‹ Description et histoire du MarocChapitre 30 sur 50 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

^ ^ LE GOUTERIfEIIE)Vr DES ÉH

(688-908 J.-G. — 6a-t96 Hégire.)

§ «.— NOinrELLIS BÉROHniATKNIS; APKRCD ETHNOGRAPHIQU.

Ce chapitre et les suivants - se renfermeront autant que possible dans les limites du territoire -que nou§ appelons le Maroc. Ce nom ne répond nullement aux divisions politiques de ce pays durant les siècles qui vont s'écouler. Pour porter la lumière dans notre récit, il est nécessaire d'adopter certaines dénominations géographiques introduites par les Arabes. Nous désignerons sous le nom de Magreb-el-Aesa, ou couchant extrême, la région qui s'étend de l'Atlantique à laMoulouïa; nous a^pfellerons Mdgreb-el-Aousat ou central, la contrée correspondante à l'Algérie et à l'ouest de la Tunisie; enfin, Ifrikia, la partie la plus orientale de la Barbarie.

Si nous effleurons l'histoire de la péninsule hispanique ou celle de l'Afrique en dehors du Magreb-el-Acsa, ce sera <lans la mesure nécessaire pour comprendre les événements accomplis au sein de ce dernier pays.

1(65 noms de nations et de peuplades vont prendre aussi une physionomie nouvelle. Les Grecs deviennent les Raum$ et les Latins les Francs. Toutefois, les Arabes donnent volontiers les noms de Roums par extension à tous les chiétiens. C'est le synonyme de Romani ; et, aujourd'hui en* core, les protestants, nos frères séparés, sont condamnés i s'entendre appeler Roumis par les Arabes, qui ne se doutent guère de Ift condamnation du schisme enveloppée sous cette simple déài^lÉination. Les musulmans ont nonuné Francs tous les chrétiens occidentaux, parce qu'ils ont reconnu h supériorité des fils atnés de l'Église entre les peuples catholiques et qu'ils ont spécialement éprouvé la puissance de leur épée. On sait d'autre part que les chrétiens ont appelé les musulmans, sans distinction de race, Àgareni^ c'est-àdire descendants dlsmael, fils d'Abraham et d'Agar, et Saracenij Sarrasins, nom auquel on a donné des étymologies diverses, mais qui paraît emprunté à celui de Sara, l'épouse d'Abraham, que les Arabes revendiquaient pour aïeule (1).

Les personnages musulmans portent des noms qui ne tranchent pas moins que ceux des tribus. Les noms personnels et de circoncision, qui ont souvent une signification (2), comme Abd-er-Rhaman ou Tescïave du Miséricordieux , Abd-el'Kader ou l'esclave du Tout-Puissant, sont ordinairement accompagnés de .noms de famille et de surnoms honorifiques ou autres. Rou^ Àbou signifient père :

(1) Saint Jérôme dit : Âgareni^ qui dudc Saraceni appellantur, falso sibi assumpsêre nomcn Sars, ut de ingenuà et domin videantur générai). 0mm. in Ezech., lib. VIII^ c. 25. Ces nbms sont donc antérieurs à Mahomet.

(2) Les noms propres berbères^ qui se terminent souvent en an^ en, in, doivent avoir fréquemment aussi leur signiûcation comme les noms arabes; mais la lumière est encore bien faible sur les premiers.

ibtnhYaeoub, père de Jacob ; mais Bou est aussi une mame déparier qui correspond à notre formule .t homme à. . . oemple : Bim^Masa^ Thomme à la chèvre; Abou-Yesid^ rbomme à Tàne ; f bn, ibn^ ben veut dire fils : Mohammed karÀbd-ÀJiah, c'est-à-dire Mahomet, fils d'Abd-AUah. On ooipteraît une foule de surnoms d'honneur qui se rapportent à Dieu, comme El-Mansour-hUlah, le victorieux isisté de Dieu ; Eh-Monstancer-^illah, qui compte sur le seooors de Dieu ; ou qui ont trait à la religion, comme iToMT-ed-Dm, la lumière delà religion ; Moez-li-^Din-illah^ fort par la religion de Dieu ; ou bien enfin à quelque qualité ^ysiqueou morale, bonne ou mauvaise, comme Er-Rechid^ le prudent; Es-Saidy Theureux; Abou-Darba, Thomme lia balafre ouïe balafré; ElrHabib, le bien-aimé. A ces noms , surnoms et sobriquets , on ajoute fréquemment edui de la patrie ou de la secte du personnage : El-MafrM ou Hagrebin, homme de Touest; El'-Sousi, ou du Sous; £{-F(QUi, ou de Fez; El-Maleki, du rite malékite.

Pour suivre désormais le fil de l'histoire, il n'est pas moins indispensable de jeter un coup d'œil d'ensemble sur les grandes tribus qui vont occuper la scène. Il règne encore de l'obscurité sur les origines, la parenté, la classification, les migrations des tribus berbères. Nous n'avons pas le pou- Toir de dissiper ces nuages, et il faut nous contenter de recueillir les données qui semblent les plus propres à éclairer noire chemin (1).

\vant d'indiquer les grandes familles berbères et leurs principales divisions, telles que les Arabes les présentent,

«) Voyez les Becherches sur les origines et les migrûticns des princes tribus de l'Afriqtie sejptentrionalc , par M. Careltc , et VHis- Wff des Berbères, traduite d'Ebn-Khaldoun, par M. de Slanc, ouvrages lui nous ont été d*un grand sccouts.

notons les observations suivantes : 1^ Plusieurs des qui apparaissent à une époque se trouvent effacées par k cours des révolutions. 2® Les peuplades qui se relient au grandes tribus n'en sont pas toujours les fill^ par le sai^ mais quelquefois par l'adoption ou la fusion après la con. quête. 3^ Les révolutions du Magreb ont singulièrement dfi placé et fractionné par rémigration ou Fexil les peuplade berbères. Toutefois, ces tribus ou fractions de tribus portaient leur nom au territoire où elles s'établissaient suite (1). 4^ Les invasions arabes ont conduit dans le Magro des tribus arabes qui ne sont pas toujours restées puremea arabes, mais qui souvent se sont mélangées avec des tribia berbères, de manière à en rendre le caractère mixte, etphs tard^l'origine douteuse.

Ebn-Khaldoun, la plus grave autorité que l'on puis» invoquer en cette matière, a donné, des branches de la raei berbère qui comprend les Amazirgs et les CheUoks du Ibroc actuel, la classification suivante, correspondante, on b croit, à l'époque de l'invasion musulmane :

Souches principales : les Madrés et les Branès, descendants de patriarches du même nom. Selon l'opinion di M. Carette^ la. puissance des Madrés, appelés aussi El-Betei ou El-Botr, aurait eu son siège au pied des versants septentrionaux de l'Aurès ; celle des Branès se serait assise av pied des versants septentrionaux.

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