LE 21 SEPTEMBRE
Du donjon, dépouillé de ses pierres de revêtement sur presque toute sa surface, il ne reste que la masse du blocage, sur une hauteur moyenne de deux étages. Cette maçonnerie, faite de silex, est d’une solidité extraordinaire.
Quant à la longue suite de courtines et de tours qui défendaient la place, la partie sud-ouest présente une hauteur d’environ 5 mètres au-dessus du sol de l’enceinte. Ce qui subsiste du côté de la vallée d’Arques forme à peine un parapet.
La grosse tour du xive siècle, qui, au sud-est du donjon, communique avec le plateau extérieur au moyen d’un pont posé sur des piles isolées, est mieux conservée. Les piles de ce
pont déjà renversées au commencement du xvme siècle, sont demeurées dans le même état.
Les quatre tours qui flanquaient l’ouvrage avancé construit au xve siècle sont encore debout ; mais tous les faîtes sont découronnés, les parapets détruits, les embrasures déchirées, les parements excoriés et rongés. Elles sont bâties de brique et de pierre, et de dimension colossale. Trois sont à ciel ouvert, une seule a conservé la voûte de son étage supérieur.
Tel qu’il est, et malgré son état de ruine, le château d’Arques est encore un monument du plus haut intérêt pour l’étude de notre ancienne architecture militaire et féodale. Toutes les dispositions que nous avons décrite y sont encore visibles, et nul monument de cette époque ne nous fournit, sur cette branche si importante de l’art français au moyen âge, de notions plus complètes et des indications plus précieuses. A ce titre seul, les restes du château d’Arques, qui rappellent de si grands souvenirs, mériteraient les sacrifices que TÉlat s’est imposés pour les sauver de la destruction, qui, malgré des efforts individuels, n’eûtpas tardé sans doute à les atteindre en d’autres mains que les siennes.