COMMERCE ACTUEL. — VALEUR DES IMPORTATIONS
D'un autre côté, on sait le peu de confiance et de sécurité qu'inspira pendant longtemps Tadministration du général Rosas, toujours en querelle avec tout le monde. De 1838 à 1848, le commerce delà Confédération fut donc peu remarquable. Il fut remplacé en partie par celui de Montevideo, qui concentra les affaires, car on fuyait alors la rive droite de la Plata. La levée du dernier blocus, au milieu de 1848, rétablit l'équilibre brusquement, et fit même pencher la balance en faveur de Buenos -Ayres, non -seulement à cause de la continuation du siège de Montevideo, qui fut levé en 1851, mais aussi parce que les quatorze provinces de la Confédération argentine ont une population huit fois plus considérable que celle de la Bande-Orientale (la proportion est de 1,200,000 à 130,000), et qu'elles produisent et consomment nécessairement davantage. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que, dans l'état normal, la moyenne des affaires dé Montevideo ne soit que la moitié et môme le tiers de celles de Buénos-Ayres, entrepôt de toute la Confédération. Ces chiffres sont encore assez beaux pour que l'on puisse juger de l'immense avenir de ce petit pays, le plus favorisé, sans contredit, de tous ceux du bassin de la Plata.
Il en résulte que, si nous prenons la moyenne des affaires pour les deux républiques, nous arriverons à une somme très-considérable et qui nous donnera une idée de l'importance de leur commerce avec l'Europe. — On en jugera par les chiffres du commerce français que nous allons donner à partir de 1843.
On estime que le chiffre des affaires de la France avec Monte- Yideo, étant en moyenne de 7,300,000 fr. pour la période décen- •naledel827àl837, il était arrivé à 10 millions en 1840, à 19 en 1841, et monta jusqu'à 21 en 1842, pour tomber successivement à 11,400,000 en 1843 et 3,800,000 en 1844 (1). — En 1850 le 'chiffre pour Buénos-Ayres était de 14 millions, et dépasse 40 aujourd'hui , tant le commerce français a grandi dans la Plata depuis vingt années. — On peut d'ailleurs en juger par les chiffres suivants, extraits des Annales du commerce extérieur de la France,
On a compris dans ces sommes, — celles du commerce de Buénos-Ayres isolé pendant huit ans, de 1853 à 1860, et celles des treize autres provinces. Cette séparation momentanée a contribué à augmenter les affaires à Montevideo ; aussi doit-on regarder ensemble
(1) Noblet : De la Plata et des intérêts commerciaux et politiques de la France dam tt pays . Paris, 1 8 S 1 .
510 INDUSTRIR ARGENTINE. — COMMERCE.
Ie3 chiffres des importations et exportations de ces deux ports, si l'on
veut avoir une idée nette du commerce du bassin de la Plàta.
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