VOIES SECONDAIRES. — ROUTES DE LA MÉSOPOTAMIE ARGENTINE
ne s'explique que par leur extrême habitude de ces accidents du sol. Dans cette province on est obligé de donner aux roues de charrettes des dimensions considérables, et la caisse du char est séparée en deux par une claie transversale, formant un étage sur lequel se maintient, accroupi à la turque, le conducteur de rattelage(/>ica«{or), avec sa famille ou ses compc^ons de route. La charge peut être un peu mouillée, ce qui n'a pas grand inconvénient quand il ne s'agit que de cuirs ou de mais, mais les gens restent à sec.
Dans FEntre-Rios toutes les villes communiquent ensemble par des routes carrossables dont on change, d'ailleui^, suivant les sai^ sons. — On suit les ctichillas (les sommets des ondulations de terrain qui séparent les bassins du Parana, et de l'Uruguay, et de leurs . affluents) à l'époque des pluies; dans la saison sèche, on passe partout. — La route principale et la plus fréquentée est naturellement celle qui conduit de Parana, capitale de la Confédération, à l'Uruguay, aujourd'hui capitale de la province. Trois ponts récemment construits sur le Gualeguaychu, le Gêna et le Nogoya, l'ont rendue praticable en tous temps. — Une autre route, non moins fréquentée, décrit un cercle dans la partie sud du pays et relie ensemble Parana, Nogoya, Gualeguaychu et l'Uruguay. De là elle se continue vers le nord en passant par la Concordià et la Federacion, et pénètre dans la province de Gorrientes et les Missions, soit par Guruzucuatia, soit par la Restauration , en longeant à quelque distance le fleuve Uruguay. — Quant à la route de Parana à Gorrientes, elle est difficile pour les chariots à cause du grand nombre d'affiuents du fleuve qu'il faut traverser et qui tous sont assez profonds à l'époque des crues; elle n'est guère suivie que par le courrier, les transports de marchandises se faisant naturellement par eau, et les voyageurs prenant les bateaux à vapeur de la rivière.
La province de Gorrientes offre beaucoup plus de difficultés aux communications que celle d'Entre-Rios à cause des masses d'eau qui la couvrent en partie, principalement à l'époque des pluies. Il faut souvent y traverser d'interminables cafiadâs, grands espaces recouverts de 30, 40, 50 et même 80 centimètres d'eau ; heureusement que le sol est ferme et qu'il y a rarement des fondrières. Les pas les plus pénibles sont les gués des rivières, quelquefois fort larges, et remplis de plantes aquatiques où fourmillent des caïmans généralement peu dangereux. — Les routes principales sont celles qui, traversant toute la province, font communiquer Goya avec Guruzucuatia, Mercedes et la Restauration ; celle qui mène de cette ville
à Yapeyii et à la Cniz. Le gué du Capi tan-Mini, sur le Rio-Corrientes, est assez difficile, de même que celui du Rosario, sur le Rio-Miriftay. En revanche, les routes intérieures de San-Roque à San-Miguel, de Bella-Vista à Mbunicuya et Caacati sont excellentes. Celle de Bella-Vista à la capitale est assez mauvaise à cause du grand nombre de ruisseaux et de cafladas à traverser. Celle qui se dirige de Corrientes à Caacati est encore pire, car il faut franchir les immenses bafiados de la Maloya [mala hoya^ le mauvais fossé), qui n'ont pas moins de dix lieues de diamètre. Tout le nord de la province est ainsi semé d'amas d'eau dont la plupart doivent être franchis à gué.
La communication de la ville de Corrientes avec le territoire des Missions se fait par une route qui suit, en le remontant, le Rio-Parana, et se trouve, vers les tranqueras de Loreto et de San- Miguel, resserrée entre le fleuve et laUagune Ibera^ baflado de huit à neuf cents lieues carrées tout à fait impénétrable. Ces deux points ont été longtemps fermés par un fossé et une palissade construits par les Paraguayens, qui interdisaient l'accès de ce territoire contesté. On peut y arriver également par Caacati et San-Miguel, si l'on part de Bella-Vista ou de Goya.— Le terrain des Missions est ondulé et parfaitement accessible. Ce n'est que vers les bords de l'Uruguay que se rencontrent beaucoup de ruisseaux et quelques baûados. Du temps des jésuites, il était rempli de routes qui reliaient entre eux les quinze bourgs de cette région ; il ne reste plus aujourd'hui de fréquentée que celle qui conduit de THormiguero, hameau qui fait face à Sftn-Borja, à la Trinchera de los Paraguayos^ grande enceinte fermée d'une muraille qui protège un campement paraguayen sur la rive gauche du Rio-Parana, vis-à-vis de l'ancienne Mission d'Ytapua. Dans ce trajet de quarante lieues, il n'y a plus qu'une seule estancia, tolérée par les Paraguayens, qui y exercent une certaine surveillance et où l'on peut trouver des bœufs de trait. Le chemin est excellent, mais quelques parties marécageuses exigent d'assez longs détours : tel est celui* connu sous le nom de Vuelta-del-Ombu^ qui se trouve à peu près à moitié route.
Les anciens bourgs des Missions sont devenus des ruines couvertes de bois à peu près impénétrables ; ils ne renferment pas un habitant. Il reste cependant quelques traces des anciens sentiers qui les faisaient communiquer les uns avec les autres.
Le Paraguay est mieux partagé en routes que la Confédération. Le gouvernement y fait faire quelques travaux d'entretien, et U y a