MATHÉMATIQUES
Les mathématiques sont aussi très-peu cultivées à Siam ; il y a cependant quelques bons livres de mathématiques qui enseignent l'arithmétique et l'art de résoudre, au moyen de calculs ingénieui, les problèmes les plus difficiles. Les secrétaires des mandarins et des ministres sont à peu près les seuls qui sont un peu versés dans cette science. A l'aide de l'abaque chinois, les négociants et leun commis sont à même de faire, en quelques minutes, les calculs les plus compliqués.
niSTOIRE ET GÉOGBAPHIE.
Les Thai n'ont point de caries géographiques, môme de leur propre royaume ; ils se contentent d'écrire, à la suite les uns des autres, les noms des 1
les et des villages de chaque proYÎnce, en indimt leur distance approximative ; il n*y a qu'un it nombre de princes ou de mandarins qui, après Ire procuré des atlas ou des cartes européennes, t étudié un peu la position relative des princies contrées du globe. Quant à Thistoire, ils ne ' nt étudiée que dans leurs annales ou dans celles ; Chinois et des Birmans.
Il y a un mandarin chef de tous les médecins raux ; ceux*ci sont divisés en plusieurs bandes, î font le service à tour de rôle. Us sont tenus à lier au palais jour et nuit pour donner leurs ns aux malades de la cour, ils accompagnent rmée, les princes et les mandarins dans leurs irses. Tous ces médecins reçoivent une solde roi et leur dignité passe à leurs enfants. Ils it divisés en deux classes, les médecins propre* mt dits, et les chirurgiens ; ou, pour parler le igage des Siamois, ceux qui guérissent les malies internes et ceux qui guérissent les blessures. Ire les médecins du roi, il y en a une infinité lutres qui, sans études préalables, sans examen
et sans diplôme , se constituent eux-mêmes docteurs ; il suffît pour cela de se procurer un livre de tanira ou recettes, une petite boite à compartiments renfermant des petits sachets de pilules, des onguents, quelques fioles d'essences ou de poudres sternutatoiresi de camphre, d'huile balsamique ; mais surtout il faut savoir assaisonner tout cela de verbiage et de charlatanisme. En général, tous ceux qui ne font que commencer à pratiquer cet art ne font rien qui vaille pendant les huit ou dix premières années ; mais après celi| l'expérience venant à leur aide, ils finissent pir devenir de bons médecins. Le peuple, qui n'a {M plus de confiance qu'il ne faut à cette foule de charlatans, se garde bien de prendre et de payer leurs remèdes en aveugle. Un malade fait venir le médecin, lui expose son mal et puis lui demande s'il peut le guérir; Tautre, après une mûre réflexion, et après s'être bien rendu compte des symptômes de la maladie, répond : Oui, je puis vous guérir. Le malade reprend : Eh bien ! quand vous m'aurez guéri, je vous donnerai tant. Si cela plaît au docteur, on passe un écrit , après quoi le docteur demande deux cierges pour adorer l'Esculape des Indiens, et la somme de six salung
I fr. 50 c.) pour achat de médecines. Après quelues essais, si le malade va mieux, le charlatan Mlouble d'efforts pour lâcher d'arriver à une parité guérison ; mais s'il n'y a pas de mieux, il ante là son malade et s'en va chercher fortune Ueurs.
II y a deux systèmes de médecine très en vogue Siam, le système chinois et le système indien. » médecins chinois sont forts pour (âter le pouls, leur faut près d'un quart d'heure pour cette léralion, et ils croient découvrir dans le batteent des artères l'état intérieur du malade et tous I symptômes possibles du mal. Après vous avoir lé le pouls, ils vous prescrivent une décoction \ tels ou tels paquets de médecines chinoises qui fisemblent aux paquets de thé et contiennent le foule de drogues, parmi lesquelles on distinle des écorces, des racines, du bois, des feuilles ches , des os, des insectes et même des milleeds desséchés. Vous voilà donc condamné à boire mdant quinze jours, un mois, de cet abominable té qui revient à quinze sous le paquet.
Les médicaments siamois consistent surtout en Dudres ou en pilules, ils sont composés de simles, de fleurs, de racines et de bois odoriférants;
on délaie les poudres ou lâs pilules dans une petite tasse d'eau tiède, qui se boit avec la plus grande facilité. Ces remèdes ne guérissent pas toujoun, mais ne peuvent jamais faire de mal. Parmi la innombrables recettes, il en est qui contiennent plusieurs substances auxquelles le charlatanisme attribue de grandes vertus, comme on peut en juger par la recette suivante : a Formule médida nale contre la chaleur qui provient d'une affiB^ or tion morbifique : prenez de la corne de rhinoa céros, une partie ; dent d'éléphant, une partie; « dent de tigre, une partie ; dent de crocodile, et une partie; dent d'ours, une partie; osdeimc( tour, de corbeau et d'oie, unepartie ; corne debid son, une partie ; corne de cerf, une partie; boii <c de sandal, une partie ; frottez ces substances sf a une pierre avec de l'eau pour véhicule , buw a en la moitié et frottez-vous avec l'autre moitié; d la chaleur morbifique s'en ira. »
Les Thai possèdent plusieurs bons livres de ïïA^ decine traduits du bali ; les uns traitent des vertoi et des propriétés des substances végétales et miné-l raies, les autres traitent de l'anatomie du corfij humain, des veines et des artères; il y en a qwr décrivent les s^m\)l6tïve^ à^^\xv^^ÔA^^V.^K^%?jssi
nfin, les antres ne contiennent que des formules m recettes qui^ en général, sont très^bonnes, et ionfirmées comme telles par l'expérience de plu- (leurs siècles.
'' Le régime qu'on fait suivre aux malades est bien Kfférent de celui qu'on suit en Europe ; on ne leur ionne à manger que du potage de riz très-liquide irec un peu de poisson séché au soleil ; on leur hit prendre des bains, ou plutôt on leur administre des douches trois à quatre fois par jour; le prde-malade prend une bonne gorgée d'eau dans liquelle on a fait infuser des plantes médicinales, It il la souffle sur le malade ^vec une telle violence l^e l'eau lui arrive sur le corps à l'état de vapeur ; opération qu'il répète pendant près d'un quart if heure. Il est indispensable aussi de se faire masser ; liiie personne habile dans cet art presse et masse t0us les membres du malade, surtout les bras, le ventre et les cuisses ; d'autres fois le médecin monte iitar les genoux du malade et, se tenant debout, il ^îfc met à lui fouler le corps ; ils prétendent par là omettre les nerfs dans leur état naturel.
Les principales maladies qui régnent à Siam sont pour les enfants, les vers, la TOw^eoXfe ^V \^ petite vérole; on a commencé à în\roàu\v^ \^ n^^-
cine dans le pays, ce qui n'empêche pas qiie la petite vérole emporte quelquefois le tiers des enfants. Les grandes personnes sont sujettes à la dyssenterie dont on guérit le plus souvent. Les fièvres intermittentes sont assez ordinaires, sans être dangereuses; mais les fièvres malignes, qu'ils appellent fièvres des bois, sont presque toujours mortelles; heureusement qu'elles sont rares. Depuis une trentaine d'années le choléra asiatique sévit de tempi en temps avec plus ou moins d'intensité. Les Siar mois prétendent que toutes leurs maladies viennent du vent ; pour dire que quelqu'un a eu une attaque, ils disent que le vent Ta pris; aussi font-ils grand usage du camphre, de l'ammoniaque, poivre, gingembre et autres excitants pour chasser le mauvais vent du corps des malades. Il parait que le mal vénérien est assez répandu dans la classe des riches, ce qui est une juste punition de la polygamie et de leurs débauches. Il y a quelques lépreux , et plus encore de gens couverts de dartres incurables. Quant aux autres plaies, les médecins ont des onguents ou des emplâtres très-efficaces pour les guérir.