Livre Vil, chap. lxxiv (p. 305 de l'édil. Nisard
ce (Galli) imperant £duis atque eorum clientibus, Segusianis, Âm-
bivaretis, Aulercis Brannovicibus , Brannoviis, millia xxv ; parem
nximerum Arvemis. »
Les manuscrits 5763 et 5766 portent ici Segusiauis au lieu de
Segusianis,
§ 8. Géographie de Strabon. (Vers Tan 30 de notre ère.)
On lit dans la Géographie de Strabon, livre IV, ch. i*" (édition Dîdot, p. 154) : ^ r
(PoSavo;) xareXOàv Bl e!; xà irfiSfaTYiç x<^p«« f ^Ç AXXoSpfywv xa) Seyoatavwv au(xSàX^£i tÇ "Apapi xarà AouySouvov noXiv twv SeYQdtavôSv.
Traductioniatine en regard :
« (Rhodanus) inde in campestria Allobrogum et Segusianorum
{Coid, Sengosianorum et Engosianorum) lapsus, apud Lugdunum cum Arare concurrit, urbem Segusianorum. »
Outre les deux variantes du mot Segusianorum signalées ici dans les manuscrits latins, Téditeur donne^ page 962, les variantes des Ynanuscrits grecs pour le même mot, empruntées à l'édition de Strabon publiée par M. Kramer (Berlin, in-8°, 1844) :
Première ligne. StYYo^fovwv, B. — 2«yy<>^«^^i G, — Seyyoaiau<i)v, /.
Deuxième ligne. 'E^YOcid^vuiv, B et C. — 'E^Yuataucov, / (et non pas 'ËYYo^a^vuiv , comme on Ta imprimé par erreur dans l'édition de M, Didot).
Même ouvrage, livre IV, chap. m (édit. Didot, p. 159) :
(AouY^o'^vov) TTpoxaOYiTat Bk tou Iôvouç tou ÏEYoatocvéov ^ icoXiç
«&TT], xet(xévou (XETa^b tou 'Po^avou x«t tou Aouêtoç.
Traduction latine en regard :
(( Prseest hsc urbs (Lugdunum) genti Segusianorum (1) {Codd. Saegosiavorum) , sitae inter Rhodanum et t)ubin fluvios. »
Outre la variante du mot Segusianorum relevée ici dans les manuscrits latins, l'éditeur a donné (p. 963) les suivantes prises dans les manuscrits grecs : 2aiYoata6wv, A, /. — SaiYovioniwv, B. — 2v)y^
ClttUCOV, Cn
Enûn, page 939, on trouve la liste des manuscrits consultés et l'explication des lettres qui les désignent ; voici ceux mentionnés plus haut :
A, manuscrit de Paris, n^ 1397, in-4® du douzième siècle.
B, manuscrit de Florence, Plut. 28, n^ 5, iG-4'' du quinzième siècle.
C, manuscrit de Paris, n^ 1393, in-fol. du treizième ou quatorzième siècle.
/, manuscrit de Venise, n"" 377, in-fol. du quinzième siècle.
On voit que le bêta et Yupsilon figurent plus fréquemment que le nu dans les manuscrits : c'en est assez pour démontrer l'erreur des copistes et des éditeurs modernes. Nous disons modernes, car les éditeurs anciens avaient entrevu la vérité, et la preuve, c'est que y dans leurs traductions latines, ils rendirent le nom des
(i) On a pu voir déjà par les inscriptions qui précèdent que Strabon se trompe en faisant de Lyon la capitale des Ségusiaves au premier siècle de notre ère. Nous prouverons plus loin que celte ville était la capitale de la Celtique, mais n'avait aucune autorité particulière sur la nation ségusiave.
' ;Ségiisiaves par Brgosiavi ou Engosiavi (1), adoptant la seconde version de tous les manuscrits, qui est sans sigma initial. L'absence de cette lettre peut s'expliquer ici par omission ; mais peut-être ne se trouvait-elle pas, en effet, dans le nom gaulois, et lui fut-elle imposée par les Romains, afin de remplacer une aspiration trop rude pour leur gosier méridional (2). C'est ce qu'ils firent du moins pour plusieurs mots grecs adoptés par eux, comme "EyiaroL, qui devint Segesta (Ségeste), ÂXç, scd (sel), fC sex (six), ^d, septetn (sept), etc. (3).
§ 3. Hiiioire natureiie de Pline. (Vers Tan 60 de notre ère.)
Livre IV, chapitre xxxii (de l'édition Panckoucke) : « Lugdunensis Gallia habetLexovios... (Ici vient la nomenclature des peuples de la Gaule celtique ou lyonnaise, qui se termine ainsi :) Atesui, Secusfani liberi, in quorum agro colonia Lugdunum. »
Le manuscrit 67^5 de la Bibliothèque nationale, qui date du neuvième siècle, porte ici Secusiabbi (4). Les éditeurs modernes écrivent sïmipllementSecusiani ; mais les auteurs anciens, qui avaient «connu des textes conformes à notre manuscrit, en avaient été fort embarrassés. Divisant le mot SeeusiabU en deux,^omme il l'est en
(1) Toyez toutes les traductions latines anciennes, et particulièrement une édition de Bàle, publiée en 1547.
(2) Nous verrons plus loin que cette lettre manque aussi dans quelques manuscrits de Ptoléniée.
(3) Voyez sur ce sujet le premier livre de Priscian, De litterarumcommu' tatione : a Saepe vero pro aspiratione s ponitur in his dictiouibus quas a graecis sumpsimus, ut semts, sex, septem, se, si y sal; nam hemis^ hex,
' hepta, hSy hi, hals^ apud illas aspirationem habent in principio. »
Dans un traité sur la chasse, écrit en grec par Àrrien, il est question de chiens appelés Ê^^ouaiai, du lieu de leur origine probable. « Canes illi (dît }e traducteur latin) Segvsii appellantur, quod nomen a gente quadam gallica obtînent, ubi mea quidem opinione provenerunt principio, et in pretio esse cœperunt. » Voyez Tédiiion donnée par MM. Didot (dans Scriptorum Grœcorum Bibliotheca), sous ce titre : Arriani sive JTenophontis Atheniensis de venatùme UbellfAS, M. Amédée Thierry parle do l'emploi de ces chiens dans son Histoire des Gaulois. Il est probable qu'ils tiraient leur origine du pays de Suze (Segusiai) et non du Lyonnais {Segusiavi), où on ne connaît pas de chiens particuliers.
(4) Plusieurs autres manuscrits cités par M. Sillig , dans son édition avec variantes de Pline (in-8<», Gotha, I89I-58), portent le même mot, que cet éditeur a mal lu Secusi albi.
effet dans le manascrit que nous veoons de citer, p^r suite d'une négligence du copiste, ils en ont fait le nom de deux peuples dia*tincts, les Securi elles Albi ; mais, ne sachant pas comment expliquer alors la dernière partie de la phrase de Pline, ils disent que les Alln étaient sans doute une des tribus du peuple ségusiave (1). Nous rejetons Tune et l'autre version , trauvant tout naturel que Pline ait écrit en un seul mot Secusiabbi, d'après quelque manuscrit grec où le nom des Ségusiaves' affectait cette forme, que nous avons d^à trouvée dans Strabon.
§4. Géoffrëphie de Ptoiémée. (Stn Vh 175 de ùotft ère.)
Livre 11, chap. vin, § 14 (p. 266 de l'édition de M. Léon Renier, publiée dans V Annuaire de la Société des Antiquaireê de France pour 1848, avec indication des variantes d'après l'édition de M. Wiiberg. Essen,in-4''« 1838 et années suivantes) :
i{ky\(jié,^o}ntç toTc 'Apouspvoiç et •jcapotxouori rèi Ksfu^va ^pv),
Seyouvtauol, xal 'niktiç aÙTwv : 'PodoufAva 0opoç SeYovatonwdV
«.... près des Arvemes, qui habitent les monts Cemèncs, (on trouve) les Ségusiaves, dont les villes sont Roanne.... et Feurs. .. »
Nous ferons rélnarquer en passant que le nom de la dernière ville est écrit dans le grec Forus (Foros) et non pas Forum (Foron)^ comme on le fait généralement. Nous reviendrons plus loin sur cette forme orthographique, qui est la seule bonne; mais, pour le moment, nous ne nous occuperons que du mot ethnique.
Variantes pour 2eYou<rtauol : ETOu<riauTOt, A. — EToucttltat, B, E, G, Pal. 1. — 'EToo<TiavTo(, G. — ÏToufftaroC, Pal. 2. — ^yo\j<jictr(oi^ D.
Variantes pour 2EYou<Ttaowv : SeYouaiavSv, A. — Teroufftavwv, C. F. — ïeYOUffiocvwv, D, G. — TeTouaiotuwv, B, PaL 1 et 2. — 26tou«tiqw5v, E.
Les lettres A, B, C, D, E, F, G, désignent les manuscrits 1401, 1404, 119 suppL, 1402, 1403, 337 fonds Coislin, et 2423 de la Bibliothèque nationale de France. Pal. 1 et 2 désignent les deux manuscrits palatins, coUationnés par Sylburg, dont les notes, conservées à la Bibliothèque de Leyde, ont été communiquées à M. Wilberg.
Pour trouver la véritable orthographe, il suffit de rapprocher les manuscrits ou de faire deux rectifications à la seconde version des célèbres manuscrits palatins : la première de ces rectifications consiste dans la substitution du sigma ou premier tau, comme le porte
(4) De la Mure, Hht. du pays de Forex, p. 16.
un de ces manuscrits (1), et l'autre dans la substitution d'un gamma de cette forme f, qui a peut-être trompé le copiste, au second tau ; nous aurons alors Ssrouortaufiv ou t^t'^oucioLMlayt, qui répond parfaitement à Tôrthographe des inscriptions latines.
Relativement à l'absence du sigma dans la plupart des cas^ nous renvoyons à ce que nous avons dit à l'article de Strabon (p. 33).
La variété d'orlbographe qu'où rencontre chez les auteurs anciens, en ce qui concerne les notns des peuples gaulois, prouve la difficulté qu'ils éprouvaient à les rendre exactement dans leur langue. Les noms qu'ils donnent, n'étant que des traductions, diffèrent suivant la manière dont ils les ont entendu prononcer, ou même suivant certains systèmes grammaticaux. C'est ainsi, pour prendre un exemple entre mille, que nous donnons aux habitants de l'île de Madagascar deux noms qui certainement ne rendent qu'imparfaitement celui en usage dans le pays, Malgaches et Madecasses.
Voilà pourtant sur quoi s'est fondé M. Walkenaër pour établir tout un nouveau système géographique relativement à nos contrées. Il a prétendu que les Ëtousiaii de Ptolémée n'étaient autres que les Ateêtii de Pline (voyez' cî-devant, page 33), dont il a cru retrouver la trace dans le surnom donné à la commune de Saint-Romain-les- Atheux, canton de Saint-Genest-Malifaux, arrondissement de Saint-- Etienne (Loire), et, poursuivant son paradoxe, il a placé Forus à Pârnay, commune de Rive-d'e-Gier, même arrondissement. Tout ce système, on le voit, n'est fondé que sur la similitude actuelle des mots, Sans tenir compte des faits, des témoignages historique?, des tnonuments surtout, qui servent de base à notre travail.
§ 5. Table de Peutinger. (Troisième siècle de notre ère.}
Nous parlerons plue loin en déUil de la' Table de Peutinger ; mais nous devons la mentionner ici à cause du nom des Ségusiaves, qui s'y trouve inscrit. Parmi les noms de villes qyi figurent sur ce précieux monument, dont le seul manuscrit connu date du xii« siècle, mais reproduit un document beaucoup plus ancien, on lit le nom de Feurs. Il est ainsi écrit au datif, et en caractères gothiques :
<br« 9^8M»t«(ari (Fofo Sega^iavarUtH).
En dépit de l'altération qu'a subie le second mot, on n'est pas peu surpris d'y retrouver le v (m) à la quatrième syllabe
(1) M. Wilberg nous apprend qu'on a remplacé le ta^d par un sigma.
§ 6. Notes îironiennes. (Quatrième tiècle.)
Criiter a publié, à la suite de son Corpus inscriptionum (1), un recueil de notes tironiennes accompagnées de leurs explications, tiré de deux anciens manuscrits qu'il avait à sa disposition. Au chapitre VI de cette espèce de dictionnaire, on lit une nomenclature de peuples et de villes de la Gaule cheveluef. 11 y a une interpolation de quelques noms de lieux d'Italie ; mais le caractère général de ce document n'en a pas été altéré : quel que soit son âge, il est évident qu'il a été tiré d'une ancienne liste où ne figuraient que les peuples de la Belgique, de la Celtique et de l'Aquitaine, et dont on avait rigoureusement exclu ceux de la Narbonnaise. On trouve quelques noms de cette dernière province, mêlés à d'autres, dans le chapitre V ; mais il est curieux de constater le cachet particulier du chapitre vi. On n'y voit pas même figurer Lugdunum^ quoique cette ville fût la capitale de toute la Gaule, et particulièrement de la Geltique^ où elle se trouvait et à laquelle «lie donnait son nom«
Il semble que cette liste se rapporte uniquement aux peuples qui avaient fait élever le temple d'Auguste au confluent du Rhône et de la Saône, et qui l'avaient décoré de leurs statues, comme nous l'apprend Strabon. Peut-être, en effet, avons-nous là le nom de ces soixante nations privilégiées, ou plutôt la nomenclature de leurs statues, car il est digne de remarque que tous ou presque tous les noms de peuple sont ici au nominatif singulier. On n'en trouve, il est vrai, que cinquante-neuf ; mais l'omission d'un nom peut s'expliquer par la négligence des scribes, et d'ailleurs il est possible que Strabon ne nous ait donné qu'un chiffre rond, sans s'attacher à un nombre rigoureux.
Quoi qu'il en soit, nous voyons figurer dans cette liste TÉduen {Edvm), le Ségusiave {Segtmaméf (2) et l'Insubre {Insubrius). L'insertion des deux derniers noms dans la nomenclature en question en démontre la haute antiquité, car ils disparurent de fort bonne heure dans la Gaule. Celui des Ségusiaves, en particulier, ne survécut pas à la création de la cité des Lyonnais, qui eut lieu au quatrième siècle. C'est sans motif qu'Adrien de Valois (3) et quelques autres après lui ont attribué ce recueil à Màgon, archevêque de Sens (de 802 à 818) ; rien ne rappelle la coopération de ce prélat dans le
(0 ^Agc ^^^^ ^^ l'Appendice de la première édition (1616), et fol. 15 de l'Appendice de la deuxième (1707).
(2) Voyez ci-devant le 5 1»' de la 1'» section de ce chapitre (p. 8). {^) Notitia Galliarum, p. 228, 448, 491, etc.
travail dont nous nous occupons, et tout prouve au contraire qu'il est bien antérieur à Magbn, au moins comme rédaction. Voyez au reste ce qu'a dit M. Bourquelot à ce sujet dans un curieux Mémoire publié dans V Annuaire de la Société des Antiquaires de France pour 1851.
Il existe encore un grand nombre de manuscrits anciens renfermant le recueil de notes tironiennes dont nous venons de parler. Nous avons pensé qu'il serait utile d'y vérifier Torlhographe du mot qui nous interne; voici le résultat de nos investigations sur ceux de ces manuscrits qui étaient à notre disposition à la Bibliothèque nationale, lesquels datent tous du neuvième ou du dixième siècle (1) :
Le manuscrit 8777 porte Segusiauus ;
Les manuscrits 190 et 8778, Segussiauus ;
Le manuscrit 8780, Segustianus.
Gruter, dominé sans doute par la tradition érrpnée que nous combattons, a imprimé Segmianus, qui ne se trouve sur aucun de nos manuscrits.
§ 7. Géographie de V Anonyme de Ravenne, (Cinquième siècle.)
. On désigne sous le nom d'Anonyme de Ravenne l'auteur inconnu d'un traité de géographie publié pour la première fois, en 4688, par dom Porcheron, sous ce titre : Anonymi liavennatis de Geographia libri V (Paris, in-8o), d'après un manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale. Malheureusement ce manuscrit, d'une époque mo* deme (quinzième siècle), est plein d'erreurs de transcriptions qui sont venues compliquer les nombreuses^ bévues de l'auteur. 11 existe bien deux autres manuscrits de ce document, mais l'un d'eux, celui de Leyde, ne paraît être qu'une copie de celui de Paris, et celui du Vatican, sauf quelques variantes un peu meilleures, présente les mêmes lacunes que les deux autres.
Outre l'édition de l'anonyme donnée par Porcheron, on en possède une autre publiée quelque temps après par Gronovius, d'après le manuscrit de Leyde, et Hudson a relevé les variantes du manuscrit du Vatican dans le troisième volume de son édition des Petits Géographes. Malgré ces travaux et quelques dissertations plus modernes, l'oeuvre de l'anonyme de Ravenne est fort peu connue, à cause de la barbarie de son style et d'une altération rebutante des noms propres. 11 est fâcheux qu'elle n'ait pas été étudiée avec soin
(1) Il y en a un à Gassel qu'on fait remonter au huitième siècle, et d'autres à Strasbourg, à Berne, etc.; mais nous ne les avons pas vus. L'autoritd des manuscrits de Paris nous parait suffisante.
dans son ensemble, car elle renferme évidemment de, curieux ren-* saignements sur la géographie de l'époque barbare : c'est ce que vient de démontrer, en ce qui concerne la Gaule, un travail de M. Alfred Jacobs, intitulé : De Gallia ab anonymo Ravennate des-^ eripta (in-8°, Paris, 1858); travail auquel nous renvoyons le lecteur qui désirerait de plus amples détails sur Touvrage de Tanonyme. Au reste, nous reviendrons plus loin sur un passage de cet auteur qui intéresse nos contrées ; mais ici nous nous conlenterons^de relever le nom ethnique des Ségusiaves, qui y figure au génitif pluriel soos cette forme : Scatianorum (les deux éditeurs ont imprimé à tort SecuHor nonim), 11 est inutile de relever l'inexactitude de cette transcription.
Conclusian^
En somme, on voit que toutes les inscriptions sont unanimes pour l'orthographe que nous avons adoptée {Segtisiavt), ou que du moina pas une ne vient contredire cette orthographe, qu'on trouve positivement sur sept d'entre elles.
Quant aux livres imprimés, ils sont, à la vérité, presque tous opposés à notre système; mais lorsqu'on a recours aux manuscrits smciens, on retrouve encore , à travers leurs variétés, l'orthographe; des inscriptions. En effet, nous voyons chez les Latins presque aussi souvent le v que Vn, et il est évident q^e cette dernière lettre a été substituée dans la plupart des cas par iiiadvertance ài Vu, qui tenail autrefois lieu de v. L'orthographe du manuscrit de Pline, qui port€^ Secustabbi^ est ici péremptoire. Dans le grec, w\as trouvons la même confusion : le nu (v) a été mis à la place de Vypdilon (u), avec lequel il a une grande ressemblance. Ce qui décide la question, c'est k b4ta (ê) qu'on rencontre dans certains mapuscrits.
Au reste , les manuscrits fussent-ils opposés aux incriptions , que nous n'en adopterions pas moins l'orthographe de ces dernières, car leur autorité est d'autant plus grande qu'elles ém^aent des habitants m^^mes du» pays et datent des pruniers siècles de notre ^re, Les ma* Qii^ccits« aiA cQnti:aire , non-seulemi^t OAt. subi pJ,usieur$ (i:an$cri}>«* ti<H^ avant d'arriver jusqu'à fwus, mais encore és^anent de gen$ ^trajfiger^ au pays et à, sa langue. La terminaisoa en v n'a d'aiijieur$ ri^n d'insoUte d^s une dénomination de peuple gaulois. Au midii de celui dont nous nous occupons se trouvaient les Yellaxii, habitants du Vêlais; les ^e/mï , habitants du Vivarais ; et au nord, les Brannovii, dont la position n'est pas bien certaine, mais què, on le voit^ faisaient partie d'une zone dont presque tous les noms avaient une terminaison analogue.
CHAPITRK III.