‹ Description générale des médaillons contorniatesChapitre 56 sur 68 · No«is sommes embarrassé non-seulement pour expliquer le · texte numérisé non relu

No«is sommes embarrassé non-seulement pour expliquer le

sujet de ce médaillon, mais même pour en donner une description précise, attendu que nous ne savons comment définir les objets qui y sont représentés. On y voit une machine ou caisse garnie d'un fond à sa partie postérieure, et dans laquelle est une boule traversée par un axe dont les extrémités sont tenues par deux personnages debout et qui semblent faire tourner cet axe ; la figure de droite tient deux baguettes dans sa main gauche. Derrière la caisse est un troisième personnage en toge, debout à gauche, dont on n'aperçoit que le haut du corps et la main droite élevée, tenant un flabellwn. Dans l'intérieur de la caisse et sous la boule, se trouve un compartiment avec trois objets qu'il nous est impossible de définir, peut-être des vases ou des lampes ?

(Ayec Trajan. — Cabinet impérial de France.)

11. Personnage de face et debout, revêtu d'une longue tunique,

coiffé d'un bonnet, la main droite en avant et la gauche posée sur la tête d'un enfant. (Fabrique barbare.)

(Avec Néron. — Cabinet impérial de France.)

Ce médaillon est l'œuvre d'un artiste ignorant et peu exercé, et nous sommes fort embarrassé pour en expliquer le sujet, surtout à cause de Tétrangeté du costume peu classique du principal personnage. Ce n'est donc qu'en désespoir de cause et sans conviction que nous avons songé à voir ici la représentation d'Esculape, accompagné de Télesphore.

12. Double cercle, partagé en quatre aires, avec les lettres bg — rs

— TG ^FB.

(Avec Néron. — Cabinet impérial de France. —Musée britannique.)

Ce médaillon est de fabrique moderne.

Les plâtres des exemplaires suivants nous sont parvenus beaucoup trop tard pour pouvoir leur faire occuper leur véritable place sur nos planches et dans le texte; mais,^à cause de leurs revers et parce que ce sont des exemplaires uniques, nous avons tenu à en donner le dessin et la description.

13. mvicTA. ROMA. FELIX. SENATVs. Bustc casqué de Rome, à droite.

RI REPARATio. flfVNERis. FELiuTER. Rétiaire, tête nue debout à droite, tenant un poignard dans sa main droite élevée et la fuscina ou trident dans l'autre main; il est vêtu d'une tunique coiurte et serrée et porte derrière son dos le filet dont on voit les deux extrémités. À ses pieds, un gladiateur scmnite vaincu, nue tête, et couché à terre à côté de son bouclier carré, qu'il tient encore de la main gauche.

(Cabinet impérial de Vienne.)

La légende du revers : reparatio. mvneris. FELiaiER, que nous avons également trouvée sur un autre contomiate (Voir pl.X, fig. l),n'a pas encore été expliquée, quoiqu'elle ait exercé la sagacité de plusieurs de nos prédécesseurs. Ces mots, à notre avis, signifient qu'après avoir été suspendus momentanément par un motif quelconque, les jeux de l'amphithéâtre ont été repris par la munificence de l'empereur. De son côté, M. Cohen,

que nous avons cru devoir consulter à ce sujet, nous a proposé une autre interprétation : selon lui, la légende se rapporte au gladiateur vainqueur représenté sur le revers de ce médaillon, et doit être expliquée dans ce sens, en ajoutant deux mots sousentendus : REPARATio. MVNERis (amissi) FELICITER (perfecto). € Il a obtenu cette fois le prix qu'il avait déjà manqué. »

Nous avons le regret de ne pouvoir partager cette opinion, et nous persistons dans la nôtre, en nous appuyant sur le sens littéral de la légende : reparatio. hvneris. féliciter (sous-entendu perfecta ou concessa)^ que nous traduisons mot à mot : Renouvelvellement heureusement accompli ou accordé du présent (c'est-àdire du spectacle).

Ce médaillon a donc été frappé, selon nous, à l'occasion de la réouverture de l'amphithéâtre et de la reprise des combats ou des chasses qui avaient été momentanément interrompus. Nous savons que ces sortes de spectacles furent dès l'origine désignés chez les Romains par le mot murms (présent ou acte de munificence). Ainsi l'on disait munus gladiatorum^ en parlant d'un spectacle de ce genre, soit donné à l'occasion de funérailles, soit offert au peuple par un général, par un personnage important ou par l'empereur. Cette expression fut adoptée sans doute dans l'origine parce que les premiers gladiateurs qui descendirent dans l'arène avaient été envoyés en présent. C'est du moins l'opinion de Servius {in jEneid.^ lib. m), qui dit: c Quod mv/neri missi erant inde munus appellatum. » Nous voyons également dans un règlement d'Auguste concernant les jeux publics que l'autorisation du sénat était exigée pour un présent de gladiateurs (Dion, liv, 19); Jules César, d'après Florus, III, 20, reçut le surnom de Munerator pour avoir établi une école de gladiateurs, qu'il entretenait à ses frais ; et Sénèque {De provident, f 4) cite ce propos d'un amateur de ces combats sanglants, qui s'écriait : c Que de beaux jours perdus ! > en se plaignant de la rareté des présents {munerum)^ depuis le princi-

pat de Tibère. Au reste, Cicéron, dans plusieurs passages de ses œuyres diverses ; — Suétone, tit. vn ; — Martial, de Nawnc^

cAîa, spect. 24; — Lactance, vi. 20; — Pline, 33, 3, 16; — et la plupart des commentateurs s'accordent tous dans remploi du mot mwmt^ qui, chez eux, s'applique aux jeux, aux combats, aux chasses et à toutes sortes de spectacles offerts gratuitement au peuple par l'empereur ou par quelque grand personnage. On peut voir aussi pour la signification de ce mot : JEg. Forcelliniy totius latinikUis lexicon. Ce n'était pas seulement à Rome que se trouvaient les écoles de gladiateurs ; il y en eut aussi pendant fort longtemps à Ravenne (Strabon, v, p. 213) et à Gapoue (Tite-Live, Epito. xcv).

14. EVTiMvs. Vainqueur (1) regardant à droite, tenant le fouet et la palme, debout dans un quadrige de face, dont les chevaux marchent au pas; à l'exergue, mRANDVs.

(Avec Néron. — Collection de M. W. N. Gomond, à Londres.)

Bel exemplaire, et le seul que nous connaissions avec h nom de l'aurige Mirandus.

Un grand bronze de Trébonien- Galle, cité par Banduri (t. I, p. 68), et aussi par Mionnet (sup. III, p. 14, N° 95), a pour revers : un aurige tenant la couronne et le fouet, debout dans un quadrige de face, avec la légende : makeaonûn. orcTAMA.

On a vu, page 15, que des affiches concernant l'annonce des

(1) Parmi les auriges qui figuraient aux courses du Cirque, quelques-uns couraient pour leur propre compte, et d'autres pour celui des parieurs^oubien de leurs propres maîtres. Lorsque ceux-ci, pour divers motifs, se trouvaient empêchés d'assister à la course, ils envoyaient au Cirque des amis ou des serviteurs, munis de pigeons ou d'hirondelles qu'ils lâchaient à la fin de la lutte, après avoir teint ces oiseaux de la couleur de la faction victorieuse. (Varron, R. R. III, 7, et Pline, X, 24.) On trouvera dans la Description de Bùme au siècle d^Augvste, par M. Ch. Dezobry, tom. II, lettre XLvni, le récit d'une icourse de' chars dans le Cirque.

jeux du cirque et de l'amphithéâtre avaient été trouvées sur un mur de Pompéi; Sénèque (De brevit. vit. 16. — Edictum et ludorum ordo. — Epist. 117. — Controv. IV, proem.)^ Horace (IL Sat. VII, V. 94), Pline (xxxv. 7) etVopiscus (Car. 18) parlent également d'affiches indiquant Tordre et la succession des divers spectacles, jour par jour; et ils ajoutent que quelquefois on représentait par des peintures grossièrement faites les principaux acteurs et même les scènes de ces jeux. Les affiches donc ne sont pas une invention moderne, et nous en dirons autant des Chevaliers du lustre ou des Romains du parterre, car les théâtres de Rome avaient aussi un corps organisé d'enthousiastes gagés dont il est plusieurs fois question dans Horace, dans Suétone et dans Juvénal. Ces mercenaires, pour entraîner le public, avaient imaginé trois modes d'applaudissements gradués, appelés les bourdormements (Bombi), les pots (Testœ) et les tuiles (Imbrices). Le bourdonnement était un bruit sourd et modéré, obtenu par le choc des deux paumes de la main, légèrement courbées en deux. — Par les pots, on produisait un bruit plus clair, en frappant des doigts réunis de la main droite dans la paume de l'autre main. — Les tuiles étaient réservées aux acteurs les plus favorisés ou à ceux qui payaient le mieux; cet applaudissement, le plus éclatant de tous, était produit par le choc vivement. répété des deux paumes bien épanouies, dont le retentissement imitait le bruit d'une forte pluie ou de la grêle tombant sur des tuiles ; de là son nom. Enfin nous lisons dans Cicéron (Gladiatorum libelli, Philipp. II, 38) que pour satisfaire la curiosité des spectateurs qui voulaient connaître d'avance les combattants de l'arène, on vendait à l'amphithéâtre des livrets qui relataient l'ordre du spectacle et les noms des gladiateurs.

15. Soldat romain nu, casqué, tourné à droite, le manteau flottant derrière l'épaule, le pied gauche sur une proue de vaisseau, et tenant transversalement, de la main droite, un

étendard qui a une flèche pour traverse supérieure; le

bras droit est passé dans une anse ou poignée de bouclier ovale (OxavTj ou Ansa).

(Avec Vespasien ou Trajan. — Cabinet impérial de France. — Musée britannique.)

Nous avons déjà dessiné (pi. VIII, 12) et décrit (p. 61) un exemplaire à peu près semblable, mais dont la conservation laisse beaucoup à désirer. Les deux exemplaires du Cabinet impérial de France ayant le revers ci-dessus, sont également un peu frustes, et il nous a semblé que l'un des deux, celui que nous avons gravé, portait des indices de retouches; il est probable que le manteau flottant et la flèche ont été ajoutés postérieurement à la frappe, parce que ces accessoires n'existent pas, ou du moins ne s'aperçoivent pas sur l'autre exemplaire.

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