HABITUDES COMMERCIALES
s'occuper de commerce. Chacun veut servir d'intermédiaire à la production sans produire soi-même : dans les plus petits villages, on monte un nombre démesuré de tiendas^ et les bénéfices, forcés de se répartir sur un trop grand nombre de commerçants, deviennent illusoires. Il est réellement plus d'un endroit où il y a moins d'acheteurs que de vendeurs, et l'on comprend les inconvénients qui doivent résulter d'un pareil état de choses. Le moindre est une perte de temps et un arrêt indéfini dans les afEedres de ceux qui s'obstinent à lutter contre la situation qu'ils se sont faite à euxmêmes en entreprenant des spéculations sans chance réelle de réussite.
C'est à cette cause qu'est due la gêne commerciale dont on se plaint dans quelques provinces, surtout dans celles du littoral, et qui n'est que le résultat d'une importation en dehors des besoins du pays, et non pas des circonstances politiques ni des droits différentiels, comme on s'est obstiné à le dire. Nous ne nierons pas certainement que les événements de Buénos-Ayres n'aient eu une influence fâcheuse, en diminuant la confiance et en paralysant un peu les opérations; mais, de 1851 à 185S, malgré des circonstances politiques plus graves, les affaires avaient marché, et c'est en 1856 qu'elles commencèrent à n'être plus si brillantes ou plutôt que l'on commença à se plaindre. La raison toute naturelle, c'est qu'après la chute de Rosas, il y avait beaucoup de besoins à satisfaire et que l'abolition des douanes intérieures fit subitement affluer au cœur même des provinces tout ce dont elles manquaient; c'est que le haut prix du bétail, en mettant des sommes considérables aux mains des estancieros, leur permit de se faire bâtir des maisons dans toutes les villes, puis de les meubler convenablement, et que, ces besoins une fois satisfaits, il y eut nécessairement un temps d'arrêt, la population ne s'accroissant point en raison des provisions qu'on amassait pour elle. Il y eut plénitude dans les marchés, et l'immense quantité de maisons de gros et de détail qui s'ouvrirent ne trouvèrent plus devant elles qu'un nombre d'acheteurs proportionnellement très-réduit. — C'est donc à ceux qui veulent s'établir dans la Plata à se rendre compte de cet état de choses et à se convaincre d'avance que l'agriculture et l'industrie y ouvrent une carrière infiniment plus avantageuse et plus sûre que le commerce déjà exploité par trop de mains.
522 INDUSTRIE ÂRGEMINË. - COMMERCE.
§ III. — Poids et mesures.
Le système espagnol de poids et mesures est encore en usage dans toute la Plata, et, comme autrefois en France, il n'offre pas les mêmes éléments dans toutes les provinces. Il n'échappera à personne combien il est urgent de faire cesser un pareil état de choses si nuisible au commerce et aux transactions de toute nature. Déjà Tadministration de la proyince de Buénos-Ayres a décrété l'adoption du système métrique français, tel qu'il a déjà été établi au Chili et à la Nouvelle-Grenade, et le gouvernement national a l'intention de le donner à tout le reste de la Confédération.
Yoici quelles sont aujourd'hui les mesures usitées dans le pays et leur rapport avec les mesures françaises (1) :
MEPRIS DE LœfeUEUR.
Mèircs. Fractions du inèire.
Lieue (légua) ordinaire de 6,000 vares 5^60 000
Lieue argentine de 5,000 vares. 6,300 OOa
Cuadre {cuadra) argentine ordinaire de 150 vares 129 000
Corde {cuerda) de Corrientes et du Paraguay 86 000
Cuadre de Montevideo (100 vares) 86 000
Gotdre des villes nouvelles de r£ntre-Rlos (80 vares) 68 800
Vare argentine 0 860
Cuarte {cuarta) ou quart de la vare. , 0 215
Vare castillane .• 0 8Zï8
Pied {pie) espagnol 0 278
Pouee (pulgada) douzième du pied 0 0233
Ligne (Ûneû) douzième du pouce. 0 00109
On voit que la vare argentine usuelle est un peu plus grande que la vare espagnole. — La vare de Buénos-Ayres a même, pour le commerce, 7 millimètres de plus que celle de Montevideo. — Toutes les ancienne» mesures du sol ont été faites à la vare espagnole, ce qui amène des différences avec les mesures modernes opérées à la vare de 86 centimètres, qui est à peu près la seule usité aujourd'hui : aussi les mesures de superficie que nous donnons par* tent-elles de cette base. — Quant au pied espagnol, il est à peu près
(1) On peut consulter notre Jlmanaque nacional argentine , publié en 185G, qui renferme un tableau exact du système métrique et sa comparaison avec le système de poids et mesures de tous les pays qui sont en rapport avec la Plata. — Uruguay, ISâG.