût, avec délicatesse. On a supposé que celle robe était ornée de dessins , et l’on y mnar(|uc sur-tout des paons, oiseaux que l’on a représentés aussi dans les catacombes des premiers chrétiens , et qui , selon quelques auteurs, étaient un emblème du démon et des . damnés * , et , selon d’autres , celui des justes et de la résurrection Hauteur,

^iG.5. Celle autre ^ladonc est d’une délicieuse expression. Elle est en pierre et sa conservation est parfaite. Donnée .V la .Société Archéologique du Midi de la France , par M. le IMarquis de Castcllane , son président , elle a été déposée par celle-ci dans la Galerie au Moyen âge.

466. Cette Vierge , autrefois peinte et dorée avec soin , porte sur ses bras l’Enfant divin. Ce monument est en très-beau marbre blanc, et le travail est digne d’éloges. C’est l’un des bons ouvrages de la statuaire du Commencement du i5.“' siècle. Cette statue , qui provient du Conitat Venaissin , était sans doute conservée , autrefois , dans un oratoire célèbre et décoré avec le luxe le plus grand. A cette époque de foi et d’amour , où, sans abandonner les intérêts de la terre, on aimait tant à parer , à embellir les temples , on dut sans doute décorer avec soin le sacellum où cette jolie statue fut placée.

467. Le Sauveur a terminé le sacridcc expiatoire : il est mort .sur la croix, et des mains amies ont arraché les clous qui l’y retenaient et l’ont déposé sur les genoux de sa mère. Partagée entre la douleur et l’espoir , Marie contemple ce fils adoré. Près d’elle se pressent, en portant des vases remplis de parfums, et Marie Magdelaine et le Disciple bienaimé. Telle est la scène touchante qu’un artiste de nos contre ■CS a voulu représenter. Ce groupe, où l’on retrouve une assez grande facilité dans le travail , n’est pas cependant aussi digne d’estime que beaucoup d’autres productions de la statuaire an iS.'"'" siècle. Les Gguressout peintes. Ce monument provient de l’église des RécoUets.

I S. Augu.u. df Civil, V. XXI ,

a C7cj. in 3. lo. 5. Anton, de Pad. Strm- j. Pal Trin.

•ürgitiT'l l-j Cif^lc

468. Cette Vierge tenant l’Enfant Jésus est en albâtre et dorée avec soin. Elle est moips ancienne que le monument précédent.

Le travail est fin sans être savant ni correct.

469. Combien de fois on a , durant le moyen âge et à l’époque delà renaissance, représenté cette scène simple et sublime! Un envoyé de Dieu, l'Ange Gabriel, annonce à une Vierge pure qu’elle doit enfanter le Sauveur, celui dont les prophètes ont prédit la venue, et qui va renouveler la face ne l’univers. J..C sujet de l’Annonciation , devenu vulgaire à force d’être répété, est cependant encore l’un des plus touchans , l’un des plus poétiques de notre Histoire sainte. L’auteur des statues placÆs ici l’avait traité avec bonheur. Maisec monument a considérablement soufTcrl ; le vase mystique , duquel s’élève un lis , emblème de pudeur

et de pureté , est orné d’un écusson qui rappelle , en partie , •

celui des Beccaria Pavie de Fourquevativ. Les statues sont posées sur une très-belle corniche de pilier , provenant de l’église des Récollets , et sur laquelle le même écusson se retrouve. La délicatesse du travail et sa conservation presqu’entière rendent intéressante cette corniche , qui a été peinte et dorée autrefois , ainsi que toutes celles de l’église d’où elle a été arracliée pour faire place à des ornemens modernes.

470. Ce Christ, dont la tète est remarquable par l’expression de douleur et de bonté qu’on y remarque , provient d’une chapelle particulière du Couvent des Cordeliers. Il a été peint comme presque tous les monumens précédens.

471. Il y a eu toujours pour les fidèles, dans les représentations des scènes sublimes ou terribles dcl’Histoire sainte, unesortede prédilection pour celle on l’on voyait la sépiriturc de J. C.

A la vue du Dieu fait homme et mort pour racheter les péchés des hommes, les cceurs les plus farouches s’ouvraient au repentir , à la douleur , et tous les y'cux trouvaient des

^larmes. Aussi , dans le plus grand nombre de nos églises, apercevait-on une chapelle où la sépulture du Christ était offerte aux regards. Sur les côtés , on voyaÿ saint Jean , la Msgdelaine et quelques autres, offrant des parfums , tenant un linceid ou portant dans le tombeau le corps du divin Maître.

Sur un plan plus reculé, la SainlcVierge et quelquessaiulcsfem-

( soi ) ■

mrs, njiparaissiaienl dans l'allitudo de la douleur ; et , comme le sépulcre couvrait la partie inférieure de ces figures, on ti’avait en jjfénéral sculpté , comme ici , que des bustes ou des denii-statiies. Le travail du sculpteur de notre monument est très-<liiçne d'estime. Il y a dans l’expression des têtc.s, dans le dessin même , un ]>roerès marqué. Ces ouvrages annoncent la renaissance , et ils la devancent même.

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