DES ÊTRES ET DES CHOSES
Et comme l’homme est un être composé, à la fois in -
AVANT-PROPOS
telligent , affectif et sensitif le rapport de l’homme avec l’Ordre universel doit s’établir dans les trois sphères, intellectuelle, affective et sensitive, de sa nature.
Ainsi, toute idée dont l’homme a la perception claire, — est vraie si elle est concentrique à sa sphère intellectuelle : — elle est fausse si elle est excentrique à cette sphère. Il suffit donc , pour reconnaître la vérité ou la fausseté d’une idée, de l’appliquer sur le type intellectuel qui est en nous, et de juger par la conscience si la superposition produit un contact concentrique et parfait : dans ce cas, il y a perception d’un rapport vrai, naturel, harmonique, concordant avec l’ordre général ; il y a évidence. L’intelligence est satisfaite. Voilà la norme de la certitude.
De meme tout sentiment, s’il est concentrique avec la sphère affective de l’homme, est harmonique ; s’il est excentrique à cette sphère, il est subversif. Il suffit donc, pour reconnaître si un fait est dans l’ordre du bien ou du mal moral, de l’appliquer sur le type affectif qui est en l’homme, et de sentir s’il est concentrique avec les affections natives de l’homme. Dans ce cas, il y a sentiment d’un rapport sympathique, naturel, harmonique, coïncident avec l’Ordre général : il y a jouissance affective ; l’âme est satisfaite. — Dans le cas contraire, il y a sentiment d’un rapport antipathique prochain ou éloigné , il y a ou il y aura douleur . l’âme souffre ou souffrira. — Voilà la norme du bien et du mal moral.
De même encore toute sensation, suivant qu’elle sera concentrique- ou non avec la sphère sensitive de l’homme, sera harmonique ou subversive, et produira chez lui une jouissance ou une douleur physiques.
Ainsi, la norme du faux et du vrai, du bien et du mal, est donnée par les attractions et les répulsions na-
LE PRINCIPE DE LA CERTITUDE. 9
tives de l’homme. — Et notez bien que je dis Attractions et Répulsions natives.
Ceci étant posé, admis et compris, nous pouvons nous dispenser de passer, pour porter un jugement sur les choses, par les deux ou trois cent mille volumes que les pédans, les sophistes et toutes les espèces philosophiques ont entassés les uns sur les autres. Ces aberrations des fausses sciences ont assez long-temps égaré la raison humaine dans des labyrinthes d’erreurs et de subtilités inextricables. Il est a propos d’aborder aujourd’hui le point par où l’on aurait dû commencer. Il est à propos d’écouter l’homme et les Attractions de sa nature. C’est un livre qui en vaut bien un autre, car c’est Dieu qui 1 a écrit. Les Attractions données à l’homme par Dieu, les passions natives qui résultent de notre constitution même, sont une révélation impérissable de l’Harmonie universelle, des Destinées générales, de la Loi des choses, de la raison d’être de la création.
Et maintenant, en partant de ces principes naturels, en écoutant cette voix des Attractions, si claire, si facile à l’intelligence que les enfants mêmes l’entendent et la comprennent, nous pouvons obtenir tout de suite des résultats réels, féconds, et de la plus haute importance pour nous; tandis que les principes arbitraires et pédantesques des fausses sciences morales et philosophiques, n’ont servi qu’à entasser par monceaux de honteuses, de stériles et de sanglantes erreurs. Examinons :