MUSIQUE
Les Thai, étant un peuple ami de la gaieté et » fêtes, cultivent beaucoup la musique ; il n'y a » de village qui n'ait son orchestre; tous les Dces et les mandarins ont leur troupe de musins ; vous ne pouvez aller nulle part sans endre jouer des instruments. Leur musique ne oporte pas les accords, des tierces, quintes, etc., is seulement l'accord de l'octave, de sorte elle ^t toujours à l'unisson, et, ce qui fait l'ament de leur musique, c'est la variété des iniments et la volubilité de l'exécution. Leurs Qcipaux instrumentsde musique sont : le khongig^ le ranàt ou harmonica, la guitare, le violon, Qûte, le haut-bois» le takhè, les cymbales, les mpettes, la conque, l'orgue lao et les tambours, is les comédies, toutes les fois que les acteurs mient des couplets, ils s'accompagnent avec les tagnettes pour marquer la mesure, et le bruit ces bois sonores n'est pas sans agrément. J'ai k parlé ailleurs de l'orgue lao dont les Siamois font presque jamais usage, mais le khong^-vong d'un magnifique effet; c'est un instrument
composé d'une série semi-circulaire de timbra \^ suspendus sur des ficelles, et sur lesquels le musicien frappe avec deux petits marteaux de tm qu'il tient à chaque main* Quand les timbres sont |/ bien justes^ et que le joueur est habile, les sons de cet instrument sont très-harmonieux, et cependant si forts qu'on les entend d'un quart de lieue et plus. L'harmonica dont ils se servent est tantM en plaques de bois sonore, tantôt en plaques d'ai« rain. Us ont plusieurs espèces de violons dont k plus petit est formé d'une moitié de coco fenoèe par de la peau de boa ; il rend des sons criardi ti très-aigus. Leur guitare est presque aussi agréaUe que celle d'Europe. Ils ont plusieurs sortes de flûteii une entre autres dans laquelle on souCQe par le noi Outre les grandes cymbales, ils en ont encore uni petite espèce dont le son aigu et perçant est d'un très-bon effet ; leurs tambours sont faits de peiu de bœuf, ils en ont cinq espèces dont quelquesuns ressemblent à un cône allongé, et ne se frappe que d'un côté. Dans leurs cérémonies funèbres, ib se servent d'une sorte de clarinette criarde dont le son est vraiment très-lugubre. Le takhè est un io* strument très-curieux; c'est comme une longue guitare à cordes métalliques ; elle est posée à terrei
S des princes dont la main est munie de les postiches, en tirent des sons assez éables.
ctère de la musique des Siamois est la jointe à l'expression ; néanmoins, queli l'entendrait pour la première fois, n'y ent-ètre que ce que nous appelons en ^ les roulades et des ritournelles, car, en I répètent souvent et presque à satiété cer- 'hrases musicales ; mais ce n'est pas sans ^est pour impressionner plus vivement les rs. Les chansons des Thai sont de deux - les unes célèbrent les exploits des anciens les autres sont des couplets amoureux qui , y| toile allégorique et honnête en apparence, ^ un sens lascif et impudique.
raNTUHE £T DESSIN.
i; Ihai ont pris les Chinois pour modèles Tartde la peinture et du dessin, etjusqu à pré- Is sont restés encore bien au dessous de leurs "es; leurs dessins sont grossiers, ils ont un st grotesque et qui n'imite jamais la nature ; »sliient des paysages sur des paravents^ sur
les murs intérieurs des maisons; mais c'est surtout dans les palais et les pagodes qu'ils déploient avec un grand luxe toute leur science en peinture. C'est là que l'or est mêlé ayec profusion aux ph» riches couleurs, et ces images, toutes bizarres qu'elles sont, ne laissent pas que d'exciter l'admi- j ration des Européens qui les ont visitées. Il y a, à Siam, une classe d'hommes appelés alaky qui son ^ guent bien l'écriture; c'est ordinairement avec de la gomme-gutte détrempée qu'ils écrivent en beaux . caractères jaunes sur une longue feuille de papier noir, qui est pliée de manière à former de soixaoie à quatre-vingts pages. Ils écrivent aussi avec l'encre de €hine sur de longues feuilles de papier gris, fait avec Técorce d'un arbre appelé koL On dit qu'il y a dans le palais une compagnie de dames très-habiles à graver, avec le stylet, dfli|^ caractères et des figures sur les feuilles de pakaien elles n'ont pas d'autre métier, et le roi l^'o^npour faire des ouvrages de ce genre à l'usage pagodes.
AGRIGdLTURE.
De temps immémorial les Tlmi se sont adoai
à Tagriculture de préférence aux autres arts. Au mois de mai, ils vont sarcler les champs et, au moyen de la herse, ils purgent la ferre de toutes les herbes ; ensuite ils labourent avec une petite charrue qui peut avoir la largeur de la main. Dès que la première pluie est tombée, ils sèment le riz qui, arrosé par de nouvelles pluies, s'élève rapidement. La récolte n'a lieu qu'au mois de janvier* ^ Le riz est battu sur les lieux mêmes, on brûle la
Ib^ paille et les racines pour bonifier le terrain. pL ' Les jardins de Siam sont de deux sortes : Jes uns k "Besont plantés que d'arbres fruitiers, et les autres t ée légumes. Pour les premiers, tout le travail des ç jardiniers consiste à entretenir les petits canaux où ^- feau du fleuve monte tous les jours, à se prémunir ntre les écureuils, les corbeaux et les chauvesris, et à recueillir les fruits des arbres dans le ps favorable. Quant à ceux qui plantent des mes, il leur faut faire des provisions d'urine tréfiée et de poisson pourri , qu'ils mêlent à une STande quantité d'eau ordinaire, afin d'obtenir des '^umes superbes et abondants. Quant aux planeurs de cannes à sucre, poivre, tabac, etc., leur ^i^vail est très-pénible, mais aussi très-lucratif.