‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 184 sur 285 · COMMERCE ACTUEL · texte numérisé non relu

COMMERCE ACTUEL

espagnole lors des événements du 23 mai 1810, toutes les entraves et prohibitions qui pesaient encore sur les relations commerciales de la Plata avec le reste du globe disparurent. Les ports de Montevideo et de Buénos-Ayres furent ouverts à tous les pavillons ; le commerce n'y trouva plus d'autres diflicultés que celles que créèrent la guerre de Tindépendance qui fut heureusement très-courte dans cette fraction de Tancien empire castillan, celle contre les Portugais, les luttes civiles, enfin des droits de douane plus ou moins élevés suivantles circonstances. Les habitudes commerciales étaient prises depuis deux siècles et surtout à partir des trente dernières années ; Buénos-Ayres concentrait presque toutes les opérations. On continua donc de fréquenter presque exclusivement cette grande place de commerce. D'un autre côté, l'administration qui succéda à celle de l'Espagne, n'autorisant aucun autre port dans les rivières, cette ville resta l'entrepôt obligé de tout le bassin de la Plata, moins Montevideo. — Les navires étrangers y apportaient les marchandises que des bâtiments légers ou des convois de charrettes allaient répandre dans le reste du pays et en ramener les produits de l'industrie agricole et pastorale. Une douane unique établie dans ce port obligeait tout à y passer. Les droits d'entrée qui y étaient perçus formèrent presque exclusivement le revenu du nouvel État, qui prit d'abord le nom de Provinces-Unies du Rio de la l*lata, puis enfin celui de Confédération argentine.

§ IL — Deuxième période. — Commerce actuel.

Cette période s'étend depuis l'émancipation de la métropole, en 1810, jusqu'à l'époque actuelle. Cependant il faut y signaler une date remarquable, celle de 1852. Presque aussitôt après la disparition de Rosas de la scène politique, le gouvernement du général Urquiza Ouvrit aux pavillons étrangers les rivières jusqu'alors exclusivement ï^servées au pavillon argentin, et par conséquent produisit une véritable révolution commerciale.

De 1810 à 18S2, le commerce se fit, comme par le passé, exclusi- "^ment par Buénos-Ayres. 11 n'y avait aucun grand centre commercial établi sur les rives du Parana ou de l'Uruguay. Corrientes, l'Entreftîos et Santa-Fé, à l'aide d'un cabotage assez actif, commerçaient exclusivement avec cette capitale. Le Paraguay s'était isolé sous Prancia, Cl son indépendance n'étant pas reconnue par les Provinces-Unies, û n^avait que des relations très-irrégulières avec elles. Aussi Francia tïlscm successeur D. Carlos Lopez s'étaîent-il» ouverts une communi-

cation commerciale avec le Brésil, par Itapua, le territoire des Missions et San-Borja. Quant aux provinces du Nord et à celles de Cuyo, çlles continuèrent leurs relations commerciales par le système des caravanes de charrettes usité sous la domination espagnole. Un voyage de Salta, aller et retour, durait un an, celui de Mendoza six mois, etc. Rosario, devenu depuis une place si importante, n'était qu'une méchante bourgade qui n'avait pas môme une goélette dans son port. Pour faire taire quelques provinces littorales qui se plaignaient du privilège de port exclusif dont jouissait Buénos-Ayres, cette province leur payait un subside. Santa-Fé, par exemple, recevait 2,000 piastres mensuelles ; celles de l'intérieur pourvoyaient à leurs dépenses par des droits de transit et de douane, imposés à tout ce qui passait ou s'internait chez elles.

Ce régime dura tout le temps de l'administration du général Rosas. Celui-ci profita même, en 1841, de la guerre avec Montevideo pour bloquer l'Uruguay à l'aide de ses batteries de l'île de Martin-Garcia, et empocher toute embarcation d'y pénétrer. Ce fut ainsi qu'un bon nombre de saladeros , établis sur la rive gauche de ce fleuve, furent obligés de suspendre leurs travaux. — Nous avons raconté "(voyez tome I, pages 27 et suivantes; tome II, pages 230, etc.) Tétat dans lequel se trouvaient alors les provinces et ce qu'était devenu Montevideo au bout d'une guerre de douze années. — U en résultait que les provinces du nord, telles que Jujuy, Salta, Tucuman, suspendant la plus grande partie de leurs relations avec la Plata, commerçaient principalement avec la Bolivie , Catamarca, la Rioja, San-Juan et Mendoza avec le Chili, affrontant ainsi toutes les difficultés de la barrière des Andes.

Les événements de 1852 changèrent, sinon complètement, du moins en grande partie ce régime. Les provinces furent véritablement émancipées; la réunion de San-Nicolas de los AiToyos (31 mai 1852) posa les bases du droit public argentin, et. la liberté conunerciale fut une des premières mesures adoptées. On y stipula en principe l'ouverture des fleuves aux pavillons étrangers, l'abolition des douanes intérieures, l'établissement de ports à tous les endroits accessibles au commerce, toutes dispositions qui furent conservées et sanctionnées par la constitution de 1853, et que des traités commerciaux conclus depuis avec lesprincipales nations commerçantes du globe, consacrèrent.

Lois de douane. — Ultérieurement, le décret du 22 juin 1854 déclara quels étaient les ports ouverts au commerce et où des bureaux

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