‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 168 sur 285 · INDUSTRIE MINIÈRE. - PRODUCTION DES MÉTAUX PRÉCIEUX · texte numérisé non relu

INDUSTRIE MINIÈRE. - PRODUCTION DES MÉTAUX PRÉCIEUX

cédés plus compliqués, des connaissances plus étendues en mécanique et en chimie^ puisqu'il fallait aller Tarracher aux âlons qui le contenaient, fussent-ils môme superficiels, puis le séparer des matières étrangèreg auxquelles il était uni. -<*- Il en fut de même du cuivre. — Quant au fer, il ne vint qu'après eux, et lorsque la civilisation fut plus avancée. On voit en effet, dans Homère, que les armes des combattants, au siège de Troie, étaient généralement d'airain, c'est-à-dire d'un alliage d'étain et de cuivre, et que le fer était si rare et si recherché qu'Achille en fait le prix du combat du disque dans les joutes qui honorent les funérailles de Patrocle (1). Les Gaulois, nos ancêtres, n'avaient que des épées de cuivre, et cette infériorité d'armement contribua sans doute, malgré toute leur valeur personnelle, à leur défaite par les armées romaines.

Ce qui se passa dans l'ancien monde eut également lieu dans le nouveau. Ses habitants n'en étaient encore qu'à l'usage des trois premiers métaux que nous venons de citer, lorsque les Espagnols leur apportèrent la connaissance du fer, mais, en même temps, leur enlevèrent les masses d'or et d'argent que plusieurs peuples, tels que les Muyscas, les Aztèques, et surtout les Quichuas, avaient accumu^ lées, tant pour les objets du culte que pour ceux de l'industrie publique et privée.

Disons toutefois que Ton a dû singulièrement exagérer les quantités de métaux précieux qui furent prises aux Indiens loi*s de la conquête, et que la discussion des chiffres donnés par les historiens de cette époque amène à des résultats tout autres que ceux que l'on se serait attendu à trouver.

Ainsi la rançon de l'empereur du Pérou, Atahualpa, et le pillage des temples de Guzco, origine des plus fortes sommes arrachées aux vaincus, si les récits d'Herrera, de Garcilaso et d'autres écrivains sont exacts, ne produisirent que 22 millions de francs environ de notre monnaie, — Le trésor de la Kasbah d'Alger en a donné S3, lors de sa conquête en 1630 I '^ Il est vrai qu'au seizième siècle la valeur des métaux précieux était probablement quintuple ou peut*

(1) « Ebfluîte Achille dépose au milieu de rassemblée un bloc de fer brut que jadis lanf;idt le fart AétioB. Lorsque le divin fds de Pelée ravit le jour à ce héros, il emporta ce disque sur son navire avec tous ses autres trésors.

« Aehilie, ae levant, dit aux Argiens i

« Miouty à héros! qui vouiez disputer^ prix ! Si vastes que soient vos champs fertiles « • eihiî qui Tamportera aéra dispensé pendant cinq ans d'aller i U ville chercher du fer pour « Ml pAtni nt ats laboureurs : ce disque lui en fournira. » (Iliade y chant xiiiié)

timientos de Indios (voyez tome I, page 555, et tome II, page 165).

Beaucoup de commandeurs [enconmenderos) employèrent leurs serfs {yanaconas) au lavage des terrains aurifères et à Texploitation des mines d'argent. Dans des districts où abondaient les gttes métalliques, on dirigea sur eux des groupes d'ouvriers indienâ {mitayos)^ faisant partie de la mita^ c'est-à-dire astreints à donner un certain temps de travail, généralement deux mois, à leur seigneur. Ces travaux, entrepris sans méthode dans des localités assez souvent peu saines, soit par leur humidité dans les basses régions tropicales, soit par l'extrême élévation du terrain et la rigueur de la température dans la Cordillère des Andes, sans que l'on eût pris des précautions pour assurer le bien-être des ouvriers, furent parfois meurtriers, et par conséquent devinrent souverainement impopulaires. On les regarda même par la suite comme une des choses principales de la dépopulation du pays. Mais ce ne fut guère que dans le premier siècle de l'occupation espagnole que ces mesures oppressives furent en vigueur; plus tard le travail des mines devint presque partout facultatif, et les Indiens qui s'y livrèrent le firent volontairement et moyennant des salaires débattus entre eux et les propriétaires de ces mines. Là même où la mita était maintenue, le travail n'était obligatoire que pendant les deux mois d'usage.

Sous ce régime, les mines de l'empire hispano-américain rendirent des sommes considérables. Bientôt la découverte des gisements argentifères du Cerro de Potosi, en 1545, celle des minerais de même nature dans la province de Zacatécas , et à Guanaxato au Mexique, vinrent jeter des masses énormes d'argent dans la circulation. Quant au rendement des placers aurifères, il diminuait par suite d'une exploitation incessante.

Vers le milieu du*dix-huitième siècle, le Brésil commença à son tour à donner des quantités d'or considérables. Le département A'Ouro-Preto (or noir), dans la province de Minas-Geraes^ ofrit des placers non moins riches que ceux qui avaient rendu le Pérou et la Nouvelle-Grenade si célèbres. Mais cette prospérité, si brillante pendant quelques années, ne tarda guère à s'arrêter. Les ruisseaux aurifères furent épuisés au bout d'un certain temps, et il fallut aller arracher l'or aux roches qui le contenaient.

M. de Humboldt, d'après Ustariz, Solozano, Moncada, Navareté, et ses propres recherches, calculait que depuis la découverte jus--

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