TRAJAN
IMP. CAES. TRAIANVS. AVG. P. M. P. P. PROCONS.
TRAUNYS. AVG.
TRAIANVS. P. P. AVG.
TRAIANVS. AVG. COS. III. P. P.
DIVS (sic) NERVAE. TRAIANO
DIVO. NERVAE. TRAIANO. AVG.
IMP. CAES. NERVAE. TRAIANO. AVG. GER. DAC. P. M. TR. P. COS. III.
IBfP. CAES. NERVAE. TRAIANO. AVG. GER. DAC. P. M. TR. P. COS. V. P. P.
IMP. NERBA (sic) TRAIANVS.
Les irrégularités et les anachronismes que nous venons de signaler prouvent évidemment, selon nous, que les individus qui ont composé ou fait frapper ces médaillons bnt dû être des gens peu instruits, que le caprice seul les a inspirés, et qu'ils se sont conformés sans doute à quelques usages de leur époque , que nous fixerons , d'après toutes ces inductions, entre le règne de Gratien et celui d'Anthémius (375 à 472) , puisque cet empereur est le dernier dont on trouve la tête sur les médaillons contorniates. — La barbarie, des noms de quelques auriges et la rédaction de certaines légendes nous semblent également venir à l'appui de notre opinion ; car leur style et leur orthographe accusent parfois une époque où la langue latine avait déjà perdu de son élégance et de sa pureté. — Nous puiserons enfin une dernière preuve dans le travail et le style de divers monuments, dont les sujets se rapportent également aux jeux du cirque et de l'amphithéâtre, par exemple :
(a) Courses de chais dans le grand cirque. (Deux jaspes rouges du musée de M. le duc de Blacas.)
(6) Néron , tête radiée , debout dans un quadrige , et tenant le sceptre et la Mappa circensis. En haut, nepon. afoycte. (Calcédoine onix n* 238 du Cabinet impérial de France.)
(c) Aurige dans un quadrige. (Jaspe rouge n* 1867 du Cabinet impérial de France.)
(d) Même sujet. (Cornaline n"* 1868 du Cabinet impérial de France.)
(é) Vainqueur dans un quadrige, tenant une longue palme. (Cornaline n^ 1869 du Cabinet impérial de France.)
(/) Vainqueur dans un quadrige , allant à gauche et tenant une palme et une couronne ; il est précédé par un cavalier regardant en arrière et tenant un casque. Dans le champ , les lettres c. n. p. m. (Cornaline n* 1870 du. Cabinet impérial de France.)
(g) Vainqueur de face, tenant la palme et le fouet, dans un char attelé de vingt chevaux. (Calcédoine nM871 du Cabinet impérial de France.)
(h) Tête de cheval vainqueur, tournée à droite, et tenant une couronne avec ses dents. Dessous, un aigle dévorant un lièvre. A gauche , trois lettres grecques disposées perpendiculairement, A. G. r. (Cornaline n"" 1875 du Cabinet impérial de France.) D'après ce type de Y aigle dévorant un lièvre ^ qu'on trouve aussi sur les monnaies d'Agrigente, M. A. Chabouillet pense que le cheval représenté sur cette pierre a probablement gagné le prix de la coiu*se à des jeux célébrés dans cette ville. (Catalogue général et raisonné des camées et pierres gravées de la Bibliothèque impériale. Paris, page 250.)
(t) Gladiateur debout, armé de toutes pièces, tenant un boucher carré et Tépée. (Jaspe rouge n"" 1876 du Cabinet impérial de France.)
(j) Deux gladiateurs debout et armés de boucliers carrés, dont l'un baisse ses armes et s'avoue vaincu. Dans le champ, hepaka£2, 2KVT££. (Pâte de verre antique, du musée de M. le duc de Blacas.)
(k) Gladiateur renversé par un Uon et défendu par un autre gladiateur à cheval. (Cornaline du musée Blacas.)
(t) M. C. 0. MuUer {Denkmaler der Alten Kunst, etc., p. 100, pi. LXXII, fig. 416), donne le dessin et la description d'un sa-
phir de, forme ovale, représentant une chasse impériale dans les environs de Césarée en Cappadoce; on j toit Constance II perçant de son épieu un sanglier dans un bois ; derrière r^isapereur» un des hommes de sa suite, armé d'un épieni» ^e dispose à prendre la fuites En haut, les mots GONSTANTITS. AYG, et au^^essus du sanglier, SI4»IAC. Sur le bas de la pierre, le graveur a représenté la ville per*
sonnifiée de Césarée , couchée et tenant une corne d'abon-
dance dans la main gauche , avec l'inscription : keccapia. KAniiAA0Ki4. Cette pierre est également mentionnée par Banduri (iVumûmoto, tb. 12) comme faisant, de son temps, partie du cabinet du marquis Rinuccini, à Florence.
(m) Quelques verres antiques trouvés dans les catacombes offrent aussi des sujets empruntés aux jeux du cirque. Ainsi R. 6arucci, pi. XXXIV, fig. 2 et 4, a dessiné des aariges dans des chars de course.
La manière dont tous les sujets ci-dessus sont reproduits rappelle celle des médaillons contomiates , et il ,est presque sûr que ces monuments sont de la même époque, car on y reconnaît le travail romain des commencements du Bas-Empire, comme Ta déjà fkit observer Caylus, à propos du camée de Néron (a), que nous citons plus haut et qu'il décrit dans ses Antiquités, t. I, p. 215, et comme le prouve aussi le saphir (/) où est inscrit le nom de l'empereur Constance IL
D'après les médaillons originaux que nous avons examinés, comme aussi d'après les plâtres ou de bons dessins que nous possédons, plus de deux cents types ou sujets différents sont représentés sur les revers des contomiates^ qui, pour la plupart, offrent sur la face opposée les effigies d'un des empereurs romains suivants : Jules César, Auguste, Caligula, Agrippine, Néron, Galba, Vespasien, Trajan, Antonin le Pieux , Faustine, Marc-Aurèle, Vérus, Lucille, Commode, Caracalla, Constantin le Grand, Constant I", Constance II, Julien II, Jovien, Théodose I", Honorius.Yalentinien III, Majorien et Anthémius-
Nous le répétons, les médaillons contomiates n'ont pu jamais être considérés comme des monnaies, avec lesquelles, évidemment, ils
n'ont auwme eapèee d'analogie ; il est également nrouvé cju'ib n'ont pa$ été frappés par l'ordre du souverain ou de l'Etat, quoique pluweursk d'entre eux portent les lettres S^ C, qui, sur les monnaies, attestent l'intervention du Sénat. Ces deux initiales ne doivent point être prises au sérieux, car elles ne peuvent pas avoir ici leur signification ordinaire ; c'e^t un accessoire de pure fantaisie, comme d'autres symboles, comme les légendes insolites et les t^pes bizarres employés sur cette classe de médailles. Au reste, ces lettres S. C. ne figurent que sur un très-petit nombre de revers, dont les types aont presque tous empruntés à des monnaies impériales.
n est également hors de doute que la presque totalité des médaillons contorniates se rapportent nux jeux du cirque et de Tamphithéâtre, puisque ces édifices et les divers jeux qui y avaient lieu sont représentés sur la plus grande partie de ces pièces, — puisque certaines légendes reproduisent les noms d'auriges, de coureurs, d^athlètes et de chevaux vainqueurs, — puisque enfin, dans beaucoup de légendes, nous lisons les formules votives : vrse. vincas! OLYMPi. jvika! petroni. placeas f etc., par lesquelles les spectateurs avaient l'habitude d'encourager leurs favoris et les coureurs de leur faction. Voilà pourquoi sans doute les médaillons aux effigies de Néron et de Trajan sont beaucoup plus nombreux que les autres, car ces deux empereurs déployèrent une grande magnificence dans les représentations des jeux publics. Le peuple romain n'oublia jamais que Néron avait institué les jeux quinquennaux, que Trajan avait considérablement agrandi le cirque et que les jeux parthiques ou triomphaux avaient été célébrés de son vivant ou après sa mort.
Après avoir signalé tous les caractères distinctifs de» médaillons contorniates, dont nous avons aussi cherché à déterminer l'époque et l'usage, il ne nous reste plus qu'à décrire e^ à expliqua les types divers qu'ils représentent. Dans ce but, nous les classerons d'après leur revers, qui ont généralement pour objet : les divers jeux du cirque ou les combats de l'amphithéâtre ; la mythologie ; l'histoire et les monuments ; les types ordinaires et communs, et enfin les sujets dont l'expUcation est difficile.
Afin d'éviter des répétitions fastidieuses et inutUes, nous avons cru
pouvoir nous dispenser, du moins pour les- médaiDons contomiates d'Alexandre le Grand, de Néron et de Trajan, de faire figurer à côté de chaque revers TeflBgie représentée sur la face opposée. Cest pourquoi nous avons réuni sur les planches I et II ces diverses têtes avec leurs légendes variées. Il est facile, en les examinant, de voir qu'à très-peu d'exceptions près la plupart de ces effigies sont d'un caractère peu noble et que souvent même le travail est fort négligé, ce qui n'a pas empêché que quelques médaillons contorniates n'aient été contrefaits par les Padouans; mais ces derniers sont très-faciles à reconnaître.