‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 174 sur 285 · INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE. - SES PRODUITS · texte numérisé non relu

INDUSTRIE MANUFACTURIÈRE. - SES PRODUITS

Tabac, — Pour la consommation du pays et même un peu d'exportation, on fabrique une immense quantité de cigares. Cette petite industrie est, pour ainsi dire, propre à chaque ménage. Ce sont généralement les femmes qui l'exercent. Si le séchage de la feuille de tabac était mieux fait, sa fermentation plus surveillée,, enfin si Ton tournait mieux le cigare, on arriverait à des produits d'excellente qualité et de belle apparence ; car le tabac eu lui-même est excellent, surtout à Corrientes. — Le gouvernement paraguayen a établi près de l'Assomption une fabrique qui donne de bong cigares, dits pety^hoby^ à 30 francs le mille. — Tucuman commence à exporter pour le Chili ; ses tabacs sont plus forts, d'un goût plus empyreumatique que ceux de Corrientes. (Voyez tome I, page 496.)

Meunerie. — Dès le principe, des moulins à eau et à vent ont été établis dans les diverses parties du bassin de la Plata. Il y a cependant quelques localités qui en manquent, faute de constructeur capable de les bâtir. C'est ainsi que nous avons vu au bourg de San-Francisco, situé à 30 lieues de San-Luis, les cultivateurs être obligés d'envoyer moudre leurs blés à la capitale, alors qu'ils ont des cours d'eau à souhait pour y établir des moulins, qui les dispenseraient de frais aussi considérables que ceux qui grèvent aujourd'hui la mouture.

L'accroissement de la population sur le littoi'al y a amené la création de moulins à vapeur. — En 1845 il y en avait un seul à Buénos-Ayres ; aujourd'hui on en compte onze dans cette grande ville, et tous installés avec les perfectionnements les plus modernes. Montevideo en a quatre, Rosario deux, Gualeguaychu et Cordova chacune un. C'est donc dix-neuf établissements de ce genre créés en moins de quinze années. — Nous n'en connaissions pas ailleurs en 1858, mais depuis il a du s'en établir d'autres.

L'élève du bétail et son exploitation dans les saladeros^ qui sont les véritables manufactures du pays, ont été décrites par nous en détail (voyez tome II, chap. ni, page 420 et suivantes), nous n'avons donc point à y revenir.

Nous avons parlé également de la fabrication du guano artificiel et de celle de la bougie stéarique^ qui est en activité à Buénos- Ayres ; de la fabrication des conserves alimentaires^ qui a été abandonnée, mais pourrait être reprise avec succès; — Le prix de plus en plus élevé qu'atteint la viande de bœuf en Europe donne à croire que cette industrie, bien organisée et montée en grand, serait dvan-^

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tageuse ; mais ce n'est point dans une grande ville qu'elle doit être établie : trop souvent les animaux y arrivent fatigués et leur viande est alors inférieure ; c'est au bord d'une rivière navigable, dans un des cantons plantureux de Corrientes ou de l'Entre-Rips, qu'une fabrique de cette espèce aurait des chances de réussite.

Savonneries. — Dans quelques provinces de l'intérieur, telles que Mendoza, San-Juan et Jujuy, la fabrication du savon est assez avancée pour fournir un objet d'exportation avantageux pour le Chili et la Bolivie. Toutefois cette fabrication ne se fait pas en grand; les familles préparent ce dont elles ont besoin et vendent le reste.

Tanneries. — Des tanneries assez bien montées sont établies sur quelques points du littoral et des provinces. Il y en a plusieurs en activité à Parana, une à Gualeguaychu, etc. On emploie comme ëcorce à tanner celle du curupy. Les peaux préparées dans ces petites fabriques servent à l'usage locale et sont expédiées dans les villes riveraines du fleuve. — Il existe aussi des tanneries à Cordova, à San-Luis ; mais elles n'ont nulle part autant d'importance qu'à Tucuman et à Salta. On emploie, dans ces deux provinces, l'écorce du cébil (voyez tome I, page 520) pour tanner les cuirs de bœuf {suelas)^ que l'on envoie aussi sur le littoral, et dont la plus-value rend ainsi les frais de transport moins onéreux. Ces cuirs tannés sont d'excellente qualité et se vendent k un bon prix. La chaussure, la carrosserie, la sellerie en consomment une quantité considérable.

Dans la ville de San-Luis il existe une petite fabrique de maro^ ffuins^ qui opère sur les peaux fournies par les troupeaux de chèvres si nombreux dans cette province. Ces maroquins sont généralement de bonne qualité et d'une belle couleur. Ils s'exportent dans toute l'étendue du pays et même au Chili.

Nous avons traité déjà de la mise en œuvre des produits du règne minéral, par conséquent de Vindustrie minière et des arts qui s'y rapportent. Nous avons décrit les usines élevées dans différentes provinces pour le traitement des minerais; nous rappellerons seulement qu'elles se bornent à l'exploitation de l'or, de l'argent et du cuivre, et que l'outillage, ainsi que les procédés d'extraction, s'y améliorent tous les jours.

Quant au monnayage des métaux précieux, il s'exécutait, à la Rioja et à Cordoya, dans deux établissements dont l'installation laisse beaucoup à désirer. La fabrication y est arrêtée d'ailleurs depuis quelque temps.

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