‹ Description du phalanstère et considérations sociales sur l'architectoniqueChapitre 2 sur 38 · SUR LES DESTINÉES HUMAINES · texte numérisé non relu

SUR LES DESTINÉES HUMAINES

Les destinées sont les résultats présents, passés et futurs des plans établis par Dieu, ["conformément aux lois mathématiques.

Ch. Focriek.

LE PRINCIPE DE LA CERTITUDE

Saint-Martin, qui a eu souvent de belles et limpides inspirations, a dit ceci :

« Lorsque dans le champ des sciences exactes et natu- » relies nous recueillons quelques axiomes, nous ne » nous demandons pas pourquoi ils sont vrais ; nous » sentons qu’ils portent la réponse avec eux-mêmes.

» Gomment le sentons-nous ? Ce n’est que par le rap- » port et la convenance qui se trouvent entre la justesse » de ces axiomes et l’étincelle de vérité qui brille dans » notre conception. Ce sont comme deux rayons d’un » même flambeau, qui semblaient être éloignés l’un de

AVANT-PROPOS

» l’autre, qui se réunissent par leur analogie, et qui, en » se pénétrant mutuellement, se rendent réciproquement » plus sensibles et leur chaleur et leur clarté.

» Lorsque l’âme humaine, soit par l’essor qu’elle peut » se donner, soit gratuitement, est élevée jusqu’au sen- » timent intime de l’être universel qui embrasse tout, » qui produit tout, enfin jusqu’au sentiment de cet être » inconnu que nous appelons Dieu, elle ne cherche pas » plus que dans la découverte des axiomes partiels, a se » rendre compte de cette^ vérité totale qui la subjugue, » ni de la vive jouissance qu’elle lui procure ; elle sent » que ce grand être ou ce grand axiome est par lui- » même, et qu’il y a impossibilité qu’il ne soit pas. Elle » sent également en elle, dans ce contact divin, la réa- » lité de sa propre vie pensante et immortelle. Elle n’a » plus besoin de se questionner sur Dieu ni sur elle- » même ; et dans la sainte et profonde affection qu elle » éprouve, elle se dit avec autant de ravissement que de » sécurité : Dieu et l’homme sont des êtres vrais qui » peuvent se connaître dans la même lumière, et s’aimer » dans le même amour.

» Gomment a-t-elle le sentiment certain de ces im- » muables vérités ? Par la même loi qui a manifesté à sa » conception la certitude des axiomes partiels, c’est-à- )> dire qu elle sent l’existence inattaquable du principe » de son être et la sienne propre, par la convenance et » les rapports qui se trouvent entre eux. Car, sans cela, » la conviction de l’existence de ces deux êtres ne pour- » rait ni nous frapper, ni se fixer en nous ; et si ce feu » divin ne rencontrait en notre âme une puissante ana- » logie, il nous traverserait sans nous laisser de lui au- » cune trace, ni aucun sentiment. »

LE PRINCIPE DE LA CERTITUDE

Pour peu que l’on réfléchisse sur ces lumineuses paroles, on saisira bien facilement le principe de la certitude des choses , sur lequel la philosophie scolastique a entassé tant de sophispies pédantesques, et la philosophie spiritualiste contemporaine tant d’obscurités et de subtilités vaines, tant de puérilités prétentieuses et ridicules; on admettra avec Saint-Martin ,

Que le principe de la certitude transcendante réside dans le sentiment de la corrélation et de la convenance des choses.

Ceci d’ailleurs s’énonce, se sent et ne se démontre pas. Avec ceux qui n’admettent pas ceci, il n’y a rien à démontrer. Mais lorsque l’on a compris et admis cet axiome primordial, on peut se rendre facilement compte de sa raison d’être.

L’homme, en effet, placé au milieu de la création, destiné à agir sur les Êtres et à recevoir leur action, à fonctionner au sein de l’harmonie universelle , l’homme a dû recevoir du Créateur la mesure de cette harmonie. Cette mesure a été nécessairement déposée dans son organisme. Sans cela, ne serait-il pas, lui, l’homme, un hors-d’œuvre, une pièce fausse dans la création ? Sans cela, y aurait-il ordre, harmonie, unité dans l’univers ? Sans cela, enfin, la création serait-elle autre chose qu’un caprice absurde, et l’intelligence organisatrice un vain mot ?

De cette donnée essentiellement , souverainement religieuse il résulte en toute évidence que l’homme

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