I. — Bijoux de la Reine Aah-hotep
Ils ont été recueillis sur là momie elle-même, qulls avaient t^ervi en quelque sorte à habiller.
Cette moiAie a élé découverte^ il y a quelques aanées^ dans la partie de Thèbes i^ppelée Drah-abou'l-neggah.
Aah-hotep fût la femme de Rames, dernier roi de la XYII*^' dynastie, et mère d*Amosis, premier roi de la XYlll"**.
L'époque à laquelle ces bijoux remontent est, par conséquent, celle qui fut contemporaine de l'expulsion des Pasteurs. Cinq cents ans auparavant, des hordes étrangère?, venues de TAsie, avzâent envahi le territoire égyptien. Aueiine invasion ne ftit plus désastreuse et ne laissa de traces plus profondes. Lés étrangers occupaient Tf^ypte depuis plus de quatre siècles quand les rois lëgilimes, relégués au Soudan;, s'organisèrent pour la défense. Une lutte s'engagea. C'est Amosis qui eut
(1) Les biJoQX ne sont pas tout à fait dans l'oPdre oft les place la deflcriptioB que noua aHoms en niir& Les drconstanees daaa les^ quelles ce désaccord s'eat produit, nous ont empêché d'y porter remède assez tOt pour qu'il n'en restât plus de trace dans le présent livret.
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l'ho&Beur de la terminer et de pcnr^r le sol national de ses berbères envatifseeurs.
A cette même époque^ & l'on en croit c^tains indices^ Joseph devenait miinstre, no» du rsi légitime régnant à Thèbes^maiedu roi imposé par la conquête, qui avait fait de Tanîs sa capitale*
Les bljienx de la reine Âab-hotep s^aîient done un .spécimen de l'industrie nationale, à l'époque critique dont nous venons de psorler.
Par sa position mètne^ la cage que nous allons décrire se divise en /ace aniéricwre (regardant le centre de la sà\\e),face fiùètériewe, face latérale droite et face latérale gamhe.
Face antérieure.
I . — Bracelet d'or à double charnière. Figures d'or finement gravées sur fond, de pâte de verre bleu imitant le lapis. Amosis est à genoux. Devant lui et derrière lui, le dieu Seb et les génies de la terre dans l'une des postures dé l'adoration. Style très-fin. Un des meilleurs morceaux de la collection.
2-3. —< Deux bracelets d'or et de perles. Les perles sont d'or, de lapis, de cornaline rouge et de feldspath vert. Elles sont enfilées sur des fils d'or. L'ensemble forme un damier dont chaque case est de deux couleurs. Une lame, fendue en deux parties qui se séparent et se joignent au moyen d'une aiguilleile d'or, opère la fermeture. On y lit le nom d'Amosis.
4. -r- Une magnifijque chaîne d'or à laquelle est appendu un scarabée. Elle a O^go de longueur, et se termine à chaque extrémité par une tête d^oie recourbée. D*autres exemples nous entraînent à dire que cette chaîne ne se fermait pas autrement qu'en liant ces deux têtes d'oies au moyen d'une ficelle. Ici encore se lit le nom d'An^osis.'
Le scarabée mérite toute l'attention du visiteur. Les pattes, qui sont d*un travail si fin qu'on les croirait moulées sur nature, sont soudées an corps qui est d'or massif. Le corselet et les ^ytres sont en pftte de verre bleu tendre, rayée par des lignes d'or. La flexibilité de cette chaîne atteste une habileté de main-d'<BUvre vraiment surprenante.
V. — Une hache. Le manche eeC en bois de eèdve recouvert (f une feuille dPVir. Des hiéroglyphes y sont découpés à
jour. Ces iûéroglyphes sont précieux pour la science en ce qu'ils révèlent pour la première rois, au complet, le protocole royal d'Amosis. Des plaquettes de lapis, do cornaline, de turquoise et de feldspath y sont encastrées, et en rehaussent l'éclat.
Le tranchant est de bronze^ orné d'une épaisse feuille d'or. Ce tranchant est enrichi sur ses deux faces de représentations. D'un côté sont des bouquets de lotus dessinés en pierres dures sur un champ d*or. De l'autre^ sur un fond bleu sombre donné par une pâte si compacte qu'elle semble être de la pierre, se détache la figure d'Âmosis, les jambes écartées^ le bras levé pour frapper un barbare qu'il a saisi par les cheveux. En dessous de cette scène est une sorte de griffon à tète d'aigle* Dans les récits de batailles^ les rois sont souvent comparés au griffon pour la rapidité de leur course quand ils se précipitent au milieu des ennemis. En effets le griffon est ici appelé Month, que nous savons être le dieu des combats. L'expression aimé de Morith qui accompagne son image s'applique à Amosis.
Le tranchant de notre hache adhère au manche au moyen d'une simple entaille dans le bois, consolidée par un treillis en or.
6. — Un poignard d'or et son fourreau également en or. Monument sans égal pour la grâce et l'harmonie des formes. Quatre tètes de femmes en feuilles d'or repoussées sur le bois forment le pommeau. La poignée est décorée d'un semis de triangles or, lapis^ cornaline et feldspath, disposés en damier. La soudure de la lame au manche est artistement cachée par une tête d'Apis renversée.
La lame est la partie la plus remarquable de ce magnifique monument. Le pourtour est en or massif. Une bande d'un métal dur et noirâtre occupe le centre. Sur cette bande sont des figures obtenues par une sorte de damasquinage.
D'un cêté est l'inscription île dieu bienfaisant, seigneur des deux pays, Ran-elnpehtiy vivificateur comme le soleil à toujours. Cette inscription est suivie par une représentation très-rare qui n'est pas exempte d'un$ certaine influence asiatique^ celle d'un lion se précipitant sur un taureau. Quatre
sauterelles, qui vont en s*amincissant jusqu'à Textrémité de la lame^ terminent la scène.
" De Tautre côté on lit près de la poignée : le fils du soleil et de son flanc, Ahmès-nakht, vivificateur comme le soleil à toujours. Quinze jolies fleurs épanouies qui se perdent vers la pointe complètent rornementation.
7. — Un bracelet composé de deux parties réunies par une charnière.
La (partie extérieure représente un vautour, les ailes éployées. Le jeu des plumes a été imité par des pierrettes de lapis, de cornaline et de pâte de verre de la couleur du feldspath^ enchâssées dans des cloisons d'or. Ce travail est celui que faisaient plus communément les orfèvres égyptiens.
La partie postérieure, plus mince, est formée de deux bandeaux parallèles ornés de turquoises, dont un dessin seul pourrait faire connaître la disposition.
Si ce bracelet a servi, il n'a pu, à cause de ses dimensions, être porté qu'à l'humérus.
8. — Un anneau creux en or, ayant probablement servi de bracelet, comme Tarmille dont se paraient les femmes, dans Tantiquité classique, particulièrement en Grèce. Il est sans ornements. La collection des bijoux de la reine Aahhotep en comprend plusieurs de ce modèle.
9. — Un poignard. La lame est de bronze jaunâtre trèspesant. Le pommeau est un disque lenticulaire d*argent.
On se sert de cette arme en appuyant le pommeau sur la paume de la main fermée, et en laissant passer la lame entre l'index et le médium.
10. — Deux mouches 'or et argent. Décoration de collier (voy. plus bas n** 13).