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MONNAIE DE PAPIER DE BUÉNOS-AYRES

puisqu'on fé\Tier 1843 Fonce n'était plus qu'à 198. A cette époque, la totalité du papier restant en circulation se montait à 48 millions de piastres.

Le blocus anglo-français, déclaré au mois de septembre de cette même année, fit de nouveau baisser la valeur de la monnaie courante. En môme temps Rosas fit émettre mensuellement 2,300,000 piastres, et cette émission se continua jusqu'à sa disparition de la scène politique; elle fut môme augmentée brusquement de 10,300,000 d'un seul coup, par décret du 16 janvier 1852, quinze jours avant la bataille de Monte-Caseros. A cette époque il y en avait près de 123 millions d'émises depuis 1825.

Pendant les événements de 1853, le gouvernement, alors dissident, de Buénos-Ayres, émit de nouvelles sommes évaluées à 50 millions; il en émit encore en 1857, puis en 1859, de sorte qu'en 1860 la totalité des sommes émises depuis le principe doit dépasser 400 million». Il est vrai que tout n'est pas resté dans la circulation, (ju'un bon nombre de billets ont été retirés par les soins de la caisse d'amortissement et brûlés, et que, par sa nature même, ce signe représentatif de tous les échanges grands ou petits se détniit et se perd facilement, de sorte que de lui-même le nombre des billets diminue chaque année.

Au 1" mai 1832, un état officiel portait à 132,815,200 piastrespapier les sommes qui restaient en circulation. Avec les émissions nouvelles, et en déduisant les pertes, au 1" janvier 1860, cette somme devait probablement monter à 200 millions.

Quant à la liquidation de l'ancienne banque, elle est indéfiniment suspendue; mais, grâce au fonds d'amortissement qui a été soigneusement réservé et bien conduit, tous les fondateurs ont été désintéressés, et il ne reste plus que quelques crédits dus à d'anciennes institutions religieuses et dont les intérêts sont servis régulièrement.

Aujourd'hui la piastre-papier de Buénos-Ayres vaut en moyenne 25 centimes , puisqu'il en faut 21 pour une piastre forte. — Les o^ dilations de sa valeur ont marché à peu près selon l'échelle suivante :

1822. — Époque de la fondation de la banque comme simple

institution de commerce gérée par des particuliers

1826. — Absorption de la banque par l'État

1826. — Guerre contre le Brésil

1827. -^ CîoDtinuation de la guerre contre le lirésil. Biocus. . .

Piastre fortP.

Piattrc-

1828. — Paix avec le Brésil

1829. — Guerre des unitaires et des fédéraux

1830-1832. — - Première administration de Rosas

1833-1837. — Administrations Balcarce et Rosas

1838-18/iO. — Blociv français

1861-18/13. — Guerre contre Montevideo

18/i4. — Siège de Montevideo

1865. — Premiers mois

18/(5. — Derniers mois. Blocus anglo-français

18/^6-1868. — Blocus anglo-français

1869-1851. — Continuation du siège de Montevideo

1852-1859. — Dissidence avec les provinces

de 20 à 25 de 20 à 25

On voit que depuis 1838, c'est-à-dire depuis vingt-trois années, la valeur moyenne de la piastre courante, sauf quelques courtes oscillations dépendant des événements politiques , a été à peu près la même , 20 en moyenne, pour une piastre argent. — Cette monnaie, qui est la seule de la province de Buénos-Ayres , n'est garantie que par son gouvernement, mais elle y est acceptée partout sans aucune défaveur, car son usage depuis de longues années est passé en habitude. Rien de plus facile d'ailleurs que de la remplacer par du métallique au cours du. jour. La valeur de ces billets va depuis 1,000 jusqu'à 1 piastre et même 1 réal. — Une petite monnaie de cuivre d'infime valeur sert aux plus menus échanges.

Les oscillations de la monnaie courante ( moîieda corriente) dans les temps ordinaires, considérées comme valeurs de bourse, donnent lieu à des spéculations très-ardentes, où les uns font fortune pendant que d'autres se ruinent. Quant au public , il ne s'aperçoit guère des oscillations de cette nature, le prix des denrées et des marchandises d'un usage journalier n'en étant que fort peu affecté.

Par le décret du 20 juin 1860 , le gouvernement fédéral ayant autorisé l'acceptation du papier de Buénos-Ayrès , au cours du jour, dans les douanes nationales, cette valeur actuelle, qui s'est soutenue dans des circonstances très-difficiles, ne périclitera pas, et cette mesure conciliante facilitera beaucoup les transactions de Buénos-Ayres avec les provinces.

Monnaie de papier de Corrientes. — La province de Corrientes a créé depuis des années une monnaie de papier qui n'a qu'un cours local. Jusqu'en 1856 sa valeur s'était soutenue à 76 piastres-papier l'once ; mais, depuis cette époque, cette valeur a descendu graduellement : elle est aujourd'hui de 200 piastres environ pour une once.

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