ANNÉE
Importations de la Grande-Bretagne 22,500,000
— de la France 12,500,000
— du nord de l'Europe 4,250,000
•» de Gibraltar, de TEspague et de la Méditerranée. . . 3,000,000
des États-Unis 5,000,000
— du Brésil et des autres pays 5,500,000
Total 52,750,000
Le chiffre de 1860 doit ôtre bien supérieur à ce dernier, car depuis celte époque la consommation dans les provinces intérieures a plus que quadruplé; et nous allons voir tout à Theure qu'en 1858 le seul commerce de la France a été de près de 19anillions. — La meilleure preuve, c'est que le chiffre de Timportation à Buénos-Ayres, • pendant son isolement de huit années, n'a point baissé. Pour s'en asrsurer, il n'y a qu'à consulter le chiffre des droits d'entrée payés à sa douane. — Notons toutefois que, jusqu'à 1853, tout ce qui sortit des provinces ou y entra dut passer par cette même douane. En outre, les douanes de Santa-Fé et de l'Entre-Rios, qui sont les deux grandes sources de revenus pour la Confédération en dehors de Buénos-Ayres, ont donnée de 1855 à 1860, 6 millions de francs en moyenne annuelle, ce qui, en admettant un 15* pour 100 de droits, représenterait une somme de 45 millions, valeur des importations. — Il entre donc aujourd'hui plus de 100 millions de francs de marchandises étrangères dans les quatorze provinces qui composent la Confédération argentine; nous verrons aussi que les exportations suffisent et au delà pour permettre à cette république de solder ces importations, car les pays étrangers sont obligés de compenser la différence du métallique. Cette importation constante de métaux précieux doit certainement contribuer à maintenir la valeur du papier-monnaie de Buénos-Ayres.
Commerce de Moîitevideo. — La Bande-Orientale ou État-Oriental de l'Uruguay, avec Montevideo sa capitale, se trouve, pour les importations et les exportations, dans des conditions analogues à celles de la Confédération et de Buénos-Ayres. Le pays est extrêmement fertile, il souffre moins de la sécheresse et de la sauterelle que le reste du bassin de la Plata; la situation géographique de Montevideo est plus avantageuse que celle de toute autre ville de ces contrées. Si ce pays n'a point autant prospéré que le voulaient les heureuses conditions de position et de climat, la faute en est aux Orientaux et à leurs querelles civiles obstinées, qui les ont empêchés de s'organiser et de profiter
des avantages que leur ont fait plusieurs fois les circonstances, telles que les divers blocus de Buenos- Ayres, la guerre des provinces, etc. C'est à partir de 1830 que le commerce a commencé à se développer sur une grande échelle dans l'État^-Oriental ; il arriva à son apogée en 1842, année qui précéda le siège de neuf années que souffrit la ville de Montevideo, par suite de la guerre contre Rosas. En 1827, la somme des importations et exportations s'élevait à 23 millions de francs. Elle atteignit 35 millions en 1836, et 82 millions en 1842 (1). Il est vrai qu'en 1839 et 1840 Buénos-Ayres avait été bloqué par la France, et qu'en 1841 et 1842 les persécutions de Rosas contre les Unitaires , son administration capricieuse et brutale éloignant de cette ville la population, tout le monde se réfugiait à Montevideo. A partir de 1848 ce fut le contraire : Montevideo fut abandonné , et Buénos-Ayres , où Rosas commençait à se montrer plus tolérant, concentra le commerce et l'immigration. Aujourd'hui Montevideo est revenu à son état normal, il n'a plus à servir d'entrepôt aux provinces argentines, et se limite au commerce de la Bande-Orientale exclusivement. Ce commerce est encore assez beau pour faire de cette ville la seconde de la Plata après Buénos-Ayres. — Sa douane lui donne en moyenne 10 millions de francs par an pour les importations et les exportations, ce qui implique un compierce général de 80 millions au moins aujourd'hui.
Chiffres de V importation ewopéenne. — H y a eu, par suite des événements politiques survenus dans la Plata de 1820 à 1860, une assez grande inégalité dans le commerce général de la Confédération argentine. Ce commerce, brillant de 1820 à 1826, tomba nécessairement avec les blocus que Buénos-AjTcs dut supporter à di- •verses reprises, tantôt de la part du Brésil, tantôt de la part de la France, tantôt enfin de la part de la France et de l'Angleterre réunies, et qui embrassent une période de huit années en tout (2). —
(1) Notice sur la république orientale de V Uruguay, par D. Andres Lamas. Paris, 18S1, chez Guillaumin. — John Lelong : Renseignements sur les affaires de la Plata ; Appel à la France; De l'influence française dans la Plata. Paris, 1842, 49, 52. — DefTaudis : Questions diplomatiques, Paris, 1851.
(2) Le blocus des Brésiliens commença en janvier 1826 et dura : 1,004 jours.
Le blocus français commença en mars 1838 et dura jusqu'au traité
Mackau, en octobre 1840. 11 dura : 949
Le blocus anglo-français commença en septembre 1845 et dura jusqu'en août 1847. Il fut continué alors par les Français seuls jusqu'en juillet 1848 et dura en tout: 1,000 >»
Total de jours de blocus en 23 ans : — (8 ans et 1 mois) : 2,953 »