‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 196 sur 285 · COMMERCE INTÉRIEUR · texte numérisé non relu

COMMERCE INTÉRIEUR

d'ébénisterie à San-Juan et à Mcudoza. Il exporte du tabac au Chili et dans les autres provinces, tanne des cuirs, prépare et teint des jo^-

lians Salta a les mêmes industries que Tucuman, et vend en outre

des farines et des vins. — Jujuy fait du sucre, tisse des étoffes, exporte du sel. — Catamarca expédie des vins à Cordova; elle cultive du coton pour faire des mèches de chandelle {pavilo) ; elle tisse aussi quelques étoffes. Son grand commerce est aujourd'hui la préparation des figues sèches [posas de higos) pour les provinces voisines. — La Rioja envoie aussi à Cordova ses vins et ses oranges. — San-Juan expédie jusqu'à Rosario et Buenos- Ayres ses raisins secsy ses farines et ses eaux-de-vie, et quelquefois des vins. — Mendoza a une industrie tout à fait analogue ; elle exporte, en outre, des farines, des pèches sèches {oî^ejohes) et du savon. Enfin San-Luis vend quelques ponchos aux provinces voisines et commerce avec les Indiens. — Buénos-Ayres a les articles mimufacturés de sa capitale, qui est un grand atelier industriel. Quant à ses produits particuliers, «elle ne peut guère livrer aux autres provinces que les blés de Chivilcoy et de la bougie.

Commerce avec les Indiem, — Nous avons déjà parlé du commerce avec les Indiens du Sud, qui se fait principalement par Rio- Cuarto pour la province de Cordova, le Morro et Fuerte-Constitucional pour San-Luis, par San-Rafael pour Mendoza, et le Carmen pour Buénos-Ayres. (Voyez tome II, page 193.) Nous n'avons donc point à y revenir. — Ceux du Nord vendent à Santa-Fé des peaux de cerf, de loutre, de tigre, de fourmilier; ils apportent de la cire et du miel. Ceux voisins de Corrientes en font aut^mt. Les tribus du nord-ouest, vers les frontières de Salta, ne louent que leurs bras, et ne vendent rien aux chrétiens ; mais ils leur rendent de grands services en leur fournissant des manœuvres robustes et dociles pour les plantations de canne à sucre. — Les Chiriguanos, au contraire, tannent et vendent des peaux de cerfs, de capibary, qui sont fort utiles pour faire des vestes et des pantalons destinés à traverser les bois et garantir des épines; ils préparent aussi du poisson séché. (Voy. t. II, p. 180, 181, 188.)

Pour les tableaux statistiques des importations et exportations, voyez les Notes et Documents, tome III.

Habitudes commerciales. — La masse des affaires se partage naturellement en deux classes, celle du gros et celle du détail. — Les

520 INDUSTRIE ARGENTINE. — GOBIMERCE.

négociants de la Plata appartiennent à toutes les nations du globe ; mais un grand nombre sont nationaux, et ce ne sont pas les moins habiles. Il existe une foule de maisons argentines qui jouissent d'une juste réputation d'intelligence et de probité.

Le commerce de détfldl se répartit en deux branches principales : les étoffes, et tout ce qui tient au vêtement, vendus dans des boutiques spéciales dites tiendas; les comestibles et la quincaillerie livrés dans les magasins dits almacenes. Dans les provinces, toute maison de commerce de détail est généralement partagée en deux parties, l'une pour la tienda^ l'autre pour Yalmacen^ c'est>-à-dire qu'on y vend de tout. Ce n'est que dans les grandes villes que les différentes branches de commerce se spécialisent.

Sur le littoral, surtout parmi les ûls du pays, le commerce de détail est exclusivement exercé par les hommes ; jamais une femme ne se montre dans la tienda (boutique) . Il n'en est pas de môme dans l'intérieur. Déjà, à Santa-Fé, quelques femmes commencent à apparaître dans les magasins. A Cordova, à Tucuman, le fait est assez fréquent , mais nulle part il n'est en usage comme à Salta. Là les femmes et les filles des négociants ne croient pas déroger en aidant leurs maris ou leurs pères dans leurs opérations commerciales, et ne se jugent nullement déshonorées pour figurer derrière un comptoir. A ce point de vue, elles ont tout à fait adopté les mœurs de beaucoup de villes de l'Europe. Nous avons dit d'ailleurs, plus haut, que sous la domination espagnole le commerce était réputé noble, et ce principe a continué de régner dans l'intérieur.

Le voisinage et la concurrence des marchands européens et surtout des marchands français, si avenants et si dextres dans le commerce de détail, ont exercé une heureuse influence sur ce genre de transactions. Il était traité jadis, mais 41 y a bien trente ans de cela, avec une sorte d'insouciance et un défaut de prévenance tel à l'endroit du client, que le besoin seul poussait la plupart des acheteurs dans les magasins, alors établis et rangés avec une simplicité toute primitive. Aujourd'hui Montevideo et Buenos- Ayres offrent des tiendas qui ne dépareraient pas les plus belles rues des principales villes de l'Europe, et l'affabilité du vendeur envers l'acheteur est remar quable. Il en est ainsi partout dans le pays à l'heure actuelle; et nous devons dire que l'éducation, dont le niveau général hausse rapidement, y a contribué autant que la concurrence.

Celle-ci, en effet, existe et augmente chaque jour, grâce à l'immense quantité d'individus nationaux ou étrangers qui cherchent à

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