‹ Description du Royaume Thai ou SiamChapitre 20 sur 96 · REPTILES · texte numérisé non relu

REPTILES

Le crocodile est un animal amphibie cpii, par^ venu à son entier développement, a depuis Ait pieds jusqu'à vingt-cinq pieds de long. Sa voracité répond à la grandeur de sa taille : sa gueule, pour-vue de quatre rangées de dents, est d'un jaune de

an. n se nourrit ordinairement des gros poiss qu'il peut attraper, et, à leur défaut, des cares qu'on jette à la rivière ; quelquefois aussi il ore les hommes qui se baignent ou qui tombent eau. Il y a des crocodiles dans toutes les rivières iiam, depuis leur embouchure jusqu'à Tendroit il n'y a plus assez d'eau pour qu'ils puissent s'y ir, ni assez de poissons pour leur nourriture, jes crocodiles pondent une vingtaine d'œufs achàtres une fois plus gros que ceux de l'oie ; les enterrent dans les sables sur le bord des rires ou les déposent parmi les roseaux, et c'est lialeur qui les fait éclore. Dès que les petits sont .9 ils vont se jeter dans l'eau ; la plupart donnent la proie des poissons voraces et même, -on, des vieux crocodiles; ceux qui échappent Dourrissent d'abord de petits poissons et gransent de plusieurs pieds dans l'espace d'une ans. Les œufs de crocodile sont bons à manger, lui qui aurait fait la découverte d'une ponte de ; œufs, s'il veut les enlever, doit tenir un cheval it prêt ; car la mère, qui ne se tient pas loin de s'aperçoit quelquefois de l'enlèvement de ses ifs; alors elle sort de l'eau et, animée d'une fuur terrible, elle se met à la poursuite du ravis-

seur et court après presque aussi vite qii6 le dtent

A Bangkok il y a des enchanteurs de crocodi Quand un homme a été emporté par un de animaux, le roi donne ordre de le prendre; l'enchanteur, accompagné de plusieurs barques satellites avec des lances et des cordM, vient l'endroit où il présume trouver le crocodile; récite des formules superstitieuses pour le monter à la surface de Teau ; dès qu'il paraît, il saute sur le dos, et pendant qu'il lui fburre doigts dans les yeux, les satellites sauteftt àl' les uns lui lient la gueule, les autres les pattes» Ton tire à terre le monstre palpitant qui avoir perdu toutes ses forces ; on remporte mandarin et on lui fait son procès. Nos Ânnami chrétiens sont très-habiles à prendre les crocodili même sans formules superstitieuses ; ils épient moment où cet animal dort sur le rivage, lui tent sur le dos, lui fourrent les doigts dans yeux, lui passent un lien à la gueule, rattaclu par le milieu du corps et le jettent dans leur barquii Un jour, visitant leur village, je vis plus de dm quante crocodiles, petits et grands, amenés de h sorte et attachés aux colonnes de leurs maisons»' Us en vendent la chair comme on vendrait de b

r de porc, ttiais à bien meilleur marché. Les ibogieiuiootune autre méthode bien singulière r tuer le crocodile : au bout d'un long bambou iD croc acéré qu'ils traînent à la suite de leur [ue et qu'ils font mouvoir de manière à pouvoir ocher l'animal quelque part. Pendant qu'il se it, on passe un nœud coulant à sa queue, dont soupe l'extrémité , alors on enfonce un long a dans la moelle des vertèbres ; à mesure qu'il mce, le crocodile perd sa force, et à peine le a est^l panenu à la moelle de la tôte, que [mal expire.

m le bord des rivières ou des étangs on rentre souvent un petit crocodile terrestre de cinq lit pieds de long; il n'attaque pas l'homme, il lourrii de petits quadrupèdes, de poissons et limaux crevés. Sa démarche est pesante, sa leur est d'un gris qui tire sur le noir, tout son hrieur esthideux et dégoûtant. Parmi les lézards

plus' grand est le takuet, qui a trois ou quatre As de long; il a deux langues ou, pour mieux ty sa langue est bifide; selon le style du pays, il regardé comme l'emblème d'un homme fourbe trompeur. Le tukë a tout au plus un pied de )g;8a peau est toute pointée de rouge ; il habite

surtout les toits des maisons. C'est un grand des-». tructeur des rats et des cancrelats, aussi le laisse-^ t-ori bien tranquille, et il est tellement hardi, qu*il| se tient à côté de vous, sur votre lit, parmi v( livres, etc. Il a un cri très-fort, très-^bizarre et provoque à rire : il chante tukë, tukë sixfoisouhuij fois, ou tout au plus douze fois de suite, et souvent dans la journée aussi bien que pendant nuit, ce qui fait dire aux habitants qu'il sonne 1^ heures ; c'est donc comme une horloge vivante. Le caméléon est une espèce de lézard à tète trii gulaire aplatie sur les côtés, yeux saillants, gùi gonflée, peau granulée. Il se tient sur les branche des arbres, attrapant les mouches avec sa lonj langue gluante. Cet animal peut rester jusqtt'j quatre mois sans manger, ce qui avait fait dire ai anciens qu'il vivait d'air. Le caméléon a la sinj lière propriété de pouvoir gonfler son corps et cl ger de couleurs : dans son état naturel il est d'i gris verdâtre; si vous lui faites peur, s'il entre amour avec une femelle ou s'il se bat contre un ses semblables, alors on le voit se gonflert sa ci se dresse depuis la tête jusqu'à la queue, sa couIeii|| change, il devient jaune, vert, puis bleu clair, blei| foncé, violet, rose, rouge et passe ainsi graduellei

lent pal* toutes les nuances de couleurs, ce qui est )rt divertissant à voir. Le caméléon est très-com- DQïi dans tous les jardins; sa longueur est d'un ped environ.

\: Le lézard volant ou dragon a deux ailes qui lent un triangle : elles prennent naissance audcs pattes antérieures et vont se réunir à les de derrière. C'est par le moyen de ces ailes 'il saute débranche en branche pour attraper les tes dont il fait sa nourriture. Il descend rareit à terre, mais il nage fort bien.

La famille des serpents est très-nombreuse à m. Le plus gros de tous est le boa constrictor i, dans les hautes forêts, atteint quelquefois la )UY d'une poutre et une longueur de vingt à igt-cinq pieds. Sa peau est superbe et forme un »in de couleurs variées. Par la grande dilatation it sa peau est susceptible, il peut avaler les ;es, les cerfs et même les buffles. On cite des iples d'hommes qui ont été attaqués et entis par ce monstre en traversant les forêts. Mais boas qu'on rencontre auprès des villes et des habités sont d'une plus petite dimension ; sont de la grosseur de la jambe et longs de huit i douze pieds ; ils avalent les petits chiens, les

poules, les canards et quelquefois mimA iM enfants, eomme cela arriva à Juthitt ttt 188ti dame, concubine du gouverneur, habitait une tique flottante et dormait la nuit, ayant à seB son petit enfant âgé d'environ huit mois. Réreil par quelque chose de doux et froid en même t( qui lui passait sur les membres, elle appela domestiques qui accoururent avec une toi Quel spectacle I un boa avait déjà avalé la m( de son enfant. De suite les gens de cette di coupèrent en tronçons le vorace animal, ^i gorgea sa proie. L'enfant n'était pas mort, mafai ne survécut que d'un jour.

Le boa n'a pas de venin ; c'est pour Cela qu'l près lui avoir tiré la peau, les Siamois l'accomi dent et le mangent sans répugnance. On dit toutes les jonques chinoises nourrissent un de cl reptiles, le regardant comme un ange tutélaire I qui dépendent le bonheur et le salut des matelûlsi du navire ; c'est pourquoi ils lui offrent tous b jours, avec maintes prostrations, une poule ou ni canard que le serpent dévore, et puis il s'en vadoi mir et faire la digestion dans la partie inférieure d la jonque.

Le serpent appelé trompe d'éléphant alteit

quefoÎB la grosseur de la cuisse^ mais il n^est Umg en proportion ; il a la peau rude, tannée, B jouit d'une certaine agilité que lorsqu'il est i l'eau, car si ifous le mettez à terre, il avance meiit à la manière des sangsues. Il se tient rat e» embuscade à rentrée des canaux et des gs pour saisir au passage le poisson qui entre pi sort.

y a une espèce de vipère un peu plus petite le bras, dont la peau est noire et luisante; sa Rire est mortelle, à moins qu'on ne la brûle le-ehamp. Dès qu'il aperçoit quelqu'un, ce •nt s*élèye, gonfle sa tête en forme de cuiller, it entendre un sifflement aigu. Heureusement ' le pays, cette espèce de vipère est assez rare ar des habitations. II y a des enchanteurs do mts qui élèvent des vipères et les font danser. nblic ou bien les font battre entre elles ; ils se atortillent autour du cou, ils les irritent, ils se mordre et leur font exécuter différents jeux, en éprouver aucun mal. Ou ces jongleurs ont de tirer d*avance le venin des vipères à me- ! qu'il se forme, ou il faut avouer qu'ils ont des dotes bien efficaces.

lie serpent de feu est ainsi appelé parce c\w'\l

brûle et roussit les plantes et les herbes sur Ii quelles il passe, comme si le feu y avait passé ; est du moins le rapport qu'on m'a fait, mais je l'ai pas vu. Le serpent triangulaire a cela de pai culier que le feu l'attire, de sorte que si quelqii* marche la nuit avec un flambeau allumé dans lieu où il se trouve, ce serpent court aussitôt ap: la flamme; celui qui se trouve dans un pareil i n'échappe au danger qu'en abandonnant au re tile le flambeau qu'il tient. 11 est une espèce serpent de médiocre grosseur, qui a son venu la tète et à la queue. Une autre espèce qu'ils a pellent serpent à crête de coq est rangée dans classe des vipères et son venin est mortel. Un ( plus beaux reptiles qui soient au monde, c'esl serpent appelé rayons du soleil : exposé au sol< il brille des plus vives couleurs ; il est petit, ] agiie, et par conséquent facile à éviter ; on prét( que sa morsure est bientôt suivie d'une mort faillible.

Le serpent vert est une couleuvre fort commui il y en a dans presque, toutes les maisons et p sonne ne songe à les détruire, parce qu'elles m; ;gent les rats et les autres animaux incommoc utre les serpents dont j ai parlé, il y en a une fo

utres, surtout dans les marais et les étangs. Â [K)que de Tinondatioa on en voit nager en quan- ) dans les eaux ; ceux qui ne se plaisent pas dans m montent dans les arbres et dans les maisons ; elquefois on en trouve jusque sous son oreiller. Parmi les grenouilles, il en est une qui mérite 'on en fasse mention ; elle est toute ronde et i pas trois pouces de long; cependant son coasnent est comparable au mugissement d'un bœuf. i ne l'entend que pendant les nuits où la pluie nbe; dans la symphonie que font les grillons, cigales et plusieurs autres insectes, la grenouille ç-ang fait la basse ; son ton grave, étourdissant monotone est très-propre à plonger ses auditeurs Ds un profond sommeil.

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