‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 212 sur 285 · MONNAIE DE PAPIER · texte numérisé non relu

MONNAIE DE PAPIER

1,678,213 piastres jusqu'au 2 décembre de la même année, époque à laquelle le Congrès décida sa suppression et le retrait des billets qu'elle avait émis. Malgré sa pénurie financière, le gouvernement argentin supporta héroïquement la crise provoquée par la défaveur avec laquelle ce papier avait été accueilli et la nécessité de son retrait. La loi du 2 décembre déclara en même temps que les billets seraient reçus dans toutes les administrations des douanes pour leur valeur écrite, mais seulement en payement d'un tiers des droits, les deux autres tiers devant être soldés en métallique, et cette mesure sauvegarda tous les intérêts. Le papier émis reprit aussitôt sa valeur et rentra rapidement au pair. Au 1" janvier 1855 il n'y avait déjà plus en circulation que 250,000 piastres environ, qui furent amorties dans le courant de l'année suivante, en sorte qu'il ne reste plus rien aujourd'hui de ce papier.

Une banque particulière, la banque Maua, du nom du banquier brésilien qui l'a fondée, a été établie au Rosario; ses billets sont acceptés au pair dans les douanes nationales. Les opérations que cette banque a faites jusqu'à présent sont réduites et marquées au coin de la prudence l;;i plus méticuleuse : aussi inspire-t-elle une grande confiance.

Il n'y a donc d'autre papier monnaie en circulation que celui des provinces de Buénos-Ayres et de Corrientes, et encore, jusqu'au décret du 21 juin 1860, ces deux papiers étaient-ils exclusivement provinciaux. Ce décret permet l'acceptation de celui de Buénos- Ayres aux douanes nationales.

Monnaie de jiapier de Buénos-Ayres, — L'origine de ce papier est déjà ancienne, puisqu'elle remonte à 1822, époque à laquelle on créa dans cette ville une banque d'escompte provinciale. Elle s'établit à l'aide des principaux capitalistes du pays qui obtinrent du gouvernement un privilège de vingt années pour l'émission de leurs billets. — Le capital était d'un million de piastres fortes, les billets étaient acceptés au pair du métallique. — Cette banque administrée par un conseil nommé par les actionnaires eux-mêmes était complètement en dehors du gouvernement, comme la banque Maua, par exemple, l'est aujourd'hui au Rosario : jusqu'en 1825, elle fonctionna sans encombre, et ses billets en étaient venus à être la principale monnaie en circulation dans la province.

A cette époque le gouvernement de la République, qui cherchait à se centraliser dans Buénos-Ayres à l'aide du congrès constituant

qui y avait été réuni, voulut étendre la circulation de ces billets au reste du pays. En conséquence, il sollicita du congrès la conversion de cette banque privée en banque nationale au capital nominal de 1 0 millions de piastres ; il devait y contribuer pour 3 millions. Le congrès y consentit et l'argent fut remis. Cette sonune, jointe au premier million versé par les actionnaires et à un autre qui fut payé à nouveau par des particuliers^ forma 5 millions de piastres métalliques à peu près, et des billets portèrent le chiilre total aux 10 millions autorisés par le congrès.

Bientôt, malheureusement , le gouvernement obligé à des frais considérables par la réunion du congrès et ses tentatives d'organisation unitaire, puis par la guerre avec le Brésil^ réclamant sans cesse de nouvelles avances, aux conditions qu'il fixait lui-même, la banque fut graduellement entraînée à émettre du papier tout à fait en disproportion avec sa réserve métaUique. Les billets cessèrent alors d'être au pair. On crut remédier à cette baisse par des mesures législatives, qui assignèrent à ces billets une valeur équivalente à leur taux nominal H un cours forcé, le remboursement en argent n'étant plus exigible de la banque. Cette mesure, loin de relever la valeur du papier, ne fit que l'abaisser davantage : la piastre tomba rapidement au quai't de sa valeur primitive ; elle était à ce taux au moment de la paix avec le Brésil, en 1828. — Une cause particulière l'avait empêchée de tomber plus bas, c'était l'emprunt anglais, lequel, au taux nominal de 1 million sterling à 6 pour 100 d'intérêt annuel, avait été contracté à 60 pour 100 effectifs, et avait mis par conséquent 3 millions de piastres fortes dans les coffres de l'Etat, c'est-à-dire les 3 millions qui avaient servi à augmenter l'encaisse métallique de la banque.

Le papier, qui s'était relevé à la moitié de sa valeur écrite après la paix avec le Brésil, retomba promptement et continua de baisser pendant la première période de la guerre des Unitaires et des Fédéraux, de 1829 à 1832, et ne se releva guère sous la longue administration du général Rosas. — Ses difficultés avec la France, de 1838 à 1840, qui entraînèrent un blocus de deux ans et demi, eu coupant court aux entrées de douanes , obligèrent à de nouvelles émissions. Pendant cette période, l'once d'or, devenue la véritable unité monétaire de Buénos-Ayres , monta jusqu'à 400 piastres-papier, c'est-àdire qu'il fallait 25 piastres courantes pour représenter une piastre métallique. Après la levée du blocus en 1840, leô valeurs remontèrent, elles continuèrent à gagner pendant le siège de Montevideo,

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