‹ Description du Royaume Thai ou SiamChapitre 27 sur 96 · MONOPOLES · texte numérisé non relu

MONOPOLES

On raconte qu'il y a une quarantaine d'ani le monopole était inconnu à Siam. Un ai deur anglais ayant fait entendre au roi qu'il indigne de Sa Majesté de faire le commerce qu'il valait mieux se créer des revenus fixes donnant à ses sujets le monopole de certaines chandises, son avis fut très-goûté du menai

i le mit de suite à exécution. Il établit donc le oopole sur Tarak, puis sur le tabac, ensuite sur jeuxy Thuile, les torches, les feuilles de palsr pour la toiture des maisons , le charbon , le s à brûler, le kapi, le marché, la pèche, l'exctton des mines, etc., etc. Depuis lors, les mo- M>les n'ont fait qu'accroître tous les ans. Les mois et les Chinois se sont disputé quelque ips la possession de ces monopoles en les metit à Tenchère; mais les Chinois ont fini par nporter et en sont restés les maîtres. On ne si s'imaginer combien d'abus, que de maux et ippression en résultent pour le pauvre peuple, les pouvoirs sans bornes que le roi accorde aux mopoleurs. Prenons, pour exemple, la fabrication l'arak : si quelqu'un distille un peu d'arak de Qtrebande, et qu'on aille l'accuser aux Chinois, m-ci viennent en foule faire irruption chez le Knquant, enchaînent impitoyablement hommes, nmes et enSsints, confisquent le mobilier, la lisoù, le jardin, et, non contents de cela, ils eroent les mêmes ravages dans les maisons voiles; de sorte que d'un seul coup ils font esclaves NI ou quatre familles entières, au lieu de s'atiper au seul coupable. Ils trouvent moyen

d*eitorqndr de Fargant et d'opprimer le pautn peuple en obligeant de payer trèe*fiouTent ledovUi de ce qu'ils auraient le droit d'exiger. Établifl daa leurs bureaux aux embouchures et confluents da rivières, ils frappent la cymbale gon^ong, appeh lent impérieusement toutes les barques dont ih visitent tous les coins et recoins, et s'ils découtrari la plus petite fraude, ils confisquent tout ou.rsri çonnent impitoyablement. ^

©OTTAIfEg. •

A Siam, les douanes sont de petits édifices eHi^ rés dont le toit, aussi carré, se termine en poiol C'est dans cette espèce de salle, ouverte de côtés, que sont assis une dizaine de douaniers i pelant par le son de la cymbale toutes les bai qui montent ou descendent. Leur chef se ordinairement dans une maison voisine. Qi une barque est venue s'amarrer au pont, deoz trois douaniers vont en faire la visite, après ils prennent sans façon quelque chose qui letfj plaît, en paiement de la peine qu'ils ont prise, es qui n'est pas très-étonnant quand on sait que ctf pauvres diables ne sont pas payés par le gouverne^

mi et n'ont pour vivre que ce qu'ils peuvent at^ iper* D'autres fois le maitre de la barque, s'il ut paaser quelques marchandises sans payer, leur sie quelques pièces de monnaie avant la visite et le laisse passer sans autre formalité. Si quelque rque cherche à esquiver la douane et ne s'y rend t au son de la cymbale, les employés la laissent 1er un peu bin ; mais bientôt ils se jettent dans le nacelle et vont à la poursuite à force de rames; alheur à cette pauvre barque, le maître est mis a fers et il ne pourra se tirer de leurs mains a'en payant une grosse somme. Les mandarins et s général tous ceux qui montent des barques llgaiites, ne sont point appelés aux douanes, fDœ qu'ils ne sont pas censés faire le commerce, ^y a une infinité de marchandises qui paient le boit de douane ; mais ordinairement le paiement liait dans la capitale à un mandarin qui délivre I passeport et une quittance qu'il suffit de pré* tater au chef de la douane.

TAXE MSS JONQUES ET DES HAVIllSS EUEDPÉBN8.

Les barques à voiles et qui peuvent tenir la mer Hil tarées de huit à quarante ticaux; les petites

jonques de quarante à soixante ticaux, et k grandes jonques de quatre-vingts à deux cents ti eaux. Mais toutes ces jonques doivent, en outre payer le droit de douane qui affecte les divena marchandises dont elles sont chargées. U n'en d pas ainsi des navires européens ni de ceux k Arabes qui portent le pavillon anglais : on mefli| leur largeur ou capacité et ils paient mille tid^ par toise de largeur, de sorte qu'un navire d'oif largeur de huit toises est taxé à huit mille ticaiti de quelque genre que soient les marchandises doi| il est chargé.

Autrefois la taxe était de mille piastres ci dix -sept cents ticaux par toise, d'où il arriiÉl qu'aucun navire européen ne pouvait faire 0 commerce avantageux avec Siam ; du reste, legoi vernement le faisait exprès pour empêcher lesBN ropéens, et surtout les Anglais, de venir commcr' cer à Siam. Mais, depuis quatre ans, le nouved roi a réduit la taxe, dans l'intention de renouer (kl relations commerciales avec les Européens. U taxe dont je viens de parler semble encore tii^ élevée; mais quand on considère qu*il n'y apb rien à payer de tous les impôts sur les marchas' dises, il est évident que cette taxe, tout éleiA

{Quelle paraisse, est très-raisonnable et même avantageuse.

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