‹ Description du Royaume Thai ou SiamChapitre 72 sur 96 · DE LA DESTRUCTION DES MONDES FAR LE VENT · texte numérisé non relu

DE LA DESTRUCTION DES MONDES FAR LE VENT

/ Quand les mondes doivent être détruits par le Isnty après une très7longue sécheresse s'élève un lent d'abord doux, ensuite peu à peu il devient fins violent, et enfin si furieux qu'il soulève même t^ collines et les montagnes , les bm^ W \iw^ 0Dtre les autres et les réduit en ^\xàt^ vcKÇîJSr'

pable. Enfin le vent soulève les mondes eui-mèmei, les secoue, les brisé les uns contre les autres jusqu'à ce qu'ils soient réduits en poudre ; il brise pareillement les neufs ordres inférieurs des cietu el les détruit de telle sorte qu'il n'en reste plus rien, pds même la poussière. Alors le vent s'apaise et s'arrête. Le reste arrive comme nous l'avons dK après la conflagration.

On demande quelle est donc la cause de la destruction et de la reconstruction dés oiondes! On répond que le démérite général de fous lesnti*' maux est la véritable cause de la destruction des mondes, comme le mérite général de tous les animaux est la véritable cause de leur reconstruction.

La concupiscence de la chair est la cause des maladies et de la conflagration des mondes; la colère est la cause des guerres et de la destruction des mondes par l'eau ; Faveuglement de l'esprit est la cause de la destruction des mondes par le vent. La destruction des mondes se fait sept fois par le feu et la huitième fois par l'eau ; et il en est aM sept fois de suite. Après soixante-trois mahâ M ou grands âges, c'est-à-dire toutes les soixante quatrième fois, les mondes sont détruits par le vent.

La vie des hommes augmente à cause du m^

I OU diminue à cause du démérite^ et ordinairent aile augmente ou diminue d'une année tous cent ans. La religion du Bouddha actuel doit 'er cinq mille ans«

2uaiid les hommes se pervertissent, les anges me» se pervertissent de proche en proche jusaiix ordres des cieux supérieurs ; de là décout toutes les calamités.

[1 y a dans le corps de Tbomme quatre«-vingts ^èces de vers. Les aliments que Ton prend s'en ut eu cinq parties ; la chaleur de Testomac en lorbe une, la seconde s'écoule en urine, la troime en excréments, la quatrième nourrit les rs, la cinquième alimente la chair et le sang.

jfvn GHAKRA.VA.V OU S'UN VOHDB.

Un Bumde a au milieu le Meru^ roi des monts^

II est entouré de sept rangées de montagnes ; il quatre grandes îles ou thavib^ situées aux quatre »ints cardinaux ; il 7 a deux mille petites iléa qui rtourent les grandes, et il est lui-même entouré i hautes montagnes qui sont comme ses .mu* iiles, et la circonférence de ce monde s'appelle i él^mçnt de. l'univers. .

Chaque monde est composé des régions des cieux, de la région des géants ; il a un soleil et une lune, huit grands enfers entourés de leurs enfers plus petits, et au-delà un enfer d'eau corrosive que que Ton nomme Lokan. Un monde a trois cent soixante-dix mille trois cent cinquante lieues de circonférence. (Il faut remarquer que les lieuei dont il s'agit ici sont quatre fois plus grandes que les lieues de nos jours, qui sont évaluées huit mille toises.) Or, la terre du monde a deux ceot quarante mille lieues d'épaisseur ; Feau qui apporte la terre en a quatre cent quatre-vingt nuUe, et le vent qui supporte Teau a neuf cent soixante mille lieues d'épaisseur. Sous le vent il n'y a que l'air simple qui est infini.

Le mont Meru est enfoncé de moitié dans b grande mer nommée Sithandon, à une profondeur de quatre-vingt-quatre mille lieues, eti s'élève de quatre-vingt-quatre mille lieues iv dessus du niveau de la mer; il a deux cent onquante-deux mille lieues de circonférence. r^ ^

La première chaîne de montagnes qui entoflitf ^ le Meru, s'appelle Jukhunthon; elle a la forme A f^*' muraille et s'élève de quarante-deux mille lien* p au dessus de la mer. Elle est à quatr^vingt-quaM p^^

le lieues de distance de Meru. La seconde, apte Isinthon, a vingt mille lieues de hauteur au sus de la mer, elle entoure la chaîne Jukhun^ n, à la distance de quarante-deux mille lieues, troisième chaîne, appelée Karavik, s'élève de

mille cent lieues au dessus de la mer, et entre les monts Isinthon, à une distance de deux le cent lieues. La quatrième, appelée, Suthat, inq mille deux cent cinquante lieues de hau<> r, elle entoure les monts Karavik, à une disce de dix mille cinq cents lieues. La cinquième, ^lée Neminthon, a deux mille six cent vingtq lieues de hauteur, elle entoure les monts Sutj à la distance de quatre mille deux cent ciumle lieues. La sixième, nommée Vinatok, a lie trois cent douze lieues de hauteur, elle entre les monts Neminthon, à une distance de IX mille six cent vingt-cinq lieues. La sep* ne, appelée Assakan, a six cent cinquante-six les de hauteur, elle entoure les monts Vinatok, me distance de mille trois cent douze lieues. ; sept chaînes de montagnes sont la demeure

Jaky des Kumphan et des Suban.

^ grande mer Sithandon, qui occupe les iniralles des sept chaînes de montagnes, a autant

de profondeur que les montagnes ont d'élévatioi ainsi la profondeur de la mer diminue graduell ment jusqu'aux lieux où sont situées les lies; elle a environ cent toises de profondeur. Mais, d puis les ileS| en s'avançant vers les montagnes ( sont les murailles du monde, la profondeur de mer augmente graduellement, de sorte qu'au pi des montagnes qui forment la circonférence monde, elle a quatre-vingt-deux mille lieuas profondeur.

Les montagnes qui sont les murailleg du mon ne font qu'un avec l'immense rocher qui sert fondement à la terre. A partir de la septièi chaîne de montagnes qui entoure Phra^Meru, ji qu'à la terre où nous sommes, il y a une étend de mer de soixante-six mille cinq cent trois lie»

Notre terre, qui s'appelle Xom-Phur-Thavib, < placée au midi de Phra^Meru; AmarakMan Tluivibj est située à l'occident; Udorakarô-Tkam au nord; BupImviihe-'Thavib^ à l'orient.

Un vent violent soufflant des montagnes i monde occasionne le flux et le reflux de la me lorsque le vent souffle, le flux a lieu, si le vei s'apaise, c'est le tedun.

L'eau de la met c\^\ ^ws«!ç^V\\\\«r\^i^ \fï&«

montagnes qui entourent Phra^Meru, est si légère et si subtile que même une plume de paon descend au fond des eaux ; elle n'est agitée ni par le Tent ni par la tempête, maïs elle est toujours très-unie.

Dam la grande mer, outre les petits poissons, il y a sept espèces de poissons énormes : le poisson V iimi, qui a deux cents lieues de long; le timing- I khon^ long de trois cents lieues ; le timiraming-^ khon, qui a cinq cents lieues; les poissons anon, p timinthon, ûxanahàn^ mahdtimi^ ont jusqu'à mille p lieues de long.

K La base de notre terre est une pierre immense

p sans aucune fissure ; c'est pourquoi elle est portée

^ par les eaux comme une marmite, parce qu'elle ne

^ forme qu'un seul corps avec les montagnes qui

p oatourent le monde, et ces montagnes sont comme

. lesrabordsde la marmite. Le pied de PhrorMeru

r repose sur une autre montagne qui a la forme

d'un trident ou d'un trépied. Entre les trois pieds

de la naontu^ne est un espace de dix milles lieues ;

là est la demeure des géants, et ce lieu s'appelle

Amraphiphob, région des géants.

D£S THAYJB OU ILES.

La partie de la mer qui regarde le côté orienta du mont Meru se nomme mer de Lait, parci qu'elle reçoit un reflet blanc de ce côté qui es d'argent. La partie qui regarde le midi du mon Meru s'appelle la mer Yérte, parce qu'elle re çoit un reflet vert de ce côté qui est d'éoie raudes. Celle qui regarde le côté occidental d Phra-Meru, reçoit le nom de iner de Cristal, \ cause de l'éclat du cristal qui forme ce côté de ï montagne ; mais la partie qui regarde le côté d nord de PhrorMeru s'appelle mer d'Or, à caus de la couleur provenant du côté septentrion^ formé d'or.

Xomphuthavib, qui est notre terre, est situe au milieu de la mer Verte, au midi du mont Mm cinq cents petites iles l'entourent.

Amarakhô^ana est située au milieu de la m<

de Cristal, elle est entourée de cinq cents petib iles.

Udarakharô est située au milieu de la m

d'Or, cinq cents îles plus petites l'entourent parei

lement.

Buphavithe est située au milieu de la mer de Lait, elle est aussi entourée dé cinq cents îles.

/ BU XOMPHTJTHAYIB OU ILE DES JAMBOUS.

Cette île reçoit son nom du jambou, arbre élevé de cent lieues de hauteur, portant des fruits agréables^ qui se changent en or lorsqu'ils tombent de Tarbre. Cel arbre prodigieux durera jusqu'à là destruction du monde. Notre terre a la forme d'un chariot, elle a mille lieues de circuit. Trois mille sont habitées par les hommes ; lés forêts en occupent trois mille, et la mer occupe quatre mille lieues.

DES MONTAGNES HIMAPHAN.

Les montagnes de YHimaphan sont au nombre de quatre-vingt-quatre mille. Le sommet de la

plus haute atteint environ cinq cents lieues de

hauteur. Himaphan signifie région de la neige et

de la rosée. De ces montagnes sortent cinq grands

fleuves, savoir : Khongka ou Gange, le Jamuna,

VAchiravadiy le Saraphum et le Mahi. Il y a en

outre des fleuves et des rivières innombrables qui

coulent de ces mèmet montagne». Là aimî iobI de grands lacs très-agréables^ ayant cent cinquante lieues de tour. Parmi ces lacs, le premier, qui s'appelle AnôdaUisaj a quatre embouchures : l"" la bouche du Lion, d'où découlent les eaux qui arrosent la partie orientale d'Himaphan et ensoite coulent dans la mer ; 2* la bouche de TÊléphant, d'où sortent les eaux qui arrosent la partie occidentale jusqu'à la mer ; 3^ la bouche du Cheval , qui fournit les eaux qui arrosent la partie septentrionale et ensuite se jettent dans la mer ; V la bouche du Bœuf. Les eaux qui coulent de cette bouche se précipitent vers une montagne divisée comme les doigts delii main, d'où elles forment les cinq grands fleuves qui arrosent la partie méridionale de notre terre et se jettent pareillement dans la mer.

Dans les environs du lac appelé Xathan est un antre d'or où demeure le roi des éléphants avec son cortège nombreux de huit mille éléphants. Tout son corps est très-blanc, excepté ses pieds qui sont rouges ; il a une taille prodigieuse, car ses défenses sont longues de sept toises.

Dans les forêts Bimaphan il y a des animaux e' des arbres de toute espèce ; là habitent les r&»j les jaky les naghas, les kinon et enfin le roi (te

lions qui habite dans des antres d'or, d'argent on de cristal ; son rugissement inspire de la terreur à tous les animaux.

Il s'y trouve aussi un oiseau prodigieux appelé karavek, qui par son chant charme et fascine tous les animaux.

Les jaksi y apparaissent sous la forme de belles femmes avec des parfums agréables et des charmes décevants pour attirer l'homme qu'elles veulent dévorer.

On compte quatre éléments, savoir : la terre, l'eau, le feu, l'air. On les nomme les grandes formes diaboliques, parce qu'elles trompent les hommes à l'instar des démons.

DB L'INDE OtJ CONTRÉE DIT MUilBU.

Matxima pratlièt, ou contrée du milieu, a neuf cents lieues de circonférence; elle est située au milieu de notre ter re. Un peuplier prodigieux, à Fombre duquel est le trône de Bouddha, s'élève au milieu de cette contrée. C'est le roi de tous les arbres, il est le plus élevé et son tronc à soixante* quinze toises de circonférence. Tow^ Ve&'&wàSSïûaa. naissent successivement dans Malxitua -pTaxVvet

tous arrivent au faite de la sainteté et prêchent sous son ombre ; c'est pourquoi les anges et les hommes ont un grand respect pour cet arbre.

Matxima prathèt (le pays du milieu, aujourd'hui l'Inde) contenait autrefois seize royaumes et seize capitales qu'on appelle pour cela sôlotsa na khon (les seize cités).

Dans notre âge il a déjà paru quatre Bouddhas, savoir : Phra-Kukuson , Phra-Kônaklwm, Phra- Kasop, Pkra-'Khôdom qui est né à Kabillajàat, Sa religion durera cinq mille ans. Ensuite paraîtra le cinquième Bouddha sous le nom de Phra- Métrai.

Alors régnera l'âge d'or : il n'y aura nt guerres, ni maladies, ni pauvreté, il n'y aura plus de voleurs, tout le monde sera riche, il n'y aura ni polygamie

ni adultère. La terre produira sans culture des fleurs, des fruits et des moissons en abondance. H n'y aura ni chaleur ni froid excessifs^ A chaque angle des remparts des villes naîtront les arbres appelés Kamaplmik^ qui produiront continuellement de l'or, de l'argent, des habits précieux, des pierres précieuses et tous les biens selon la volonté et le désir des c\lo^ex\^. ^ ^ ëv^^^^^ aji-atare-yinglquatre mille cîlès oç\v\etv\es»\\^\i^V.^^fe^^^«^^^-

blieront leur férocité. Un seul grain de blé tombant sur la terre produira seul et de soi-même deux mille cent vingt chars de grains.

Plvra^Metrai parviendra à l'âge de quatre -vingt mille ans, il aura une taille extraordinaire, il aura quatre-vingt-huit coudées de hauteur.

DE l'île SEPTENTKIONALE APPELEE UDORAKARO.

Udorakarô a la forme d'un carré ; les habitants de cette ile surpassent les hommes et même les anges, parce qu'ils jouissent de trois avantages précieux : l"* ils n'ont ni désirs ni concupiscence; 2"" .ils atteignent toujours un âge fixe de mille ans; 3"* après leur mort ils reprennent nécessairement naissance dans les cieux ; ils trouvent leur nourriture dans un froment qui croit sans culture ; ils récoltent les habits et les autres biens sur un arbre merveilleux ; ils sont exempts de maladie, ils ont une taille d'environ trois toises, la figure carrée, etc.

DE L*ILE OCCroENTALE.

Amarakhôjana a la forme à'ww^ ôietwA\sçv^^ comme la lune parait le hu\t\ëme \o\vc • V.a. ^^"^^

des habitants est aussi semblable à une demi-lune. Les uns sont blancs, d'autres noirs, d'autres jaunes, quelques-uns dediversesescouleurs. Pour le reste, ils di£Eèrent peu des habitants de notre contrée.

DB l/riÊ (mEBNTALS.

Bupphavithe a la forme tout à fait ronde; cette forme a passé dans la figure des habitants qui diffèrent peu des habitants à' Amarctkhôjana et de ceux de notre contrée.

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