CHAPITRE m
Industrie manafactarlère. — Arts méeanlqiiefl.
L'industrie, du moins comme nous l'entendons en Europe, est fort peu avancée dans la Plata. On y est plutôt habitué à produire des matières premières qu'à les mettre en œuvre, et il n'existe encore nulle part de ces établissements chargés de fabriquer en grand les innombrables objets nécessaires dans l'économie sociîile et . domestique. Presque tout, sous ce rapport, est importé dans le pays ; on n'y travaille guère que ce qui ne peut arriver facilement de l'extérieur, ou ce qu'il est plus avantageux de produire sur les lieux mêmes. Il est, en effet, presque toujours plus économique d'acheter les objets d'importation étrangère, malgré les droits de douane élevés dont ils sont frappes, que de les faire fabriquer dans le pays, à moins, toutefois, qu'on ne soit fort éloigné du littoral; car alors les frais de transport en augmentent beaucoup la valeur.
Il y a pourtant quelques grands établissements qui peuvent être rangés dans la classe des manufactures ; nous les avons déjà indiqués
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presque tous en pariant des industries agricole et minière. Nous ne ferons donc que récapituler ce que nous avons dit à ce sujet.
§ I. — Manufdctures.
Sucreries. — La fabrication du sucre est, comme on sait, assez développée dans plusieurs provinces de la Confédération argentine (voyez tome I, page 499). Elle a donné lieu à la création de grandes et belles usines, dont ToutiUage s'améliore tous les jours, et où les méthodes se perfectionnent incessamment. Toutefois on n*y produit que du sucre mi-blanc, et l'on ne s'est point encore occupé de le raffiner. Nous savons qu'un Français veut montei; une raffinerie à Tucuman, et que déjà les travaux sont commencés. Un établisaement de ce genre, qui répond à des besoins réels et urgents, est nécessairement appelé à prospérer. La fabrication sucrière a, en outre, l'avantage de grouper autour d'elle une foule d'autres industries, telles que la briqueterie, la tonnellerie, la taillanderie, la fonte et l'ajustage des pièces d'engrenage, etc., qui toutes sont d*une utilité première pour les provinces.
Amidon. — Cette fabrication, qui a acquis un grand développement en Europe, est établie dans quelques villes du littoral. On y emploie aussi l'amidon de manioc récolté dans la province de Corrientes, qui est à un prix assez bas.
Vinification, — La production du vin, si avantageuse dans le« provinces andines, a besoin d'être favorisée par la fabrication d'un nombre suffisant de vases pour le renfermer. Les tonneaux manquent partout, et l'on est obligé de le conserver dans de grandes jarres de terre cuite, fort lourdes, sujettes à rupture, et par conséquent difficiles à manier» La fabrication de ces poteries est une industrie propre aux provinces andines. (Voyez tome I, page 486.)
Distillation. -^ .On ne distillé guère que le vin, pour en avoir de Teau^e-vie, et la mélasse, pour en obtenir le tafia. Les appareils, quoique très-simples^ sont suffisants, mais il y a beaucoup de firuits et de plantes aromatiques qui pourraient également être soumis à la distillation.
Conserves de fruits. — Nous signalerons seulement pour mémoire les raisins secs, posas de uva^ et les pèches également desséchées^ orejdhes^ qui se préparent en grand dans les deux provinces de Men« doza et de San-^Juan, et qui donnent lieu à un commerce d'exporta-^ tion assez lucratif.