ANIMAUX SAUVAGES. . OISEAUX. . PASSEREAUX
Une espèce, fort remarquable par sa taille et la conformation de son bec, mais qui n'est point nocturne comme celle d'Europe, est un grand Engoulevent [Caprimulgus americanus)^ que Ton voit planer à une faible distance du sol, le soir^ ou par un ciel un peu couvert. Cet oiseau vole ainsi à la recherche des insectes, qu'il engloutit par centaines dans son bec court, mais excessivement large. Son plumage est blanc, tacheté de gris, et sa taille celle d'une très-grande perdrix. H vole ordinairement par couples, et trouve une abondante pâture dans les millions de moustiques qui infestent quelquefois l'air par les temps orageux.
La famille des Passereaux renferme le genre si intéressant des Colibris ( Trochilus) et Oiseaux-mouches, dont plusieurs espèces existent dans toute la Plata, et que quelques voyageurs assurent même avoir rencontrées Tété sur les rivages du détroit de Magellan. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on les voit dans la Plata aussi bien l'hiver que l'été. L'espèce la plus commune estle vert-émeraude, nommé Pica-flàr^ Pique-fleur, délicieux petit oiseau, que l'on admire parcourant les jardins, et voltigeant comme un papillon autour des fleurs, dont il pompe les sucs avec sa langue, qu'il allonge comme la trompe d'un lépidoptère , et d'où il retire aussi peut-être quelques petits insectes. Le bourdonnement de ses ailes trahit de loin sa présence ; il les agite avec tant de rapidité qu'on n'en aperçoit pas le mouvement et qu'il parait immobile. Cet Oiseau-mouche fait souvent son nid dans le voisinage des habitations, où il le suspend à une mince branche d'arbre, quelquefois même à la paille d'une chaumière ; il y pond quatre œufs gros comme un grain de mais, qui éclosent au bout de douze jours. Le père et la mère les couvent alternativement, et, si par hasard on s'empare des petits, ils viennent, comme les autres oiseaux, leur donner à manger à travers les barreaux de la cage. Quelques personnes sont parvenues à en conserver d'adultes en les nourrissant de sirop de sucre. Mais ces petits oiseaux sont excessivement délicats, et il est très-difficile de les conserver. H en existe une espèce dans la sierra de Cordova et que nous n'avons vue que là, sur des plateaux d'une altitude moyenne de 1,300 * mètres ; sa taille est plus grande, la queue est longue et de couleur rouge, à reflets métalliques; elle a le vol de l'Oiseau-mouche émeraude, et se nourrit comme lui du suc des fleurs. — L'Oiseau-mouche améthyste se rencontre fréquemment sur les rives du Parana et de l'Uruguay ; les autres espèces sont plus rares. Parmi les Passereaux de la Plata, un certain nombre font leurs nids
suspendus sur les eaux en forme de longue bourse dans laquelle Foiseau s'introduit par en haut. Les uns sont en herbes sèches très-industrieusement tressées, d'autres en crin. Nous n'avons pu nous procurer les oiseaux qui les construisent ; ils appartiennent probablement au genre Loxia.
Plusieurs espèces de Guêpiers [Merops) sont également très-tomixiunes et se trouvent surtout aux bords des rivières. — Mais un genre voisin, le Martin-pêchevr [Alcedo)^ est encore plus répandu; il est un peu plus grand que celui d'Europe et d'un plumage moins éclatant. Ce joli oiseau, très familier, se tient sur les arbres du rivage, d'où il épie les petits poissons qui s'approchent de la superficie de l'eau, et se précipite sur eux comme une flèche. L'œil se fatigue à suivre ce manège répété douze ou quinze fois de suite avec la même rapidité.