‹ Description et histoire du MarocChapitre 29 sur 50 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

IIAUHES; CiiRTHAGmOIS; ROMAim ; VAIIDALES.

GRECS; WISIGOtHS.

§ i''. - LA HAURITAlflE DEPUIS LES PREMIERS TEMPS HISTORIQUES mVk SA RÉDUCTION EN PROflNGE ROMAINE, TAN 40 APRÈS J.-C;

Dans cette rapide esquisse de l'histoire de la Mauritaoie, on n'accordera qu'une mention aux légendes des Atlantides, d'Hercule et d'Antëe, d'Atlas et des Hespérides, pour arriver sans retard aux faits plus clairs et mieux assurés {l).

(1) Ces légendes sodI racontées par les anciens avec de telles dififérences de noms, de temps, de lieui, avec des circonstances si opposées, qu'il est absolument impossible d*en tirer une véritable lumière pour Ibistoire ou pour la géographie . Aux yeux des évbéméristes, dont le système consiste à ne voif dans les dieux que des hommes divinisés.

Les Maures apparaissent sur la scène historique, encore i demi voilée, au v* siècle avant Jésus-Chrjst. Déjà les navigateurs phéniciens et carthaginois avaient atteint et dépassé les colonnes 4'Hercule. Mais on ne peut rien dire de positif sur lés relations que l'on est en droit de supposer d'ailleurs entre eux et les Afiricains, au voisinage du détroit.

Par l'ordre de Xerxès, environ 470 ans avant Jésus- Christ, Sataspes conduit un navire égyptien au delà des colonnes d'Hercule. Après deux mois de navigation vers le sud, il revient sans avoir noué de rapports avec les indigènes, hommes de petite taille, vêtus d'habits de palmier, et qui, i la vue de son navire, s'enfuyaient dans les montagnes.

Dp peu plus tard (450), Hérodote trace un tableau rema^ quable de l'Afirique septentrionale; mais il ne sait presque rien de la région du couchant, où vivent des peuples, non pas nomades comme ceux de la -région orientale, mais habitant des demeures fixes : les Maxyes (Amazirgs), qui ne laissent croître leur chevelure que sur le côté droit de la tète et se peignent le corps avec du vermillon ; les Zauèces, dont les femmes conduisent des chars à la guerre ; les Gyzantes, dont le pays est riche en miel, qui se peignent aussi avec du vermillon et mangent des singes.

Vers le même temps, l'amiral carthaginois Hannon s'embarque avec 30,000 colons et va fonder plusieurs colonies à la côte occidentale d'Afrique, entre les caps Spartel et Bojador. Toutefois les critiques font flotter la limite du voyage qu'il poursuivit, aj)rès la fondation des colonies, entre le cap Noun et la Guinée. Hannon, dont la relation nous est

Atias, Hercule, Antée sont des chefs africains. Atlas s^occupe d*astro- Domie, Hercule de travaux d'utilité publique^ Antéc fait la guerre à Hercule. Les allégoristes cherchent à leur gré des explications dans la cosmographie mythologiiiue et les rdveries orientales.

panrenue dans one traduction grecque sous le titre de Périple^ nous apprend peu de choses sur les peuples qu'il a vus : les Lixites vivenl en nomades au bord de leur grand fleuve, tandis que les Troglodytes, rapides à la course, habitent les cavernes, au sommet des montagnes.

Sans doute, les indigènes de Mauritanie eurent plus d'une fois des démêlés avec les colonies carthaginoises. Mais Thistoire est muette sur leurs affaires de guerre et de commercé. Carthage tenait dans le secret les notions qui eussent pu éclairer ses rivaux sur les sources de ses richesses ; elle eut très-peu de monuments littéraires; et d'ailleurs ils ont péri tout entiers, sauf quelques lambeaux conservés par les écrivains grecs et romains.

Durant la lutte de Rome et de Carthage , qui s'étend de l'an 2&i à l'an 146 avant J.-C, les Maures prirent parti tantôt pour l'une et tantôt pour l'autre, suivant leur caprice ou leur intérêt. Mais .nous n'avons à nous occuper que des Maures du couchant, fixés entre la Moulou!a et l'Océan, dans la partie qui reçut des Romains le nom de Mauritanie Tingitane. Ceux qui habitaient à l'est de la Mouloula paraissent avoir eu ordinairement des chefs particuliers, et ils se trouvent en dehors du territoire correspondant au Maroc actuel, dans les limites duquel nous voulons, autant que possible, nous renfermer. Les Maures de l'est sont compris dans la partie de la Numidie, qui a été nommée plus tard Mauritanie Césarienne et Sitifienne.

Sans nul doute, les Maures occidentaux furent plus d'une fois les auxiliaires de leurs voisins dans les guerres soutenues par ces derniers avec Carthage ou contre elle. Mais si on les voit assister Amilcar dans la conquête de l'Espagne (238-219), comme ils s'uniront plus tard aux Arabes dans le même but; s'ils fournissent des contingents à l'armée d'Annibal pour

rmTasîon de l'Italie (218), ils ne commencent A jouer on rtle bien desâné qu'au moment où Jugurtha, gendre de leur roî Boeehus, et roi de Numidie, inyocjue son appui contre les Romains, devenus maîtres de Carthage (107).

Jugurtha, élevé à la cour de son oncle Mieipsa, hérita d'un tiers de son royaume. Pour le posséder en entier, il fit périr les deux fils de Mieipsa, Hiempsal et Adherbal, qui étaient alliés des Romains. Rome envoya donc contre Jugurtha plusieurs généi|iux, qui se laissèrent corrompre par y>n or. Mais enfin, battu par Métellus, il réussit à entraîner dans son parti son beau-père Bocchus. Les Maures se joignirent aux Numides et aux Gétules de Jugurtha, pour marcher contre les Romains, près de Grta (Constantine). En ce moment. Marias succédait à Métellus dans le commandement de l'armée romaine.

Les deux rois africains succombèrent sous la fortune de Rome. Marias leur enleva beaucoup de villes, jusqu'aux frontières de Mauritanie, et remporta deux victoires après lesquelles Bocchus, dégoûté d'une funeste alliance, fit des ouvertures de paix. lifarius lui envoya Sylla, son questeur, et lui proposa de livrer Jugurtha, tandis que Jugurtha de son côté sollicitait Bocchus de mettre à mort Sylla. Mais entre ces deux trahisons, l'intérêt dictait clairement le choix, et Jugurtha, remis aux Romains (106), alla mourir de faim dans les prisons de Rome (104).

Pour prix de son crime, Bocchus reçut la Numidie Massessylienne ou Occidentale, ce qui porta les frontières de son royaume de la Molachath (Moulouîa) a TAmpsaga (Oued-el- Kébir). La province d'Afrique fut agrandie d'une partie de la Numidie Massessylienne ou Orientale, et le reste fut divisé en deux faibles royaumes pour Hiempsal II et Mandrestal, de la famille de Mieipsa (106).

— il» —

Ver» Tan 84, Aicalis^ prétendant au trône de Mauritanie, est baiUi par Sertorius, général romain qui a'était ren4i^ indépendant ea Espagne. Tingis, où Ascalis s'était réfugié, fut prise d'assaut« Plutarque, en faisant connaître ce prince, nous révèle qu'il y avait, à côté de la dynastie des Bocçar, Bocchtts ou Bogud, des chefs indépendants ou qui aspiraient i le devenir. Ce fait s'est produit de tout temps de ce côté de l'Afrique. BoeehusJI et Bogudj héritiers de Bocchus P% furent mêlés aux luttes entre César et Pompée. Ils embrassèrent la cause du premiejTi tandis que Juba, fils d'Hiempsàl et roi de Numidie, se rangeait dans le parti opposé. Après la bataille de Thapsus (46)^ qui rendit César maître de la Numidie, Bogud, roi de la Mauritanie Occidentale, se sépara de son firère et soutint en Espagne les lieutenants d'Antoine contre César (45). Il paya cette faute par la perte de son royaume, qui fut donné au fidèle Bocchus II.

A la mort de ce dernier (40), la Mauritanie comprime entre Salds (Bougie) et l'Océan releva directement de l'Empire, jusque vers l'an 30, où Auguste la donna à Juba II, en dédommagement de la Numidie qui avait été enlevée à son père Juba l'Ancien. Une partie de la Gétulie fut rattachée au sceptre de Juba, ce qui donna lieu a des révoltes terribles dans le sud et nécessita plusieurs expéditions romaines. Ce prince, dont l'éducation avait été faite à Rome. où on l'emmena prisonnier après la bataille de Tbapse, composa en grec divers traités aujourd'hui perdus, une histoire d'Arabie, m livre sur l'agriculture, d'autres sur les antiquités d'As- S)Tie, sur les antiquités romaines, Bur l'histoire des théâtres, sur l'histoire de la peinture, sur le mètre poétique, sur la corruption de la diction, sur l'euphorbia, sur les sources du Nil. Sa mort n'arriva que l'an 23 de Jésus-Christ. Sous son fils PtoUmèe^ une partie des Maures appuyèrent

le soulèvement du Numide Tacfarinas contre les Romain mais Ptolémée resta fidèle à l'Empire. Aussi Tibèfal envoya, selon l'usage^ le sceptre d'ivoire )et ht robe d'invi titure,. lorsque Tacfarinas eut été tué à la bataille d'Aril (Âumale), Tan 25 de notre ère. Ptolémée, le dernier i rois de Mauritanie, fut assassiné, à son retour de Romé4 Afrique, par ordre de Caligula. L'affranchi Eudémon soidM les Maures irrités et il fallut deux expéditions pomrfl jusqu'au grand Atlas pour en opérer la répression. Le jM rien Calus Suetonius Paulinus poussa la première expédiÉI jusqu'à dix étapes vers les monts aux cimes neigeuset; I atteignit lé fleuve Ger, qui coule dans un désert poudrtA| coupé de quelques roches brûlées, non loin des forftts rtH plies d'éléphants, de fauves et de rutiles, où les Canariii faisaient leur demeure. Dans la seconde expédition, Call Sidius Geta poursuivit Salabos, le chef des insurgés, jusque désert^ où la pluie sauva l'armée romaine privée d'eau et 11 donna la victoire (1). Suivit le partage du pays en deux pi vinces, la Mauritanie Tingitane^ bornée par la Mouloula,^

la Césarienne, séparée de la Numidie par l'Ampsagas. L'M pereur Claude réalisa cette annexion à l'empire vers l'an^H Mais les colons romains la considéraient comme accompi depuis la mort de Ptolémée en Tan 4Ù, et c'est la date indl quée. par les monuments épigra'phiques récemment déoot verts sur leur territoire.

§ 3. - U HAURITAIIK DEPUIS L'ANNKIION DÉFUOTIVK A l'UPDI I L'AN 40, JUSQITA L'INYASION DBS YAHDALES, IN 438.

Auguste avait concédé aux habitants de Tingis le titre è

(i) D^Avesac^ A/h'gt/e ancienne. Ces mouvements semblent opM jusque dans le nord du Tafilet.

citoyeQS romains et créé quelques colonies dans la région mauritanienne. Maisi'ensemble de l'histoire montre que la puissance et la civilisfition romaines n'y jetèrent pas de profondes racines. Le rôle de la Tingitane est sans éclat dans les temps suivants. Le procurateur Albinus, nommé par Galba, songeait à se rendre indépendant, quand il fut tué par Cluvius Rufus, au nom de Yitellius (69). On voit encore la faiblesse du lien de la province avec Tempire dans les ré- Toltes qui eurent lieu sous le règne d'Adrien et qui exigèrent sa présence (12S), pour suppléer . à l'insuASsance des gou- Temeurs Lusius Quietus et Martius Turbo. Les insurrections se iQppuvellent sous Antonin qui les refoule dans l'Atlas (î%)4 sous Marc-Aurèle, dont les lieutenants purent i protéger contre elles l'Espagne elle-même (1 70) ; sous Alexandre Sévère qui leur opposa Furius Gelsus (234).

Lorsque Maximin et les Gordiens se disputent l'empire en Afrique (237), le gouverneur Capellianus a peine à contenir les Maures et se prononce pour Maximin. Le successeur de Capellianus, en 240, écrase le proconsul Sabinianus qui voulait s'emparer de la souveraineté. Sous Probus (281), Sextus Julius Saturninus reçut la mission de délivrer l'Afrique envahie par les Maures. Ces révoltes isans cesse renouvelées prouvent assez que Imposition d'un gouverneur de la Tingitane était très-difficile. Pour faire face à des sujets indomptables, et dont il n'exigeait probablement que de légères marques de soumission, il disposait d'une force année considérable. Rome devait tenir à bien garder le détroit et à se protéger contre les insurrections de l'ouest.

En 292, lorsque Maximien Hercule partagea avec Constance-Chlore les provinces d'Occident, il conserva l'Afrique, mais réunit, croit-on, la Tingitane à l'Hispanie qu'il donnait à son associé. Cette annexion du moins apparaît comme fait

le soutèrement du Numide Tacfarinas contre les Ron mais Ptolém^ resta fidèle à l'Empire. Aassî Tîbii envoya, selon l'usage, le sceptre d'ivoire et la robe d'il titare,.lorsqueTacforina9eutété tué i la bataille d\ (Aumale), l'an 25 de notre ère. Ptolémée, le demie rois de Uauritanie, fut assassiné, à son retour de Ron Afrique, par ordre de Caligula. L'affranchi Eudémon so les Maures irrités et il fallut deux expéditions pou jusqu'au grand Atlas pour en opérer la répression. Lep rien Calus Suetonius PaulinUs poussa la première expéf jusqu'i dix étapes vers les monts aux cimes neigeuse atteignit lè fleuve Ger, qui coule dans un désert poudi coupé de quelques roches brûlées, non loin des forêts plies d'élépfaants, de fauves et de reptiles, où les Cana faisaient leur demeure. Dans la seconde expédition, C Sidius Geta poursuivit Satabos, le chef des insui^,jus(; désert, où la pluie sauva l'année romaine privée d'eau ( donaaia victoire (1). Suivit le partage du pays en deux rinces, la Mauritanie Tingitane, bornée par la Mouloul la Césarienne, séparée de la Numidie par l'Ampsagas. 1 pereur Claude réalisa cette annexion i l'empire vers Vt Hais les colons romains la considéraient comme acc( depuis la mort de Ptolémée en l'an 40, et c'est la dat quée par les monuments épigraphiques récemment verts sur leur teiritoire.

§ ». - U HADIITAinB DIPOS .l'UHnMM DtniOTni A IT

va u, Jiiswi L'iitfi»M us nnuin, m m Auguste avait concédé aui luibitaiitsie Tingis l

(i) D'AvFiac, Afrique jutque dus le oord du Tafilet

aceompli au siècle suivant. D'autres la disent antérieure à Maximien lui-même.

D'après la Notice des dignités de Tempire d'Occident, écrite au commencement du v* siècle, la Tingitaae formait avec l'Hispanie un diocèse ressortissant du préfet du prétoire des Gaules ; sous le rapport militaire, elle était commandée par un comte, qui avait sous ses ordres (juatre légions et cinq escadrons en garnison dans les villes, et Ae plus une aile et six cohortes échelonnées sur la côte, depuis Pariétina à Test jusqu'à Frigula au couchant (1)^

Les Mauritanien sitifienne et césarienne, le pays que nQus appelons aujourd'hui Kabylie, furent très-agitées au IV* siècle par les révoltes des indigènes. Mais nous ne saurions dire quel contre-coup ces mouvements purent avoir au delà de la Moulouîa. Le comte Gildon, gouverneur général de l'Afrique, entreprit une lutte formidable pour y établir son indépendance, en 397 et 398. Il succomba sous les efforts de son propre frère Mascezel, attaché à l'empire; mais il avait, parait-il, étendu sa puissance éphémère jusque vers les colonnes d'Hercule. Les Maures du Rif avaient répondu sans doute à son appel.

•Le temps n'était pas éloigné où des barbares d'une autre origine devaient entrer en Afrique et y renverser, pour un siècle entier, la puissance romaine. Mais avant de parler des Vandales, il convient de dire un mot sur le christianisme en Mauritanie.

On est pauvre en documents sur la religion propre des

(\) La légion, dont Teffcctif a varié, ne dépassa pas 6,000 fanla^ sins et ^OO cavaliers. Elle comprenait dix cohortes.

Vêlez de la Gomèrc passe pour avoir succédé à Pariétina, et Aïn- el- Telfelt à Frigula (?).

indigènes d'Afrique. Ils adoni«|tt, dit-on, la mer et le dieu de la mer. Us divinisai^fioeurs anciens chefs, comme Ântée, et offraient des sacrifias humains.

Les colonies carthaginoises mêlèrent sans doute aux superstitions des Maures, sur une partie du littoral, le -culte elles symboles dérivés de la Phénicie et de TOrient. Rome y apporta son contingent d'idoles : le Baal punique donna la main à Saturne ; Melcarth à Herpule ; Âstarté à la Déesse Céleste. Le christianisme éclaira de son flambeau divin, dès le premier siècle, les rives de Carthage ; mais à quelle époque et jusqu'à quejle profondeur ses rayons avaient-ils pénétré dans les régions lointaines de la Tingitane, aU ^ siècle? C'est ce que l'on ne peut préciser.

En 298, le centurion Marcel, de la légion trajane, alors campée en Espagne, l'efusa, comme chrétien, de prendre part aux fêtes îdolàtriques célébrées en mémoire de la naissance de l'empereur Maximien Hercule. Envoyé à Aurilien AgricolaQs, vicaire d\i préfet du prétoire à Tanger, il eut la tête tranchée pour la foi. Ses rejiques furent dans la suite transportées a Léon, et il devint le patron de la principale paroisse de cette ville. Le greffier Cassien fut arrêté et décapité le 3 décembre suivant^ pour avoir refusé d'écrire la sentence contre Marcel et s'être déclaré chrétien (1).

Ilest probable qu'il y avait quelques évêchés avant le 1^ siècle. Tels seraient Tingis (298), Agrabu Acrath (253). En 398, les canons du concile de Carthage sont envoyés aux évoques des deux Mauritanies, et l'on doit comprendre ici la Tingitane comme unie à la Césarienne ; car dans Torpinisalion religieuse de l'Afrique, la Tingitane reste attachée à Carthage, alors même qu'elle dépend civilement de

il) DûD Rulnarl a donné les actes de ces deux martyrs.

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En 136, Gensrric. se tenant pour dégagé des traités envers Maxime, assassin de Valentinien, ajouta louest de l'Afrique à son rojaume. Hunéric. successeur de Genséric.

^1 > U. )'*% somouires de MorteUi .

exila, en 484, tous les évéques catholiques. On a conservé la liste de ces' confesseurs de la foi et l'indication de leurs sièges. Cette liste ne parle pas expressément de la province de Tingitane, parce qu'elle n'existait pas comme province ecclésiastique et se confondait avec la Césarienne, ainsi que 1er prouvent divers documents (1). Ce n'est donc pioint une raison de croire qu'il n'y eut pas d'évèques ou qu'ils embrassèrent l'arianisme; d'autant plus qu'on serait fort embarrassé de placer ailleurs qu'en Tingitane les évéques nommés sur la liste : Honôriuâ Benepotmsis, Donatus SubbaritànuSj Félix Rusubiritanus^ Cresces Sestensis.

D est vrai que la domination des Vandales fut de* courte durée dans l'ouest; les Maures les attaquèrent sans relâche depuis la mort deGensénc (477), et leà. refoulèrent jusqu'en Numidie.

§ 4. - U KAUBITMin TDIGITJUIK BEPUIS LA CONQUfiTB €RKCQUK

IUSQirAL*dlVASlOli ARABE (SS4).

Bélisaire, général de Justinien, enleva l'Afrique aux Van- (bles (533-534). Justinien rétablit la Tingitane, comme l'une des sept provinces d'Afrique , relevant du préfet du prétoire de Carthage, et il lui accorda un gouverneur consulaire. Reconnaissant, par l'expérience de l'invasion 4cs Vandales et par les mouvements menaçants des invasions Jans l'Europe latine, l'importance du détroit de Gadès, il écrivit à Bélisaire : « Établissez complètement sur le passage qui est vers l'Hispanie et qu'on appelle Septa, en tel nombre que Votre Grandeur le jugera nécessaire, des soldats avec leur tribun , homme prudent et dévoué à notre

(4) Morcelli, 1,33.

— 2C2 — empire, dt maîiiL'iv qii'i! puisse toujours garderez t et faire savoir au duc d»* Mauritanie , résïdaal à Cesaree, tout ce qui se ]»asse du fuie de l'Hispanie. de la Gaule on des Francs. Vous ferez établir en outre dans ce passée Éi vaisseaux lecers autant que vous le jugerez convenable j)-» II prescrit encore de reprendre toutes les possessions ^ ont appartenu aux lUtniains. de forliOer les villes suis»" tard et d assurer lu paix du i>ay> par les mesures mBitmi les plus ellicaces. Salomon. qui fut préfet du prelome.^ le départ de Ih iisaire. releva It^s fortifications de Sqitafll ce dernier a^-aii eîîviiyt* de- troupes, et il y bâtit, en Vh/mneur de la ^auile Vierge, une enlise, monument delapiîii (le Jusliuieii 54:2 .

Mal;zir toutes ce^ précautions, le règne des Grecs d troublé dès le drl ut }»ar des soulèvements qui cntralMi surtout les peuplades tV la Nuniidie et des Mauritanies tdi siaeii. 11 est prôhalile que les Maures de Tingitane * vovèrent i>tu> d'uue fois des auxiliaires aux rebelles. MiisJ est inutile de >uj»plefr ici jiar des conjectures plus dévelop pees au silence de 1 hi>îôire. Ce qui est certain, c'est qo les révoltes perpoluelles des iridîirènes affaiblissaient singn lièn.'nieril en .Vlri'jue la j uissance impériale, et quelesciK lions du fisc la rendaient odieuse à tous. Elle ne |* ir happer sur le détroit aux périls que Juslinien avait prértt Ia'S \Vi>i;:i.itljs d t>pa;rne , profilant de ramoindrisseaifl de^ forces byzantines, passèrent le détroit, probablemd sous le rt frne de Suintila 021-031 . et sVtablirenl à Tingi à Septa et sur d'autres points que les monuments histoi ques ne font pas sullisamment connaître.

t) Trad. d'Avezac.

i § S. -^ (MnTATIOllS SOI LES KAIJBKS.

•I Quoique lespagesprécédentes ne puissent donner une idée 0 flTorable des Maures, relativement au progrès dans la civi- 0 Ksation, il est à remarquer qu'ils ne sont pas au dernier de- ^i gré de la barbarie et qu'ils paraissent, sous les successeurs içi de Boccbus V'y avoir gagné quelque chose à leurs relations ^ fvec les Carthaginois et les Romains. Si Ton n'ose pas le pi penser de la multitude des Maures qui vécurent au fond de .j hTingitane, on peut l'admettre au moins de l'élite qui en- ^ tourait les princes. Juba le Jeune était trop poli et lettré [ pour supporter uae cour dont la grossièreté eût contrarié ^ toutes ses inolkiàtions. Les médailles de ce prince et de ^ Ptolémée, sdii 91s, annoncent ta culture de la pers<^6 ^ elle-même, le soin de la chevelure, négligée naturellemmt

sur les types des monnaies barbares.

^ ^ n suffisait de l'or et des objets d'échange qui affluaient ^ iQx ports marchands, et du contact des colonies, telles que .^ Julia Constantia Ztlt5, Babba ou Jûlia campestris, Banasa, ^ , Uxot, pour répandre des germes civilisateurs, et en provo- ^, qoer le développement (1 ) .

^ On pense que les Maures et les Numides parlaient, sinon . ^ ta même langue, au moins des langues de la même famille, ^ d'où est dérivé le berbère actuel avec ses modifications, le chaoula, le touareg.

Ils avaient encore des traits communs, ainsi qu'on le dirait aujourd'hui des Kabyles de la montagne et de ceux de ia plaine. Les Maures sont dépeints comme sobres, vivant

(1) L* anonyme de Ravenne nomme une cinquantaine de villes^ plus ou moins considérables.

de grains et de légumes verts, agiles et infatigables, chant sur lé sol, n'ayant qu'un seul vêtement pour toM saisons, paresseux au travail, dédaignant la culture, se pii sant à la guerre, armés de flèches qu'ils ne quittent pas^ qu'ils lancent empoisonnées aux bétes leroces, se senitf habilement de la lance courte et du bouclier en peau d'éUp phant (1) et revêtant comme habit de guerre la dépoui| d'animaux sauvages. Les mapalia^ qui sont leur demeaM rappellent la maisonnette kabyle et l'humble gourbi de M^ tre époque.

Les Maures de Tingitane, appelés aussi Maurusitm, divisent en tribus nombreuses : dans l'extrême sud, on les GaUmks^ Auiololes, les Serangai (ZanaglL Sanhadja ?) les Volu&mm; à l'ouest, les Salisœ (Salé?)^Au centre, Àngaucani, lès Nectibères^le^ Baniurœ^WJKÈ^atUes^ Mazates , au nord, les Metagonitœ, les ^KmMi mêlés M Mazices (Amazirgs?), de Verues, de Fer6tccp;à l'est, vertl|j Moulouîa, les barbares et les Vacimtes (Berghouata?), s^ rés par le fleuve ; lès.Jlftfurensii et les Berpeditaniy sur h| rive droite.

Tels sont lés principaux noms de peuplades ou de tribil fournis par les anciens écrivains jusqu'à Saint Isidore de Séville ; noms plus ou moins déformés dès l'origine par kl Grecs et les Romains, et ensuite par les copistes du mo]fai âge, qui pouvaient dire comme Cresconius Corippus :

« Fera barbaricser latrant sua Domina lingus.»

(4) On a vu précédemment que cet animal existait autrefois dans ^ nord de 1* Afrique^ et spécialement au Maroc. A quelle époque a-t-i disparu? Le Tasse n*était plus sans doute autorisé à dire :

E costeggiar di Tingitana i lidi

Motrice Ui leoni ed elei^hanti. Ger. Ub,^ canto XV.

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