‹ Description du Royaume Thai ou SiamChapitre 19 sur 96 · QUADRUPÈDES · texte numérisé non relu

QUADRUPÈDES

commencerai par l'éléphant qui est le plus urquable, le plus gros, et qui atteint, comme lit^ la hauteur de onze à treize pieds. A l'état ige, il habite les forêts et quelquefois les plaines

désertes couvertes de joncs et de broussailte» On rencontre les éléphants presque toujours et troupes, paissant ou errant çà et là, s'appelant li| uns les autres. Us n'attaquent pas rhomme, I moins qu'on ne les attaque ou qu'on ne passe trd près d'eux. La nuit, quand ils viennent boire ii| rivière, s'ils trouvaient une barque de voyaged amarrée près du rivage, ils la submergeraient i4 failliblement ; aussi les évite-t-on avec soin^Jj est défendu de les tuer; néanmoins, un pe^ nombre de hardis chasseurs s'enfoncent dans li| forêts et en tuent avec le fusil chaque année un bol nombre, uniquement pour en avoir les défenseï tous les ans aussi, les gouverneurs des providfiH envoient une troupe de femelles, qu'ils Iàchli| dans les bois ; quelque temps après on les rappel au son d'une corne, elles reviennent accompagné^ de plusieurs éléphants sauvages qu'elles amèniil jusqu'à une enceinte de murailles, et les forcenti coups de trompe d'entrer par la porte qui se ferrt après eux. On les laisse quelques jours sans lei| donner à manger; on leur passe un lacet au pl^^ on les attache à une colonne, après quoi on led donne des cannes à sucre, des herbes en abondance et au bout de quelques jov\TS\\s^otA.^^Y^nTOfc^

[ Aédait à Tétat de domesticitéâ Téléphant est «o«i^ intelligent^ obéit à la voix de son conduc- ^Mr; c'est la seule iDonture dont on puisse se servir dans de longs voyages, au milieu des forêts où Mtrgnt il n'y A pas de sentier tracé. Il se coutho >ntre à terre pour recevoir sa charge oU le voya- IWr (jui doit te monteré II ca^se avec sa trompe ■ branches qui gênent son passage» Lorsqu'il ren^ outre des bourbiers profonds, il se traîne sur le SDtre et sur les genoux; s'il trouve une rivière, rionde d'abord avec sa trompe la profondeur de saU) il avaticô avec précaution, et quand il ne Otite plus de fond, il nage entre deux eaux^ et iSpire par le bout de sa trompe qu'il tient élevée

I haut^ Il peut descendre dans les ravins les plus fOfonds, et, s'acôrochant avec sa trompe, il gravit I montagnes les plus escarpées. Il fait environ une me et demie à l'heure, et peut marcher jour ; ûuity pourvu qu'on lui laisse quelques heures Hir remplir son large eistomac^ Quand il est fa» gtté, il frappe la terre avec sa trompe, et eti tire

II son semblable à celui du cof ^ pour avertir son tmac qu'il est temps de prendre du fepos. Au lieu 6 selle, on attache but son dos un gt&nd^^wvei: naotitéd'un toit; le voyageur de placfe Aeâi^xv^^

et, à l'aide de coussins, peut prendre une postan assez commode. Sur cette monture, on éprouiéj une sorte de balancement qui fatigue un peu premières fois, mais on y est bientôt accoutui On a fait croire que les Siamois honoraient ïi léphant blanc comme un Dieu ; c'est une ei puisque les Siamois ne reconnaissent aucun di< pas même Buddha, qu'ils ne regardent que comi leur docteur et leur mattre en religion • Mais comi d'après leur système de métempsycose, les dhas dans leurs générations seront nécessaire! singes blancs, moineaux blancs, éléphans blani ils ont de grands égards pour tous les animaux binos et surtout pour l'éléphant blanc. Ils croii qu'il est animé par quelque héros ou grand qui deviendra un jour Buddha, et qu'il bonheur au pays qui le possède. De là vient dès les anciens temps, les rois de Siam ont jours fait rechercher les éléphants blancs et les^ traités avec beaucoup d'honneur. Quand un tributaire ou quelque gouverneur de province fait la découverte et la capture d'un éléphant bh de suite Tordre est expédié de lui faire un beiuchemin à travers les forêts ; une fois qu'il est pJUPvenu au bord du fleuve, on lui prépare un vaste

nideau planchéié, surmonté d'un bâtiment avec un toit en indienne, décoré de guirlandes de fleurs ; un établit Tanimal au beau milieu du radeau, et on le laisse flotter en le nourrissant de gâteaux et de cannes à sucre. Bientôt un mandarin, et quelquefois même un prince, avec un cortège de cinquante à soixante barques, une troupe de musiciens et une foule de rameurs viennent à la f^ rencontre de l'éléphant blanc ; le radeau s'attache l à chaque barque, on le tire avec des cris de joie qui font retentir les deux rives, et l'animal ébahi fiiit son entrée triomphale dans la capitale, où il est reçu par touâ les grands dignitaires et par le toi lui-même qui lui impose un nom ronflant avec le titre de mandarin de premier ordre. Il est conduit en grande pompe à son écurie ou plutôt à son palais, où il trouve une cour nombreuse, des officiers et des esclaves empressés à le servir dans de la vaisselle d*or ou d'argent. Les gâteaux, les cannes à sucre, les bananes et d'autres fruits délicieux avec des herbes choisies lui sont fournis à foison. On garnit ses dents de plusieurs anneaux d'or, on met sur sa tète une espèce de diadème, on se prosterne devant lui comme devant les mandarins. Lorsqu'il va au bain, un officier étend sur

la tête un grand paraftol rouge, un autre frappe de la cymbale pour qu'on fasse place à sa seigneu* rie, et quelques douzaines d'esclayes lui fonl cortège. S'il tombe malade, c'est un médecin éè la cour qui vient le traiter ; les talapoins eui«-,i mêmes viennent réciter sur lui des prières et Tjjh pergent d'eau lustrale pour obtenir sa guérison ^^ quand il meurt, toute la cour est dans une graw afQiction et fait rendre au défunt les honneurs fiHj nèbres dus à son rang»

J'oubliais de dire qu'à Siam on se sert beaucoup! des éléphants pour la guerre ; c'est sur leur doi.: qu'on charge les canons, la poudre et les boulebi Tous les mandarins sont montés sur des éléphants;! il y a eu des batailles où l'on comptait plusienni milliers d'éléphants dans chaque armée. On la emploie aussi pour détruire les palissades et les retranchements. Il y a une douzaines d'années, les Annamites ayant envahi le Camboge, s'étaient retranchés dans une plaine ; le généralissime siamois i les surprit la nuit avec quelques centaines d'élé- j phants à la queue desquels il avait fait attacher des torches ardentes ; ces animaux furieux enfoncèrent le camp, percèrent de leurs dents et broyèrent sous leurs pieds près Ae toS\fc k\«vOTs\«^^

autres ayant eu le temps de pf'endre la fuite. Il y a, à Siam, trois espèces de tigi'es« Le tigre royale dont la peau est rayée de bandes noires et iiUneS) long de six à sept pieds ^ se trouve dans toutes les forêts. Il dévore les hommes, mais plus firement qu'on ne pourrait le penser^ et il se jette ds préférence sur les bcâufs^ les buffles , les cerfs •t les cochons sauvages qu'il rencontre en abon* dtnce. Sa force est telle qu'il prend un buffle au-^ près des maisons et le traîne à une lieue et plus m milieu des forêts pour le dévorer. Il a doux erisbien distincts : l'un aigu quand il sent sa proiô de loin, et l'autre grave et terrible quand il s'é- * luice dessus. Voici une manière ingénieuse de prendre le tigre et que j'ai observée chez les Lao : 00 fait une petite enceinte de pieux solides et seN rts dans laquelle on met un chien ; puis une autre palissade de manière à former un couloir étroit nitour de la première enceinte, en ménageant ttie porte qui, étant ouverte^ barre le couloir d'un tôté. La nuit, le tigre entendant les hurlements du diien, accourt, pénètre dans le couloir, fait le tour; à peine a-t-il touché la porte qu'elle se ferme d'elle-même; l'animal féroce ne pouvant faire iocuB mouvement par côté, -se trouve ^t\%, ^V. \^

lendemain les Lao viennent lui donner un bon coup de fusil qui lui ôte la vie.

Le tigre étoile est beaucoup plus petit que le. précédent; il attaque rarement l'homme; ki chiens, les chevreuils, les cochons sont sa pâture sa peau, marquée de taches noires sur un d jaune, est magnifique. La troisième espèce le chat-tigre, deux ou trois fois gros comme chat; il vit d'oiseaux, de poules et de canards, n'ose pas même attaquer un chien.

J'ai parlé ailleurs du rhinocéros et de lamani de lui faire la chasse : on dit que ce monstru quadrupède fait ses délices des épines de banibou qui ne lui occasionnent probablement qu'un 1 picotement dans la gueule. On attribue beaucou de vertus à sa corne, et (chose singulière !) sa pea^ quelque épaisse et coriace qu'elle soit, est regardée comme un mets délicat et fortifiant pour les pe! sonnes faibles. On grille d'abord la peau, on la ratisse, on la coupe en morceaux et on la fait bouillir avec des épices assez longtemps pour la convertir, en matière gélatineuse et transparente. J'en ai mangé plusieurs fois avec plaisir, et je pense qu'on pourrait appHquer avec succès le même procédé 4 aux peaux de quelques autres animaux.

Les chevaux sont extrêmement rares dans le royaume de Siam : le roi en nourrit environ une centaine dont on lui a fait présent ; mais les particuliers n'en ont aucun, excepté dans les provinces éloignées; du reste, comme il n'y a pas de voitures dans tout le pays, et que le cheval est impropre à la culture du riz, ce quadrupède y serait presque inutile. Il n'en est pas de même du bœuf et du bnffle : ce sont des animaux bien précieux pour le pays, aussi le gouvernement défend-il de les tuer sous peine d'une forte amende. C'est par leur iQoyen qu'on laboure les champs et qu'on fait tous les transports, même à travers les bois. Il y a aussi des bandes de bœufs et de buffles sauvages dans les grande forêts ; pour ceux-ci, les chasseurs peuvent les tuer sans encourir aucune peine.

On s'imagine que les ours ne se trouvent que dans les pays froids, et cependant on rencontre dans les bois de Siam deux espèces d'ours, dont l'une à face de chien, l'autre à face humaine, (pour me servir de l'expression du pays). Ces ours Sont moins féroces qu'en Europe : ils prennent la fuite à l'approche de l'homme, et il est inouï qu'ils it|^iùent jamais dévoré personne.

On nourrit à Siam beaucoup de cochons d'une

espèce basses dont le ventre traîne à terre : le chair est excellente et n'est pas indigeste j il s' fait une grande consommation, surtout parmi population chinoise* Les sangliers sont assez muns, au point qu'ils viennent dévaster les pi talions de patates et àû maïs ; mais ils sont plus petits qu'en Europe et n'attaquent j l'homme ; aussi les habitants les appelleût-ils plemeût cochons sauvages, et ne les craignent plus qu'ils ne craindraient un porc ordinaire.

Le porc-épic a le museau gros et renflé, la à peu près comme celle de la marmotte ; tout corps est couvert de piquants très-longs, su ceut du dos : quand il est attaqué par un chi par exemple, il dresse tous ses piquants^, les et en darde quelques uns qui percent le nez ou oreilles du chien. Je sais que les naturalistes refi sent au porc-*épic la faculté de darder ses piquan mais le fait m'ayant été attesté par un ch chrétien de race Lao, qui m'a assuré en avoir plusieurs fois témoin, je me contente de consign ici ce fait tel qu'il m'a été rapporté.

L'élan, le cerf, le daim, le chevreuil, la gazel: la chèvre sauvage abondent dans les forêts, cerfs viennent par bandes nombreuses pattre da

plaftteé ineultes, et lonque rinôndation 1m «ur« ïnd, illi se dirigent vêts l6s hauteui^ et lef» mon» ale^ ; c'est Alors qu'on leur fait une chasse Imoyable. Des hommes vigoureut montant dés rques l^res les poursuivent à travers les cam^ gnes submergées ; les cerfs à moitié dans Teau peuvent pas courir et s'embarrassent dans les Btes herbes; on les atteint facilement et on les 0mme par centaines à coups de gros bâtons ; bien on les tite avec le fusil à bout portant. A Ile époque-^là les chasseurs vous vendent un beau rf de la plus grande taille pour une pièce de liifhincs.

Les chiens et les chats sont très-multipliôs à un, par la raison qu'on n'y tue pas les animaux, hydrophobie me paraît y être bien plus rare 'en France, et la rage provenant de la morsure I chiens est un cas extraordinaire. Les Siamois caressent pas les chiens comme en France, rçe que, par l'effet du climat chaud, il s'exhale ces animaux immondes des émanations fétides [ s'attachent aux mains. Dans presque toutes les {odes il y a une foule de chiens qui sont attirés * les restes abondants des repas des talapoins ; is ils ne sont pas méchants, et au contraire, ils

sont très-prévenants envers les étrangers, qu portent toujours des provisions à la pagode parle aussi beaucoup de chiens sauvages < loups qui habitent les bois; mais je n'en ai ji rencontré et je n'ai rien de positif à dire sui compte.

La civette est un joli animal au museau pc à peau bigarrée, plus petit qu'un chat, qui a les organes de la génération et l'anus une ] renfermant une matière grasse, très-odor qu'on appelle faux musc ou civette. Il parait est très-friand de poisson frais, car j'en ! prendre plusieurs dans un piège avec cet a Plusieurs personnes nourrissent des civettes des cages pour leur divertissement, car cet ai est doué d'une forme gracieuse, d'agilité et d( plesse dans ses mouvements.

Le singe appelé orang-outang (homme des se trouve dans les forêts de la presqu'île Mal il est d'une bonne taille et il a la faculté de cher assez aisément sur ses deux pieds de den Il y a une autre espèce de petit singe à figure :

qui ne fait que gémir en se tenant suspendi branches des arbres. Le singe le plus commii de moyenne taille, à poil gris ; il va toujours

ipe ; on en compte quelquefois cent sur un seul re ; ils font mine de n'avoir pas peur ; mais si 5 leur tirez un coup de fusil, ils jettent un cri i en DQiême temps, sautent d'arbre en arbre et paraissent bien vite.

/écureuil est très-commun, surtout dans les lins ; il saute d'un cocotier à l'autre, fait un 1 dans les cocos tendres et en boit toute l'eau; t en vain que les Siamois lui lancent des balles erre avec un arc, il est si leste qu'il leur échappe un clin d'œil pour revenir bientôt à la charge. eureuil blanc est plus rare et cause bien moins de ;ftts ; celui-ci aime à venir fureter dans les mais et ne monte jamais sur les cocotiers. Il en est lore une autre espèce qu'on appelle écureuil int, non pas qu'il ait des ailes, mais le déve* pement de la peau des flancs forme chez lui s sorte de parachute au moyen duquel il se tient quand il saute d'un arbre a l'autre. >ur les bords des rivières et des canaux il y a LQCOup de loutres, dont la peau est trè&-recherle par les Chinois. Voici le moyen qu'on prend ir en tuer un grand nombre. On se procure une ne loutre qu'on emporte en cage à la tête de la x{ue ; on ne lui donne pas de poisson à manger;

tentant la faim) èlie ae taiet à orier presque cmtM nuellement) les loiitrei accourent en foule à cris; les geni de la barque leur lâchent deux ou coups de fusil^ prennent les loutres qu'ils ont tui et vont un peu plus loin recommencer leur oj ration» Quelqu'un m'a dit avoir tué dé cette fai cent cinquante loutrAs dans liHe tournée de h jours.

Le lièvre est très^commuti aux alentours bois; mais pour les Siamois c'est un gibier si que pôrsotiuè ne songe à le chasser ; j'en ai ce dant mangé plusieurs que mon chien fti'ap d'un petit bois voisin de notre église à Juthit propos de lièvre, disons en passant que les Sis lui attribuent beaucoup d'esprit et d'astuce : ils sur le lièvre une foule de contes qui le représeti comme le plus adroit et lé plus rusé de tous lestt maux ; c'est encore un lièvre qu'ils voient dans taches de la lune.

Les rats pullulent dans Ce pa^; il n'y a pM de maison qui n'en soit infestée. Outre les aouris il les rats ordinaires, il y â les rats musqués qui soilf beaucoup plus gros et qui répandent une puftntêuH nauséabonde. L'engeance des rats fait aussi unier« rible dégât dans les plantations et dans les ohampB/

st là ^'on trouve une espèce de rat gros comme c^t qui fait là désolation dei laboureurs ^ c'est ir cela que ceux-ci recherchent soli gite Avec pressèrent, creusent jusqu'au fond de son trou après l'avoir tué, en font un boit régal«

enwAvx.

9fi ne connatt à Siam que le petit aigle de la me^ grand ravis^ur de poulets et autres petits saut. Il est constamment à planer au dessus du ite^ on le voit s'abattre souvent pour saisir des lisons ou des matières animales qui flotti^nt sur eaux. Il est très-courageux et ne redoute aucun I autres oiseaux plus gros que lui. L'épervier, ttiqoe plus petit que le précédent, s'attaque mx geoiis et même aux canards sauvages, au point Ib souvent, n'ayant pas la force d'emporter sa tDie^ il est obligé de la Iftcher.

Le vautour est trèSHiiommun à Siatu^ et il y rend ibien grands services eu dépeçant les charognes I milieu des campagnes ou les animaux crevés tf flottent dans les rivières. Le vautour royal se Nmve presque toujours mêlé à l'espèce commune, [Qoiqu'en bien plus petit nombre. C'est un animal

stupide, fétide, hideux, dégoûtant et lâche au prème degré, car on voit tous les jours quek corbeaux le battre et lui arracher le morceai chair du bec sans que le vautour fasse mine de pousser son adversaire.

L'argala à tête chauve est un oiseau de b stature qui se nourrit de serpents, de grenouil de poissons et, à défaut d'animaux vivants, il se mêler aux vautours pour se gorger de la cl des animaux crevés. Il fait beau de voir de loin troupe d'argalas, perchés sur leurs hautes jan commesurdeséchasses,resterimmobilesdeshei entières en attendant passer un serpent ou grenouille.

Il est surprenant de voir dans un pays ch une si grande multitude de corbeaux, surtout environs de la capitale, à Juthia et en général c tous les lieux habités. Leur nombre est si cens rable que le soir, quand ils reviennent doi dans les pagodes de Bangkok, l'air en est i ainsi dire obscurci. Le corbeau est d'une au( extrême ; il dévaste les jardins en dévorant \ les fruits mûrs; il enlève les petits poussins et i les comestibles qu'on expose au soleil; non c tent de cela, il pénètre dans la maison parla p<

ïa par la fenêtre, il enlève les gâteaux et les ba-> lianes des mains des enfants ou même des vieilles fcmmes, il va dans la cuisine soulever les couvercles pes pots et des marmites, et quand il a trouvé trop butin pour un jour, il va en cacher une partie les feuilles du toit ou dans un creux d'arbre ; ^Iquefois une troupe de ces brigands se réunit lur attaquer des pigeons, des geais ou autres oilux un peu plus faibles qu'eux. Quand on donne iger aux poules, aux chats ou aux chiens, ce A toujours les corbeaux qui en prennent la îilleure part, de sorte qu'on peut dire qu'ils sont vrai fléau pour le pays, quoique d'autre part soient fort utiles en purgeant le pays d^une foule ^animaux nuisibles et des matières animales en itréfaction. Mais, me direz-vous, ne peut-on pas débarrasser de ces visiteurs importuns? Gela l'est point du tout expédient, car si vous leur lanune pierre, ils pirouettent un instant et reîDnent se placer plus près en tirant de leur go- {kier une sorte de gazouillement qui a tout l'air \t\me moquerie ; si vous en tuez un d'un coup de -inil, la détonation attire un millier de corbeaux dn voisinage qui se mettent à crier tous ensemble CD voltigeant et ils vous donnent un charivari épou-

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vantable qui dure plus d'une heure, après quoi ravagent votre jardin comme pour venger la mi de leur earaarade.

Parmi les oiseaux de nuit, on compte la ehouel le petit duc, €pii diffèrent peu de eeux d'Eui une espèce d^engoulevent criard, que lee habil appellent batteur d'or ou batteur de fer, paraei pendant les nuits son cri, qui ressemble en efMi un eoup de marteau sonore et qu^i) répète cesse, retentitdans les forêts presque jusqu'au j< enfin le gff\nd due appelé tkôUnthou, à eause son cri sourd et lugubre : cet oiseau vit de eani de rats et surtout de gr^ scellions noirs qu'il trape la nuit. Pendant les nuits pluvieuses, raàle et la femelle, perchés sur deux gros arbres, répondent Fun à Tautre d'un ton sourd et ft^ayant, au point qu^une fois un de mes Chinois m^ dit sérieusement le lendemain : « Père ! cette nnl^ « )'ai entendu deux âmes des morts qui s^entre^4 « tenaient ensemble. » Ici comme ailleurs, eei animaux sont regardés comme étant de mauvaii augure.

Siam est riche en oiseaux aquatiques : le plus grand est le karien, du genre des échassiers; il est plus haut qu'un homme ; son plumage est gris;

— Idoine et noir, mais il a le cou et la calotte de la e d'un beau rouge vif. Il plane à une grande uteur; son cri perçant s'entend de deux ou trois ues à la ronde. J^ai souvent vu des troupes de riens en rangées sur le bord des étangs et des iratsy o& ils pèchent les poissons, les grenouilles autres animaux ; haut montés sur leurs jambes, font de si grands pas et marchent si vite, qu'un ien lancé contre eux ne peut pas les atteindre. Après le karien vient le pélican, deux ou trois :S gros comme une oie. Cet oiseau est remarlable par la grande poche quMl a sous la mftolre inférieure; -on trouve presque toujours les licans nageant en troupes dans les grands étangé i près des bancs de sable des rivières où ils font le pèche abondante ; ce n'est que le soir quMIs lèvent dans les airs, et, formant un triangle en tant, ils vont chercher au loin quelque gros arbre litaire sur lequel ils s'abattent pour y passer la lit. C'est là qu'à la faveur des ténèbres, deux asseurs munis de fusils doubles peuvent abattre iq ou six de ces énormes oiseaux, et la bande est ;persée.

Je ne fais (jue mentionner les grues, les hérons, cormorans et les cigognes qui se nouttis^ëi^uV.^

grenouilles, de serpents, mais plus souvent à^ém* visses et de poissons. D^autres gros oiseaux j'ignore le nom européen, ne vivent que de m et de coquillages. Dans les canaux et sur les é on rencontre des bandesr innombrables de coH beaux aquatiques et de canards sauvages; les dd sauvages sont plus rares; leur plumage est tièH beau et de couleurs variées. Les plongeons, k| poules d'eau, les sarcelles, les mouettes et lesnuuF: tins-pécheurs ou alcyons se trouvent presque pa^ tout. De toutes les espèces d'alcyons, il n'y en i qu'une dont le plumage soit estimé des Chinoî qui l'achètent fort cher pour l'envoyer en Chine; c'est avec ce plumage, d'un bleu éclatant, que kl Chinois confectionnent des manteaux pour rea" pereur et les princes. Or, voici comment on va i la chasse des alcyons : on en nourrit un dans una petite cage de fils de fer très-déUés ; on lie b cage au haut d'une perche; on adapte à droite ei à gauche deux petits filets de fil blanc à Isrffl mailles. La cage une fois établie dans un lieu dé* couvert sur le bord d'une rivière, l'alcyon se fxd à chanter, et bientôt ceux de son espèce accourent pour se battre avec lui, mais d'un vol si rapide qu'ils sont pris dans le filet avant de l'avoir aper(Ui

tFoiseleur, qui s'était caché, vient mettre la main lessus. Cent peaux d'alcyons sont payées par les Chinois de trois à cinq cents francs.

L'ibis blanc est un bel oiseau du genre des (chassiers, qui a la moitié de la grosseur de la ci- Éogne ; il se nourrit ordinairement d'écrevisses et ie poissons ; il se tient sur les bords des rivières ou

El étangs ; d'une patte il remue la boue pour en re sortir les petits poissons qu'il attrappe fort ||droitement. Dans la saison où le poisson est rare, se nourrit de sauterelles et de grenouilles au miu des champs. Il parait même qu'il aime beaup les taons et les grosses mouches, car on en it souvent des troupes perchées sur le dos des es attraper ces insectes. L'ibis blanc est telle- Dt commun à Siam, qu'on le trouve presque out ; il n'est pas rare de voir des touffes de mbous chargées de deux ou trois cents de ces ux; c'est vraiment une belle chose à voir l'un grand arbre chargé d'ibis, qui, vus de loin, mblent à de grosses et belles fleurs d'une cheur éclatante.

^ Le paon se tient dans les endroits incultes près ..des rivières; il vit de graines et, quand il a à sa portée des plantations de piment rouge, il en fait

son régal. Tous iei aoin le mâle Yole au soma de l'arbre le plus élevé ^t fiùt entendra son ori i ten tissant pour rallier la troupe da saa feoiail qui montent aprèa lui.

J'ai vu dans les bois plusieurs espào(0 da &im entre autres celle que les habitants appellent pov céleste « Les coqs et les poules sauvages y sont < grand nombre, mais il n^est pas facile de les avai vu leur extrême agilité. On rencoqtre aussi dans! forêts le touoan et le calao dont le gros beo est su monté d'une excroissance cornée qui lève en Fsi ce qui lui a fait donner le nom d'oiseau à dei bocs. Il y a dans la partie nord de Siam beauem de perruches ou petits perroquets verts à bec roug mais dans la presqu'île (où il fait plus chaud), il a des perroquets magnifiques et de toutes les co leurs.

La perdrix est rare ; mais les pigeons et les ton terelles abondent au point qu'on rencontre que quefois des arbres qui en sont tout couverts.

On connaît trois espèces de merles : l'un ne aux yeux rouges, le second bigarré, qui siffle me veilleusement ; plus on le contrefait, plus il sifl fort ; la troisième espèce est noire, le bec et l oreilles sont d'un beau jaune d'or. Cet oiseau au

lient partieulief pour la parole, et H ifUité aussi tarftdtemo&t les aboiements du chien, les miaulé^ Bentê du chat, le «haut du coq, et en général tout tê qu'il entend ; il y en a qui sont dressés à entre» kfeir une eoûtersation et qui imitent si bien la JMï de rhoinme, qu'on croirait que c'est quel- |B*uii qui tous parle.

f Parmi les petits oiseaui il y en a plusieurs qui |M un chant assez agréable ; le plus remarquable ^le dominicain, petit oiseau blanc et noir, dont |i chant est très-^mélodieut et comparable à celui la rossignol ; malheureusement il reste silencieux kesque tout le long de Pannée et ne fait entendre M accents modulés qu'au point du jour, à l'époque |É la plupart des arbres sont en fleurs. J^ai obienré dans les jardins plusieurs espèces de colibris, dont le plumage brille des plus vives couleurs; Pespèce la plus commune et la plus belle a son plumage rouge de pourpre parsemé de points blancs : on le recherche beaucoup pour l'envoyer dans les iljs étrangers.

- le finis l'article des oiseaux en disant quelques ttôts des chauves-souris. Il y en a de deux espèces : la petite espèce, qui habite les cavernes, sous les toits des édifices et surtout sûus les douves dfô&

vieilles pagodes inhabitées, ne vit que de mous^ tiques et de moucherons; la grande espèce, noire et de la grosseur d'un chat, qui se tient sur le^ arbres des pagodes ou sur les touffes de baml se nourrit uniquement de fruits et surtout de gués et de litchis. Ces chauves-souris font un ravage dans les jardins où elles s'abattent par taines et même par milliers. Souvent on recoud l'arbre d'un filet où elles s empêtrent avec les chets de leurs ailes, et alors on en fait justii Quand on les a écorchées avec soin, on en fait ragoûts, qui seraient assez bons, s'ils ne cône vaient pas une certaine odeur d'urine qu'on ti de masquer à force de piment rouge. Le soir, qw elles viennent fondre sur les jardins de la capil elles présentent l'aspect d'une nuée noire qui plusieurs lieues de longueur. 1

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