‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 169 sur 285 · INDUSTRIE MINIÈRE. — PRODUCTION DES MÉTAUX PRÉCIEUX · texte numérisé non relu

INDUSTRIE MINIÈRE. — PRODUCTION DES MÉTAUX PRÉCIEUX

qu*en 1803, l'Amérique espagnole et portugaise avait produit une somme de près de 30 milliards de francs ainsi distribués :

^1,035456^000 piastres enregistrées, provenant des colonies espagnoles* 68/i,5M,000 — — portugaises.

816,000,000 piastres non enregistrées^ — des colonies espagnoles. 171,000,000 — — — • portugaises.

Total : 5,706,700,000 piastres.

Snr les /i^851,200,000 piastres provenant des colonies espagnoles, 2,028,000,000 sortaient du Mexique ou Nouvelle-Espagne, 2,/il 0,200,000 — du Pérou et de la vice-royauté de la Plata,

275,000,000 — de la Nouvelle-Grenade ,

138,000,000 — du Chili.

Quant à la proportion entre Tor et l'argent retirés des mines du nouveau continent depuis la découverte jusqu'à la môme époque (1803), ce savant l'établissait ainsi :

Or : 9,915,000 marcs castillans valant : 1,348,500,000 piastres^ ainsi répartis :

Colonies espagnoles : 3,625^000 marcs : 693,000,000 piastres. Colonies portugaises: 6,290,000 — 855^500,000 — AiGiifT : 512,700,000 marcs, seulement des colonies espagnoles» valant : 6,358,200,000 piastres.

M. de Humboldt évalue, dans ces calculs, la valeur de la piastre à 5 fr. 25 c, argent de France. Si l'on adopte 230 grammes pour poids du marc d'or et d'argent, et la valeur de 3,200 fr. pour le kilogranune du premier de ces métaux à peu près purs, et 201 fr, pour valeur du second, ces sommes font en poids :

Or 2,280^650 kilogrammes valant ; 7,297>M0,000 francs.

Argent... 117,921,000 — — 23,702,121,000 —

Tout l'argent réuni en une seule masse formerait une sphère de 27 mètres 8 décimètres de diamètre (1).

De 1803 à l'époque actuelle, le rendement des métaux précieux fournis par l'Amérique espagnole et portugaise a diminué moins

(1) BfmbMX,£ssui politique sur la Nouvelle Espagne, tome IV, pagei 226 et suivantes. — Léon Faucher, de la Production de Vor, Mcinoire publié dans Vj4nnuaire de PÉcomQ' mie politique pour 1853, page 392. — Levasseur, Statistique des métaux précieux de 1848 « 1167, dans le mAi&e Annuaire pour 1858, page 624. — Du même auteur, la Question de Vor^ iii-8* ; Paris, 1857, chez Guillaumin.

qu'on ne le croit généralement, grâce à de meilleures méthodes d'exploitation.

Le Mexique a donné, en moyenne, une valeur annuelle de 125 millions de francs. L'Amérique centrale, la Colombie, le Pérou, Potosi, quoique bien déchu, et toutes les autres mines de la Bolivie, celles de la Confédération argentine, du Brésil, ont fourni de fortes sommes ; et ce ne serait point exagérer que d'en porter le total à 8 milliards. C'est donc un total de 38 milliards de francs fournis par les parties du nouveau continent que nous venons de nommer, depuis leur occupation par les colons européens.

Quelques économistes, exagérant peut-être les résultats de la contrebande, portent même le chiffre total à cinquante milliards (1),

(1) Diaprés M. Michel Chevalier, qui a traité spécialement de l'histoire des métaux pré> deux et de la monnaie dans plusieurs excellents articles publiés dans le grand Dîctionnmre d'économie politique , de 1852 & 1854, leur somme, depuis les temps historiques, se serait ainsi répartie :

Le monde antique possédait de grandes richesses métalliques. On connaît les trésors des rois de Perse , et ce que conquit Alexandre à Suse et à Persépolis. On sait ce que Rome recueillit en Sicile , en Macédoine et en Orient, et conunent les dépouilles du monde s'entassèrent dans les coffres de la république conquérante. Lors de Tavénement de César i la dictature, le trésor confié à la garde du Sénat ne contenait pas moins de deux milliards en or, qui furent soudainement jetés par lui dans la circulation. Pendant la décadence de FEmpire,Ia production parut égaler la consommation; mais, dans h longue série du moyen âge, le travail des mines fut en grande partie abandonné, et Ton ne put ainsi remplacer For et Targent qui s'en allaient lentement dans le cours des années. Ainsi les richesses métalliques du monde romain avaient en grande partie disparu par le frai, les pertes de toutes sortes, le commerce avec l'Orient, etc.

A l'époque de h découverte de FAmérique, c'est-à-dire à la fin du quinrième siècle, l'Europe ne possédait plus qu'un capital monétaire réduit & un milliard de francs, dont trois cents millions en or et sept cents en monnaie d'argent.

Le butin fait sur les Indiens, une plus grande activité dans l'exploitation des anciens phcers aurifères et la découverte de nouveaux , celle de mines d'argent d'une extrême richesse au Mexique et dans le haut Pérou (Potosi donna à lui seul six milliards), la mise en valeur des mines d'or du Brésil, vinrent, dans le courant des seizième, dix-septième et dix-huitième siècles, modifier complètement cet état de choses et augmenter dans des proportiona énormes ce capital monétaire si réduit.

De 1492 i 1848, le Nouveau ftonde aurait fourni 122,050,724 kilogrammes d'argent fin» c'est-à-dire sans aucun alliage, valant 27 milliards 122 millions de francs.

En or fin, cette quantité se serait élevée à 2,910,977 kilogrammes , du prix de 10 milliards 26 millions.

Pour les deux métaux ensemble, le total serait ainsi de 37 milliards 148 millions.

Le tableau suivant indique comment les différentes régions de l'Amérique ont concouru à cette production :

INDUSTRIE BUNIÉRE. — PRODUCTION DES IfËTAUX PRÉUEUX. 473

n est fort difficile d'évaluer quelle était la somme des métaux précieux répandus sur la surface du globe à l'époque de la découverte de l'Amérique. Tous les aîiciens placers aurifères, fameux dans l'antiquité, avaient été épuisés; l'Espagne, ce Pérou des anciens, ne

PATS.

ËUU-Uuis

Meûque.....

NotnreUe-GreDade

Bas et haut Pérou

BrésU

Chili

Totaux

Page 1